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La banquise est le nom que l'on donne généralement aux glaces qui se forment à la surface des océans.
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À ce rythme, il faudra bientôt gommer les igloos des livres pour enfants. La disparition des glaces au pôle Nord a franchi cet été un nouveau record, selon les observations de la Nasa, du Centre américain de données sur la neige et la glace (NSIDC) et de l'université de Boulder (Colorado). Il reste aujourd'hui seulement 5,3 millions de kilomètres carrés de banquise dans l'océan Arctique, contre 7,5 millions en 1978. En dépit de fluctuations d'une année à l'autre, ce quatrième record consécutif étaie l'hypothèse d'un phénomène à long terme de réduction des glaces de mer en Arctique... Selon les scientifiques du NSIDC, la banquise aura totalement disparu en été bien avant la fin du siècle. Cette année, le passage du Nord-Ouest, dans l'Arctique canadien, était quasiment vierge de glace. Au nord de la Sibérie, le passage du Nord-Est n'était qu'océan. Deux voies de navigation en devenir, qui réjouiront les transporteurs maritimes mais inquiètent les spécialistes du climat. En Arctique, tous les clignotants sont au rouge : la période de fonte annuelle a démarré cette année avec 17 jours d'avance sur la moyenne des cinquante dernières années. La température de l'air a gagné 2 à 3 °C par rapport à la moyenne sur la majeure partie de l'océan Arctique. Et la surface de banquise recule vite.
Glaçons. Certes, pas plus que le niveau d'un verre d'eau ne s'élève quand les glaçons qu'il contient fondent, la liquéfaction de la banquise ne contribuera à l'élévation du niveau des océans. En revanche, cette disparition des glaces provoque un "effet boule de neige" sur le climat terrestre : moins il y a de glace, plus l'océan Arctique absorbe le rayonnement solaire et se réchauffe. Ce qui expliquerait, au moins en partie, l'accélération du rythme de fonte que constatent les scientifiques : la surface de glaces de mer diminue de presque 8 % tous les dix ans.
Épaisseur. En dépit de leur caractère alarmant, les résultats publiés hier ne doivent pas être pris pour argent comptant. Car ces études n'évaluent que la surface de glace, et négligent un paramètre, son épaisseur. Même si les observations conduites par les sous-marins semblent montrer un amincissement rapide des glaces depuis plusieurs décennies, il ne peut être exclu que la banquise s'accumule par endroits et disparaisse ailleurs.
"Le volume de glace qui fond est une donnée essentielle dans la compréhension des échanges entre l'océan et l'atmosphère", analyse Pascal Gilles, responsable de la mission Cryosat à l'Agence spatiale européenne, un satellite qui doit être lancé le 8 octobre pour étudier les glaces polaires d'Arctique et d'Antarctique. "L'eau douce ne possède pas la même densité que l'eau de mer et peut donc altérer la circulation des courants, qui joue un rôle essentiel dans le climat." Cryosat mesurera à la fois la surface et l'épaisseur des glaces de mer et terrestres. De quoi faire un grand pas dans la compréhension du climat polaire et de son évolution. Prévue pour durer deux ans, la mission Cryosat pourrait être prolongée si la mise sur orbite est parfaite.
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