Orge à six rangs (Hordeum vulgare) | L'utilisation par l'homme des céréales pour son alimentation est extrêmement ancienne. |
La culture du seigle et de l'avoine, en Europe moyenne et en Europe du nord, est connue depuis 2 000 ans avant notre ère ; celle du blé ou de l'orge était pratiquée dans le pourtour méditerranéen et au Moyen Orient, plus de 5 000 ans avant notre ère ; celle du maïs par les indiens en Amérique, plus de 7 000 ans avant notre ère ; celle du riz, au moins 9 000 ans avant notre ère et celle du sorgho et du mil en Afrique, probablement 12 000 ans avant notre ère.
Avoine cultivée (Avena sativa) | Blé ou froment (Triticum aestivum) |
Maïs (Zea mays) | Sorgho (Sorghum halepense) |
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Aujourd’hui, la production des céréales est devenue une « affaire »… internationale.
Les pays en développement souffrent de pénurie quand, dans les pays riches, c'est la surproduction qui « prime » et même qu'on subventionne.
Alors, dans les pays pauvres, la pénurie devient synonyme de famine potentielle. Alors son corollaire "aide alimentaire" génère des trafics en tous genre, de la corruption, de la prévarication, mais aussi des chantages de la part des pays riches qui « échangent », un peu de blé, de riz ou de maïs, transgénique si possible, livré en vrac...
Tant pis pour la qualité, du moment que le prix est juste.
Quelques semences therminator pour faire bonne mesure, du Paraquat ou du Chlordécone...
Et leur pillent leur pétrole, leurs cacahouètes, leur café, leur cacao, leur coton, leurs bois précieux, leur caoutchouc, leurs diamants, leur uranium, leur « tout-ce-que-vous-avez-à-pas-cher-et-qui-nous-fait-tant-défaut »...
La surproduction n’enrichit pas les paysans. Bien au contraire.
Ceux qui s’enrichissent, ce sont les stockeurs et toute une série d’intermédiaires parties prenantes du commerce international des céréales (d'autant plus juteuxque les subventions aux paysans pour leur "manque à gagner", pour le maintien des cours, la gestion des stocks et la maintenance des silos, le transport et même la destruction des surplus restent à la charge des contribuables).
Ce sont les politiques, complices directement ou indirectement, de cette manne, pas nécessairement en espèces sonnantes et trébuchantes, plus prosaïquement en pouvoirs accrus au sein des négociations avec les branches professionnelles, avec les partenaires européens, contre les États-Unis ou vice-versa…
Qu’importe finalement si les stocks coûtent cher, c’est le contribuable qui paye.
Qu’importe si les céréales sont de mauvaise qualité, c’est des nègres qui les bouffent quand ils ne les paient pas une deuxième fois à leurs ministres prévaricateurs.
Qu’importe, si au terme de leur désespoir, des terroristes posent des bombes, c'est l'homme de la rue qui fournit l'essentiel des victimes…
Je proposerai bien que l'on ajoute le E d'équitable au sigle OMC, pour voir...
Bienvenue dans la mondialisation néolibérale…
Et pour faire bonne mesure, combien y a-t-il d'élus à l'OMC ? M. Lamy ne sait rien des urnes si ce n'est que parfois elles circulent bourrées.
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Pour information un article paru dans le Monde Diplomatique et reproduit ci-dessous :
Les trois aberrations des politiques agricoles
Par Jacques Berthelot / Chercheur associé au laboratoire Dynamiques rurales de l’Institut national polytechnique de Toulouse
Le Monde Diplomatique | Septembre 2003 | Pages 22 et 23
L’agriculture est au cœur du marchandage qui clôturera, théoriquement en janvier 2005, le cycle dit « du développement » de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), lancé à Doha en novembre 2001, et dont la conférence ministérielle de Cancun (10-14 septembre 2003) constitue une étape intermédiaire capitale. Tous les accords négociés constitueront en effet un « paquet global » et donneront lieu à un « engagement unique » (« rien n’est approuvé tant que tout n’est pas approuvé ») à signer par chaque État membre.
Commissaire chargé des négociations commerciales pour les quinze membres de l’Union européenne, M. Pascal Lamy* précisait, le 18 décembre 2002, lors d’une audition par l’Assemblée nationale française : « L’Union européenne a été en première ligne sur les "sujets de Singapour" : facilitation du commerce, concurrence, investissement et transparence dans les marchés publics. Si les réformes [de la politique agricole commune, PAC] proposées par la Commission sont adoptées par le Conseil, nous utiliserons ou non les marges de manœuvre additionnelles en fonction de nos intérêts dans la négociation. » Le 19 mars 2003, il évoquait à nouveau ce donnant-donnant devant une commission spéciale de la Chambre des communes à Londres : « Sur la question de l’accès au marché, nous devrons payer sur l’agriculture puisque nous pouvons gagner beaucoup sur l’industrie et les services. »
Après la réforme de la PAC adoptée par le conseil des ministres de l’agriculture le 26 juin 2003, le commissaire chargé du secteur, M. Franz Fischler, confirmait que, « lors de la réunion ministérielle de Cancun, l’Union ne sera disposée à entamer son capital de négociation que si nous obtenons des contreparties ». Dès lors que le cycle de Doha s’élargira aux « sujets de Singapour », il est acquis que l’Union ira au-delà des propositions faites en vue d’un nouvel Accord sur l’agriculture (AsA) : réduction de 36 % des droits de douane sur les importations agroalimentaires et de 55 % des soutiens internes liés à la production (M. Lamy a déjà porté cette baisse à 60 %, le 31 juillet) - mesures que ne compense pas la réduction, bienvenue pour le reste du monde, de 45 % des subventions aux exportations dites « restitutions » (lire Les mots pour le dire) L’accord commun États-Unis - Union européenne du 13 août 2003 pour un nouveau train de réductions n’est pas crédible. Il implique que les deux complices continuent à tricher massivement dans la notification de leurs aides à l’OMC (1).
Adopté en 1994, l’AsA n’a été bénéfique ni au Nord ni au Sud, et les propositions pour sa renégociation s’apparentent à une fuite en avant qui aggravera les ravages déjà provoqués. Négocié essentiellement entre les États-Unis et l’Union européenne, cet accord n’est que le reflet de leurs politiques agricoles respectives, des dernières réformes de la PAC (1992, 1999, 2003), comme des lois (Farm Bills) américaines sur l’agriculture (1996, 2002) qui sont autant de machines de guerre au bénéfice exclusif de leurs firmes agroalimentaires mondialisées. Tout cela enrobé dans un discours sur les intérêts des consommateurs, sur l’environnement et le bien-être animal dans les sociétés du Nord, ainsi que dans quelques pleurs sur les affamés du Sud dont les trois quarts sont des ruraux, essentiellement des agriculteurs.
Trois facteurs expliquent la poursuite de cette politique suicidaire par les États : au Nord comme au Sud, l’utilisation de concepts économiques mystificateurs dans les négociations agricoles ; au Nord, les pressions des firmes agroalimentaires ; au Sud, la conviction erronée qu’il y a davantage à gagner à l’ouverture des marchés du Nord qu’à la protection de ses propres marchés intérieurs.
L'imposture politico-juridique
Parmi les concepts de base des politiques agricoles - protection, prix mondial, surplus du consommateur, dumping, subvention découplée, etc. -, la définition des deux derniers repose sur une imposture politico-juridique. Ainsi, le dumping est défini dès 1948 par l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), ancêtre de l’OMC, comme l’exportation à un prix inférieur non pas au coût de production, mais au prix du marché intérieur. Cela explique les réformes de la PAC de 1992, 1999 et de juin 2003 : en abaissant par étapes les prix agricoles intérieurs jusqu’au niveau du prix mondial, l’Union pourra exporter sans « restitution », donc, formellement, sans dumping.
Il suffira de compenser les revenus des agriculteurs par des aides dites « découplées » - c’est-à-dire non liées à la production ou au prix de l’année en cours - et autorisées par l’AsA, du moins jusque fin 2003. Ainsi le prix garanti (dit « d’intervention ») des céréales a été abaissé à 101,31 euros la tonne depuis juillet 2001, niveau équivalent au prix mondial, mais très inférieur au coût de production du blé français, pourtant le plus compétitif des Quinze (160 euros par tonne). Une aide directe aux producteurs, d’un montant de 63 euros par tonne (basée sur les superficies et rendements des années 1989-1991), comble la différence et a permis à l’Union d’exporter son blé sans « restitutions » de juillet 2001 à juin 2002, mais non sans un énorme dumping réel. La Commission européenne espère ainsi accroître les exportations de blé de 16,6 à 18,8 millions de tonnes de 2002 à 2010 !
Comme les États-Unis ont supprimé toutes les mesures de maîtrise de la production depuis 1996 (gel des terres, stockage public, subventions au stockage à la ferme), les prix mondiaux se sont effondrés. Washington a dû quadrupler ses aides directes de 1996 à 2000, et les re-coupler largement, pour une période de dix ans, dans le Farm Bill de 2002. D’où le dumping accru du Nord sur les pays du Sud, facilité par le désarmement douanier imposé à ces derniers par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, malgré les marges de manœuvre autorisées par l’AsA. Résultat pour eux : un déficit agroalimentaire croissant car les prix de leurs produits tropicaux se sont effondrés à un moment où la non-rentabilité de leurs cultures vivrières, conséquence du dumping des pays développés, les incitait à développer les cultures d’exportation.
Un cas d’école est fourni par les importations de blé de l’Afrique noire, qui ont augmenté de 35 % entre 1996 et 2000, alors que leur valeur à l’importation baissait de 13 %. Elles ont même crû de 84 % au Burkina Faso pour une facture n’augmentant que de 16 %. Ce dumping vivrier a poussé l’Afrique de l’Ouest francophone à accroître fortement sa production de coton, pour laquelle elle dispose d’un net avantage comparatif, les coûts de production y étant les plus faibles du monde (lire André Linard, « Le coton africain sinistré », Le Monde diplomatique, septembre 2003). Mais l’effondrement du prix du coton, provenant moins de l’importance des aides (pas nouvelles) aux producteurs américains et européens (mais aussi chinois) qu’à la suppression de la maîtrise de l’offre aux États-Unis depuis 1996, a entraîné une perte annuelle de 200 millions de dollars de 1997 à 2001 pour l’Afrique de l’Ouest (2).
C’est parce que les aides directes de l’Union européenne seront réputées couplées début 2004, à l’issue de la « clause de paix » (article 13 de l’AsA), donc astreintes à réduction à l’OMC, que M. Franz Fischler a fini par convaincre le conseil des ministres de l’agriculture de réformer la PAC le 26 juin 2003. La réforme consiste à découpler totalement ces aides, au prétexte que le nouveau « paiement unique par exploitation » - égal au montant moyen des aides directes reçues de 2000 à 2002 - sera versé sans que les bénéficiaires soient obligés de produire, ou s’ils produisent autre chose que les produits les ayant justifiées : céréales et oléoprotéagineux (COP), viandes bovine et ovine.
Prétendre que ces paiements seront sans effet sur la production ou sur les prix est une énorme supercherie ! La plupart des négociateurs du Sud et l’ensemble des organisations non gouvernementales (ONG) du Nord et du Sud en sont désormais conscients, mais les États-Unis et l’Union s’accrochent à ce subterfuge puisque l’AsA l’autorise.
L’Union devrait cependant déchanter rapidement. D’abord parce que la majorité de la production de céréales et oléoprotéagineux étant destinée à l’alimentation du bétail (108 millions de tonnes de céréales, 12,6 millions de tonnes de son et 18,3 millions de tonnes d’oléoprotéagineux en 1999-2000), il s’agit bien d’aides aux intrants, donc d’aides couplées et astreintes à réduction, selon l’article 6.2 de l’AsA pour les pays développés. Leur découplage total n’y changera rien pour les agriculteurs qui continueront à produire des COP. La production de volaille et de porc sera aussi attaquable pour dumping, puisque les aliments du bétail y représentent plus de 50 % du coût de production.
Ensuite parce que les aides de la « boîte verte » (aides autorisées) seront elles-mêmes facilement attaquables à l’OMC dès 2004 en prouvant le dommage réel dû à leur effet de dumping (3). Le combat dérisoire de M. Fischler pour abriter les aides PAC dans cette « boîte verte » de l’OMC est donc perdu d’avance, et la nouvelle réforme est caduque avant d’avoir été mise en œuvre.
La stratégie des Quinze en vue de réformer la PAC et l’AsA est totalement dictée par les firmes agroalimentaires. La Confédération des industries agroalimentaires de l’Union (CIAA) (4) déclarait ainsi, le 19 juin 2003, qu’elle « juge trop ambitieuse l’élimination envisagée des restitutions à l’exportation [de 45 %]. Tant qu’il y aura des différences entre les prix payés par les industriels sur les marchés mondiaux et sur le marché communautaire, les restitutions seront nécessaires ».
Invité le même jour par cette Confédération, le commissaire Lamy la comblait d’aise : « L’industrie agroalimentaire a le privilège de bénéficier de trois commissaires : Franz Fischler au titre de l’agriculture, Erkki Liikanen pour l’industrie, et votre serviteur sur les questions de commerce international (...). Les négociations de l’OMC devront permettre à nos produits de bénéficier de la baisse des tarifs. J’espère compter sur vos suggestions lorsque nous en viendrons à identifier les priorités à cet égard. »
Enfin, et c’est le plus désolant, les gouvernements du Sud se sont laissés berner en se battant davantage pour l’ouverture des marchés du Nord que pour la défense de leur marché intérieur contre le dumping du Nord, pour peu qu’ils puissent protéger à l’importation quelques produits vivriers de base. Cette stratégie a échoué : elle s’est soldée par un déficit agroalimentaire accru et n’a profité qu’aux multinationales.
Lucides, la Via Campesina (qui regroupe environ soixante-dix mouvements paysans dont, en France, la Confédération paysanne) et le Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d’Afrique de l’Ouest (Roppa) déclaraient le 17 juillet 2001 : « La priorité des paysans et de leurs familles dans les pays les moins avancés (PMA) est de pouvoir produire pour leur famille, puis d’avoir accès au marché intérieur, bien avant d’exporter. » Ce n’est malheureusement pas la position que prennent les gouvernements des PMA dans les négociations internationales.
Pour empêcher l’aggravation de la faim au Sud et la mort des campagnes au Nord, la PAC et l’AsA doivent être reconstruits sur le principe de la souveraineté alimentaire, sans dumping d’aucune sorte. Sans souveraineté alimentaire, c’est-à-dire sans protection aux importations, il ne saurait y avoir de développement global des pays du Sud, où les agriculteurs sont encore majoritaires. Et sans ce développement, les pays du Nord ne pourront y exporter des produits et services à haute valeur ajoutée. L’Union européenne aurait intérêt à défendre cette stratégie, notamment à Cancun, car ses exportations subventionnées ne représentent que 10 % de sa production de céréales et de produits laitiers, 8 % de sa production de viandes et 30 % de sa production de sucre. Ce n’est pourtant pas le chemin qu’elle prend...
Jacques Berthelot.
(1) Lire L’Agriculture, talon d’Achille de la mondialisation. Clés pour un Accord agricole solidaire à l’OMC, L’Harmattan, Paris, 2001 ; « Pourquoi et comment la libéralisation des échanges agricoles affame les paysans du Sud et marginalise ceux du Nord », dans Cetim, Via Campesina, Une alternative paysanne à la mondialisation néolibérale, Genève, octobre 2002. Contact : berthelot@ensat.fr. Consulter aussi www.solidarite.asso.fr/actions/Agri....
(2) Daryll Ray, Notice to Mali farmers : Forget subsidy levels. Focus on lack of policies to limit production, APAC, université du Tennessee ; Louis Goreux, Préjudices causés par les subventions aux filières de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, ministère des affaires étrangères, Paris, mars 2003. (
3) Didier Chambovey, « How the Expiry of the Peace Clause Might Alter Disciplines on Agricultural Subsidies in the WTO Framework », Journal of World Trade, 36 (2) : 305-352, 2002.
(4) CIAA : www.ciaa.be
* voir Énergie
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Juste une précision : on parle (surtout) beaucoup de la faim* dans le monde... Aujourd'hui, la seule (juste) répartition, entre tous les hommes vivant sur notre planète, de la totalité de la production annuelle de céréales produitesdans le monde (stockées et pourrissant finalement) pourrait fournir près de 2 300 calories (2 850, si on y ajoute les viandes stockées pareillement, pourrissant tout pareil) par jour et pour chacun des hommes peuplant notre planète... De quoi, nous rendre tous obèses !
Régler le problème de la faim dans le monde ne dépendra pas d’un emplâtre technique comme celui qu’on veut nous faire gober avec les OGM ou avec le sac de riz de M. Kouchner en Somalie…C’est un problème sociopolitique… C’est donc un problème qui ne sera réglé que par la volonté des politiques qui n’en n’ont guère et par celle des sociétés, de plus en plus maintenues dans un mutisme assourdissant. C'est peut-être la raison que certains d'entre eux s'équipent de sonotones, à moins que de ces problèmes et d'autres, ils ne s'en branlent ?
Pour vaincre la morosité envahissante liée aux concepts jubilatoires de la pensée unique, je vous suggère de découvrir ou redécouvrir les écrits de Jacques Ellul, entre autres.
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* En oubliant de mentionner que le secours catholique ou les restaurants du cœur suppléent largement les carences de l’État. Sinon la faim, au moins la malnutrition frappe cruellement les miséreux dans notre pays… Difficile de leur venir en aide, si, comme on nous le laisse entendre, il faudra s’acquitter de l’amende de 10 euros par personne pour payer les malversations du Débit Lyonnais** dans l’affaire « executive life ». La fraternité a bon dos quand elle enrichit François P. !
Cela écrit, quand on analyse les propos sarkostiques d’Elliott Nénesse***, le ministre des prohibitions diverses, qu’il martèle au cours d’une émission sinon pour convaincre, au moins pour conditionner, on ne peut guère se déclarer surpris du comportement de nos pâristocrates pour lesquels : les principaux choix de sociétés sont irrévocables, le libéralisme immuable, la misère et le chômage, qui vont avec, irréversibles… Il faudra bien s’adapter et s’en accommoder, sans colère, ni révolte… Car ce ministre et ses pandores veillent !
** Quand en septembre 2005, LCL fort d'un nouveau logo et néanmoins dispendieux et de son mariage avec le Crédit agricole a fait une rentrée fracassante à grand renfort de pubs dispendieuses sans doute aussi, sur toutes nos chaînes, dans tous nos journaux, ce ne furent que louanges et autres vœux. Tout le monde avait semble-t-il oublié que nous, les petits contris-butaires-buables, nous continuions d'en payer les dettes. C'est vrai qu'à la fin, c'est normal qu'on nous prenne pour ce que nous sommes finalement, des C... et le temps ne fait rien à l'affaire !
*** L'affaire EADS, la banque
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Ce ne sont pas les boulets d'un cheval, mais les genoux d'un enfant ! (Pâturons ou "cannons") | Pour manger, un salarié sur dix a recours aux associations / par F. Tassel - Libération - 17 juin
Une étude CSA pour les banques alimentaires souligne une paupérisation croissante.
Plus fort que bien des discours sur la paupérisation des classes populaires et moyennes, ces chiffres issus d'une enquête réalisée auprès des personnes faisant appel aux banques alimentaires (1) : une personne sur dix est salariée, 16 % touchent une retraite, 67 % d'entre elles disposent d'un logement durable, 24 % sont hébergées, une personne sur dix seulement vit sans logement. |
Ces données démontent l'idée reçue qui voudrait que les personnes ayant des difficultés à se nourrir soient toutes exclues et privées des besoins élémentaires. " Les couches de la population ayant recours à l'aide alimentaire augmentent. C'est le constat d'un environnement social dégradé, voire délabré ", lâche Pierre de Poret, président de la Fédération française des banques alimentaires (FFBA).
Allongement. Parmi les catégories dont les besoins sont croissants, figurent les familles monoparentales, dont une sur quatre fréquente le réseau de la FFBA. Les femmes vivant seules avec un jeune enfant et se débrouillant avec un petit boulot sont les plus nombreuses. Une autre partie des habitués de ce type d'aide sont les moins de 26 ans (notamment en Ile-de-France) et les plus de 70 ans. Catégories les plus fragilisées de la population. L'allongement de la durée de l'appel à cette aide est un autre signal fort : une personne sur deux y a recours depuis plus d'un an, et une sur trois se fait aider depuis plus de deux ans. Un dernier chiffre : 72 % des personnes accueillies sont françaises.
La demande croissante des agriculteurs interpelle aussi la FFBA. " La pauvreté dans les zones rurales semble bel et bien progresser, relève Pierre de Poret. Il semble que les solidarités traditionnelles de la famille et du voisinage jouent moins. L'isolement y est plus grand que par le passé. " À la campagne apparaît une demande d'aide qui va au-delà de la nourriture.
Selon l'étude du CSA, " huit associations sur dix ont mis en avant un objectif dépassant le cadre de l'aide alimentaire, comme l'aide à l'intégration sociale, à la reconstruction personnelle ou aux soins de santé ". Certaines personnes viennent dans le réseau des banques alimentaires pour signaler une détresse sociale ou financière.
Même si le besoin alimentaire n'apparaît pas prioritaire, les associations donnent de la nourriture pour que la personne réalise une économie sur ce poste budgétaire, permettant ainsi de faire face à d'autres dépenses comme le loyer ou l'achat de vêtements.
Symptômes d'une crise sociale profonde, bien des associations ont dû élargir leur périmètre d'intervention au-delà du seul don de nourriture.
Soutien scolaire. Elles fournissent aussi des vêtements, donnent des conseils pour des démarches administratives, pratiquent le soutien scolaire, ou encore proposent des ateliers (bricolage, couture, lecture). " D'ailleurs, souligne Pierre de Poret, les associations demandent une aide plus grande de la part des collectivités territoriales, car elles ont le sentiment d'assurer une part de l'aide sociale qui incombe à l'Etat. "
(1) Étude réalisée par l'institut CSA du 6 au 15 avril 2006 auprès de 4 112 associations travaillant avec les 79 Banques alimentaires réparties sur tout le territoire. Chaque association aide 138 personnes par mois.
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La faim gagne du terrain.
J. Diouf invite les dirigeants mondiaux à honorer leurs engagements.
30 octobre 2006, Rome - Faisant remarquer que les promesses ne donnent guère à manger, M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, a invité aujourd'hui les dirigeants mondiaux à honorer les engagements pris en 1996.
Dix ans après le Sommet mondial de l'alimentation (SMA) qui s'est tenu à Rome cette année-là et qui promettait de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde d'ici à 2015, ce nombre est aujourd'hui plus élevé dans les pays en développement - 820 millions - qu'il ne l'était en 1996, a déclaré M. Diouf.
"Loin de diminuer, le nombre de personnes affamées dans le monde est en train d'augmenter - au rythme de 4 millions par an", a ajouté M. Diouf qui prenait la parole lors du lancement du rapport annuel de la FAO : " L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde " (SOFI 2006).
Les dirigeants des 185 pays présents au SMA avaient qualifié la faim dans le monde d'"inacceptable et intolérable", a rappelé M. Diouf. "Aujourd'hui, je suis profondément navré d'avoir à annoncer que la situation est toujours intolérable et inacceptable - d'autant plus que dix années se sont écoulées."
"Expédier les affaires courantes n'est plus de mise", a souligné M.Diouf. L'incapacité d'atteindre l'objectif du SMA serait "scandaleuse", a-t-il ajouté.
Recul insignifiantSelon le SOFI, les 820 millions d'êtres humains victimes de sous-alimentation dans les pays en développement représentent une réduction insignifiante de trois millions par rapport au chiffre de référence de 823 millions relatif à la période 1990-1992 et pris en compte par le SMA.
Cependant, les résultats sont encore plus déplorables si on les compare au total de 1996 de quelque 800 millions, ce qui correspond à un accroissement de 23 millions.
Honorer l'engagement du Sommet signifierait une diminution du nombre de personnes sous-alimentées de 31 millions chaque année jusqu'en 2015, alors que ce nombre est en train de grimper au rythme d'environ 4 millions par an.
Néanmoins, au cours des dix dernières années, la proportion de personnes victimes de la faim dans les pays en développement a reculé par rapport à la croissance démographique, indique le SOFI.
Une personne sur cinq dans les pays en développement était sous-alimentée en 1990-92, chiffre qui s'établit actuellement à 17 pour cent.
L'Objectif du MillénaireLes projections de la FAO suggèrent qu'on pourrait assister à une autre diminution de 17 à 10 pour cent au cours des neuf prochaines années. Cela signifie que le monde s'est engagé sur la bonne voie pour réaliser l'Objectif du Millénaire relatif à la réduction de la faim", selon le rapport.
Néanmoins, le nombre total de personnes sous-alimentées dans les pays en développement en 2015 est projeté à 582 millions, soit 170 millions de plus que l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation de 412 millions.
Plus de la moitié de ces personnes serait concentrée en Asie du Sud et de l'Est (respectivement 203 millions et 123 millions). L'Afrique subsaharienne compterait 179 millions d'affamés, soit plus du double de l'objectif fixé par le SMA.
Profondes disparités Les tendances mondiales de réduction de la faim masquent des disparités profondes entre les régions, indique le rapport.
A titre d'exemple, les régions Asie-Pacifique et Amérique latine-Caraïbes ont vu une réduction globale à la fois du nombre et de la prévalence de personnes sous-alimentées.
En Afrique subsaharienne, "la tâche qui incombe à la région reste imposante", selon le rapport. La région compte actuellement 206 millions d'affamés, près de 40 millions de plus qu'en 1990-92.
L'objectif du SMA est encore atteignable si l'on prend des mesures concrètes et concertées, fait remarquer le SOFI.
Le rapport préconise une approche sur deux fronts insistant sur des actions directes contre la faim et mettant l'accent sur le développement agricole et rural.
Les points chaudsLe rapport énumère une série d'autres mesures nécessaires à l'éradication de la faim dans le monde pour les années à venir.
À cet égard, citons : cibler les programmes et investissements dans les points chauds de la pauvreté et de la sous-alimentation; accroître la productivité des petites exploitations agricoles; créer de bonnes conditions pour les investissements privés (transparence, bonne gouvernance); faire bénéficier les pauvres du commerce mondial, avec des filets de sécurité pour les groupes vulnérables; porter le niveau de l'APD à 0,7 % du PIB.
"Il nous faut redoubler d'efforts pour atteindre le but de réduction de la faim du SMA. Cela n'est possible qu'en présence d'une volonté politique", conclut le rapport.
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Jean Ziegler : "Nous allons vers une reféodalisation du monde"
Dans son nouvel essai, L'Empire de la honte (Fayard), qui paraît le 10 mars, le sociologue et intellectuel subversif genevois - aujourd'hui rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation de la commission de l'ONU pour les droits de l'homme - part à l'attaque des "sociétés transcontinentales privées". Accusées d'entretenir la famine, de détruire la nature et de subvertir la démocratie, elles étendent leur emprise sur le monde et veulent réduire à néant les conquêtes des Lumières. Pour leur résister, il faut retrouver l'esprit de la Révolution française et relever la tête, comme le fait déjà au Brésil le président Lula da Silva.
Votre livre s'intitule L'Empire de la honte. Quel est cet empire ? Pourquoi "de la honte" ? Quelle est cette honte ?
Jean Ziegler : Dans les favelas du nord du Brésil, il arrive aux mères, le soir, de mettre de l'eau dans la marmite et d'y déposer des pierres. À leurs enfants qui pleurent de faim elles expliquent que "bientôt le repas sera prêt…", tout en espérant qu'entre-temps les enfants s'endormiront. Mesure-t-on la honte éprouvée par une mère devant ses enfants martyrisés par la faim et qu'elle est incapable de nourrir ?
Or l'ordre meurtrier du monde - qui tue de faim et d'épidémie 100 000 personnes par jour - ne provoque pas seulement la honte chez ses victimes, mais aussi chez nous, Occidentaux, Blancs, dominateurs, qui sommes complices de cette hécatombe, conscients, informés et, pourtant, silencieux, lâches et paralysés. L'empire de la honte ? Ce pourrait être cette emprise généralisée du sentiment de honte provoqué par l'inhumanité de l'ordre du monde. En fait, il désigne l'empire des entreprises transcontinentales privées, dirigées par les cosmocrates. Les 500 plus puissantes d'entre elles ont contrôlé l'an passé 52 % du produit mondial brut, c'est-à-dire de toutes les richesses produites sur la planète.
Dans votre livre, vous parlez d'une "violence structurelle". Qu'entendez-vous par là ?
Jean Ziegler : Dans l'empire de la honte, gouverné par la rareté organisée, la guerre n'est plus épisodique, elle est permanente. Elle ne constitue plus une crise, une pathologie, mais la normalité. Elle n'équivaut plus à l'éclipse de la raison - comme le disait Horkheimer -, elle est raison d'être même de l'empire. Les seigneurs de la guerre économique ont mis la planète en coupe réglée. Ils attaquent le pouvoir normatif des États, contestent la souveraineté populaire, subvertissent la démocratie, ravagent la nature, détruisent les hommes et leurs libertés. La libéralisation de l'économie, la "main invisible" du marché sont leur cosmogonie ; la maximalisation du profit, leur pratique. J'appelle violence structurelle cette pratique et cette cosmogonie.
Parlez également d'une "agonie du droit". Que veut dire cette formule ?
Jean Ziegler : Désormais, la guerre préventive sans fin, l'agressivité permanente des seigneurs, l'arbitraire, la violence structurelle règnent sans entraves. La plupart des barrières du droit international s'effondrent. L'ONU elle-même est exsangue. Les cosmocrates sont au-dessus de toute loi. Mon livre fait le récit de l'effondrement du droit international, citant de nombreux exemples tirés directement de mon expérience de rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation.
Vous qualifiez la famine d'"arme de destruction massive". Quelles solutions préconisez-vous ?
Jean Ziegler : Avec la dette, la faim est l'arme de destruction massive qui sert aux cosmocrates à broyer - et à exploiter - les peuples, notamment dans l'hémisphère Sud. Un ensemble complexe de mesures, immédiatement réalisable et que je décris dans le livre, pourrait rapidement mettre un terme à la faim. Il est impossible de les résumer en une phrase. Une chose est certaine : l'agriculture mondiale, dans l'état actuel de sa productivité, pourrait nourrir le double de l'humanité d'aujourd'hui. Il n'existe donc aucune fatalité : la faim est faite de main d'homme.
Certains pays sont écrasés, dites-vous, par une "dette odieuse". Qu'entendez-vous par "dette odieuse" et quelles solutions préconisez-vous ?
Jean Ziegler : Le Rwanda est une petite république paysanne de 26 000 km2, située sur la crête de l'Afrique centrale séparant les eaux du Nil et du Congo, et cultivant le thé et le café. D'avril à juin 1994, un génocide effroyable, organisé par le gouvernement hutu allié à la France de François Mitterrand, a provoqué la mort de plus de 800 000 hommes, femmes et enfants tutsis. Les machettes ayant servi au génocide ont été importées de Chine et d'Egypte, et financées, pour l'essentiel, par le Crédit Lyonnais. Aujourd'hui, les survivants, des paysans pauvres comme Job, doivent rembourser aux banques et aux gouvernements créanciers jusqu'aux crédits qui ont servi à l'achat des machettes des génocidaires. Voilà un exemple de dette odieuse. La solution passe par l'annulation immédiate et sans contrepartie ou, pour commencer, par un audit de celle-ci, comme le préconise l'Internationale socialiste ou comme l'a fait au Brésil le président Lula, pour ensuite la renégocier poste par poste. Dans chaque poste, il y a en effet des éléments délictueux - corruption, surfacturation, etc. - qui doivent être réduits. Des sociétés internationales d'audit, comme PriceWaterhouseCooper ou Ernst & Young, peuvent tout à fait s'en charger, comme elles se chargent, chaque année, de vérifier les comptes des multinationales.
Vous citez à plusieurs reprises le président Lula da Silva comme modèle. Qu'est-ce qui vous inspire cette considération dans son action ?
Jean Ziegler : J'éprouve à la fois de l'admiration et de l'inquiétude en considérant les objectifs politiques et l'action du président Lula : de l'admiration parce qu'il est le premier président du Brésil à accepter de reconnaître que son pays compte 44 millions de citoyens gravement et en permanence sous-alimentés et à vouloir mettre un terme à cette situation inhumaine ; de l'inquiétude, aussi, parce qu'avec une dette extérieure de son pays de 235 milliards de dollars Lula n'a pas les moyens d'en finir avec cette situation.
Dans votre livre vous parlez également d'une "reféodalisation du monde". Qu'entendez-vous par là?
Jean Ziegler : Le 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale française ont aboli le régime féodal. Leur action a eu un retentissement universel. Or, aujourd'hui, nous assistons à un formidable retour en arrière. Le 11 septembre 2001 n'a pas seulement fourni à George W. Bush l'occasion d'étendre l'emprise des États-Unis sur le monde, l'événement a aussi justifié la mise en coupe réglée des peuples de l'hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales privées.
Dans votre livre, vous faites très souvent référence à la Révolution française et à certains de ses protagonistes (Danton, Babeuf, Marat…) : en quoi estimez-vous qu'elle a encore quelque chose à apporter, deux siècles après et dans un monde bien différent ?
Jean Ziegler : Lisez les textes ! Le Manifeste des Enragés de Jacques Roux fixe l'horizon de tout combat pour la justice sociale planétaire. Les valeurs fondatrices de la république, mieux, de la civilisation tout court, datent de l'époque des Lumières. Or l'empire de la honte détruit jusqu'à l'espérance de la concrétisation de ces valeurs.
Dans votre livre, vous reprochez à la guerre globale contre le terrorisme de détourner des ressources nécessaires à d'autres combats plus importants, comme celui contre la faim. Pensez-vous que le terrorisme soit une fausse menace, cultivée par quelques États ? Si oui, qu'est-ce qui vous le fait penser ? Pensez-vous que cette menace n'est pas réelle ou qu'elle mérite un traitement différent ?
Jean Ziegler : Le terrorisme d'États des Bush, Sharon, Poutine… est aussi détestable que le terrorisme groupusculaire du Djihad islamique ou d'autres fous sanguinaires de ce type. Ce sont les deux faces d'une même barbarie. Elles sont bien réelles l'une et l'autre, puisque Bush tue et que Ben Laden tue. Le problème est l'éradication du terrorisme : il ne peut se faire que par un bouleversement total de l'empire de la honte. La justice sociale planétaire seule pourra couper les djihadistes de leurs racines et priver les laquais des cosmocrates des prétextes de leurs ripostes.
En 2002, vous avez été nommé rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation. Quelle réflexion avez-vous tirée de cette mission ?
Jean Ziegler : Mon mandat est passionnant : dans une totale indépendance - responsable devant l'Assemblée générale de l'ONU et la commission des droits de l'homme -, je dois rendre justiciable, par le droit statutaire ou conventionnel, un nouveau droit de l'homme : le droit à l'alimentation. C'est un travail de Sisyphe ! Il progresse millimètre par millimètre. Le lieu essentiel de ce combat, c'est la conscience collective. Longtemps, la destruction des êtres humains par la faim a été tolérée dans une sorte de normalité glacée. Aujourd'hui, elle est considérée comme intolérable. L'opinion fait pression sur les gouvernements et les organisations interétatiques (OMC, FMI, Banque mondiale, etc.) afin que des mesures élémentaires soient prises pour abattre l'ennemi : réforme agraire dans le tiers-monde, prix convenables payés pour les produits agricoles du Sud, rationalisation de l'aide humanitaires en cas de brusques catastrophes, fermeture de la Bourse des matières premières agricoles de Chicago, qui spécule à la hausse sur les principaux aliments, lutte contre la privatisation de l'eau potable, etc.
Dans votre livre, vous apparaissez comme un défenseur de la cause "altermondialiste", voire comme un porte-parole de ce mouvement. Comment se fait-il que vous interveniez si rarement dans les manifestations "alter" et que l'on ne vous considère généralement pas comme un intellectuel "alter" ?
Jean Ziegler : Comment donc ? J'ai parlé devant 20 000 personnes au "Gigantino" de Porto Alegre en janvier 2003. Je me sens comme un intellectuel organique de la nouvelle société civile planétaire, de ses multiples fronts de résistance, de cette formidable fraternité de la nuit. Mais je reste fidèle aux principes de l'analyse révolutionnaire de classe, à Jacques roux, Babeuf, Marat et Saint-Just.
Vous semblez attribuer tous les malheurs du monde aux multinationales et à une poignée d'États (États -Unis, Russie, Israël…) : n'est-ce pas un peu réducteur ?
Jean Ziegler : L'ordre du monde actuel n'est pas seulement meurtrier, il est également absurde. Il tue, détruit, massacre, mais il le fait sans autre nécessité que la recherche du profit maximal pour quelques cosmocrates mus par une obsession du pouvoir, une avidité illimitée. Bush, Sharon, Poutine ? Des laquais, des auxiliaires. J'ajoute un post-scriptum sur Israël : Sharon n'est pas Israël. Il est sa perversion. Michael Warshavski, Lea Tselem, les "Rabbins pour les droits de l'homme" et maintes autres organisations de résistance incarnent le véritable Israël, l'avenir d'Israël. Ils méritent notre totale solidarité.
Pensez-vous que la morale a sa place dans les relations internationales, qui sont plutôt dictées par les intérêts économiques et géopolitiques ?
Jean Ziegler : Il n'y a pas le choix. Ou bien vous optez pour le développement et l'organisation normative ou bien vous choisissez la main invisible du marché, la violence du plus fort et l'arbitraire. Pouvoir féodal et justice sociale sont radicalement antinomiques. "En avant vers nos racines", exige le marxiste allemand Ernst Bloch. Si nous ne restaurons pas de toute urgence les valeurs des Lumières, la République, le droit international, la civilisation telle que nous l'avons bâtie depuis deux cent cinquante ans en Europe vont être recouverts, engloutis par la jungle.
Depuis le départ des talibans, le Moyen-Orient et le monde arabo - musulman semblent parcourus par une vague de démocratisation plus ou moins spontanée (élections en Afghanistan, en Irak, en Palestine, ouverture de la présidentielle à d'autres candidats en Égypte…). Comment jugez-vous cela et pensez-vous que la démocratie puisse s'exporter dans ces pays ? Où croyez-vous qu'ils sont condamnés à avoir des régimes despotiques ?
Jean Ziegler : Il ne s'agit pas "d'exporter la démocratie". Le désir d'autonomie, de démocratie, de souveraineté populaire est consubstantiel à l'être humain, quelle que soit la région du monde où il est né. Mon ami le grand sociologue syrien Bassam Tibi veut une existence en démocratie et y a droit. Or, depuis trente ans, il vit en Allemagne, en exil de la dictature effroyable qui sévit dans son pays. Elias Sambar, écrivain palestinien, un autre de mes amis, a droit à une Palestine libre et démocratique, non pas à une Palestine occupée, ni à une vie sous la férule d'islamistes obscurantistes. Tibi, Sambar et moi voulons la même chose et y avons droit : la démocratie. Le problème : la guerre froide, l'instrumentalisation des régimes en place par les grandes puissances, enfin la lâcheté des démocrates occidentaux, leur manque de solidarité active et réelle font que les tyrans du Moyen-Orient, d'Arabie Saoudite, d'Égypte, de Syrie, du Golfe, d'Iran ont pu durer jusqu'à aujourd'hui.
Gian Paolo Accardo²
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Agreste produit et publie des statistiques et études sur l'agriculture, la forêt, les industries agroalimentaires, l'occupation du territoire,...
http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/page_accueil_82/donnees_ligne_2.htmlGagner la course à l'alimentation :
http://www.infoforhealth.org/pr/prf/fm13edsum.shtmlLA SITUATION MONDIALE DE L'ALIMENTATION ET DE L'AGRICULTURE 2003- 2004
http://www.fao.org/documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/006/y5160f/y5160f00.htmInsectes des denrées alimentaires :
http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/OPIE-Insectes/d-insectes.htm____________________
Assurer la sécurité alimentaire grâce à une agriculture durable
http://www.greenpeace.fr/campagnes/ogm/dossiers/Pretty_Good_fr.pdfDU BLE AU PAIN :
http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/blepain/index.htmAlimentation / Nutrition :
http://agora.qc.ca/encyclopedie/recherche.nsf/resultatsRS?OpenForm&Query=FIELD+Secteur+Contains+Alimentation+/+NutritionMALNUTRITION PROTÉINO-ÉNERGÉTIQUE ET AVITAMINOSES :
http://medecinetropicale.fr/cours/malnutrition_proteino_energetique.htm____________________
Géopolitique de la faim
http://www.cafe-geo.net/cafe2/article.php3?id_article=477Cours de Nutrition / par le Dr DESPORT / Nutritionniste au CHU de Limoges :
http://www.chu-limoges.fr/nutrition/cours/index.htmCahiers de nutrition et de diététique :
http://www.uvp5.univ-paris5.fr/CAMPUS-NUTRITION/cycle2/PolyCycle2.pdfCarences nutritionnelles / Étiologies et dépistage :
http://disc.vjf.inserm.fr:2010/basisrapports/carences.htmlPauvreté et santé :
http://whqlibdoc.who.int/publications/2003/924256236X_fre.pdf____________________
Les urédiniomycètes :
http://cgdc3.igmors.u-psud.fr/microbiologie/urediniomycetes.htm
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