Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Amnésie internationale / Sida : le désengagement financier des États-Unis / L'autisme de George Bush / Comment l'armée française a préparé la guerre biologique / L'administration Bush a fait pression sur la Commission d'enquête du 11 septembre 2001 / Cancers en Irak : les armes US plus néfastes qu'Hiroshima ? / Violences de masse, des conséquences dévastatrices sur les populations /
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La preuve qui manquait à M. Doublevébush : le président irakien faisant la démonstration d'une arme de destruction massive contre Aedes aegyptii... | Comme atomiques... Se souvient-on encore que la première bombe A fut expérimentée dans le désert du Nouveau-Mexique à moins de 80 kilomètres de la ville de Alamogordo et à moins de 35 km de l'agglomération la plus proche du site ! |
La traditionnelle bagarre financière fait rage autour du Fonds mondial contre les pandémies (sida, tuberculose, paludisme). Et risque bien de se solder par une cinglante désillusion pour les malades. Les 23 membres du conseil d'administration du fonds, qui se réunissent jusqu'à demain pour la première fois en neuf réunions en Afrique (à Arusha, Tanzanie), pourraient différer le lancement d'un 5e cycle d'appels à projets pour 2005. Le lobbying de l'administration Bush a été, selon plusieurs sources, d'une rare intensité. "Mettons de l'ordre dans la maison avant de prendre de nouvelles obligations", justifie-t-on à Washington. En fait, les États-Unis souhaitent surtout pousser son propre plan antisida, le Pepfar. Un outil bilatéral très idéologique (qui finance notamment des programmes sur l'abstinence sexuelle) et décrié par les ONG.
"Bien qu'il ait fait du sida l'une de ses six priorités pour son second mandat, Bush s'apprête à miner le fonds mondial, assure David Bryden, de la Global Aids Alliance. Pendant qu'à Arusha le président américain du fonds va dire qu'on manque d'argent pour lancer un 5e cycle, sa propre administration s'apprête à amputer de 150 millions de dollars ses engagements, pour ne lâcher, au final, que 350 millions de dollars." On est loin du pacte non écrit qui veut qu'États-Unis, Europe et reste du monde paient chacun un milliard de dollars par an. Du coup, la France, deuxième contributeur (150 millions de dollars) après les États-Unis, souhaite aussi "une pause". "Il n'y a pas assez d'argent pour lancer de nouveaux projets, confie Mireille Guigaz, ambassadrice sida de la France. Il faut faire preuve de prudence, sinon on court le risque de ne pas pouvoir financer des programmes et décevoir les attentes." Dans l'entourage de Chirac, on assure que la France "fait déjà beaucoup", qu'il n'est "pas question de se lancer dans la cavalerie budgétaire". Paris plaide donc pour un 5e cycle, mais après avoir dressé un bilan, lors d'une conférence de "reconstitution" des fonds du fonds... Plus de 3 milliards de dollars ont été investis dans 120 pays depuis sa création, en 2002.
La réunion d'Arusha inversera-t-elle la donne ? En sapant les financements, "l'administration Bush condamnerait à mort des milliers de personnes en Afrique, en Asie, aux Caraïbes ou en Amérique latine", souffle Zachie Achmat, de TAC, association de malades sud-africaine. "C'est de la folie de couper le robinet aujourd'hui, au moment où une dynamique se crée, où on investit dans les ressources humaines, où on met des gens sous traitement", se désespère Gaëlle Krikorian, d'Act up. Paradoxe : au moment où ONG et pays donateurs se félicitent (tous ou presque) du déclic créé par le fonds, celui-ci n'a jamais été aussi menacé...
Le plus grand déficit du XXe siècle aura été celui de la conscience, distancée par la science et pulvérisée par ses applications. Pour être plus exact, sans doute est-ce l'ivresse ou l'euphorie générée par cette profusion de changements et de découvertes qui a rendu inaudible l'expression de celle-ci. À décharge des uns et des autres la fulgurance des mutations rendait délicate l'appréciation de l'immédiateté et simultanément la lecture du futur.
Sur le plan écologique, la dernière décennie laissait poindre quelques indices d'espoir. La convention sur les changements climatiques de Rio, en 1992, et le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en 1997, étaient les frémissements d'une conscience revenue. Même si sa traduction en acte restait dérisoire, on pouvait espérer que le pire était derrière nous et que l'on allait enfin cesser de faire payer à la nature un tribut sans fin. Surtout on se prenait à croire que l'humanité avait enfin réalisé que son sort n'était pas distinct de celui du reste des êtres vivants. Nous allions peut-être basculer du siècle des vanités à celui de l'humilité. Naïveté, utopie ou illusion c'était sans compter sur l'arrivée au sommet de la pyramide de la suffisance de George W. Bush junior qui fait reculer la réflexion écologique au néolithique et encore, nul doute qu'à cette époque les hommes avaient avec leur environnement des liens plus étroits donc plus sensés.
Depuis peu, l'on sentait poindre la "mise en cause" et "en doute" par Bush et son entourage des conclusions du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat et sur ses causes anthropiques. Après de longues hésitations et atermoiements, la communauté scientifique nous alertait enfin sur les dangers de l'effet de serre amplifié par l'homme et sur les conséquences dramatiques d'un réchauffement climatique rapide. L'humanité réalisait enfin l'impact de ses activités et prenait la mesure des dégâts passés et à venir. Non seulement de nombreux écosystèmes avaient été détruits ou étaient menacés, mais les grands équilibres écologiques eux aussi étaient perturbés de notre fait. Le message était enfin clair et perceptible : il y a péril en la demeure, car affecter la Nature c'est compromettre l'Homme. Le monde par la simple proclamation de cette évidence, avait fait un petit pas précieux vers la sagesse.
Monsieur Bush lui, avec le même aplomb qu'une cartomancienne, nous affirmait le contraire et que, quand bien même, son arsenal technologique lui permettrait de toute façon de faire face aux effets de tout cela. Le cynisme en habit de président ; la vanité au paroxysme, auréolée d'une stupidité absolue. Dans la foulée, la non ratification annoncée du protocole de Kyoto est lamentable autant que désastreuse. Lamentable parce que son effet psychologique réduit à néant les efforts des uns et des autres sur cette prise de conscience indispensable aux pays industrialisés et anéantit les petits succès récents sur le front écologique. La Chine et l'Inde entre autres, auront beau jeu de ne pas faire d'effort en matière de réduction d'émission de gaz à effets de serre. Sans compter la résistance rampante et hypocrite de l'Union européenne à tenir ses engagements qui trouvera là un bouc émissaire commode. Cette attitude américaine risque fort de combler la brèche faite dans ce mur d'indifférence dressé au siècle passé.
Désastreuse parce qu'elle rapproche l'humanité de ces seuils d'irréversibilité que tous les esprits lucides redoutent. Voilà le futur sacrifié sur l'autel de l'économie et de la croissance à tout prix. Et même dans un raisonnement purement économique et démagogique où le dollar est la seule icône, ces choix ou ces entêtements sont d'une affligeante stupidité tant les expertises récentes montrent que l'écologie a certes un coût mais que l'ignorer en génère d'une toute autre échelle. Il n'a échappé à personne sauf au "Bush band", que les aberrations climatiques que nous subissons et leurs impacts, que les catastrophes écologiques et sanitaires qui se succèdent et qui nous sautent en permanence à la gueule, tous ces petits signes en début de siècle qui sont les prémices des effets de nos inconséquences passées, occasionnent quelques "menues" dépenses. Mais il n'y a de leçons de l'expérience que pour les visionnaires...
Ceci dit peut-on s'étonner d'une telle désinvolture d'un homme qui fait fonctionner la chaise électrique comme la planche à billets. Un homme qui fait si peu de cas de l'existence ne peut pas être fondamentalement humain. Tout cela procède de la même logique. D'un côté le partisan sans faille de la peine de mort, ôte la vie des uns sans sourciller, de l'autre il compromet celle de tous les autres sans plus d'émotion. Monsieur Bush vous serez coupable devant l'histoire de non assistance à planète en danger ! Vous volez la Terre de nos enfants !