Bonjour,
Je me permets d'écrire ce message afin de rappeler la bonne marche à
suivre lorsque l'on découvre un oiseau mort, a fortiori si l'on désire
qu'une autopsie soit pratiquée.
Première chose qui peut paraitre évidente, éviter de saisir l'oiseau à
mains nues. Si possible toujours porter des gants ou le saisir directement
avec le sac plastique dans lequel l'oiseau sera placé.
En effet, en dehors de la très médiatique influenza aviaire, d'autres
maladies plus fréquentes chez les oiseaux sauvages constituent des zoonoses
(maladies transmissibles à l'homme). Je cite pêle-mêle la salmonellose, la
listériose, la giardiose, la yersiniose...bref tout un tas de saloperies qui
peuvent entrainer des maladies vraiment pas sympathiques.
Deuxième précaution importante, éviter de trop manipuler l'oiseau afin de
limiter la diffusion d'aérosols de plumes, possibles vecteurs de germes
(particulièrement important chez les colombidés et les psittacidés possédant
des pulviplumes). Si toutefois la curiosité est plus forte, l'immersion
préalable dans une solution tiède d'antiseptique (chlorexidine par exemple)
limitera la diffusion de ces aérosols.
Pour ce qui est de l'autopsie, elle doit être pratiquée le plus rapidement
possible. En effet, l'autolyse post-mortem des organes est très rapide chez
les oiseaux.
Si elle ne peut être effectuée le jour-même le corps doit être réfrigéré
mais sutout pas congelé (la congélation entrainant des altérations
tissulaires), sauf si l'autospie ne peut être pratiquée dans les 3 jours.
Une bonne technique de réfrigération consiste à placer le cadavre dans un
sac isotherme avec des pains de glace en prenant soin d'isoler le corps du
matériel réfrigérant avec par exemple du plastique à bulles ou du papier
journal. En hiver, une autre technique simple: laissez l'oiseau dehors à
l'abri du gel, le froid naturel conservera tout aussi bien.
Et ensuite direction le véto compétent (ou tout du moins intéressé) le
plus proche.
Cas particulier de la grippe aviaire: le virus de la grippe aviaire est
fragile, donc n'utilisez pas d'antiseptiques et surtout pas de congélation
du cadavre.
Les espèces présentant un risque particulier sont les oiseaux sauvages
aquatiques (oies, canards, cygnes, échassiers ainsi que goélands). En cas de
découverte d'oiseaux malades ou morts de ces espèces, il est conseillé de ne
pas y toucher et de prévenir les fédés de chasse, l'ONCFS, les DSV ou bien
le réseau SAGIR (numéros de téléphone à la fin de ce message).
On considère une mortalité comme suspecte si l'on découvre dans un
périmètre proche et sur un court laps de temps (moins d'une semaine) au
moins 5 oiseaux de la même espèce (sauf pour les cygnes, ou l'on considère
la mortalité suspecte à partir d'un seul cadavre découvert).
Petite précision: ce chiffre de 5 individus ne concerne pas les
passereaux, tourterelles et autres oiseaux de mangeoires dont les mortalités
sont fréquentes en cette saison.
Cordialement,
Franck Dupraz
Vétérinaire, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
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