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Détergents
Détergents, désinfectants, biocides...




Les détergents sont des substances tensio-actives qui, rajoutées en petite quantité dans de l'eau, permettent de décoller, puis d'éliminer facilement, en les émulsionnant, les graisses et autres salissures fixées à la surface des matériaux divers.

Bulle de savon
Il existe trois catégories de détergents : les détergents anioniques, les détergents cationiques et les détergents non ioniques.


L'utilisation généralisée, vers les années 1960, de ces produits s'accompagna très vite d'une dégradation de la qualité des eaux naturelles. Dans les années 1970, les réglementations en France et dans la très grande majorité des pays industrialisés, imposèrent que ces produits soient biodégradables au moins à 80 % dans un premier temps, puis à 90 %.

Sans doute des progrès ont-ils été réalisés sur ces produits ! Il n'en reste pas moins que les détergents ont affecté gravement et continuent d'affecter durablement les communautés d'invertébrés dulçaquicoles et marins.

Les mousses dues aux détergents et aux phosphates sont des obstacles à l'aération des eaux. Ces produits, en outre, et à cause de leur pouvoir mouillant, détruisent les revêtements des muqueuses respiratoires de invertébrés ou des vertébrés aquatiques et les fait se noyer rapidement.




La détergence :

On désigne par détergence, l'ensemble des processus qui visent à éliminer des salissures présentes sur un substrat. Ces processus sont au nombre de trois essentiels : le mouillage, le déplacement de la souillure et son antiredéposition.

Le mouillage consiste à séparer la salissure du substrat sur lequel elle adhère. Pour cela, on applique une solution détergente dont les agents de surface vont abaisser suffisamment la tension superficielle du bain de nettoyage. Cela doit permettre au détergent d'entrer en contact avec la salissure, d'y pénétrer et d'y adhérer plus fortement que le substrat ne le faisait précédemment.

Une fois que la salissure est " mouillée ", il faut l'écarter du substrat, c'est-à-dire faire en sorte qu'elle ne puisse plus revenir se recoller sur le substrat. Pour cela, ce sont encore les agents tensioactifs qui agissent en faisant en sorte que la tension interfaciale entre la salissure et le substrat soit plus élevée que la somme des tensions interfaciales solution de lavage / substrat et solution de lavage / salissure. Dans ces conditions, la solution détergente mouille bien le substrat et empêche l'attraction qu'il forme pour la salissure qui n'y adhère plus et qui s'en détache.

Une fois que la salissure est écartée du substrat, il faut l'éloigner définitivement du substrat. C'est ce que l'on appelle l'antiredéposition. Il existe un nombre important de mécanismes qui vont aider à l'antiredéposition.

Un certain nombre d'entre eux font appels à des réactions chimiques entre les salissures et certains composés de la solution détergente. Par exemple, il pourra y avoir saponification des acides gras avec des bases fortes présentes dans la lessive. Les savons formés seront soit solubilisés, soit émulsionnés.

D'autres mécanismes font appel à des phénomènes physiques. Par exemple lorsque les salissures sont solides, on essaiera de les maintenir en suspension grâce à des dispersants qui empêcheront que ces salissures ne forment des agrégats qui pourraient sédimenter et recoller au substrat. Les dispersants agissent soit par répulsion (effets électrostatiques dus à l'adsorption du dispersant porteur de charges électrostatiques à la surface de la salissure), soit par effet stérique. Les dispersants qui agissent par effet stérique agissent aussi après adsorption sur la salissure, mais il s'agit alors de molécules polymériques complexes non ioniques dont la structure empêche tout contact ou adhérence avec une autre salissure également recouverte par le dispersant stérique. Certains dispersants agissent avec les deux effets à la fois.

Il faut noter, enfin, que les mécanismes de détergence sont largement influencés par les paramètres physicochimiques qui caractérisent le processus de nettoyage : température, pH, dureté, agitation, etc. de l'eau, par exemple ; mais également par la nature des salissures, hydrophobie ou hydrophilie, par exemple ; et s'il s'agit de microorganismes, s'ils sont sous forme de biofilms ou non.

Quelques liens sur les mécanismes de détergence :

Les lessives en poudre :
http://pagesperso-orange.fr/cgt.lever/lessives_en_poudres.pdf

NANOSTRUCTURES ET FONCTIONNALITÉS DES TENSIOACTIFS NATURELS
http://www.fsagx.ac.be/fac/fr/accueil/presse/20030930-lecon.paquot.pdf

La substitution des solvants par les nettoyants aqueux :
http://www.irsst.qc.ca/files/documents/PubIRSST/B-064.PDF

Nettoyage et désinfection en restauration collective :
http://formateur69.fr/cours/nettoyage.pdf

L'hygiéne dans l'industrie alimentaire / Les produits et l'application de l'hygiéne
http://www.fao.org/DOCREP/004/T0587F/T0587F00.htm#TOC




Les différents produits entrant dans la composition des détergents :

Les détergents sont des combinaisons de produits chimiques divers dont le rôle est d'aider à débarrasser une surface des souillures qui s'y sont déposées.

La liste des produits autorisés pour le nettoyage des surfaces susceptibles d'être en contact avec des denrées alimentaires a été publiée dans l'arrêté ministériel du 8 septembre 1999 pris pour l'application de l'article 11 du décret no 73-138 du 12 février 1973 modifié portant application de la loi du 1er août 1905 sur les fraudes et falsifications en ce qui concerne les procédés et les produits utilisés pour le nettoyage des matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées, produits et boissons pour l'alimentation de l'homme et des animaux.

Les acides :

Les acides sont utilisés pour leur pouvoir détartrant et désincrustant. Ils servent en effet essentiellement pour dissoudre des dépôts minéraux provenant de l'eau (carbonate de calcium) et des substances alimentaires (phospholipides et calcium du lait, acide oxalique des végétaux, tannins des vins, etc.).

Les acides minéraux les plus couramment utilisés pour leurs propriétés détartrantes et désincrustantes sont l'acide chlorhydrique, l'acide nitrique, l'acide phosphorique, l'acide sulfurique et l'acide sulfamique. Tous ces acides sont corrosifs et oxydants même pour l'inox.

Les acides organiques sont aussi utilisés. Ils sont beaucoup moins corrosifs, souvent beaucoup moins dangereux, certains ont un pouvoir séquestrant (chélation des ions minéraux). Les plus utilisés sont l'acide succinique, l'acide lactique, l'acide acétique, l'acide tartrique, l'acide citrique, l'acide adipique et l'acide gluconique.

Les bases :

On utilise surtout la soude et la potasse. La soude est le produit le plus utilisé, en raison de son faible coût principalement. La soude agit en saponifiant les souillures grasses et en les solubilisant. La potasse est plus chère, mais produit des savons plus solubles que la soude.On utilise peu l'ammoniac en raison des vapeurs toxiques qu'il émet.

Les adjuvants et autres activateurs (builders) :

Les adjuvants lessiviels sont surtout des sels minéraux dont le rôle est d'inactiver les ions responsables de la dureté de l'eau. Ils ont aussi un effet de correction du pH. Ils améliorent ainsi les propriétés dispersantes et émulsionnantes de la solution détergente. Ils agissent peu sur ses capacités d'antiredéposition. On utilise surtout :

» Des phosphates (Tripolyphosphates, Orthophosphates et Pyrophosphates). Les principales propriétés des phosphates sont : élimination d'une partie de la dureté de l'eau par séquestration, diminution de la quantité d'agents tensioactifs, amélioration de la mouillabilité, amélioration de l'émulsification, de l'antiredéposition et contrôle du pH. Les phosphates posent de gros problèmes environnementaux en favorisant l'eutrophisation des eaux naturelles.

» Des silicates (Orthosilicates, Métasilicates et silicates liquides). Les silicates sont intéressants pour le nettoyage de l'aluminium, qui ne subit pas la moindre attaque, même en présence de bases fortes. Mais leur utilisation est délicate puisqu'il faut veiller à ce que le pH reste très alcalin et que les rinçages soient de très grande qualité. Autrement on voit apparaître des dépôts blanchâtres de silice qu'on ne peut plus dès lors enlever qu'avec de l'acide fluorhydrique.

» Du citrate de Na. Ce produit est un très bon substitut pour les phosphates. Il neutralise bien le Ca et le Mg. Il a également un bon pouvoir tampon.

» Parmi quelques autres sels minéraux utilisés, on peut citer aussi les carbonates qui adoucissent l'eau par précipitation des ions responsable de la dureté. Ils sont principalement utilisés pour le nettoyage de l'aluminium. On peut aussi citer les aluminosilicates ou zéolithes dont les capacités d'échange d'ions ; par rapport aux phosphates ; est accrue aux températures élevées.

Les agents oxydants :

Les agents oxydants améliorent sensiblement les capacités de détergence d'une solution en libérant de l'oxygène ou du chlore actifs qui s'attaque aux souillures. Ces agents trouvent particulièrement leur utilité dans les cas des souillures issues de la cuisson des aliments.

Parmi les générateurs d'oxygène actif, l'hypochlorite de sodium (eau de javel) est le plus connu et utilisé. Son efficacité est réduite aux températures élevées. Il est conseillé d'utiliser à froid les solutions détergentes qui contiennent du NaOCl. Les autres générateurs d'oxygène actif sont des peroxydes : eau oxygénée, perborate de Na, percarbonate de Na, etc.

Parmi les générateurs de chlore actif, on citera le phosphate trisodique chloré. Ce composé soluble dans l'eau demeure stable même à des températures relativement élevées et est un bon substitut de l'eau de Javel dans les pays chauds. D'autres composés générateurs de chlore actif ont une origine organique : Chloramine T ou Paratoluènechlorosulfamide sodé, sel sodique de l'acide dichloroisocyanurique. Ces produits sont très solubles dans l'eau. Ils sont aussi extrêmement irritants.

Les séquestrants :

Les agents séquestrants sont des composés organiques utilisés pour adoucir l'eau et capturer les ions métalliques susceptibles de précipiter et se déposer sur les surfaces. Parmi les agents séquestrants, le plus ancien et le plus connu est l'EDTA (acide éthylène diamino tétracétique) On peut aussi citer les dérivés de l'acide gluconique et ceux de l'acide glucoheptonique et de l'acide phosphonique (HEDP, DTPMP, ATMP).

Les dispersants :

Il ne s'agit pas des dispersants utilisés pour lutter contre les pollutions par les hydrocarbures, mais des produits utilisés dans les solutions détergentes pour lutter contre la formation du tartre à partir des ions Ca et Mg des eaux dures ou des souillures calciques. Ces produits sont essentiellement des dérivés des acides polyacryliques.

Les solvants :

Les solvants les plus employés sont des alcools, des solvants chlorés, des solvants cétoniques, des esters de glycol, des acétates, lactates, des solvants aromatiques, etc. La plupart de ces produits ne sont pas autorisés dans les entreprises agroalimentaires, mais on notera que certains esters de glycol le reste en dépit des dangers que ces produits présentent pour la reproduction.

Les enzymes :

Beaucoup de solutions détergentes possèdent des enzymes : protéases (subtilisine), lipases, amylases, etc. Ces enzymes agissent à basse température à la condition qu'elles ne soient pas hydrolysées du fait des conditions d'emploi de la solution détergente et des produits qui la compose.

Les agents tensioactifs :

Ce sont les agents tensioactifs ou agents de surface (surfactants) qui confèrent les propriétés mouillantes, moussantes, émulsionnantes, dispersantes, solubilisantes, etc. aux solutions détergentes dont ils constituent le principal ingrédient.

Ces agents sont de quatre natures : anioniques dont le pôle hydrophile est chargé négativement, cationiques dont le pôle hydrophile est charge positivement, non ioniques où la molécule ne comporte pas de charges électriques et amphotères dont le pôle hydrophile porte à la fois une charge positive et une charge négative, ce qui fait que la charge globale est nulle.

Il existe une très grande variété d'agents tensioactifs pour lesquels on trouvera des renseignements complémentaires en suivant les liens ci-après :

Tensioactifs :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tensioactif

http://www.firp.ula.ve/cuadernos/F300A.pdf




Les conditions d'utilisation des détergents :

Quand on utilise des détergents, c'est la plupart du temps en solution très diluée dans de l'eau. Autrement dit, le premier " solvant " d'une solution détergente, c'est l'eau qui ne doit être ni entartrante, ni corrosive. De ce point de vue, les eaux trop douces comme les eaux trop dures sont contraires à une bonne efficacité des détergents. On détermine le caractère corrosif ou au contraire le caractère entartrant d'une eau en fonction de la dureté de l'eau, de son pH, de la température et de l'alcalinité totale.

L'index de stabilité des eaux :
http://protec-traitement.com/26_index_de_stabilite_des_eaux.htm

Corrosion aqueuse :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Corrosion_aqueuse

Les autres paramètres agissent davantage sur les divers composants présents dans la solution détergente. Parmi ceux-ci, on citera la température. Certains composants sont efficaces dans l'eau froide et peuvent être passivés dans l'eau chaude. D'autres ne donnent leur pleine mesure que dans l'eau chaude ou très chaude.

Enfin la nature des salissures sera fondamentale pour décider de quelles solutions détergentes on fera usage. Dans les industries agroalimentaires, on distingue principalement quatre types de salissures : les salissures pigmentaires (terre, sable, poussières, suie, etc.) ; les salissures blanchissables (vin, café, herbe, fruits, sirops, etc.) ; les salissures grasses (huiles, beurres, graisses, etc.) et les salissures protéiques (sang, œuf, sauces, viandes, poissons, lait, crème, etc.). Certaines salissures sont solubles dans l'eau, d'autres sont émulsifiables, d'autres insolubles comme les composés albuminoïdes (caséine, albumine, globuline, etc.) peuvent être réduites par action des alcalis.




Les désinfectants :

Dans les processus de nettoyage des surfaces et des locaux, autant dans les industries agroalimentaires que dans les services hospitaliers, l'usage des détergents précède celui des désinfectants puisque les salissures organiques sont nécessairement colonisées soit par des microorganismes planctoniques, soit par des biofilms.

Les désinfectants autorisés et les plus souvent utilisés sont :

» Le chlore et les dérivés chlorés (hypochlorite de Na ou eau de Javel, Acides chlorocyanuriques, Dichloroglycolurile, Chloramines T, etc.). Tous ces produits, en présence d'eau, forment de l'acide hypochloreux dont les propriétés bactéricides sont établies pour des températures inférieures à 25° C, pour des pH compris entre 4 et 6. La lumière, les températures élevées, les matières organiques décomposent l'acide hypochloreux en ions ClO- peu bactéricide. L'utilisation en milieu d'acide libère du chlore gazeux extrêmement toxique. Il est fortement déconseillé d'utiliser ces produits chlorés avec des tensioactifs cationiques, des sels d'ammonium et des produits libérant de l'oxygène actif. Les produits chlorés sont corrosifs y compris vis-à-vis de l'inox. Ce sont d'excellents bactéricides et de bons virucides. Ils ont une activité médiocre sur les champignons et incertaine sur les spores. Leur action est très diminuée dès lors qu'ils sont mis en présence de matières organiques pour lesquelles ils ont une forte affinité, ce qui les rend moins disponibles pour les microorganismes chez lesquels ils détruisent les protéines structurales et inhibent l'activité enzymatique. Tous ces produits sont toxiques, irritants et corrosifs.

» L'iode et les dérivés iodés (Solution iodo-iodurée, Monochlorure d'iode, composés iodophorés, etc.). Ces composés sont stables pour des températures moyennes, inférieures au moins à 80° C. Ils sont incompatibles avec des solutions alcalines ou des milieux très acides. Certains matériaux résistent mal à ces produits. C'est le cas de la plupart des matières plastiques chez lesquelles on note un vieillissement prématuré. Les dérivés iodés sont de très bons bactéricides et fongicides. Leur action sur les virus est assez peu marquée. Ils sont sans action notable sur les spores aux concentrations normales d'utilisation. Ces produits sont toxiques et de coût élevé.

» L'acide peracétique, l'eau oxygénée, le permanganate de K. Ces produits libèrent de l'oxygène actif. L'acide peracétique est très lacrymogène. C'est un oxydant puissant dont l'utilisation requiert des précautions (risque d'inflammation de divers substances mises en contact : métaux, matières organiques, etc.). Normalement l'acide peracétique ne corrode pas l'inox sauf en présence de chlorures. C'est un bon bactéricide. Les activités fongicides, virucides et sporicides sont moyennes. C'est un produit dangereux de manipulation délicate et nécessitant le port de protections individuelles (lunettes, gants, etc.). C'est néanmoins un produit facile à rincer et peu coûteux. [On notera que l'utilisation du vinaigre blanc comme nettoyant et désinfectant domestique s'apparente à celle de l'acide peracétique.]

» Le formol ou formaldéhyde. Le formaldéhyde est gaz fortement irritant, lacrymogène et très toxique. Il est largement utilisé pour la désinfection aérienne des locaux. C'est un produit très rémanent et possédant un fort pouvoir de pénétration dans les matériaux poreux (caoutchouc). En présence d'alcalis, il se produit une polymérisation irréversible du produit, ce qui permet, par exemple, de l'éliminer. En solution dans l'eau, le formaldéhyde a une action fortement sporicide.

» L'aldéhyde glutarique ou glutaraldéhyde. Le glutaraldéhyde est un liquide huileux incolore à odeur caractéristique de pommes pourries. Le glutaraldéhyde est très rarement vendu ou utilisé sous forme pure. Généralement, on le trouve en solution aqueuse dont la concentration varie entre 1 et 50 %. Ces solutions commerciales contiennent habituellement un stabilisant en faible concentration (ex. méthanol, entre 0,05 et 0,5 %), pour ralentir la polymérisation graduelle du glutaraldéhyde. Le glutaraldéhyde est utilisé comme agent désinfectant. Les solutions aqueuses à 2 % sont utilisées pour la stérilisation à froid des instruments. Le glutaraldéhyde possède des qualités bactéricides, sporicides et fongicides intéressantes. Il possède en outre des propriétés virucides remarquables aussi bien sur les virus nus que les virus enveloppés, ce qui en rend l'usage important en hygiène hospitalière (SIDA, Hépatite B, etc.) et dans les IAA (activité antiphagique). Le glutaraldéhyde est rarement utilisé seul. Il est le plus souvent associé à des ammoniums quaternaires ou au formaldéhyde. Le glutaraldéhyde est très irritant pour la peau ou les muqueuses oculaires (port d'EPI).

» Les ampholytes ou amphotères. Déjà abordés avec les tensioactifs, certains d'entre eux ont des qualités désinfectantes. Ces sont l'acide lauryl diéthylène triaminoacétique, l'acide lauryl propylène diaminoacétique, le lauryl diéthylène triamine, le lauryl propylènediamine, le dioctyldiéthylène triamine, le trictyldiéthylène triamine et le bis aminopropyl laurylamine. Ces produits ont une bonne activité bactéricide et fongicide, même à faible dose. L'activité virucide est moins bien connue. On ne peut pas utiliser ces produits avec d'autres tensioactifs cationiques ou anioniques, avec des oxydants ou avec le glutaraldéhyde. Ces produits trouvent une bonne application pour des emplois à des températures élevées. Ils sont peu ou pas toxiques et corrosifs.

» Les ammoniums quaternaires. Toutes les molécules de cette famille sont loin de posséder des propriétés désinfectantes. On utilise surtout l'halogénure d'alkyl diméthyl benzyl ammonium, l'halogénure de dialkyl méthyl benzyl ammonium, l'halogénure d'alkyl méthyl éthyl ammonium et l'halogénure de dialkyl diméthyl ammonium. Les ammoniums quaternaires sont des cations. Ils sont donc incompatibles avec les tensioactifs anioniques et les savons. Les ammoniums quaternaires sont peu corrosifs par eux-mêmes, mais l'anion Cl- qui les accompagne souvent l'est. Les ammoniums quaternaires ont une activité bactéricide et fongicide très variable. Sauf en solution concentrée, les ammoniums quaternaires sont peu toxiques. Ils sont très utilisés dans le milieu hospitalier et dans les IAA, sauf dans les laiteries. Les ammoniums quaternaires posent de gros problèmes écotoxicologiques.

» Le PHMB ou Chlorhydrate de Poly Hexa Méthylène Biguanide. Ce produit est surtout connu pour son utilisation dans les piscines où il remplace les halogénés avec lesquels il est totalement incompatible. Ce produit est peu corrosif sauf pour le cuivre. Le PHMB est bien toléré par l'homme parce qu'il est moins agressif pour les yeux ou la peau que le chlore ou le brome souvent utilisés dans les piscines. Le PHMB est un bon bactéricide, mais n'a pas d'activité virucide.

» La chlorhexidine. La chlorhexidine est surtout employés sous forme de digluconate de chlorhexidine. Ce produit est très utilisé comme antiseptique pour la raison de sa faible toxicité. Ce produit présente les mêmes caractéristiques que le PHMB en matière de corrosion. La chlorhexidine est un bon bactéricide, mais n'a guère d'action fongicide ou virucide. La chlorhexidine n'est pas autorisée en IAA. C'est un produit coûteux.

Les alcools (éthanols et isopropanols). Ces deux produits sont plus des bactériostatiques que des bactéricides. Dans des conditions normales d'utilisation, les alcools ne sont ni toxiques, ni corrosifs. On n'oubliera pas que ce sont des produits très inflammables et qu'ils sont chers.

Les phénols (phénol, résorcinol, crésol, orthophénylphénol, acide para hydroxybenzoïque). Les phénols sont bactéricides seulement. Certains sont extrêmement toxiques et ne sont pas utilisés en désinfection, évidemment. Les phénols sont interdits en IAA.




Les méthodes de nettoyage et désinfection :

Aussi bien dans le domaine hospitalier que dans les industries agroalimentaires, le nettoyage qui consiste à obtenir des surfaces physiquement et chimiquement propres associe une désinfection qui consiste à obtenir des surfaces biologiquement propres. Dans le domaine du nettoyage des surfaces, autrement dit de l'hygiène des locaux et des surfaces de travail, on recherche rarement une destruction totale des germes microbiens (stérilisation) sauf dans quelques cas (appareillages médicaux, salles d'opération, chambres de malades contagieux, salles blanches, etc.). La plupart du temps, on se contente d'une désinfection, c'est-à-dire de la destruction partielle des microorganismes saprophytes. Surtout, on fait en sorte que le niveau de contamination soit le plus bas possible souhaitable et en mesure d'être atteint raisonnablement, en fonction, par exemple, des processus de production dans les IAA ou en fonction de contraintes spécifiques en milieu hospitalier. Il va de soi que si la désinfection ne peut pas apporter de garanties suffisantes pour se protéger contre des contaminations ultérieures, on lui opposera une stérilisation.

Le but recherché étant un niveau de contamination microbienne compatible avec les exigences attendues de l'hygiène du local ou de la surface, compte tenu du fait que les microorganismes mettent un certain temps pour se développer, un moyen simple de limiter le niveau de contamination, c'est de nettoyer et de désinfecter souvent, par exemple, plusieurs fois par jour.Cela va sans dire et bien mieux en le disant, mais pour obtenir de bons résultats en matière de nettoyage - désinfection, il est essentiel d'utiliser de l'eau potable et des solutions détergentes ou désinfectantes dépourvues de germes microbiens. Normalement, l'eau du robinet est dépourvue de germes, encore faut-il s'en assurer régulièrement en faisant procéder à des analyses. Pour ce qui est des détergents ou des désinfectants, il n'y a que l'usage de doses uniques et stériles qui offre une garantie suffisante. Le flacon d'eau de javel diluée ouvert depuis plusieurs jours n'est plus forcément stérile.

Le nettoyage et la désinfection doivent aussi respecter les cinétiques d'action des produits employés, autrement dit il faut respecter les temps de contact détergent souillure ou désinfectant microorganismes pour espérer obtenir des résultats satisfaisants.

La plupart des désinfectants ont une grande affinité pour les matières organiques. Il est tout à fait inutile de les appliquer sur des surfaces sur lesquelles des salissures sont encore présentes. Non seulement il faut veiller à ce que l'application de la solution détergente soit faite rigoureusement selon les instructions des fabricants, mais il faut aussi que les rinçages soient rigoureux (mesure de turbidité, DCO, etc.) de sorte qu'ils assurent l'évacuation totale des résidus et des souillures dispersées ou émulsionnées.

Classiquement, les phases de nettoyage - sinfection se déroulent de la façon suivante : prélavage, nettoyage alcalin (salissures organiques) ou nettoyage acide (salissures minérales), rinçage intermédiaire, désinfection, rinçage final. Il est possible de procéder aussi de la manière suivante en associant le nettoyage et la désinfection : prélavage, nettoyage et désinfection, rinçage final. Cette méthode simplifiée offre quelques avantages en termes d'économie d'eau, d'énergie, d'utilisation de produits et de temps.

Lorsque l'on procède à un nettoyage - désinfection, les compositions des détergents doivent être adaptés aux exigences des processus.

C'est ainsi que pour se débarrasser des salissures organiques, on utilisera des solutions détergentes alcalines et désinfectantes comprenant : de la soude ou de la potasse (hydrolyse des MO), de l'EDTA (complexant des Ca et Mg), du tripolyphosphate de Na, des phosphonates organiques et/ou du gluconate de Na pour la solubilisation du Ca, des tensioactifs pour mouiller et détacher les salissures et pour émulsionner les graisses, des antimousses, des silicates pour le cas où la solution détergente doive être utilisée sur des matériaux en aluminium et des désinfectants (Chlore,ou ammoniums quaternaires ou aldéhydes ou alcools).

Pour le cas où l'on soit amené à lutter contre de salissures de type sels minéraux, on utilisera des solutions détergentes acides et désinfectantes comprenant l'un des acides suivants : acide phosphorique, acide nitrique, acide sulfurique, acide sulfamique, acide citrique, ou un mélange, afin de solubiliser les sels minéraux et surtout les sels calcaires de la salissure ; des tensioactifs, des antimousses, des inhibiteurs de corrosion (à cause des acides) et des désinfectants (iode, alcools, ammoniums quaternaires ou peroxydes).

Naturellement, ces formules sont très générales et seront adaptées en fonction des objets ou des processus particuliers envisagés. Ainsi par exemple, pour les machines à traire, on veillera à éviter la corrosion de l'inox et des joints en caoutchouc en utilisant de silicates comme inhibiteurs de corrosion et on luttera contre le calcium des résidus laitiers avec un complexant de type tripolyphosphate de Ca ou phosphonate organique. Dans une brasserie, on nettoiera les cuves de fermentation et de stockage de la bière avec des solutions détergentes acides (acides sulfurique et phosphorique), les désinfectants seront plutôt des savons ampholytes ou des ammoniums quaternaires.

Diverses études ont eu pour objet de comparer les mérites respectifs des deux méthodes de nettoyage désinfection, la classique où le nettoyage et la désinfection sont séparés dans le temps et la simplifiée où les deux actions sont menées conjointement. La seconde méthode apporte un appréciable gain de temps pour une sûreté souvent acceptable. La première demande plus de temps de mise en œuvre, mais se révèle beaucoup plus sûre. Dans la pratique, ce sont les exigences des bio processus qui guident les choix entre l'une ou l'autre méthode. Le choix de la seconde méthode veut aussi dire davantage de contrôles de la propreté désinfection. Le risque avec la première méthode, ce pourrait être de croire à son efficacité permanente et de ne pas la contrôler. Le seul critère de sûreté sur lequel on doit s'appuyer, ce sont justement ces contrôles bactériologiques, seuls garants de la propreté désinfection des surfaces et des locaux de travail.






Détergents :
http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9tergent

Santé : messages de prévention renforcés (détergents) :
http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=95637

Biodégradabilité et étiquetage de détergents :
Règlement (CE) n° 648/2004 du Parlement européen et du Conseil, du 31 mars 2004, relatif aux détergents. http://europa.eu.int/scadplus/leg/fr/lvb/l32025.htm

Composition des détergents modernes :
http://www.scienceinthebox.com/fr_FR/research/detergentsprinciple_fr.html

Dermatoses professionnelles aux détergents :
http://www.dmt-prevention.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/TA%2072/$File/TA72.pdf

Pour buller :
http://products.kompass.com/fr/Chimie%20et%20pharmacie/D%C3%A9tergents,%20produits%20de%20nettoyage%20et%20de%20blanchiment/MzE0NDI3MjM2NDU=-prd.php

Phénomènes de surface
http://pagesperso-orange.fr/patrick.kohl/surfaces/surfaces.htm






[ Corrélats : Aération / Pollution / Anthropisation / Système d'évaluation de la qualité des eaux / REACH / Stations d'épuration / Agents antimicrobiens / Aération / Algues unicellulaires / Écotoxicologie / ...]

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