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Lézard 1<SUP>er</SUP>
Lézard 1er


Pour de plus en plus de raisons, je ne suis plus du tout sûr que la France mérite encore que je garde la nationalité française.




Lézard 1er en compagnie du Président Chirac
Article premier

Les peuples autochtones ont le droit de jouir pleinement et effectivement de l'ensemble des droits de l'homme et des libertés fondamentales reconnus par la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des Droits de l'homme et le droit international relatif aux droits de l'homme.

Article 2

Les autochtones, peuples et individus, sont libres et égaux à tous les autres en dignité et en droits et ne doivent faire l'objet d'aucune forme de discrimination défavorable fondée, en particulier, sur leur origine ou identité.

.../... 43 autres articles à partir du lien : Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) ci-dessus.





Jean-Patrick Razon, directeur de l'ONG Survival France, à l'occasion de la Journée internationale des peuples autochtones :

"Aucune avancée concrète" pour les Indiens de Guyane

Par Éliane PATRIARCA / QUOTIDIEN Libération : Mercredi 9 août 2006

Il est probable que la majorité d'entre eux l'ignore, mais le 9 août, même s'il reste symbolique, est "leur" jour. La Journée internationale des peuples autochtones a été décrétée par l'ONU pour célébrer ces quelque 350 millions de personnes qui réclament depuis des décennies que soient reconnus leur existence, leurs particularismes culturels et leurs droits territoriaux. Cette année, Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, entend aussi célébrer l'adoption, le 30 juin dernier, par le Conseil des droits de l'homme, du projet de Déclaration des droits des peuples autochtones. Ce texte, fruit de douze années d'âpres discussions, qui affirme notamment le droit à l'autodétermination et divers droits sur les territoires d'origine et les ressources naturelles qu'ils contiennent, devrait être adopté avant la fin de l'année par l'assemblée générale des Nations unies. La France soutient ce projet de Déclaration et c'est l'occasion pour Jean-Patrick Razon, directeur de l'ONG Survival France, d'alerter sur le sort de ceux qu'il appelle les "Indiens de la République", en Guyane.

Qui sont les "Indiens de la République" ?

En Guyane vivent environ 10 000 Amérindiens, issus d'une population autochtone autrefois bien plus nombreuse. Certains pratiquent encore la chasse, la cueillette et l'agriculture itinérante sur brûlis. Ils sont représentatifs de ces microminorités restées en marge du développement industriel, de ces populations dont les cultures ont fourni les objets exposés au musée du quai Branly.

Que peuvent-ils espérer de la Déclaration des droits des peuples autochtones ?

C'est un pas en avant. Les États ont admis, par exemple, que l'autodétermination réclamée par ces peuples n'est pas une revendication de séparatisme ou de souveraineté. En adoptant la Déclaration, la France semble prête à reconnaître les droits collectifs des Amérindiens. Le problème, c'est que ce texte n'est pas un instrument juridiquement contraignant.

Pourquoi la France refuse-t-elle de ratifier la convention 169 de l'Organisation internationale du travail relative aux "peuples indigènes", qui date de 1989 ?

La convention 169 engage les États à conserver les institutions coutumières des peuples autochtones, leur demande de respecter leurs droits collectifs sur les territoires et les ressources naturelles. Or, reconnaître des droits spécifiques et collectifs est contraire à l'article 1 de la Constitution française sur l'égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d'origine, de race ou de religion. Mais on pourrait imaginer des aménagements, comme cela a été fait en Nouvelle-Calédonie, pour les Kanaks : les accords de Matignon et de Nouméa leur ont reconnu un statut et des droits particuliers.

Qu'en est-il en Guyane ?

Les Amérindiens réclament le droit à la propriété collective de la terre, en accord avec leur mode de vie traditionnel. L'État français leur a seulement accordé des droits d'usage pour la chasse, la pêche ou l'agriculture. Il a aussi réglementé l'accès au territoire indien par arrêté préfectoral pour les protéger. Mais ce sont des dispositifs précaires face aux menaces qui pèsent sur l'existence de ces ethnies. La preuve en est le projet de création du parc national de Guyane. Ce sera, en territoire indien, un parc ouvert aux activités touristiques et aux pratiques dévastatrices de l'orpaillage ! Une honte.

Vous soulignez le fossé entre les déclarations de Chirac et l'attitude de la France...

En 2004, par exemple, devant des représentants de peuples autochtones qu'il avait invités à Paris, le Président a déclaré : "La façon dont le monde moderne saura reconnaître et aborder la question des peuples autochtones témoignera de son aptitude à faire naître une étape nouvelle du progrès humain." Il s'est aussi prononcé pour la reconnaissance "des droits collectifs et de la coutume, qui ne sont pas dans la tradition juridique" de la France. Mais il n'y a aucune avancée concrète.

Comment voyez-vous le musée des Arts premiers à Paris ?

Une collection d'objets, la preuve d'une reconnaissance artistique. Ce qui est décevant, c'est le peu de place accordé à ce que sont ces peuples aujourd'hui. Aux "gens vivants" issus de ces cultures.

Site de Survival France






Orpaillage en Guyane, Pollution au mercure, Intoxication des Amérindiens

Positionnement d'Action Santé Environnement / Janvier 2001

Les accords de Twenké : " Les Amérindiens et les Noirs-Marrons de la Guyane Française demandent les Droits Fonciers dans le Futur Parc National.

Lors d'une réunion tenue dans le village Wayana de Twenké en Guyane Française, les autorités politiques et spirituelles des peuples autochtones (Amérindiens) et des forêts (Noir-Marrons/Bushi-Nengué) se sont rencontrés pour discuter, entre autres choses, de la reconnaissance de leurs droits dans de la création d'un Parc National. Les résolutions de la réunion distribuées par la Fédération des Organisations Amérindiennes de Guyane Française (FOAG) sont reproduites ci-dessous. La Guyane Française est un département d'outre-mer (DOM) de la France située sur la côte nord-est de l'Amérique du Sud. Elle est bordée au sud ainsi qu'à l'est par le Brésil, et à l'ouest par le Surinam. La Guyane possède le plus grand domaine de forêt tropicale humide sous juridiction européenne. Elle est officiellement une partie de la France et est soumise à la fois aux législations françaises et européennes. Au total, six différents peuples autochtones, représentant presque 5% de la population, vivent soit sur la côte (Palikur, Arawwak et Kalina) ou encore dans les forêts du sud (Wayana, Waiãpi et Emerillon). Les Aluku, descendants d'esclaves africains qui se sont échappés des plantations du Surinam au 18ième siècle, habitent également le long du fleuve Maroni qui forme la frontière entre le Surinam et la Guyane Française.

Le Parc National, appelé " Parc de la forêt Guyanaise ", occupera le tiers méridional de la Guyane Française. Initialement, le projet d'un " Parc du Sud " avait été proposé par le gouvernement français à la Conférence des Nations Unis sur l'Environnement et le Développement en 1992. Ce projet a été abandonné en 1996 suite aux fortes objections des autorités politiques et spirituelles des peuples autochtones et des forêts ainsi que des organisations écologiques. Parmi ces objections figuraient l'absence de reconnaissance des droits fonciers des peuples autochtones et des forêts et l'exclusion de certaines zones du Parc à cause de leur potentiel minier (diamant et or). Ces zones d'exploitations minières sont contrôlées en grande partie par des multinationales canadiennes tel que Cambior et Golden Star Ressources (dont la filiale locale s'appelle Guyanor) - les partenaires à la réputation infâme d'Omai au Guyana. Le Pou d'Agouti, une association pour la protection de l'environnement et le respect des droits de l'homme en Guyane française, a fait du lobbying pour d'abord tenter de faire situer le Parc dans le tiers central du pays, où il n'y a pas de communautés autochtones et où la plupart des activités minières ont lieu, et pour faire en sorte que le sud du département soit déclaré réserve amérindienne. Cette proposition a été rejetée par le gouvernement ainsi que par les élites locales qui ont l'intention d'établir le Parc sur les terres des peuples autochtones et des forêts et de permettre que l'activité minière destructive se poursuive.

Les droits des peuples autochtones et des forêts ne sont reconnus d'aucune façon par la législation française. En effet, les peuples autochtones et des forêts ne sont pas reconnus du tout sous la loi française qui est basée sur le principe d'égalité, principe enchâssé dans la Constitution française donnant à tous les citoyens français des droits égaux et faisant en sorte que toute distinction basée sur la race ou l'origine ethnique soit anticonstitutionnelle. Le gouvernement français a même émis des réserves sur les clauses portant sur les droits des minorités dans les traités relatif aux droits de l'homme, utilisant ce principe comme justification. Par conséquent, les peuples autochtones et des forêts cherchent non seulement à avoir leurs droits territoriaux reconnus par l'état, mais ils cherchent aussi à faire reconnaître leur identité comme peuple distinct per sé. La proposition originale pour le parc inclut l'établissement de " zones de vie " de cinq kilomètres de chaque côté des rivières importantes du Parc dans lesquelles les communautés des peuples autochtones et des forêts pourraient continuer d'exécuter leurs activités de subsistance. Ces " zones de vie " ont été rejetées par le FOAG, les communautés affectées ainsi que par les peuples autochtones et des forêts, car elles sont inadéquates et inefficaces.

La proposition révisée par le Parc a abandonné ces " zones de vie " comme moyen de protection des droits des peuples autochtones et des forêts. Ces peuples exigent qu'une nouvelle loi soit élaborée reconnaissant explicitement leurs droits territoriaux. La reconnaissance de ces droits est une condition nécessaire à l'acceptation par les peuples autochtones et des forêts du Parc dans leur territoire. Un Comité de Pilotage se réunissant à Cayenne, la capitale du département de la Guyane Française, a été mis sur pied. Ce comité inclut une commission législative, laquelle se tiendra à Paris pour élaborer les lois qui gouverneront le Parc. Il a été déclaré que le Parc sera gouverné par une législation sui generis qui ne sera pas applicable aux autres parcs nationaux de France. Ceci permettra clairement la reconnaissance des droits culturels et fonciers des peuples autochtones et des forêts dans la législation relative au Parc. Ceci présuppose bien entendu l'acquiescement du gouvernement français.

Bien que le FOAG participe à la commission législative, les résolutions issues de la rencontre à Twenke ont condamné l'absence des autorités politiques et spirituelles des peuples autochtones et des forêts dans les discussions. Ils demandent que ces chefs coutumiers soient reconnus comme des participants essentiels dans le processus, et que les moyens nécessaires soient fournis afin que des consultations adéquates relatives au Parc puissent être tenues au niveau de leurs communautés. Pour faciliter la participation des autorités coutumières, la rencontre de Twenke a proposé " la création d'un groupe de travail composé de toutes les autorités coutumières et les organisations des peuples autochtones et des forêts concernées par le parc, ainsi que par toutes les autres concernées par la protection de leurs droits ".

La réunion a aussi proposé que la concession de recherche diamantifère de Dachine soit révoquée et incluse dans la zone démarquée pour le Parc et que tous les autres permis obtenus par des multinationales dans la zone de Parc soient aussi révoqués. Ils ont demandé également que l'État cesse d'une façon permanente de distribuer les concessions dans les territoires des peuples autochtones et des forêts et qu'il rétablisse les zones qui ont précédemment été dégradées par l'activité minière. En ce qui concerne les mines de petite échelle, qui causent des problèmes sérieux dans certaines régions du département, la réunion a fortement recommandé " que les mineurs locaux convertissent leurs activités dans les activités alternatives qui visent à conserver les systèmes écologiques et à maintenir la paix sociale " et a demandé que le " l'état aide cette conversion en fournissant les moyens techniques et financiers, et en fournissant la formation nécessaire ".

Les discussions sur le Parc et sur les droits des peuples, incluant leurs droits sur les terres ancestrales, se poursuivent à Paris et à Cayenne. La bureaucratie française essaie d'amener à bonne fin la proposition le plus rapidement possible. Les peuples autochtones et des forêts ont déclaré que leur acceptation au projet du Parc est conditionnelle à la pleine reconnaissance de leurs droits territoriaux. Le résultat de ce processus reste encore à voir, mais ce qui est clair est que la conservation et l'opportunisme ne sont pas des raisons pour violer les droits des peuples autochtones et des forêts, et ce qui se passe actuellement à Cayenne et à Paris devrait être examiné minutieusement par la communauté internationale.

Le Parlement européen a déjà résolu que la protection de la forêt tropicale humide dans le Sarawak et ailleurs ainsi que la protection de droits des peuples autochtones devraient aller de pair, le même principe devrait donc certainement pouvoir s'appliquer aux forêts tropicales humides et à leurs habitants sous la juridiction européenne. "

Approche du problème guyanais par Action Santé Environnement :

Comme il est dit plus haut, dans le texte reflétant les accords de Twenké, le projet de parc a été lancé en 1992 par la ministre de l'Environnement d'alors, Madame Ségolène Royal. Dans l'ambiance euphorique, consensuelle du Sommet de la Terre de Rio mais vide d'effets concrets, les autorités françaises ne pouvaient faire moins que la cohorte des états du Nord, ne pouvaient s'épargner de se répandre en vaines déclarations tonitruantes dont ils savaient que nul ne viendrait vérifier ultérieurement leur application. L'ivresse générée par le grand carnaval brésilien autorisait tout ce petit monde à se livrer à de vertueuses pétitions de principe dont chacun se doutait qu'elles n'auraient de suite que leur médiatisation. Nous ne pouvons que constater aujourd'hui l'absence d'effet de la grotesque mascarade de Rio en matière de Changement Climatique, Désertifications, " Développement Durable " et la lutte contre la perte de la biodiversité.

Donc, en 1992, on allait voir ce qu'on allait voir, la France prestigieuse allait donner l'exemple à la communauté internationale des états esclavagistes et coloniaux. Ce serait un modèle pour toutes les communautés autochtones d'Amérique du sud, quelque chose d'exceptionnel sur lequel tous les gouvernements pourraient prendre exemple. Huit ans après avec par deux fois un rejet par les élus de Cayenne, sans prise en compte des exigences des tribus amérindienne mais avec une attentive écoute des sociétés minières (or, diamants), les choses pataugent toujours dans le domaine de la pétition de principe.

En 1998, le Premier Ministre, Monsieur Jospin, lors de la réunion de l'UICN de Fontainebleau avait affirmé qu'il y aurait un parc en Guyane en l'an 2000. En 2001, nous ne voyons pas encore concrètement la prise en compte des besoins vitaux des populations de la forêt. Or, l'activité minière menée depuis plus d'un siècle en Guyane, utilise des poisons pour extraire l'or (dont du cyanure et du mercure) qui sont répandus massivement dans l'environnement et finissent par intoxiquer les populations amérindiennes qui vivent en relation étroite avec la nature. Même si l'utilisation du mercure telle qu'elle était utilisée à la fin du XIXème siècle était beaucoup plus dangereuse, il n'en reste pas moins qu'elle est encore extrêmement polluante. Les orpailleurs clandestins continuant eux d'insuffler une pollution massive dans la nature et tout particulièrement dans l'eau des rivières que les amérindiens boivent et dans lesquels ils pêchent les poissons qu'ils consomment. La mécanisation actuelle de l'extraction par les multinationales minières se traduit par une détérioration supplémentaire des eaux du fait des boues qui y sont entraînées, ce qui empêche les poissons d'y survivre et par contrecoup prive les populations de la forêt de cet apport alimentaire. Que ce soit l'orpaillage ou l'extraction des diamants, ils ont pour corollaire supplémentaire un affouillage des sols qui se traduit négativement sur la forêt qu'ils supportent. La mécanisation accentuant le phénomène de déforestation. Toutes choses qui nous semblent être en contradiction avec les bons sentiments énoncés à Rio. Les tribus amérindiennes n'ont pas besoin de " dames de charité " gouvernementales qui font mine de se pencher d'une manière compatissante sur leur triste sort, mais plutôt qu'on leur laisse accomplir sans interférence le mode de vie de leur choix.

A cet égard, dans la revue écologiste " Silence ", Thierry Sallantin écrivait dans le numéro de Juillet-Août 1999 sous le titre " Guyane, Parc National et Renforcement de la Colonisation " :

" L'antenne locale du ministère de l'environnement, la DIREN-Guyane obéit servilement aux désirs du Conseil Général et du Conseil Régional, aux mains du lobby colonial mulâtre. Ces mulâtres sont les équivalents des " Caldoches " face aux Kanak. Ils sont environ 30% de la population du département, mais dirigent tout au détriment des amérindiens."

La DIREN-Guyane, sans consultation ni des naturalistes, ni des ethnologues, essaie d'imposer sa version du parc national (Voir Silence de mars 1997). Après deux ans de flottement, un nouveau rapport devrait être rendu public en juin 1999. il fait suite à une soi-disant " consultation " et une " enquête publique " à laquelle les Amérindiens n'ont pas été invités à s'exprimer, si ce n'est après l'enquête par une annonce dans le quotidien local… qui n'est évidemment pas lu par les indiens.

Ce projet de PARC (Programme d'Accélération et de Renforcement de la Colonisation ?) met en réserve seulement 1760 km² sur les 88200 km² de cette immense forêt qui couvre actuellement 97% du département. Au nord, 50000 km² sont offerts au " développement " (c'est à dire à l'exploitation forestière et minière). Au sud, 30000 km² sont proposés en " développement durable " (ce qui veut dire qu'on prendra un peu plus de temps pour tout détruire). Ce développement " durable " dans le sud permettra de mettre fin à un arrêté préfectoral de 1970 qui interdisait toute pénétration humaine -surtout touristique- afin de " respecter le mode de vie des populations indiennes ".

Ainsi, sous le doux nom de " parc de la forêt tropicale guyanaise " et au nom du développement durable " se prépare la mise en exploitation de cette grande zone non encore livrée à la destruction. Le tout s'accompagne de grand travaux pour " moderniser " les villages amérindiens afin de les aider à se fixer et à vivre à " l'occidentale ".

Dominique Voynet va-t-elle inaugurer une nouvelle forme d'ethnocide : l'ethnotourisme ? "

L'administration de ces départements français lointains est apte à cumuler les perversions du fonctionnement colonial toujours vivace en même temps que les travers de notre pastiche de " démocratie " métropolitaine qui est entre les mains d'une classe politique affairiste mandatée par les milieux du pouvoir économique. Pour cette raison, nous ne faisons aucune confiance aux " élus " au pouvoir en Guyane pour déterminer le sort et l'avenir des populations locales, surtout lorsqu'il s'agit des amérindiens.

Il n'est qu'à constater les péripéties, ces dernières années, de ce petit monde politico-économique dont nous avons eu connaissance. Le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) notait dans son rapport de mars 1996 au sujet des DOM-TOM : " … l'accoutumance à un rythme de vie particulier et les habitudes de facilité qui peuvent naître d'une vie matérielle parfois plus aisée viennent en effet accroître encore les inconvénients traditionnellement attribués à l'immobilisme ". puis, toujours au sujet des magistrats, " les difficultés d'exercice professionnel sont souvent accentués sur le plan personnel par le climat et le mode de vie. Du fait de pressions diffuses, l'indépendance y est parfois plus difficile à assurer qu'en métropole." (Le Monde 6 mars 1996) Frappés par une extraordinaire myopie, nous ne nous étions pas aperçus de l'existence de cette fameuse indépendance de la justice en métropole. Alors, quid de celle qui semble être appelée de ses vœux par le rapport. Le 15 mai 1997, Le Monde tirait : " Les pratiques illégales systématiques du Conseil Général de Guyane. La Chambre Régionale des Comptes de Guadeloupe. Guyane et Martinique dresse l'inventaire des abus des collectivités départementales. Un système qui ressemble à un véritable manuel de fraude du code des marchés publics. " Cf l'article reproduit précédemment. Puis dans le même journal du 4 février 1999 : " Les ruineux transports en commun de Guyane " : au sujet de la gestion du syndicat Mixte chargé des Transports en Commun (SMTC), un rapport de la chambre régionale des comptes de Guyane révèle " Le non respect de la loi et du droit en général, sans parler de la plus élémentaire morale, ont caractérisé le fonctionnement du syndicat mixte des transports en commun. " De 1991 à 1997, " le SMTC a fonctionné au seul bénéfice de ceux qui, à tout les niveaux, en avaient la charge et l'exercice, gaspillant l'essentiel d'un budget conséquent qui approche les 20 millions de francs… . L'incompétence l'a disputé à la seule préoccupation des intérêts particuliers des uns et des autres. " Le Monde : " Quelques bénéficiaires des versements irréguliers au rang desquels le président du conseil régional, Antoine Karam, et le président du conseil général, André Lecante, se sont dits " surpris dans leur bonne foi et ont manifesté le désir de régulariser la situation en reversant les sommes perçues. " Là comme ailleurs, ces quelques exemples ne doivent représenter que la partie émergée de l'iceberg.

Pour ce qui est de l'état français, l'attitude ne semble guère plus reluisante. Les quelques préoccupations de développement tournent autour de l'axe Cayenne-Kourou. Cette dernière étant la ville de l'apartheid, la ville des blancs. La seule préoccupation de la métropole étant de maintenir le département dans un état de somnolence relative afin que la population ne vienne pas perturber les tirs d'Ariane. La France arrosant avec modération ce territoire afin qu'il reste juste un peu au dessous du seuil de l'explosion sociale. Chaque fois que l'état français rate ce savant dosage, il s'expose à de violentes émeutes. Grâce à ce subtil équilibrisme, il espère atteindre sans trop de problèmes le moment où il pourra se passer du pas de tir de Kourou qui correspondra opportunément à plus d'autonomie pour la Guyane, l'indépendance ou l'intégration au Brésil. En attendant, si la politique de la godille ne fonctionnait pas, il reste les 10000 militaires qui sont mobilisés dans le secteur de Kourou à chaque tir d'Ariane pour assurer sa sécurité. Il est à noter cette extraordinaire concentration de l'armée alors que le reste du territoire semble exclu des préoccupations de sécurité par la défaillance de l'état. Tout particulièrement les tribus amérindiennes qui subissent les exactions des orpailleurs sauvages venus pour la plupart du Brésil. Signalons par ailleurs qu'à chaque tir raté de la fusée, l'explosion et les retombées génèrent une importante pollution au sol.

Pour finir, il est à rappeler qu'il existe en Guyane un gros problème de prostitution et que ce département est celui qui est le plus touché par le SIDA.

En conclusion

L'enquête alimentaire de l'Institut de Veille Sanitaire au sujet de l'"Exposition au mercure de la population amérindienne Wayana de Guyane " et les recommandations qu'elle formule va-t-elle justifier la réduction du problème sanitaire à une simple correction des modes alimentaires des Wayana. L'exclusion de la consommation de quelques variétés de poisson étant la solution à l'intoxication des indiens. Tout n'étant en fait qu'un problème de diététique. C'est ce que nous laisse penser ce " séminaire mercure organisé en février 2001 dans l'hôtel Novotel de Cayenne. Si tel était le cas, nous ne pourrions que dénoncer cette bouffonnerie. Par contre :

Nous attendons de l'état français qu'il prenne les décisions adéquates de basse police pour faire cesser sans tarder l'activité et les exactions des orpailleurs clandestins, cela en relation si possible avec les états riverains.

Nous réclamons que l'état français fasse cesser sur le champ toutes les activités aurifères autorisées.

Nous exigeons que l'état français souscrive à l'attente des populations amérindiennes telles qu'elles ont été définies par les accords de Twenké.

Nous sommes impatients de voir l'état français diligenter des spécialistes médicaux et des moyens matériels adéquats afin de dépolluer les populations intoxiquées. Il ne ferait ainsi qu'assumer ses responsabilités.




Graves menaces en Guyane
(ou la politique de la mobylette)


Une multinationale canadienne CAMBIOR est sur le point de commencer l’exploitation d’une mine d’or primaire à ciel ouvert, en Guyane Française, sur la montagne de Kaw qui fait l’objet de plusieurs mesures de conservation au sein du Parc Naturel Régional de Guyane.

Forêt près de Cacao / Guyane
Photo Martine DA SILVA-VION



Encart : La politique de la mobylette…

Chacun a pu se rendre compte, user, sinon abuser des facilités que procurait la conduite d'une mobylette, par exemple, en se faufilant pour éviter les embarras de la circulation, le plus souvent imprudemment. Ce type de comportement est souvent perçu comme fortement asocial, surtout par ceux qui, volontairement ou par obligation, se contraignent à respecter le code de la route. Le sentiment d'injustice qui en découle est parfois assez vif chez certains au point qu'il leur arrive de perdre leur civilité et, parfois même, d'aller jusqu'à des actes parfaitement inacceptables et répréhensibles.

De plus, l'impunité aidant, on constate également que les conducteurs de mobylette, souvent jeunes (avant d'être en colère et en moto ?) se jouent volontiers du code de la route pour ne pas marquer des stops ou griller des feux quand ils sont au rouge, emprunter des sens interdits, remonter la circulation à contresens, bref à se comporter en hors la loi, ce qui n'est pas sans poser la question de leur future implication citoyenne, d'ailleurs.

Ces comportements manifestés par certains jeunes gens, et jeunes filles aussi, démontrent que nos sociétés pêchent encore largement d'un déficit de formation et d'éducation à la citoyenneté. Ces comportements sont inacceptables ne serait-ce d'abord par les dégâts qu'ils entraînent : des morts, par centaines, des blessés, par milliers, un coût social direct formidable et un coût indirect pharamineux.

La politique de la mobylette, c'est la même chose, mais transposée au plus haut niveau des responsabilités et surtout de l'État. C'est promulguer des lois, mais s'asseoir dessus ; c'est parler de feu dans sa maison, mais laisser brûler celles des autres ; c'est inscrire le principe de précaution et n'en prendre aucune autre que de se prémunir contre d'éventuelles poursuites en responsabilité ou pour faute inexcusable ; c'est REACH, c'est les OGM, c'est l'or en Guyane, comme ce sont les faillites et les dénis de démocratie tout aussi graves, auxquels nous assistons depuis trop longtemps maintenant.


La question de l'orpaillage "moderne" en Guyane n'est pas nouvelle… (Les mots réforme, progrès, adaptation nécessaire à la mondialisation, etc. vont-ils bientôt faire partie des langues Indiennes ?)

De très nombreux articles dans la presse ont déjà été publiés, de très nombreux Sites Internet et articles y sont consacrés. On citera, par exemple celui de Tela-Botanica qui lui consacre une présentation très bien illustrée. Samedi après midi, le 8 avril 2006, l'émission CO2 mon amour sur France Inter y consacrait une large page.

C'est parce que le temps presse, Cambior se propose d'ouvrir cette mine à ciel ouvert avant la fin de l'année !

Par delà la question essentielle de la défense d'un environnement exceptionnel pour sa biodiversité, parce qu'il abrite aussi des hommes sûrement pas en position de force par rapport aux bulldozers du capitalisme, il y a la question de l'iniquité du comportement de notre Président de la République, de ses ministres, de nos élus et autres " responsables " qui, en toute connaissance de cause, vont permettre, sans vergogne, que l'on pollue gravement et durablement un territoire français, ses habitants, sa faune et sa flore, ses eaux potables et sauvages avec du mercure, de l'arsenic et quelques autres joyeusetés pour du pognon !

En toute connaissance de cause, parce s'ils prétendaient tout ignorer, il faudrait leur rappeler qu'en France, ils (étaient déjà aux affaires !) avaient fait fermer une mine d'or dans les Sud de la France justement pour ces raisons-là de pollution grave et d'empoisonnement.

Il est vrai que maintenant ce sont des autruches qui font de la mobylette !


On trouvera ci-après un article assez récent des Verts de Guyane et des liens pour se remémorer l'affaire de la " Mine d'or de Salsigne " qui fut fermée en 2004 et pas vraiment dépolluée tant " on manque de moyens " (Ben voyons !).

COMMUNIQUE DE PRESSE / LES VERTS / GUYANE - 11 MARS 2006De graves menaces sanitaires sur la population cayennaise pour le seul profit d'une multinationale canadienne

Les enquêtes publiques concernant l'implantation de la multinationale Cambior pour l'exploitation de l'or sur la montagne de Kaw ont débuté en mairie de Roura et à la Préfecture de Cayenne. Ces enquêtes posent beaucoup plus de questions qu'elles n'apportent de réponses selon les spécialistes de la protection de l'environnement. (1) Les graves incidences sur la santé publique peuvent survenir de multiples manières.

Tout d'abord, en cas de rupture des digues retenant de nombreux polluants (cyanure, hydrocarbures, métaux lourds). Les accidents d'Omaï au Guyana (2) et en novembre dernier, de Rosebel au Surinam, rappellent les risques d'une telle exploitation.

En cas d'accident durant le transport des 30 000 tonnes de produits chimiques nécessaires aux industriels durant toute la phase de production (3 990 tonnes de cyanure, 21 280 tonnes de chaux,...) sur le trajet Camp Caïman-Degrad des Cannes et St-Laurent-du-Maroni (3) ou lors du passage de zones sensibles, tel le pont de la Comté.

Mais les risques sanitaires peuvent aussi provenir d'une contamination lente et continue des sols et des eaux de surface et souterraines par des substances extraites des profondeurs du sous-sol sulfuré, riche en métaux lourds et en arsenic.

A ce titre, la récente interdiction d'exploitation de la mine d'or de Salsigne, en France métropolitaine (4) a mis en évidence des taux de cancers de la gorge et du larynx supérieurs respectivement à 80 % et 110 % à la normale. Un ingénieur général des Mines rappelle les impacts sur la santé publique des activités minières du fait des transferts d'arsenic par voie aérienne (poussières résultant de l'exploitation à ciel ouvert) pour les travailleurs et par voie aquatique et aérienne pour les habitants du voisinage. (5) La population guyanaise doit donc prendre conscience que, même sans accident majeur, l'arsenic libéré par l'extraction sera probablement déversé dans les rivières guyanaises et contaminera durablement la prise d'eau de La Comté (6). D'ailleurs, Les Verts Guyane considèrent que les chiffres et l'assurance de la multinationale CBJ Caïman sur sa capacité à contrôler ce poison, ne nous satisfont pas et méritent, pour le moins, une contre-expertise par un laboratoire indépendant, non impliqué dans l'industrie minière ! (7)

Les Verts Guyane et Le Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques (C.S.I.A : http://www.csia-nitassinan.org/ ) demandent aux instances gouvernementales, régionales et municipales de prendre clairement et fermement position contre le projet minier de la multinationale CBJ Caïman, projet dénué de tout intérêt économique pour la Guyane, (exonérations de charges, taxes minimes, emplois probablement délocalisés depuis le site d'Omai au Guyana), qui exploite une ressource non renouvelable et présentant des impacts sanitaires et environnementaux considérables voire insoupçonnés à l'heure actuelle.

Enfin, les Vert-Guyane et le CSIA soutiennent la communauté Palikur dans leur action juridique (8) engagée afin de mettre un terme à une convention, sans contrepartie pour les amérindiens, qui autorise la multinationale à traverser leur Zone de Droit d'Usage. Cette convention est très justement attaquable en vertu du décret de 1987, précisément parce que les Services de l'État n'ont pas été consultés et en l'absence de déclaration d'intérêt public.

On peut s'étonner également du prix d'achat du terrain : 2 centimes le m2 alors que le prix moyen est de 5 euros le m2, soit un cadeau de 9,96 millions d'euros les 200 hectares acquis par la multinationale.

La Guyane doit elle désormais, en plus de la contamination au mercure qu'elle subit depuis plus de cent ans, faire subir a nos générations futures les effets désastreux et encore plus complexes du cyanure et de l'arsenic ? Ce risque est d'autant plus inacceptable qu'il est mis en œuvre pour le seul profit d'une multinationale étrangère qui promet, à ses actionnaires, une "année 2006 excitante" ! (9)

Brigitte Wyngaarde, Philippe Ménard, Porte parole de Tamanoir les Verts-Guyane
tel : 06 94 40 97 27 Site internet : http://guyane.lesverts.fr/
Email : tamanoir.guyane@wanadoo.fr

Edith Patrouilleau, Présidente du CSIA

(1) La spécificité de la montagne de Kaw ne semble pas avoir été prise en compte par les promoteurs du projet : pas d'expérience similaire dans un site aux précipitations exceptionnelles, proximité d'un sanctuaire écologique unique au monde (Marais de Kaw), piste d'accès au chantier qui traverse la Zone de Droit d'Usage de peuples autochtones mais aussi et surtout risque d'accident en zone de captage de l'eau potable de la population de l'Ile de Cayenne.

(2) (23 000 riverains déboutés de leur plainte pour vice de procédure) - La catastrophe d'Omai sur le net : http://saxakali.com/omai/

(3) Extrait du rapport technique / sept 2005 - p 160 : "Afin de limiter les coûts de transbordement portuaire ainsi que les délais relatifs à l'horaire d'opération du port de Dégrad-des-Cannes, nous envisageons d'utiliser, subséquemment aux travaux de dragage et de réhabilitation des quais, les infrastructures du port fluvial de St-Laurent-du-Maroni."

(4) "Le Monde" édition du 9 février 2006

(5) Dans le cas de la Guyane, ce voisinage s'étend à la population de Cayenne en raison de la communication des eaux de ruissellement de la mine à la zone de pompage de la Comté.

(6) http://www.sites-pollues.ecologie.gouv.fr/InfosPolluants/As/AsLabo.html

(7) http://www.sites-pollues.ecologie.gouv.fr/InfosPolluants/As/AsSynth.html

(8) voir éditions de France Guyane des 28 janvier et 8 février 2005

(9) http://argent.canoe.com/lca/infos/quebec/archives/2006/02/20060221-175304.html





"Revue de presse" sur le projet de Mine de la société Cambior

Mis en ligne le 22 mai 2006 par Tela Botanica Association

Bonjour, Alors que l’enquête publique sur le projet de la société Cambior (Voir l’article Pétition contre la mine de Cambior en Guyane) en Guyane s’achevait aujourd’hui, voici quelques nouveaux éléments. Mine d’or en Guyane : une usine Seveso en pleine forêt tropicale (...)

http://www.tela-botanica.org/actu/article1002.html





Voir aussi, si ça intéresse, le site de l'ensemble vocal Ktêma (Hennebont) et plus particulièrement la page " Liens " vers d'autres sites d'ethnomusicologie et autres chants du monde / arts premiers s'il en fût ! http://www.ensemblevocal-ktema.com/liens.html

Guyane : Nicolas Sarkozy refuse le projet de mine d'or Camp-Caïman / 31 janvier 2008
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=113329

Pour un schéma minier en Guyane
http://www.fne.asso.fr/fr/themes/question.html?View=entry&EntryID=167

Or vert contre or jaune
http://www.fne.asso.fr/_includes/mods/kb_upload/File/Biodiversite/Or-vert-contre-or-jaune_final.pdf






[ Corrélats : Indiens et autres sauvages / ...]


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