Pour différentes raisons, certaines rédhibitoires (âge, cessation d'activité professionnelle), à partir du 1er mars 2016,
je n'actualiserai plus cette page de façon suivie. On trouvera facilement les liens vers les sites auprès desquels je m'informais.
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L'arrêt de travail
L'arrêt de travail



Intervention de Mme Martine Billard à la deuxième séance de l'Assemblée Nationale du samedi 10 juillet 2004* (http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2003-2004-extra/20041023.asp). On lira bien entendu avec beaucoup d'intérêt les compte rendus des autres scéances.

[Cette scéance et les autres, auxquelle ne participaient que 37 à 53 députés (!) restent néanmoins particulièrement intéressantes sur l'éclairage qui peut être donné par des élus mieux habitués à des approches idéologiques du travail qu'à sa réalité tangible et trop souvent douloureuse.

Je rappelle que c'est pendant cette cession extraordinaire, en juillet, au forcing et au forceps que fut adopté une série de textes iniques qui instauraient durablement la médecine à deux vitesses dans notre pays et c'est un médecin ministre qui s'y collait. C'est vrai que ce médecin est probablement plus compétent en diplomatie ! ¿ Quien sabe ?]

Corrélats : absentéisme, présentéisme, culpabilité,
Je voudrais revenir sur les raisons justifiant les arrêts de travail. Une étude intéressante de l'Association française de médecine générale rend compte des principaux groupes de pathologies retrouvées dans les consultations donnant lieu à des arrêts de travail :


accidents de travail, 8,13 % ;
pathologies chroniques, 31,30 %, dont 4,1 % de cancers ;
pathologies psychologiques ou psychiatriques, 29 % ;
pathologies rhumatologiques correspondant, selon les constatations, à des maladies musculo-squelettiques, 28,46 % ;
pathologies gastroentérologiques, 13 % ;
pathologies cardio-vasculaires, 7,72 % ;
pathologies dues au diabète, 6,10 % ;
pathologies aiguës, 59 % et
infections des voies aériennes supérieures, 19,92 %.


De plus, une étude récente sur la rhinopharyngite montre que le taux d'arrêt de travail pour cette pathologie n'était que de 24 % en France, pour une durée médiane de trois jours, contre 83 % en Allemagne, pour une durée de quatre jours, et 55 % en Belgique pour une durée de trois jours. Comment parler d'abus, dans ces conditions ?





Quand on parle d'arrêt de travail, il ne manque jamais quelqu'un qui embouche très vite sa trompette de la renommée et nous resserve des propos où se mêlent à l'infini les mots de paresse, fainéantise, absentéisme, culpabilité, abus, fraude, etc. Il est très rare, en dehors des accidents du travail, et encore pas tous, à peine les moins graves, qu'on ne marque pas d'abord de la suspicion à l'encontre de quiconque s'arrête de travailler pour raison de santé.

Régulièrement, sous la pression maintenue du Medef ou de quelques patrons (L'Oréal), nos chers députés, pourtant bien souvent absents de leurs bancs, de gauche comme de droite, ne sont pas les derniers à fustiger les médecins du travail pour leur complaisance coupable ou les médecins généralistes pour leur complicité avec tous ses fraudeurs coupables du gouffre de la sécurité sociale.

Mais qu'on instaure des contrôles ou qu'on préconise davantage de management par la peur, le stress et la culpabilisation, on s'aperçoit toujours, aussitôt que l'on se livre à un travail d'enquête aussi impartial qu'il puisse l'être que les abus d'arrêts de travail, parce qu'ils existent, sont quasi épiphénoménaux.

Une des difficultés majeure dans la reconnaissance du bien fondé d'un arrêt de travail, c'est qu'une souffrance au travail n'est pas nécessairement toujours très lisible. Une TMS, une tendinite, une lombalgie, des troubles du sommeil ou je ne sais quelle affection déclenchée par une ambiance délétère des conditions de travail, ça ne se voit pas toujours.

Pourtant depuis plus de trente années maintenant que je suis amené professionnellement à m'intéresser aussi à ces questions, j'ai toujours lu et même constaté, par expérience personnelle, que l'absentéisme autant d'ailleurs que le présentéisme sur les lieux de travail marquaient (masquaient), sans coup férir, une problématique de conditions de travail à laquelle on avait tout intérêt à réfléchir autrement que de la façon dont on s'y prend généralement, soit en menaçant, soit en culpabilisant, et même maintenant, progrès du management obligeant, en jouant sur les compétitions interindividuelles entre les employés. Cette dernière méthode n'est rien d'autre qu'un savant mélange d'utilisation de la peur et de la culpabilité.



On trouvera ci-après des liens vers des Sites Internet et articles et des dossiers traitant de ces questions de l'arrêt de travail, de l'absentéisme et du présentéisme. En particulier : Arrêts maladie : les absents n'ont pas toujours tort sur le site de la mutualité française / Santé et travail




Assez exceptionnellement, je ne donnerai pas (beaucoup) de références de sites sur ce sujet. D'abord parce qu'il y en a encore peu. Puis les effets des dispositions législatives ne sont pas encore assez marqués pour que l'on puisse dire si ces lois sont scélérates ou seulement perfides. Il apparaît déjà que la perfidie soit visible, au moins par les médecins du travail, qui s'inquiètent à la fois des effets sur le comportement des travailleurs réellement malades de la peur d'être arrêtés et qui constatent avec quelle facilité beaucoup d'entreprises se sont engouffrées dans cette brèche comportementale pour exiger de leurs employés, malades ou blessés, moins inaptes et moins jeunes, d'accepter l'inacceptable ou l'intenable.

En outre, je ne ferai aucun commentaire sur le serment d'Hippocrate quand je constate que des officines de médecins (sans doute affiliées à l'Union de Médecins Policiers) proposent aux entreprises de vérifier le bien fondé de tel ou tel arrêt de travail, affirmant, d'ailleurs, être en mesure de démontrer que 55 % de ces arrêts seraient abusifs. Or, si je ne m'abuse, Docteur, on sait que guère plus de 5 à 8 % des arrêts le seraient ! Pour arriver à de tels résultats, quels sont leurs moyens (de pressions) ?

J'ajoute que je crois savoir que la Sécurité Sociale sait parfaitement qui prescrit quoi et à qui. S'il y a des médecins qui abusent ou des clients qui fraudent, il me semble que c'est vers ceux-là que la Sécurité Sociale peut demander des comptes. Ce qu'elle ne semble pas vouloir vraiment faire.

En réalité, ces dispositions n'ont rien à voir avec le trou de la Sécu. Cela s'inscrit dans un vaste programme médéfinitif soigneusement tissé et que l'on découvre par petites touches (depuis 1992) et dont on mesurera l'ampleur du désastre... très bientôt sans doute, trop tard aussi peut-être, au moins pour être retraité démocratiquement !Néanmoins :

Les absences liées à la maladie ou à l’accident non professionnel
http://www.travail.gouv.fr/informations-pratiques/fiches-pratiques/sante-conditions-travail/les-absences-liees-maladie-accident-non-professionnel-1057.html

L’arrêt de travail pour accident du travail ou maladie professionnelle
http://www.travail.gouv.fr/informations-pratiques/fiches-pratiques/sante-conditions-travail/arret-travail-pour-accident-du-travail-maladie-professionnelle-1056.html

Les risques psychosociaux
http://www.travail.gouv.fr/dossiers/sante-securite-au-travail/evaluation-priori-risques/les-risques-psychosociaux-2190.html

Maladies graves et travail
http://www.travail.gouv.fr/informations-pratiques/fiches-pratiques/sante-conditions-travail/maladies-graves-travail-1059.html

La cessation anticipée d’activité des victimes de l’amiante
http://www.travail.gouv.fr/informations-pratiques/fiches-pratiques/sante-conditions-travail/cessation-anticipee-activite-victimes-amiante-1053.html




OGM, au Sénat le degré zéro de la politique

samedi 25 mars 2006 par Philippe Ladame

Christian Velot, chercheur et enseignant en biologie moléculaire à l'Université Paris-sud, a assisté au débat OGM au Sénat. Il n'aurait pas dû.

Christian Vélot, dont nous avions évoqué l'action dans un article d'octobre 2004, est un chercheur engagé dans le débat sur les OGM, dans lequel il cherche à mettre un peu de raison, notamment en faisant la part de ce qui est travaux de génie génétique en espaces confinés, porteurs d'espoir, et modèle agricole globalisant et mortifère.

Il a assisté aux débats que les sénateurs ont tenus cette semaine au sujet du projet de loi du gouvernement.

Nous vous invitons à lire son témoignage dont voici quelques passages :

[...] Premier coup derrière les oreilles : le nombre de sièges vides. Sur 331 sénateurs, seulement 49 étaient présents en ouverture de séance, et il n'en restait plus que 35 après une demi-heure ! Je me dis alors qu'il doit au moins y avoir tous ceux qui sont (ou qui prétendent être) concernés par le sujet, et notamment qui sont censés défendre nos positions. On a bien cherché (c'était facile, ils n'étaient pas nombreux) : pas de Dominique Voynet [1] , qui était pourtant venue le matin même faire de belles déclarations lors de la conférence de Presse ! Aucune présence non plus de Jean-Luc Mélenchon, proche de José Bové depuis la campagne contre le TCE, et pour lequel il est sans doute moins payant de venir faire son boulot au Sénat que se pavaner debout sur un banc du trottoir du boulevard Arago pour être certain de bien être remarqué pendant le passage de la manif anti-CPE de samedi dernier. [...]

Au delà de cet absentéisme pitoyable, reste le déroulement des " débats " : a pleurer (ou hurler mais on ne pouvait pas) ! Un brouhaha incroyable ! Personne ou presque n'écoute l'intervenant qui fait (ou plutôt qui lit) son discours. Chacun parle dans son coin avec ses voisins ou y va de ses petites activités personnelles. J'ai dix fois moins de bruit dans un amphithéâtre de 200 étudiants d'une moyenne d'âge de 20 ans, et sans que j'ai besoin d'exercer la moindre autorité. L'intervenant pourrait s'adresser à la porte de ses chiottes, ça ferait le même effet.

Du balcon où nous étions situés, nous avions une vue plongeante sur les pupitres des sénateurs du groupe UMP. Pas un seul n'avait le projet de loi sous les yeux ! Raffarin et ses potes ont passé leur temps de présence (environ 30 minutes) à causer entre eux et se marrer, certains tournant carrément le dos à l'intervenant. [...] Et le plus drôle (enfin, façon de parler), c'est qu'à la fin d'une intervention, et uniquement s'il s'agissait bien sûr d'un intervenant de leur groupe, ils applausissaient comme des automates.

En ce qui concerne les interventions elle-mêmes, les âneries de ceux qui défendaient le texte étaient à la hauteur de leur méconnaissance du dossier. Quand à ceux qui étaient censées intervenir dans notres sens, il est clair que je ne les choisirais pas comme avocats, à moins que je ne souhaite être assuré de faire de la prison à vie : mous du genoux sur le fond, monocordes et sans aucune conviction sur la forme. Eux non plus n'avaient probablement pas lu le projet de loi, ...à moins qu'ils n'aient tout simplement pas vraiment envie de s'y opposer.

Bref, à pleurer vous dis-je ...

Peut-être suis-je trop naïf, ou peut-être ai-je tendance à prendre les choses trop à cœur ? Je ne sais pas. Toujours est-il que n'y tenant plus, au bout d'une heure j'ai décidé de partir, l'âme en peine, avec le profond sentiment d'avoir été brusquement téléporté plus de deux siècles en arrière, et de savoir de moins en moins ce que signifie " démocratie ".

Terrible témoignage, qui doit faire réfléchir. Peut-être convient-il toutefois de le nuancer, car la lecture du compte-rendu intégral des débats donne quand même une un peu moins piètre idée du travail des élus. Il est possible que Christian Vélot ait assisté au pire moment de ce "débat", l'échange convenu de généralités mal maîtrisées, du début de séance. Les discussions qui ont suivi, telles que retranscrites du moins, ont quand même été de meilleure tenue.

Il n'empêche ! Ce n'est pas ainsi que la politique regagnera la crédibilité indispensable à la démocratie.

[1] Précision de Citron-Vert : Dominique Voynet explique dans son blog qu'elle était présente au sénat, ce jour-là et ce qu'elle y faisait. (pipi)




Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail :
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/RAPPORT_FINAL_12_mars_2008.pdf

Combattre les risques psychosociaux :
http://www.inrs.fr/focus/RisquesPsychosociaux.html






[ Corrélats : Conditions de travail / Santé au travail / ...]

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