Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : / Sites Internet et articles / Corrélats / |
Chevreuil (Capreolus capreolus) goûtant une feuille de ronce | Normalement les animaux sauvages trouvent seuls leur provende dans la nature… Il paraît, pour certains, que même Dieu y pourvoirait ! Seulement, et pour des intérêts le plus souvent diamétralement opposés, les hommes contribuent à l’aide alimentaire des animaux sauvages. Les chasseurs, par exemple, affouragent ou agrainent les cerfs, les chevreuils*, les sangliers, les faisans ou les perdrix pour disposer du plus de gibier possible, quelquefois au-delà des capacités limites du milieu sur lequel ils sont élevés, ce qui ne va pas sans dégâts aux arbres ou aux cultures. |
Rougegorge près de la mangeoire aux oiseaux | À l’opposé et probablement pour des raisons compassionnelles, d’autres hommes nourrissent les petits oiseaux ou les écureuils qui fréquentent leur jardin et probablement aussi pour le plaisir de les observer. Est-il rationnel, voire raisonnable de nourrir les petits oiseaux ? Je n’en sais rien. Si la fourniture de graines ou de matières grasses, en hiver et d’eau libre quand il gèle, apporte une aide sans doute précieuse aux espèces pour affronter les rigueurs du froid, faut-il, comme l’ont préconisé, en premier, les anglais, les nourrir toute l’année ? Je ne saurais le dire avec certitude. |
Mésange à longue queue et étourneau près de la mangeoire | Nourrir des oiseaux peut aussi se révéler très intéressant vis-à-vis des enfants lorsque ceux-ci n'ont pratiquement pas (ou plus) de contact avec la nature. Les expériences que nous avons menées, y compris auprès d'enfants en difficulté, se sont toujours révélées fructueuses et profitables. |
Pinson du Nord près de la mangeoire | Les deux photos jointes ont été prises dans le cadre d'une campagne de nourrissage hivernal menée par les enfants d'une classe en IME. Plus d'une quinzaine d'espèces d'oiseaux différentes ont pu être observées, y compris le pinson du Nord, le tarin des aulnes et même le sizerin flammé (très exceptionnel dans le Morbihan). |
Sitelle près de la mangeoire | Depuis quelque temps, je mets de la graisse de rognon de veau à la disposition des oiseaux qui fréquentent les alentours du jardin. À l'évidence, les oiseaux, qui ne venaient plus chercher des graines, fréquentent à nouveau la mangeoire et se servent de ce gras pour nourrir leurs petits. Du fait de certaines particularités du comportement de nourrissage parental, il nous a été possible de compter le nombre de familles par espèces qui fréquentaient la mangeoire. |
Corneille près de la mangeoire | C'est ainsi que nous avons pu compter trois nichées de mésanges noires, cinq ou six nichées de mésanges bleues, une nichée de mésange huppée, deux nichées de mésanges nonnettes, une nichée de sitelles, deux nichées de mésanges à longue queue, deux nichées de pinsons, une nichée de rougegorges, une nichée d'accenteurs, deux nichées de pies et une nichée de corneilles. |
La corneille s'affirme... | La corneille est pratiquement la première arrivée. Elle prend possession de la mangeoire en croassant vigoureusement, manière d’affirmer ses prérogatives… ? Je ne sais pas. Mais elle adopte toujours ce même comportement à chacune de ses visites. |
La bouchée est impressionnante... | La corneille a tôt fait d’emporter de grandes quantités de gras à chacun de ses voyages. La totalité de cette provende disparaîtra en moins de 3 heures ! |
Les pies harcèlent la corneille. | Cela ne va pas sans heurts. Les pies qui nichent juste en face de la mangeoire et qui en profitent largement ont une certaine propension à venir harceler la corneille. Cela se passe sans heurts. Il s’agit davantage de prouesses en termes d’acrobaties aériennes… |
Le couple de pies sur la mangeoire | Lorsque la place est vacante, les pies en profitent pour faire le plein. |
Un coup de bluff | Au retour de la corneille, les pies font mine de paraître plus grosses qu’elles ne sont, sans grand succès cependant. |
Opportunité, sans doute | Entre ces épisodes cornéliens, les mésanges, les pinsons, les rougegorges et même les accenteurs en profitent pour venir grappiller les miettes que les becs puissants des corvidés ont semées autour de la mangeoire . |
Méfiance cependant ! | Sans perdre pour autant leur vigilance à l’égard de ces gros oiseaux qui ont tôt fait de mettre des petits oiseaux au menu de leur progéniture. |
![]() Mésange nonette |
Les mésanges nonnettes ont un comportement très particulier sur les mangeoires. Elles n’y stationnent que pendant un temps très court, juste le temps pour elles de se saisir d’une graine - elles affectionnent particulièrement le tournesol - pour s’envoler à l’abri sous la proche ramée pour la décortiquer ou plus loin parfois, probablement pour faire des stocks…
|
![]() Fauvette à tête noire |
Depuis quelques années, j’avais remarqué que l’on pouvait observer des fauvettes à tête noire tout l’hiver, souvent sur les pommes, mais encore jamais sur les mangeoires. Cette année 2011, un mâle vient régulièrement sur la graisse de rognon. Le comportement de cet individu est assez particulier : il ne descend jamais dans le panier contenant la graisse, mais tente du mieux qu’il peut d’en saisir des fragments depuis le bord et surtout, il se place toujours de manière à être le plus caché possible à la vue par le poteau qui supporte les mangeoires… N’est pas fauvette pour rien ! | ![]() Fauvette à tête noire |
![]() Fauvette à tête noire et mésange bleue |
![]() Bruant zizi [Photo Kristen Prioul] |
Kristen, une amie, qui habite une autre des sept collines d’Hennebont, m’envoie une photographie (prise tard dans la soirée, cela pour expliquer la qualité relative du cliché) sur laquelle on distingue nettement un des deux bruants zizi qui fréquente une de ses mangeoires… J’ignorais totalement que cette espèce fréquentât les mangeoires… Cela laisse augurer des changements drastiques sur les comportements de nos oiseaux sauvages en zone sub-urbaine par rapport à ceux qu’ils manifestaient en zone rurale…
|
![]() Fauvette à tête noire |
![]() Tarin des aulnes |
![]() Mésange à longue queue |
Bon nombre d'oiseaux qui ne viennent pas sur les graines apprécient beaucoup le gras de rognon de veau... |
![]() Juvénile fauvette à tête noire Photo Kristen Prioul |
Ce printemps 2011 est très sec. On ne voit guère d’insectes, peu de papillons* et les oiseaux de nos jardins sont à l’évidence à la recherche de nourriture pour eux-mêmes et leurs jeunes. C’est tellement vrai qu’ils viennent quémander autour de la mangeoire qu’en cette saison, je laisse normalement vide.
C’est l’accenteur qui a donné le signal et tout dans son comportement, étonnamment familier, m’incita à réapprovisionner les mangeoires. Mais c’est aussi vrai des fauvettes à tête noire, des sitelles et des mésanges nonnettes… un peu moins des mésanges charbonnières (sauf le soir) et des mésanges bleues qui sont peut-être plus ubiquistes. Ce qui est frappant, c’est la modification de comportement des oiseaux réputés farouches qui, quand le besoin devint pressant, ont su venir manifester leurs besoins auprès de celui dont ils ont dû apprendre qu’il approvisionnait leur garde-manger. Belle leçon d’humilité pour les hommes, et surtout les puissants ou qui croient l’être assez pour qu’on les suce quand on devrait les éradiquer… [* De la mi-mai à la mi-juin, je n'ai vu, dans mon jardin de Kerpotence, d'ordinaire très fréquenté, qu'une piéride du chou, une petite tortue, un machaon, deux argus et un vulcain ! Voir : Noé Conservation Papillons des jardins ] |
Retour