Extrêmement difficile à observer pendant le jour parce qu'elle est peu active, souvent et longtemps immobile et parfaitement camouflée dans son costume tout à fait homochrome aux litières de feuilles sur lesquelles elle repose, la bécasse livre quelquefois quelques secrets de sa biologie ou de ses comportements à ceux qui font l'effort, pendant la nuit, d'aller l'observer sur ses vermillages et plus rarement encore à ceux qui découvrent fortuitement un de ses nids.
En France, la bécasse est le scolopacidé qui paie le plus lourd tribut à la chasse. Selon les statistiques de l'ONC (Office National de la Chasse), le nombre d'oiseaux tués chaque année, en France s'élèverait à plus de 1 500 000 ! Ce chiffre considérable représente 40 % des prélèvements effectués sur l'Europe toute entière (non compris la Russie). Plus de la moitié de ces oiseaux est tuée dans les départements qui bordent les côtes françaises.
Si l'on compare la carte de pression de la chasse à la carte de nidification (encore probable) de la bécasse, force est de constater que cet oiseau ne niche pas dans les régions où la pression de chasse est la plus forte.
Cela tient en très grande partie à la chasse de printemps qui, partout où elle a été abolie, a eu comme conséquence le rétablissement rapide d'oiseaux nicheurs (en Angleterre, par exemple).
J'ai encore le souvenir de ces oiseaux qui venaient nicher chaque année, sous des boulaies tremblantes, en forêt de Pail (Mayenne) avant qu'une pression accrue de la chasse, dans les années 70, ne les en chasse. Il n'y a plus guère que dans les forêts boréales suédoises ou finlandaises où l'on peut, presque chaque soir d'été, observer les évolutions et écouter les chants de ces oiseaux se livrant à leurs manifestations de défense territoriale.
 | Carte de pression de chasse à la bécasse :
En rouge, les deux département bretons (Finistère et Morbihan) totalisentplus de 300 000 oiseaux tués par an. En orangé : les départements où l'on tue jusqu'à 80 000 oiseaux/an/dépt. En violet, lesdépartements où l'on tue jusqu'à 35 000 oiseaux/an/dépt. |
 | Carte de nidification probable de le bécasse :
En violet : les départements où l'on pense que la bécasse se reproduit encore. |
En ce qui concerne le Morbihan, quelques remarques : la nidification de la bécasse est donnée comme possible sur la bonne foid'observateurs dont on peut se demander s'ils ne prennent pas leurs désirs pour des réalités, car aux endroits qu'ils indiquent,pendant tout le temps que dure la couvée et l'élevage des jeunes, aucun signe tangible de la présence de ces oiseaux n'a pu être observée.Or le mâle de bécasse, pendant cette période, n'est pas avare de manifestations !