Entrez un mot-clé
Acidification
Acidification


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : / Sites Internet et articles / Corrélats /


;
Feuilles jaunies d'un pin sylvestre (acidification ?)
Avec l'essor industriel qui a marqué la deuxième moitiédu XIXe siècle et le début XXe siècle, les dépôts atmosphériques de polluants acides(H2SO4, HNO3) n'ont cessé d'augmenter.


Durant près d'un siècle, les capacités tampon des milieux récepteurs ont joué leur rôle en neutralisant les apports acides.

Mais dans les années 1960, les premières manifestations des processus d'acidification des écosystèmes terrestres (sols) et des eaux, se révèlent et attirent l'attention de la communauté scientifique (dépérissement forestier, acidification des systèmes lacustres et des eaux de surface, morbidité accrue dans les biocénoses dulçaquicoles, diminution de la biodiversité dans les sols ou les eaux, etc.).

Cette acidification dévoilait de fait un dysfonctionnement des sols se traduisant par une perte du pouvoir tampon et une forte diminution du taux de saturation dans de nombreuses régions de l’hémisphère nord.

Dès lors, de nombreux travaux ont été entrepris dans les pays occidentaux, les USA, au Canada ou dans les paysscandinaves, mais pas en France, sans doute protégée par ses frontières comme elle le serait, quelques annéesplus tard, du nuage radioactif venant de Tchernobyl ! Ces travaux se sont attachés à décrire et comprendreles mécanismes d'acidification des sols et des eaux et leurs effets sur les différents compartiments des écosystèmesterrestres et aquatiques. L'ampleur des dommages, révélée par les multiples recherches menées dans des régionstrès éloignées des lieux d'émissions des polluants incriminés, a vite fait comprendre que l'acidification dessols ou des eaux deviendrait une véritable catastrophe écologique.

En France, par exemple, moins d’une dizaine d’années après que les forestiers vosgiens aient alerté les pouvoirs publics et les communautés scientifiques sur les dégradations forestières qu’ils constataient sur leur massif, les pêcheurs de la région s’inquiétaient de l’acidification des eaux courantes. En 1995, plus de 50 % des rivières étudiées montraient un pH inférieur à 5.5 et 20 % de celles-là, un pH inférieur à 4.8. Ces mêmes pêcheurs constataient, dans les rivières affectées, une forte diminution des populations de truites, mais aussi des populations d’invertébrés dont elles se nourrissent.

Si le jaunissement des aiguilles de pins, la disparition des truites dans les cours d’eau ou du brochet dans les étangs sont des signes tangibles de l’acidification, ce ne sont là que des conséquences de phénomènes plus discrets, moins facilement perceptibles ou appréhendables, mais néanmoins extrêmement inquiétants.

En premier lieu, l’acidification modifie les peuplements de microorganismes bactério-fongiques, au profit des champignons dont les performances en termes de dégradation de la matière organique morte et de sa minéralisation sont nettement moins bonnes que celles des bactéries.

Plus grave, l’acidification semble avoir des effets importants sur la microfaune affectée au broyage de la matière organique brute afin de la rendre accessible aux organismes de la microflore minéralisante et humifiante. Cela se traduit par une diminution de la nécromasse mobilisée qui s’accumule (litières plus épaisses ou envasement et dystrophisation des écosystèmes lentiques).

Enfin, l’acidification entraîne des phénomènes de déminéralisation importants (et probablement durables) des sols tout autant que des eaux. Les ions Ca et Mg sont moins mobilisables, a contrario des ions métalliques de métaux lourds sont relargués (Plomb, Cadmium ou Cuivre).

On aurait pu penser qu’avec la diminution des émissions en SO2, les processus d’acidification allaient s’inverser. Mais ce n’est absolument pas le cas. Cela est dû au fait que la quantité d’oxydes d’azote a plutôt augmenté (en proportion du parc automobile), mais aussi parce qu’il semble que les mécanismes d’acidification ne soient pas exclusivement liés aux gaz incriminés initialement, mais aussi à l’ozone et même présenteraient, au moins dans les milieux aquatiques, une forte corrélation avec les mécanismes d’eutrophisation qui s’y déroulent.




ACIDIFICATION DES SOLS :
http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/afes/egs/colloque-acidification.pdf

Acidification des massifs vosgiens :
http://www.nancy.inra.fr/acidification/PDF/resume.pdf

Acidificationhttp://www.ifen.fr/donIndic/Indicateurs/perf2000/3.pdf






[ Corrélats : Pluies acides / Complexe absorbant / Complexe argilo-humique / Colloïdes /... ]

Retour