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Arbres ou arbustes ?
Arbres ou arbustes ?


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Les arbres / L’arbre, le bois, la forêt (dossier) //

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Acrotonie
On classe souvent les végétaux ligneux parmi les arbustes ou bien parmi les arbres. Ce qui fait la différence entre les arbres et les adultes n'est pas la taille atteinte par les sujets à l'âge adulte, mais davantage le port, c'est-à-dire la manière dont se sont organisés le tronc et les branches et comment elles ont grandi, autrement dit en fonction de leur morphogenèse respective.


I) L'acrotonie

Le port des arbres se distingue de celui des arbustes par la croissance privilégiée des bourgeons terminaux ou distaux (les plus éloignés du tronc) chez les arbres alors que ce sont les bourgeons proximaux (les plus proches de la première insertion sur le tronc ou les branches) qui se développent et donnent leur port aux arbustes.

L'acrotonie est le terme réservé à la morphogenèse qui privilégie la croissance des bourgeons terminaux.Ainsi, chez un arbre, jeune sujet, pendant les premières années, seul le bourgeon terminal se développe pour former une tige sur laquelle les premières ramifications ne subsisteront pas.

C'est à partir d'un certain nombre d'années que les bourgeons latéraux les plus proches du bourgeon terminal vont se développer pour former le premier verticille de rameaux.

Chez les arbres, la tige va se développer à partir de son bourgeon terminal et les bourgeons latéraux qui en sont les plus proches donneront le second verticille de rameaux. La même morphogenèse va se mettre en place sur les rameaux du premier verticille, c'est-à-dire que le rameau va s'allonger à partir du bourgeon terminal, tandis que des rameaux de rang 2 vont se développer à partir des bourgeons latéraux les plus proches du bourgeon terminal.

Le même phénomène va se reproduire d'année en année. Chez les conifères, cette croissance acrotone va conduire à la formation de verticilles très réguliers. Chez les espèces caducifoliées, divers phénomènes phyllotaxiques vont généralement compliquer un peu l'analyse.

II) Hypotonie et épitonie

Les branches latérales d'un arbre n'ont pas seulement une croissance plus ou moins plagiotrope, c'est-à-dire plus ou moins horizontale. Elles grandissent selon une règle proche de l'acrotonie : le bourgeon terminal et ses plus proches voisins se développent et permettent une ramification secondaire. Cependant cette ramification est souvent dissymétrique. Chez la plupart des arbres, le bourgeon secondaire situé au-dessous se développe d'avantage que le bourgeon situé au-dessus : c'est l'hypotonie.Le cas inverse ou épitonie correspond au développement maximum des bourgeons situés au-dessus.

L'épitonie est plus souvent la règle chez les arbustes alors que l'hypotonie est quasiment la règle chez les arbres caducifoliés.

Toutefois, d'autres éléments peuvent influencer le port des branches des arbres. Ainsi la croissance verticale des branches des peupliers est principalement due à un gravitropisme très prononcé.

III) Croissance monopodiale et croissance sympodiale

Dans le cas de la croissance de type acrotone, un autre système peut introduire une variation morphologique.

Sur l'ensemble des bourgeons terminaux, certains peuvent avoir une prédominance sur les autres.

Dans le cas le plus général de l'acrotonie chez les arbres, c'est le bourgeon terminal axial qui se développe prioritairement. Les bourgeons axillaires latéraux donneront les branches. C'est ce que l'on appelle la croissance monopodiale.

Dans certains cas, le bourgeon axial se développe peu ou avorte. C'est alors un ou plusieurs bourgeons axillaires qui prennent le relais. Lorsqu'un tel système est régulier, on parle de croissance sympodiale.

IV) L'influence des facteurs environnementaux sur le port des végétaux.

Parmi les facteurs environnementaux qui influencent le plus le port des végétaux, on peut citer l'action du vent (cf. anémomorphose) qui conduit à des ports couchés ou des ports en drapeau très particuliers. On peut aussi citer l'action de la neige qui conduit au port columnaire des épicéas ou au port en boule des genêts ou des rhododendrons des fruticées d'altitude. On ne négligera pas non plus l'action de la gravité (cf. gravitropisme). Mais la gravité, quand elle agit sur le port des arbres, ne laisse pas toujours une trace bien lisible. La marque la plus lisible d'action de la gravité, bien que secondaire, s'observe dans le port " couché - redressé " que prennent les arbres soumis, pendant leur jeune âge, aux effets de la solifluxion des sols sur lesquels ils tentent de s'installer.




Le port des végétaux ou comment s'établit la forme d'un végétalhttp://www.snv.jussieu.fr/vie/conferences/morphovg_ai_01/01port/1port.html

La morphogenèse végétale et l'environnement :
http://www.snv.jussieu.fr/vie/conferences/morphovg_ai_01/index.html

Les modes d'édification des végétaux :
http://amap.cirad.fr/architecture/arbote/arbote.html

Les arbres et la taille :
http://amap.cirad.fr/architecture/arbote/arbote-03.html#TopOfPage

Unités architecturale de quelques espèces :
http://amap.cirad.fr/architecture/planches/unite_cedreatl.html

La tige :
http://www1.instit-st-jo.asso.fr/cd/bigbang/anat1.htm




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