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Escroc, crise, escrocrise
Escrocrise, banksters, oligoinfratie et euraustérité...

La leçon de Nicosie / par Serge Halimi, avril 2013

Tout devenait impossible. Augmenter les impôts décourageait les « entrepreneurs ». Se protéger du dumping commercial des pays à bas salaires contrevenait aux accords de libre-échange. Imposer une taxe (minuscule) sur les transactions financières exigeait que la plupart des États s’y rallient. Baisser la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) requérait l’aval de Bruxelles…

Samedi 16 mars 2013, tout a changé. Des institutions aussi orthodoxes que la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI), l’Eurogroupe et le gouvernement allemand de Mme Angela Merkel ont tordu le bras (tremblant) des autorités chypriotes afin que celles-ci exécutent une mesure qui, décidée par Hugo Chávez, aurait été jugée liberticide, dictatoriale, tyrannique, et aurait valu au chef d’Etat vénézuélien des kilomètres d’éditoriaux indignés : la ponction automatique des dépôts bancaires. Initialement échelonné entre 6,75 % et 9,90 %, le taux de la confiscation correspondait à près de mille fois le montant de cette taxe Tobin dont on parle depuis quinze ans. Preuve était donc faite : en Europe, quand on veut, on peut !

Mais à condition de savoir choisir ses cibles : ni les actionnaires, ni les créanciers des banques endettées, mais leurs déposants. Il est en effet plus libéral de spolier un retraité chypriote en prétextant qu’on vise à travers lui un mafieux russe réfugié dans un paradis fiscal que de faire rendre gorge à un banquier allemand, à un armateur grec, à une entreprise multinationale abritant ses dividendes en Irlande, en Suisse ou au Luxembourg.

Mme Merkel, le FMI et la BCE n’ont cessé de marteler que le rétablissement impératif de la « confiance » des créanciers interdisait à la fois l’augmentation des dépenses publiques et la renégociation de la dette souveraine des États. Les marchés financiers, prévenaient-ils, sanctionneraient tout écart en la matière. Mais quelle « confiance » accorder encore à la monnaie unique et à sa sacro-sainte garantie des dépôts bancaires si n’importe quel client d’une banque européenne peut se réveiller un matin avec une épargne amputée pendant la nuit ?

Les dix-sept États membres de l’Eurogroupe ont ainsi osé l’impensable. Ils recommenceront. Nul citoyen de l’Union ne peut dorénavant ignorer qu’il est la cible privilégiée d’une politique financière décidée à le dépouiller du fruit de son travail au prétexte de rétablir les comptes. À Rome, Athènes ou Nicosie, des marionnettes indigènes semblent déjà résignées à mettre en musique les consignes données en ce sens par Bruxelles, Francfort ou Berlin, quitte à se retrouver ensuite désavouées par leurs peuples (1).

Ceux-ci devraient tirer de cet épisode chypriote autre chose qu’une rancœur sans portée : le savoir émancipateur que pour eux aussi tout est possible. Au lendemain de leur tentative de coup de force, l’embarras de certains ministres européens trahissait peut-être leur crainte d’avoir démenti sans le vouloir trente ans d’une « pédagogie » libérale qui a fait de l’impuissance publique une théorie de gouvernement. Ils ont ainsi légitimé d’avance d’autres mesures un peu rudes. Elles pourraient un jour déplaire à l’Allemagne. Et viser des cibles plus prospères que les petits déposants de Nicosie.

Serge Halimi


(1) Cf. « Fate of Island depositors was sealed in Germany », Financial Times, Londres, 18 mars 2013. Aucun député chypriote n’a osé voter en faveur du plan de l’Eurogroupe et du FMI.




La frénésie d’enrichissement qui agite les déjà plus riches est le signe que la crise planétaire qui va nous secouer incessamment est bien plus grave que ce que l’on tente de nous cacher. Si les riches pensent qu'en devenant plus riches, cela les protégera et leur permettra de retrouver leurs privilèges, ils se trompent puisqu'ils seront les premiers pendus quand viendra le temps du décapitalisme.


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GEAB 86 est disponible ! Crise systémique globale – La Grande Reconfiguration géopolitique mondiale /
Le retour du risque de "déflation" (qui est déjà là, soit dit en passant) /
☞ Série : Les 70 ans de Bretton Woods, de la Banque mondiale et du FMI :
(Partie 1) Autour de la fondation des institutions de Bretton Woods
(Partie 2) La Banque mondiale au service des puissants dans un climat de chasse aux sorcières
(Partie 3) Conflits entre l’ONU et le tandem Banque mondiale/FMI des origines aux années 1970
(Partie 4) SUNFED versus Banque mondiale
(Partie 5) Pourquoi le Plan Marshall ?
(Partie 6) L’annulation de la dette allemande en 1953 versus le traitement réservé au Tiers Monde et à la Grèce
(Partie 7) Leadership des États-Unis sur la Banque mondiale
(Partie 8) Le soutien de la Banque mondiale et du FMI aux dictatures

La zone euro en termes clairs : une des pires catastrophes de l’histoire économique !


1930... 78 ans déjà !
"J'ai grand respect pour la démocratie, j'ai grand respect pour le droit de manifester, mais quand j'entends les slogans de manifestations de ces derniers jours d'une petite partie de la Fonction publique d'État, je me demande s'ils se rendent compte de la gravité de la crise"

"Que des gens viennent de bonne foi nous demander en réponse à la crise d'embaucher davantage de fonctionnaires et davantage d'emplois publics, je me demande s'ils ont bien compris dans quel monde nous vivons".

Propos de Sarkozy lors de son discours du 24 octobre 2008 sur les mesures de soutien à l'emploi à Argonay (Haute-Savoie) commentant la manifestaion du 19 octobre pour la défense de l'école et des RASED...



Décidemment, ce sinistre guignol plein de morgue oublie un peu vite que sa politique de destruction du service public d'enseignement date d'une époque où il ne connaissait pas la crise et ses amis industriels ou banquiers, non plus.

Aujourd'hui son agitation médiatique n'a pas d'autre objet que de faire passer des mesures pour sauvegarder les intérêts de cette classe pour des manœuvres destinées à lutter contre une crise financière et économique qui se résoudra en une formidable crise sociale… La refondation du capitalisme est une escroquerie quand elle se réduit à sauver le pognon de quelques copains.

On verra bien s'il parlera de la crise quand il lui faudra recruter des flics ou des militaires pour calmer les banlieues quand elle seront (ou si elles sont) les premières à vraiment souffrir ?

Aujourd'hui la presse s'accorde pour vanter l'habileté de Sarkozy. Sarkozy n'est ni intelligent, ni habile, à peine sans scrupules quand il change de discours. C'est la presse à sa botte ou à celle de ses riches souteneurs qui ne fait pas son travail d'analyse minimale de la situation, qui merdoie.

Sarkozy est un escroc ou un imposteur, au choix, ou les deux, au choix aussi.

Quand Sarkozy parle de refonder le capitalisme, ce n'est pas pour rétablir de meilleurs équilibres entre la juste rétribution du capital et du travail, c'est seulement pour trouver d'autres moyens pour que le transfert du travail vers le capital, tel qu'il est déséquilibré, perdure en l'état, sous couvert de lois du marché et d'obligations aux règles de la "Démocratie"...

Quand Sarkozy parle de refondation du capitalisme, il se garde bien de rappeler qu'il a imposé le traité de Lisbonne où la libre concurrence non faussée est le premier commandement, sinon l'unique. Quand Sarkosy parle de refondation du capitalisme, il se garde bien de dévoiler son vrai rôle dans l'affaire Fortis.

L'harmonisation fiscale autant que l'harmonistaion sociale sont prohibées. Les privatisations, la déréglementation du travail semblent être les seuls moteurs de progrès que les politiciens veulent imposer, par tous les moyens, y compris en faisant revoter ceux qui s'y seraient opposés, imbéciles qu'ils sont !

La faillite du modèle américain n'empêche pas Sarkozy d'y rester scotché. Quiconque peut me prouver dès lors que ce foutriquet aurait quelque once d'intelligence veuille bien m'en faire la preuve.

La fin programmée d'un service public comme la Poste en est évidemment une preuve tangible ! La casse d'un service public d'éducation ou de recherche en est un autre. Faire le choix des fonds de pensions plutôt que de la retraite solidaire est à l'évidence un choix stratégique d'avenir.

Il est sans importance, finalement, que Sarkozy puisse être un imbécile notoire. Cela ne gène en rien ceux qui le manipulent, c'est-à-dire ses riches amis qui ont patiemment préparé cette crise pour en retirer le plus de bénéfices possibles et s'ils ne leurs suffisaient pas, ils auraient tout loisir de nous entraîner dans quelque conflit juteux avant de nous réinventer un Bretton Wood duquel nous serions exclus… Démocratie oblige.

__________


Les enfants de l'école qui ont réalisé la collecte...
Quelques mois plus tard...

De notre correspondant à N'bon / Morbihan

Grand merci aux enfants de cette école de Côte d'Ivoire.

Les élèves de la petite école publique de notre ville vont enfin pouvoir apprendre à écrire grâce au papier et aux crayons que ces enfants ont pu collecter dans leur village...





 
Parue sur le blogue Sniper In Mahwah, puis relayée par les crises d'Olivier Berruyer, cette photo nous montre clairement que les députés de la commission des finances sont des banquignols... Ils étaient au moins 51 (sur la photo) pour écouter les banquiers qui leur conseillaient de ne rien faire, ce qu'ils feront et 14 pour écouter le secrétaire de Finances Watch (M. Thierry Philliponnat) qui leur a décrit dans le détail ce qu'il conviendrait de faire et qu'ils ne feront pas !

J'avais déjà mis l'intervention de Finances Watch en ligne (voir plus haut dans cette page : Sommaire / Articles) en précisant que les députés ne pourraient pas se prévaloir d'un quelconque : "On savait pas" s'ils rataient leur affaire de séparation des banques. Et qu'il ne faudrait pas qu'ils s'étonnent si on les vireraient à grands coups de pied au cul, au minimum, pour leur incompétence criminelle. Qu'on les pende foutent dehors, tous !





Récession (1) : Croissance Molle ou Tabous Rigides ?...

[Un article de Georges Stanechy / http://stanechy.over-blog.com/article-23928322.html ]

Médusé.

Tous ces "experts économistes" défilant sur les plateaux de TV, de radio. Pérorant d'éditoriaux en articles, dans notre presse officielle. Les mêmes, en procession, qui nous avaient affirmé, en ce début d'année, que 2008 verrait le "Krach de la Chine" (1). Ce serait, je cite :"… l'année noire des pays émergents…".

Ils avaient même prévu le "Krach Chinois", avec certitude, pour le deuxième trimestre de cette année. Avant les jeux Olympiques. Tout était "pourri", "d'argile", ce sont leurs termes. Un château de cartes, en Chine. Sous-entendu, chez nous, en Occident, c'est du béton, de l'acier trempé. Rien à voir avec ces rigolos de Chinois, analphabètes de l'économie et du progrès…

Ces mêmes "spécialistes", au même moment, nous assuraient que la "crise des subprimes", n'était pas en fait une crise au sens économique, mais tout simplement une excellente astuce des banques américaines pour gonfler leurs "provisions pour risques" dans leurs bilans (2).

Banquiers, qui d'une pierre assuraient deux coups : diminuant leurs surfaces imposables, du fait que ces provisions viennent en déduction du résultat d'exploitation, et alimentant leur trésor de guerre pour pouvoir licencier à leur aise avec les "indemnités légales" lors des départs forcés. Puisque, d'après le dogme du Libéralisme, les gains de productivité passent, en priorité, par le licenciement !...

Ces gourous, au culot inébranlable, bonimenteurs tous terrains, charlatans intarissables, inoxydables porteurs du dogme sacré : "La Main invisible et régulatrice du Saint Marché"… Dont ils nous ont bassiné pendant des années. Avec ce nouveau clergé, nous ne sommes plus sous le régime de la monarchie de droit divin, mais sous celle de l'autocratie du Saint Marché…

À présent, ne voilà-t-il pas que ces prêcheurs nous sortent de leurs musettes leur nouvelle panoplie : "récession", "croissance molle", "dépression" par analogie à la Grande Dépression de 1929. Dernier accessoire à la mode : "croissance négative"... Car, chez ces gens-là, "reculer", veut dire "avancer". On n'arrête pas le progrès. Prodige de voir ainsi les frontières de la logique, grâce à ces besogneux propagandistes, atteindre aux extrêmes de l'intelligence…

Face au désastre actuel ravageant le système bancaire et économique occidental, nous chantant dans un chœur sans dissonance que c'est la faute, suivant les refrains, "à pas de chance" ou au voisin. En tout cas, celle de "l'Autre"… Pas la nôtre : chez nous, tout est propre, contrôlé, sagement administré…

Pour ne pas changer.

S'en prendre à ces fondamentalistes du Saint Marché, peut provoquer des retours de bâton. Ce que vient de vivre le sénateur Jean-Luc Mélenchon pour avoir mis en cause ces intégristes du Libéralisme, cet habillage soft du "capitalisme sauvage", et s'être lamenté de les voir sévir depuis une bonne décennie sans contradiction, ni débat, dans les médias dominants. (3)

Bon, ne les accablons pas. Ils font bien leur boulot. Véhiculer les désirs de la ploutocratie, qui les cornaque, à défaut de la réalité de nos collectivités, et de son devenir. Défendre, en tant que porte-voix, les intérêts de leurs sponsors. Quoi de plus naturel ?... À l'exemple des politiciens de service, on ne va pas leur demander le contraire.

Leur unique vocation n'est-elle pas de préserver un système qui les fait vivre confortablement, et pour beaucoup somptueusement ?... Surtout pas, de le réformer. Plutôt, faire croire que tout est bien dans le meilleur des mondes. S'il y a réforme c'est celle de se serrer la ceinture de quelques crans de plus. Du moins pour les plus précaires, les plus fragiles. Eux, sont à l'abri.

Tous ces gens-là, tous ces partis au pouvoir, avec leurs médias de propagande, mentent comme ils respirent. N'allons pas jusqu'à dire qu'ils sont "tous pourris" !... Ils pourraient se vexer. Et, puis il y a toujours des exceptions. Heureusement. Elles nous permettent de relativiser, et elles confirment la règle…

Mais, dans ce cassoulet de désinformation qui nous est servi à longueur de journée, il est intéressant de repérer le non-dit, les tabous. Dans ce florilège des tabous, j'en retiens quatre :

1. Les caisses sont vides

Comme tout un chacun, je constate que les caisses qui étaient "vides" (4), nos États en faillite, pour assurer un système de santé, d'éducation et de retraites décent pour la collectivité d'un pays très riche, ne le sont plus pour combler les incompétences et les folies des milieux spéculatifs. C'est par dizaines, centaines de milliards de dollars, d'euros, que l'argent se déverse dans les caisses des banques.

Les chiffres donnent le vertige. À l'échelon de l'Europe, ce serait 1 700 milliards d'euros. D'autres qui circulent, font état de 2.000 milliards d'euros. Aux USA, on envisage de dépasser les 3 000 milliards de dollars. La France mettrait, sur la table, environ 400 milliards d'euros. Non compris les garanties données par l'État sur les transactions bancaires…

Tout aussi frappant, de voir les théoriciens du libéralisme économique, de la libre entreprise, de la libre concurrence, se mobiliser pour la nationalisation des établissements financiers en faillite. Retrouvant dans la précipitation la vieille recette, soigneusement occultée ces dernières années : "nationaliser les pertes et privatiser les profits".

Alors qu'ils nous assuraient, il y a peu de temps, qu'il était impossible, à l'échelon international, de trouver entre 12 et 35 milliards d'euros, suivant les hypothèses de travail, pour sauver près d'un milliard de personnes accablées par la crise alimentaire mondiale. Sachant que chaque jour, statistique effroyable, une moyenne de 24 000 personnes meurent de faim ou de malnutrition.

Solidarité ?...

Mot funeste, provoquant le détournement des regards vers les plafonds. Suscitant, en rafales, discours et clichés sur le "mérite personnel". En fait, celui du "chacun pour soi". La doctrine triomphante de "l'être supérieur", ayant tous les droits et privilèges, le pauvre, le faible n'ayant que ce qu'il mérite. À commencer par l'obligation d'accepter sa condition et, surtout, celle de se taire…

Bien sûr nos politiciens dans leur quasi-unanimité, dans l'urgence, trouvent toujours de l'argent pour envoyer des troupes, en Afghanistan ou ailleurs… Faillite ou pas. Cas de force majeure, assurent-ils : "défendre nos frontières" ou les dictatures les plus corrompues, à des milliers de kilomètres, n'a pas de prix. Pour le reste : impossible.

En France, quatrième pays le plus riche du monde comme ne cesse de le répéter notre ministre de l'Économie, il n'y avait pas moyen d'améliorer les retraites des personnes âgées, ni même de soigner décemment nos "anciens" dans des maisons de retraite qui ne soient pas sordides. Tout autant, de loger décemment les travailleurs pauvres, et bien sûr, les personnes en situation précaire ou les SDF. Que dire de l'abandon des prisons françaises qui sont, pour la majorité, des cloaques dignes du Moyen Age, où les suicides se multiplient ?...

Inimaginable de combler la différence entre recettes et dépenses de la Sécu. Ce mythique "trou de la Sécu ", diabolisé en permanence… Estimé à 12 milliards d'euros pour 2008, soit 3 % de son budget total. Avec des frais de fonctionnement 3 fois inférieurs à ceux des compagnies d'assurance ou des mutuelles.

Le "trou de la Sécu", épouvantail brandi par tous les gouvernements, droite ou gauche, présente l'avantage de justifier le démantèlement systématique, implacable, des protections sociales, en particulier pour les plus défavorisés (5). Sans vérification aucune de ce qui est, avec les paradis fiscaux, un des plus grands scandales contemporains en Occident, économique et sociétal, celui des prix de revient et des marges facturés par l'industrie pharmaceutique à la collectivité. Sans aucun contrôle, aucune remise en cause.

La Défense Nationale, ce puits sans fond et sans recettes, lui, ne connaissant pas de "trou". Au contraire, ce ne sont que des augmentations annuelles. Pas plus que le budget de la présidence de la République, ou de l'Élysée suivant les expressions, en augmentation constante d'année en année. Sans recettes. Que des dépenses. Pas n'importe quelle augmentation. Une augmentation à deux chiffres, supérieur à 10 % par an…

Solidarité ?...

Les "caisses sont vides"…

Jusqu'à mégoter les retraites des anciens combattants maghrébins, sénégalais et autres africains. Les fameux "indigènes" qui ont combattu dans les batailles les plus dures de la seconde guerre mondiale sous le drapeau français. Il n'en reste que quelques centaines, avec des retraites 8 à 10 fois inférieures à celles de leurs camarades de combats de nationalité française. Les "caisses sont vides"…

Solidarité ?... Égalité, fraternité ?...

Uniquement pour la rente et la spéculation.

Là, subitement, comme par magie, lapin surgissant du chapeau, l'argent sort de tous les côtés. À flots continus.

2. C'est la faute aux pauvres

À toute crise, son bouc émissaire. Cet inévitable schéma simplificateur est bien présent : "la crise vient de l'Amérique". Ce serait la défaillance des "emprunteurs à risques" aux USA, difficilement solvables, à qui des banques dans leur générosité et sans discernement auraient eu la largesse de prêter. Avec facteur aggravant, le rôle pervers de courtiers en crédits peu scrupuleux.

Tel est le résumé du mécanisme déclencheur : le système bancaire aurait été trop bon, pour les faibles revenus, et abusé par de méchants intermédiaires. L'effet domino, entre banques américaines et européennes, via la "titrisation" de ces crédits a été longuement expliqué dans les médias. Mais, de façon biaisée.

C'est tout juste si le responsable initial ne serait pas le "pauvre", voulant jouer au riche. Ou, au propriétaire. Et, de nous montrer, dans des documentaires, le récent immigré "latino", obligé de vendre sa maison devenue invendable à la suite de la chute du marché de l'immobilier. Sous-entendu, par ces talentueux journalistes, chroniqueurs, commentateurs, "économistes ou d'investigation" : " On n'a pas idée de s'acheter une maison, quand on n'en a pas les moyens".

Salauds de pauvres !… Toujours eux qui mettent la pagaille là où il ne faut pas, et quand il ne faut pas… En plus, des "basanés" (colored) …

Il se trouve que j'ai travaillé au siège, à Atlanta, dans les services financiers, notamment des cartes bancaires, d'une des plus grandes chaînes de magasins aux USA, Rich's. Intégrée, depuis le 6 mars 2005, dans le groupe Macy's. J'étais en liaison avec les sociétés et associations de recouvrement regroupant leurs activités sur une dizaine d'États, avec pour membres : établissements financiers, assurances, et entreprises de tous secteurs ayant une activité de crédit. En compagnie de remarquables professionnels. Rien à voir avec des amateurs.

Curieusement, mon expérience est radicalement différente de celle des "journalistes-chroniqueurs-économistes-d'investigation"... Je n'ai jamais rencontré, aux USA, un professionnel du crédit accordant un crédit sans utiliser, au préalable, les techniques et logiciels de credit scoring pour passer au crible, même rapide, les possibilités de remboursement de l'emprunteur. Parmi les critères fondamentaux figurent en bonne place, pour les salariés par exemple : l'ancienneté dans l'emploi et la qualité de l'employeur.

Je n'ai jamais rencontré aux USA, un professionnel du crédit accordant un crédit à un emprunteur "insolvable". Il n'y verrait et n'en retirerait aucun avantage. Ce métier ne fait pas dans le style "maso" ou "débile". Certes, comme dans tout pays où l'industrie du crédit est florissante, prêter au maximum des possibilités de l'emprunteur ne pose pas de problème. Il est considéré comme une précieuse "vache à lait". Et, par définition, un "insolvable" est l'antithèse d'une "vache à lait". Alors, aucun intérêt de prêter à un "sac à problèmes"…

En fait, le "défaillant" ce n'est pas "l'emprunteur", ce n'est même pas le "prêteur", c'est le système monétaire et économique dans son ensemble. La conception même de l'organisation collective. Le "sens" ou les "valeurs" structurant nos sociétés. La ploutocratie, dans un "remake" de la fable de La Poule aux Œufs d'Or, a scié la branche sur laquelle elle était assise :

i) Les ménages aux USA, comme dans beaucoup de pays occidentaux étaient au maximum de leur endettement, à part la fraction la plus riche ou la plus privilégiée, du fait des blocages des salaires et du refus de la caste dominante de redistribuer la richesse nationale. En 2008, le salaire moyen de l'ouvrier ou de l'employé est inférieur à celui de 1973 (6).

Le crédit était vécu, ainsi, par les castes dirigeantes comme le substitut idéal à la redistribution de la richesse nationale : la majorité de la population s'endette pour consommer et se loger, se laissant tondre la laine sur le dos. Comme des moutons. Sans bouger : priorité étant de conserver, ou de trouver, un travail dans n'importe quelles conditions pour "payer les échéances". Facteur de stabilité sociale en plus ! Tout le monde est content.

ii) Les ménages américains "emprunteurs" avaient la possibilité de rembourser à une condition : que les taux restent stables. Or, deux erreurs ont été commises :

☞ La quasi-totalité des crédits était à taux variable. De plus, sans butoir de prévu (un maximum de taux ou de variation). Ce qui est envisageable, avec une amplitude limitée, pour un crédit à la consommation portant sur du court terme, ne l'est plus pour un investissement à long terme, tel que l'achat d'un logement. En cas de forte augmentation, c'est l'étranglement assuré.

Phénomène qui a ravagé les crédits immobiliers en Espagne, où même des emprunteurs à hauts salaires sont en difficulté pour avoir vu leurs intérêts à taux variables tripler ou quadrupler.

☞ la Réserve Fédérale des USA a augmenté son taux directeur de 1 % à 5,25 % entre 2004 et 2006. La "crise" apparaissait dès fin 2006, avec une accélération en 2007. Le raz-de-marée était lancé. Mais, dans son aveuglement et sa fuite en avant, l'oligarchie n'a pas réagi.

Car l'augmentation des taux aurait dû être modulée : augmentée pour les entreprises, les nouvelles opérations de crédits à la consommation ou immobiliers (avec un plafond). Mais surtout, bloquée pour les encours de crédit, tant à la consommation (7) que pour les crédits immobiliers des "particuliers". Avec interdiction pour les nouvelles opérations, bien sûr, de la pratique des taux variables du crédit immobilier des particuliers.

Habituée à tondre ses moutons, pour rester dans la métaphore animale, sans qu'il y ait de réaction, la ploutocratie s'est refusée à admettre que le maximum était atteint. Beaucoup de spéculateurs pensaient que des faillites ne seraient pas mauvaises pour faire des emplettes à bas prix d'actifs (assets) qui se revendraient, quelques temps après, avec une forte plus-value. Impossible d'imaginer que le mouton allait crever, et eux avec…

iii) Les premiers établissements financiers à être déstabilisés massivement étaient, évidemment, ceux qui avaient l'essentiel de leur portefeuille de clientèle concentré ou spécialisé dans le marché immobilier. Même si leur clientèle était solvable, au départ, elle ne pouvait absorber des augmentations de taux démentielles. Premier naufrage de Northern Rock en Grande-Bretagne, en début d'année, et des établissements réputés, aux USA, Freddy Mac et Fannie Mae, début septembre.

Comme une traînée de poudre, le système provoquait l'effondrement avec lui de la crédibilité de tous les instruments financiers liés, de près ou de loin, à des manœuvres spéculatives. Notamment les fameux derivatives (produits dérivés) et tous les produits issus de "l'ingénierie financière". Les certifications des plus grands cabinets d'audit ou les notations des agences spécialisées se révélaient caduques, la confiance s'était évaporée.

Ce fut la course éperdue aux liquidités. L'exemple le plus marquant fut Lehman Brothers voulant récupérer ses 17 milliards de dollars d'avoirs chez la banque J.P.Morgan. Cette dernière exigeant le remboursement préalable de la ligne de crédit de 23 milliards de dollars que ce confrère avait chez elle.

Les crédits à taux variables dans le financement de l'immobilier ne sont pas répandus en France, contrairement aux USA et à la GB, ou même à l'Espagne. Mais, les directions générales des banques françaises, comme leurs homologues suisses et autres banques européennes, focalisées sur les profits rapides et mirobolants de l'économie-casino, ont massivement investi les avoirs qui leur étaient confiés dans les produits spéculatifs des banques américaines…

La contamination s'est révélée générale. D'où ces plans d'aides massives par les États occidentaux. Pour sauver qui ?... La "vache à lait" ou le "mouton", l'emprunteur de base qui fait tourner le système ?...

Non.

Pour sauver la mise des banquiers et des spéculateurs…

1. Cf. cette mirobolante prévision : http://www.dailymotion.com/video/x3zjk9_2008-lannee-du-krach-chinois_business%22%3E2008

2. Cf. cette autre délirante analyse : http://www.dailymotion.com/related/x3zjk9_2008-lannee-du-krach-chinois_business/video/x3zio3_subprimes-contagion-ou-feu-de-paill_politics?from=rss

3. Cf. notamment les attaques à l'encontre du sénateur Jean-Luc Mélenchon par des journalistes, tels Jean-Marc Morandini et Renaud Revel (L'Express), n'ayant ni regardé l'émission en cause, ni lu la retranscription de ses propos. Se comportant en Savonarole médiatiques, plus soucieux d'organiser un bûcher, que de tenir compte des faits, ou d'un minimum d'éthique professionnelle, http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=628#more-628

4. Expression récurrente, par exemple, du chroniqueur Jean-Michel Apathie. À tel point, qu'elle était devenue par dérision, pour certains, son surnom : "Les Caisses sont vides". Curieusement, ces derniers temps, cette expression a disparu de son vocabulaire. Elle n'est plus "tendance", sans doute…

5. Duval, Julien, Le mythe du "trou de la Sécu", Editions Raisons d'Agir, Paris, Avril 2007.

6. Lire les livres de Barbara Ehrenreich sur les USA "d'en bas" : http://stanechy.over-blog.com/article-10888996.html

7. L'encours des crédits sur les cartes bancaires aux USA est estimé, à la louche, à 1 (un) trillion de $US. Soit 1, suivi de 18 zéros...

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Récession (2) : Le Cimetière des Catastrophes Bancaires...

3. Le système bancaire français est excellent

J'ai toujours été amusé par les commentaires d'autosatisfaction mégalomaniaque sur le système bancaire français : "le plus sûr du monde", "le mieux régulé", "le plus sain", etc. En bref : excellent.

En fait, le connaissant de l'intérieur, il s'agit du secteur d'activité le plus "vermoulu", pour rester poli, du pays. Celui qui a coûté et coûte le plus cher à la collectivité. Il faut espérer qu'un jour une équipe d'économistes chiffre le cumul des "ardoises" épongées par les contribuables, ne serait-ce que depuis le dernier demi-siècle. Dans une thèse de doctorat ou un travail de recherches sponsorisé par un mécène. La censure du monde de l'édition empêchera, en effet, tout travail d'investigation en ce domaine. Ne parlons pas des médias de la propagande…

L'État, la collectivité, ont sans cesse été mis à contribution pour redresser les catastrophes à répétition d'un milieu professionnel aussi incompétent que malhonnête. Tout particulièrement, depuis la fin des années 80. L'opacité entretenue est, évidemment, totale. Si les contribuables "savaient", ils se précipiteraient, probablement, en masse dans les sièges parisiens des banques pour faire tomber quelques têtes, ou au ministère des finances pour ne pas les avoir faites tomber. Découvrant, au passage, l'arnaque du chiffon rouge du "trou de la Sécu" agité en permanence sous leurs nez.

Prenons soin de faire la différence, dans l'analyse, entre le personnel d'exécution et d'encadrement, irréprochable quant à la qualité de son travail, le niveau de son éthique, et les directions générales des établissements financiers. Car, là où rien de va plus, c'est au niveau des directions générales de ces établissements.

À toute une génération de banquiers et de "grands commis", forgée dans la reconstruction de la France et de l'Europe de l'après-guerre, a succédé une autre, loin de lui arriver à la cheville en termes de valeurs et de rigueur professionnelle. L'un d'eux, parmi ceux qui ont assuré, géré la fabuleuse croissance des "trente glorieuses", à la question sur la qualité première d'un "grand banquier", répondait : "Le bon sens…".

Le "bon sens" a cédé la place au "non-sens"… Cette évolution se retrouve dans tous les pays occidentaux, y compris au Japon, avec des nuances liées aux contextes culturels et aux mécanismes de cooptation des "élites".

Dans cette génération des années "post 60", de jeunes loups, sortant pour la plupart de l'inspection des finances, confondant l'épaisseur de leur carnet d'adresses avec celle de leur expérience après avoir transité par des cabinets ministériels. Considérant les signes ostentatoires affichés avec condescendance, à commencer par l'inévitable cigare, comme étant le rayonnement de leur génie, à défaut de compétence. Après un bref "tour de piste" dans des directions opérationnelles, et un passage au poste de directeurs généraux adjoints, se retrouvaient propulsés à la tête d'établissements financiers.

De toute façon, il ne leur était demandé que d'être des "facilitateurs", de "faire avancer des dossiers". Le plus souvent, camouflés sous ces appellations, il ne s'agissait, ni plus ni moins, que de rustiques passe-droits pour de grandes entreprises ou des particuliers (8). Assurant la liaison entre pouvoir politique et "milieux des affaires" ou Big Business. Devenant même, pour certains, des "hommes de paille" prospères et richissimes, couvrant, abritant, gérant le patrimoine de quelques politiciens de profession, si ce n'est de convictions.

Progressivement, avec la montée en puissance des multinationales et de la mondialisation, une grande partie de la haute fonction publique, liée à la gestion des équilibres financiers du pays et aux commandes des établissements bancaires, s'est trouvée gangrenée par l'affairisme. Copinage et osmose…

Ils ont promu, encouragé toutes les "bulles" et investissements spéculatifs, les plus fantasques. Dans la vogue et la mode des fusions-acquisitions. Tout ce qui promettait, assurait profits rapides et bonus fulgurants, pour leur réseau, et bien sûr, pour eux-mêmes. Pas simplement immobilier : qui se souvient de la "bulle internet", des valeurs "nouvelles technologies", et autres miroirs aux alouettes ?... Frénésie accrue, avec le développement exponentiel des nouveaux instruments et produits financiers. Partageant souvent les pires comportements irresponsables du secteur, alors qu'ils étaient censés contribuer à sa bonne gestion…

3.1. Le cimetière des catastrophes bancaires

La liste des banques, qu'ils ont dirigées ou contrôlées, mortes au champ du déshonneur de l'incompétence et de la gabegie, à partir des années 90, est impressionnante. C'était hier. Dans la plus grande discrétion médiatique et une totale impunité des responsables.

Retenons les plus connues : Crédit Foncier de France (CFF/1995-1998), Comptoir des Entrepreneurs (CDE) (9), Banque Worms, Pallas Stern (1995), Banque de Paris et des Pays-Bas transformée en Paribas avant d'être absorbée par BNP en 2001. Dans un environnement différent, la Banque de la Martinique, reprise par le groupe des Banques Populaires…

Sans oublier un des plus grands scandales financiers de l'histoire bancaire, de niveau international par l'ampleur des sommes en jeu : le Crédit Lyonnais. Dont, on n'a jamais pu obtenir un chiffrage sérieux, c'était avant l'introduction de l'Euro : FF 200 milliards, FF 700 milliards, FF 1.000 milliards, plus ?... Les gymnastiques et contorsions comptables, fiscales, sont sans limites absorbant en des "trous noirs" galactiques tout ce qu'il est souhaitable de voir disparaître.

D'autant plus que les archives avaient brûlé, dans l'incendie du siège social, à Paris. Notamment celles de la salle des marchés. Et, tout aussi bizarrement, les archives entreposées au Havre dans un centre spécialisé, sous haute sécurité, avaient brûlé aussi. Ah ! La loi des séries touchant les incendies d'archives !... Signe du destin, probablement, que les pertes n'étaient pas pour tout le monde.

Crédit Lyonnais, établissement anéanti par son activité de "banque d'investissements"… La banque commerciale ou de détail (retail banking) étant parfaitement saine. Il n'a dû sa survie que grâce à son absorption par le groupe Crédit Agricole. Naufrage dont la collectivité n'a pas encore fini de payer, ni de subir les conséquences.

Car, au-delà des fonds versés pour apurer les engagements directs pour lesquels la banque se révélait défaillante, les contribuables continuent de payer, à ce jour, le nettoyage de son bilan via les "structures de défaisances".

Rappelons un point de technique juridico-financière. Pour améliorer la présentation d'un bilan avant sa reprise par un acquéreur, les valeurs, filiales ou prises de participation "pourries" sont sorties du bilan et logées dans des structures comptables à part : les fameuses, ou fumeuses, "structures de défaisances". Terme qui se veut l'adaptation d'une pratique juridique et financière de nettoyage ou de toilettage des bilans, venue des USA, la : defeasance.

La Cour des Comptes dans son rapport 2007 (10), avait estimé dans la partie intitulée "Bilan de la gestion des défaisances" que l'ardoise à payer par l'État, et donc par le contribuable, s'élèverait à 21 milliard d'euros. S'étonnant d'irrégularités permanentes dans la gestion de ces structures gérées par l'État. Malgré les circonvolutions du style qui se veut plus que prudent, la timide Cour des Comptes, sans aucun pouvoir de sanction, a trouvé le courage d'écrire :

"… Dans un rapport public particulier publié en décembre 2000 et intitulé " L'intervention de l'État dans la crise du secteur financier " et dans une insertion au rapport public de janvier 2002, la Cour avait cherché à apprécier les conditions dans lesquelles l'État avait apporté son concours financier au Crédit lyonnais, au Crédit foncier de France (CFF), au Comptoir de Entrepreneurs (CDE) et au Groupe des Assurances Nationales (GAN) et avait géré les structures de défaisance mises en place pour accueillir des actifs compromis du fait de gestions financières imprudentes.

… Il ressort des vérifications opérées que les dispositifs complexes et déresponsabilisants, déjà identifiés par la Cour, ont été maintenus. La gestion des défaisances, rendues difficile par la nature des actifs à liquider, l'ampleur des contentieux et l'imprudence des garanties accordées, ont, en outre, été perturbées par la situation particulière de structures confrontées à leur propre disparition."

En clair, la gestion des "défaisances" est, dans l'opacité totale, un énorme aquarium à requins. Malgré les remontrances de la Cour, les irrégularités constatées à plusieurs reprises ont été poursuivies. Pendant 7 ans…

Ce que la Cour des Comptes ne dit pas, c'est que cette gestion des "défaisances" est à l'origine de quelques-unes des plus grandes fortunes de France. Colossales. Parmi les premières du monde. Récentes et rapides. Fondées sur aucune création de produit ou de services de génie. Aucun Apple, Microsoft ou Google. Non, uniquement sur la reprise d'entreprises, souvent prestigieuses avec des marques de notoriété internationale. Notamment, à partir des "structures de défaisance" gérées par l'État, et tout particulièrement celles relevant de la faillite du Crédit Lyonnais…

Ces structures de transit regroupent effectivement des actifs douteux ou délabrés, mais la tentation étant trop forte, des petits malins en ont fait des "taxis" pour s'échanger en douce des valeurs ou faire d'excellents coups. Achetant à prix cassés, ce qui se révèle être par la suite, par on ne sait quel miracle, d'authentiques "pépites". Gageons, les paradis fiscaux assurant l'étanchéité des noms et autres coordonnées, que les fortunes, construites ou démultipliées de la sorte, renvoient l'ascenseur, sous une forme ou une autre.

Ainsi, non seulement, des fortunes colossales se sont bâties à partir de ces naufrages, mais en plus la collectivité, les contribuables, doit payer 21 milliards d'euros, d'après l'estimation "provisoire" de la Cour des Comptes. Soit l'équivalent de 2 fois le "trou de la Sécu" pour assurer le nettoyage du bilan. Après avoir déjà réglé plusieurs milliards pour en payer les dettes accumulées !...

Dans le cas du Crédit Lyonnais, comme par hasard, aucune Commission parlementaire n'a investi du temps, ni des moyens pour enquêter sur ce curieux phénomène des vases communicants. La seule préoccupation des parlementaires, dans une approche infantile et démagogique : "faire la fête à Tapie" (11). Autre chiffon rouge, bouc émissaire du monde politique et médiatique : se donner bonne conscience pour 2 kopeks. Ça ne coûte pas cher, et auprès d'une opinion publique désinformée, ça peut rapporter gros. Ne serait-ce qu'en dissimulant le cœur du problème…

Car aucun parlementaire (j'ai suivi les dernières auditions de la Commission des Finances du mois de septembre 2008) ne s'est demandé pourquoi le Crédit Lyonnais, après avoir étranglé financièrement et forcé Tapie à vendre la société Adidas 2 milliards FF à une structure propre à la banque domiciliée dans un paradis fiscal, l'avait aussitôt revendue au groupe Dreyfus (le géant du sucre…) plus du double. Aucun ne s'est, et a, posé trois questions annexes :

i) Où est allée la différence ?

ii) Pourquoi avoir logé Adidas dans une "structure de défaisances", alors que cette société, loin d'être "pourrie", était très recherchée (Nike, Reebok, etc.), valait plus que le double de l'évaluation de la banque, et probablement plus que le prix payé par l'acheteur choisi par la banque, en dehors de toute consultation internationale ?

iii) Si cette entourloupe a été effectuée pour Adidas, quelles sont les autres sociétés "pépites" sorties à tort du bilan de la Banque, bradées à prix cassés, au détriment de la collectivité et du contribuable, et quels en ont été les "profiteurs" ?...

11. Cf. l'audition du mercredi 10 septembre 2008 de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale sur le Crédit Lyonnais - CDR : http://www.lcpan.fr/emission/62314/video

12. Curieux de voir certains responsables politiques, comme Sarkozy dans un de ses derniers discours, découvrir la faillite bancaire avec Lehman Brothers…

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Récession (3) : Les Tares du Système Bancaire - Le Virus IPRIS...

3.2. Les tares cachées du système bancaire - Le virus IPRIS.

Ce bref balayage historique, pour rappeler certaines tares, partie invisible de cet iceberg qu'est le système bancaire et financier. Systématiquement cachées, occultées, entretenant la gangrène d'un secteur d'activité extrêmement coûteux pour la collectivité (13). Effets dévastateurs, au-delà de cette profession, rongeant le monde des affaires, le corps social. Le niveau de décomposition de ce système, son degré d'entropie, expliquent son effondrement actuel. Sous l'impact de ce que j'appelle "le virus IPRIS". Le SIDA du système bancaire :

Impunité.

Nous vivons dans des sociétés où le jeteur de caillou, voleur de poulet, casseur de vitrine, en prend pour 6 mois de prison ferme. En cas de faillite, le patron de PME-PMI ou le commerçant se retrouveront devant les tribunaux, sans aucun ménagement, coupables et diabolisés, étranglés par les banques et le fisc, jetés quasiment à la rue. Un entraîneur de football sera condamné à 2 ans de prison ferme, pour une sombre affaire de transfert de joueurs professionnels (14).

En Grande-Bretagne, on ne plaisante pas non plus : un soldat vient d'être condamné à trois ans de prison pour avoir revendu sur e-Bay des médailles militaires (une cinquantaine dont trente ont été récupérées...) qu'il avait volées à ses camarades...

Amen.

Par contre, ceux qui jouent à l'économie - casino, claquent, jettent par la fenêtre des milliards, par dizaines, par centaines, au détriment de la collectivité, dans les fastes et l'arrogance de satrapes mégalomanes, passeront de paisibles journées sur le matelas de leurs transats confortablement rembourrés de parachutes dorés, stocks-options et autres bonus. Impunis. Blanchis. Absous.

Aucun des dirigeants impliqués dans les retentissantes et scandaleuses faillites bancaires, passées et présentes, n'a été inquiété, placé en garde-à-vue, envoyé en prison, condamné à des dommages et intérêts. Et, ne le sera. Pour l'exemple, pour la justice. Les patrons, responsables, ou dirigeants voyous, ne sont pas seulement ceux qui déménagent le matériel de leurs usines le week-end à l'insu de leurs personnels, ou qui polluent les rivières. Ce sont ceux, aussi, qui obligent la collectivité à payer pour leurs fautes, commises à l'insu de leurs concitoyens.

Bien sûr, ils ont sous la main le fusible idéal, dans leur cynisme et leur culot de nomenklatura intouchable : "... c'est pas moi, c'est le trader...". Les plus impudents dans l'indignité n'hésitent pas à affirmer : "... si on a perdu des milliards, c'est la faute à la crise américaine". Ainsi, ne sont-ils ni coupables, ni responsables.

Selon que vous serez puissant ou misérable, comme l'écrivait la Fontaine... Oui. Mais s'arrêter là, c'est se résigner. L'impunité, dans le secteur bancaire, est totale. Si notre société est aveuglément inégalitaire, ce symptôme doit nous faire prendre conscience qu'elle est profondément malade. Et, agir...

Pantouflage

L'osmose entre haute administration et dirigeants du secteur bancaire exerce un effet pervers sur le fonctionnement de notre économie et l'équilibre de notre cohésion sociale. Des hauts fonctionnaires quittant des ministères pour entrer dans des établissements financiers, ou de grandes entreprises (14), avec lesquels ils ont monté des opérations de crédit, de restructuration, d'exportation, d'investissements, de délocalisation, de fusion - acquisition, se retrouvent à leur tête.

Cette pratique intitulée pantouflage est, en principe, encadrée par une loi du 2 février 2007, qui impose un délai de trois ans, entre quitter son poste de responsabilité dans une administration, et en occuper un dans une entreprise avec laquelle existaient des rapports professionnels. Antérieurement, il était de cinq ans... Mesures, bien souvent, jamais appliquées. Dont, en plus, on se permet de diminuer la durée. Mises en scène destinées à endormir le "gogo".

Les dangers sont multiples, pour nos institutions républicaines. En premier lieu l'exercice de la liberté de jugement et d'esprit critique, d'indépendance sur des dossiers de la part des autorités étatiques. Danger encore plus grave lorsqu'il s'agit de procéder à des opérations de contrôle, tels que doivent l'exercer les autorités monétaires sur la profession bancaire.

On l'oublie, tant ce secteur s'est érigé en pouvoir autonome et supranational, mais un secteur bancaire doit être avant tout au service de la collectivité, de l'intérêt général, et donc placé sous la supervision de la collectivité représentée par ce qu'on appelle : "l'État". En mesure d'imposer, dans la transparence et l'indépendance, les mesures souhaitables pour l'intérêt de la communauté nationale.

La crise actuelle est l'occasion de constater combien ce secteur économique, par lequel transite richesses et revenus de la collectivité, échappe au contrôle de l'État, et des instances organisées pour en assurer la gestion : surveillance des opérations de Bourse, autorités monétaires. En fait, l'État n'est plus en mesure de contrôler ses propres clones. Ce sont eux qui le contrôlent...

Rémunération

La rémunération des dirigeants du secteur bancaire est fastueuse, pharaonique. Elle s'exprime, sous plusieurs modalités, en millions d'euros annuels. Du moins, pour la partie officielle. Les paradis fiscaux et autres astuces (rémunérations complémentaires via des filiales à l'étranger, etc.) se chargeant du reste...

Mais, une rémunération, fastueuse, pharaonique par rapport à une moyenne nationale des rémunérations, n'est plus une "rémunération". Le paiement d'une personne, avec des montants déconnectés de la réalité et de la valeur ajoutée de la prestation fournie, compétence, expertise, conseil, expérience, n'est plus une "rémunération".

C'est un "achat".

On achète cher. Quoi donc ?... Un réseau, des relations, des contacts ? En ce cas, ce serait acheter du "délit d'initiés". Et, ce serait trop payer. Il convient de raison garder : "radio couloir", ou "radio lobby", n'ont pas à être survalorisées par rapport à "radio trottoir"... Il suffit de fréquenter les mêmes espaces, au même niveau, pour avoir les mêmes "tuyaux"...

Non. C'est acheter une denrée, qui n'a pas de prix, et n'a rien à voir avec un travail, une expertise, l'exercice d'une fonction ou d'une responsabilité : le silence.

On achète le silence d'un témoin. Sa complicité. Son soutien.

Lorsqu'on contribue à enrichir des personnes, sur les deniers de l'État, au détriment de l'intérêt général, dans la destruction d'emplois mis à la charge de la collectivité sous forme de chômage, sans commune mesure avec l'apport en innovation, en contribution à la richesse nationale, sans redistribution de la partie des profits revenant de droit à la communauté nationale, du fait de l'évasion fiscale dans des paradis fiscaux : cela a un prix.

Voir des actionnaires, des spéculateurs, gagner en "une seconde" ce qu'un employé, ouvrier, cadre, agriculteur, ne gagne même pas en "une vie" à la sueur de son front, demande quelques compensations pour se taire et laisser faire... George Soros est un des très rares spéculateurs à s'être vanté d'un de ses meilleurs coups : avoir gagné 600 millions de dollars en spéculant sur la baisse de la livre sterling contre le dollar, il y a quelques années. Sur un simple ordre boursier téléphonique, un gain de 600 millions de dollars. En 60 secondes : soit, 10 millions de dollars à la seconde. Au taux actuel, du fait du glissement du dollar, cela représente un milliard de dollars d'aujourd'hui...

Alors, tous ces dirigeants d'établissements financiers ont bien droit à quelques miettes. N'est-ce pas ?...

Sur la place financière de Londres, la City, ce serait l'équivalent, en bonus seulement, de 100 milliards (oui : milliards...) de dollars qui ont été distribués sur les trois dernières années aux équipes dirigeantes des banques et compagnies d'assurances, d'après une estimation récente du Financial Times.

Rien que pour l'année 2006 à Londres, les bonus accordés aux dirigeants du secteur financier et bancaire (banques et assurances) étaient de £ 19 milliards de livres sterling, d'après The Guardian (15). Ce qui représente environ 35 milliards d'euros (oui : milliards...) au cours de la livre sterling à cette période. Sur une année. Avec, de plus, une progression de 16 % par rapport à l'année précédente. Taux de progression surtout pas appliqués sur les salaires des employés et cadres de ces établissements...

Rappelons qu'un bonus est une prime venant en sus du salaire. Non compris "le reste". Car, ne l'oublions pas, il y a ce qui se voit dans les documents officiels, et ce qui se retrouve discrètement dans les paradis fiscaux. Aucune place financière en Occident, aucun système bancaire, n'échappent à cette pratique. En France, comme ailleurs.

Dans ses dimensions titanesques, délirantes, cette forme de "rémunération", pour une minorité de dirigeants, n'est que de la : "corruption organisée et légalisée".

Incompétence

Le niveau de rémunération de beaucoup de dirigeants du secteur bancaire et financier, est sans commune mesure avec le niveau de leur compétence professionnelle et, aussi, de leur éthique (16). Inversement proportionnelle, le plus souvent.

Cette incompétence est compensée, dans bien des cas, par des comportements d'autocrates méprisants pour les membres de leur entourage professionnel. Du moins, ceux qui leur sont subordonnés. Le constater dans une direction générale, c'est identifier deux seuils d'alerte :

☞ La direction générale est au maximum de ses compétences.

☞ Son maintien, dans ces conditions, n'est dû qu'à des protections engendrées par sa complaisance, ou sa complicité, dans certaines opérations bancaires et financières.

La plupart de ces dirigeants, sont clonés à partir d'un milieu très fermé, issu d'une monoculture bureaucratique, incapable de diversifier ses recrutements. Ne connaissant de l'économie réelle que la perception émanant de dossiers administratifs, sans connaissance du terrain, des mécanismes de la création d'entreprises, de leur fonctionnement, des contraintes de l'innovation.

Ignorants la valeur ajoutée d'un investissement pour la collectivité, et la clé de son développement : la création d'emplois. Leurs connaissances, en tout cas leur expérience, sont largement inférieures à beaucoup de dirigeants et de cadres de PME-PMI. Ces PME-PMI qui représentent, dans tous nos pays, le premier employeur et le premier créateur d'emploi.

Cet immense réservoir de savoir-faire et d'initiatives est inconnu d'eux. Non pas qu'ils méprisent les PME-PMI. C'est tout simplement une "abstraction". Pour les plus "bureaucratisés" : une "statistique". Pour les plus intelligents : un "concept". Ils n'y ont jamais passé une semaine de leur vie. Pour la quasi-totalité, ils n'y ont même jamais mis les pieds, même pas à l'occasion de leur stage dans le cabinet d'un préfet de province.

Il est vrai que la caste politique y contribue. Regardez la composition des gouvernements successifs, en France, droite ou gauche. Le poste de ministre des PME-PMI, lorsqu'il existe, sera accordé à un obscur ministricule, encore tout essoufflé d'être parvenu à ce strapontin. Coincé entre celui des "anciens combattants" et celui des "droits de l'homme". Un notable à qui l'on octroie une sinécure, pour s'assurer de la fidélité électorale de son fief. Même temporaire, l'essentiel pour lui : pouvoir mentionner, ensuite, sur sa carte de visite "ancien ministre". Le rêve de sa vie.

Seuls ne comptent, aux yeux de la nomenklatura, que les grandes entreprises "mondialisées", les multinationales, et les représentations du grand patronat... Ah !... Se complaire et se repaître dans les fusions - absorptions, avec ses marchandages, interventions, mises en relation, en coulisses lorsqu'il y a des dossiers d'investissement, d'acquisition, surtout s'ils viennent de l'étranger (17) !... Surtout s'ils touchent ces secteurs qui font la " une " : acier, chantiers navals, chimie, pétrochimie, grande distribution. Le prestige. L'ivresse de se croire "puissant". Leur régal.

Royaume du paraître où, entre déjeuners fins et soupers superfins, de palaces en yachts luxueux, dans les jeux de la courtisanerie, c'est à qui fera le mieux fonctionner les pompes à subventions et les pelleteuses à exonérations fiscales. Avec, en contrepartie, les "enveloppes" fiscalement paradisiaques...

Qu'importe si ces grandes entreprises, et leur pseudo restructuration dans de fumeuses concentrations ou délocalisations ne sont, en définitive, que des organismes destructeurs d'emplois !... Des milliers d'emplois transformés en chômeurs. Pourquoi se gêner ?... La charge en est laissée à la collectivité, pour le plus grand profit des actionnaires procédant aux licenciements. La shareholder value, les revenus des actionnaires, ne sont-ils pas prioritaires par rapport aux besoins de la collectivité ?...

Grand bien leur fasse, clament les chroniqueurs "économistes d'investigation" du monde médiatique. Piteuse "claque" de cette lamentable pièce de théâtre, chargée de la propagande ploutocratique.

Le problème est que cette culture du Big Business est ruineuse pour la collectivité, sa cohésion, son avenir, conduisant à survaloriser les grandes entreprises destructrices d'emplois, au détriment du secteur économique le plus actif, le plus créateur d'emplois de nos pays, les PME-PMI.

Mais, pour les directions générales du système bancaire et financier, l'inconvénient des PME-PMI c'est qu'elles ne sont pas cotables en Bourse. De ce fait, elles ne permettent pas ces jeux spéculatifs sur les cours de la cotation quotidienne, ni ces gros gâteaux représentés par les opérations de fusions - acquisitions, ou les manœuvres dans les "nouveaux instruments financiers". Tous ces produits ou services "sophistiqués", qui font le délice de l'activité de la branche prestigieuse : les banques d'investissements.

Évidemment, il ne s'agit pas de privilégier un secteur économique ou professionnel par rapport à l'autre, les PME-PMI par rapport aux grandes entreprises. Mais, d'assurer leur complémentarité et un traitement d'égalité, dans le financement d'une économie "réelle", porteuse de valeur ajoutée pour la collectivité.

Que constate-t-on, en effet, si on examine de près les comptes d'une banque ?... Un monde à l'envers. Le secteur économique le plus porteur d'emplois, le plus créateur d'emplois, qui obtient proportionnellement le moins de "concours" et de "facilités" bancaires, qui paye le plus cher les services bancaires : les PME-PMI. À mouvements de compte équivalents, débit et crédit, en pourcentage, les "grands groupes" ne payent que le dixième, en moyenne, des intérêts, charges, frais bancaires et commissions, des PME-PMI. Et, obtiennent dix fois plus de crédits...

Un exemple, parmi des dizaines d'autres ?... Lorsqu'on scrute le traitement du fonctionnement des comptes bancaires (les tarifs affichés ne veulent strictement rien dire, car tout se négocie) au niveau des dates de valeur effectives et du calcul des "échelles d'intérêts"... Ces dates auxquelles on crédite, sur un compte, les remises de chèques ou d'espèces... Ce n'est pas "valeur lendemain", un jour ou plusieurs après. Comme pour le commun des mortels. Non. Pour ces groupes privilégiés, c'est valeur "veille", le jour d'avant... Ce qui fait beaucoup sur douze mois.

En d'autres termes : ce sont les comptes des PME-PMI (et, ceux des "particuliers", aussi) qui assurent l'essentiel des profits et de la prospérité bancaires. Permettant aux directions générales des banques d'être aux petits soins des grandes entreprises, et de s'adonner à leur jeu favori : la spéculation financière. Celle qui permet les gains rapides, propices aux belles présentations de bilans et aux bonus de fin d'année vertigineux. Ces vingt dernières années ont été marquées par le développement massif d'opérations à court terme, à but uniquement spéculatif.

Modifier cette culture, Big is beautiful & Speculation wonderful, va demander du temps et beaucoup d'énergie. Le renouvellement de ces dirigeants, ces fat cats comme les appellent les anglophones, ces gros chats gavés de privilèges, s'impose. Leur formation, sélection, supervision est à revoir intégralement. En particulier, par l'exigence d'une connaissance approfondie de l'économie réelle, de la création d'entreprises et de l'immersion préalable dans le quotidien des PME-PMI, tissu essentiel de la prospérité et de la cohésion de nos collectivités.

Pourquoi s'étonner du désastre actuel, ces faillites se chiffrant en centaines de milliards de dollars ou d'euros, d'un secteur confié à des directions générales inaptes en termes de stratégie, de gestion et d'éthique ?...

Dans leur majorité : malgré leurs grands airs, à l'exemple des petits marquis enrubannés qui encombraient les couloirs de Versailles, une caste de nuls, d'analphabètes de l'économie réelle, d'irresponsables obnubilés par le paraître et le court terme, qui coûtent excessivement chers à la collectivité par leur degré d'incompétence.

Spéculation

La dernière aventure de la Caisse d'Épargne (18), qui vient de perdre 751 millions d'euros selon les dernières estimations, donne une idée du degré d'infection atteint...

La semaine même où tout le monde prend conscience de l'effet mortel de la spéculation, dans le fonctionnement du système bancaire et financier pour l'Économie, non seulement nationale mais aussi mondiale, un établissement bancaire joue des sommes colossales dans des "opérations - casino". Pariant sur des évolutions de cotation et des indices boursiers, comme dans des courses de chevaux ou des combats de coqs, au lieu de prêter ces mêmes montants à des créateurs d'entreprise, d'épauler des entreprises dans l'extension d'investissements productifs et créateurs d'emplois.

Ces pratiques spéculatives ont du mal à s'arrêter. Elles ont été l'occasion, ces jours derniers, de milliers de commentaires. Inutile de s'étendre davantage. Par contre, n'a pas encore été traité l'impact sur la gestion du secteur bancaire, des distorsions provoquées, affectant l'économie nationale en profondeur. Au-delà des pertes et faillites faramineuses.

Ces distorsions se résument brièvement en cinq mécanismes interactifs :

i) Culte du "court terme"

La culture de l'affairisme et de la spéculation imprègne les directions générales du secteur bancaire et financier, induisant les priorités dans la stratégie de développement et le fonctionnement des établissements dont elles assurent la responsabilité. Ce n'est pas l'investissement industriel et commercial qui est privilégié, mais les opérations spéculatives. Ces opérations à court terme engendrent des profits rapides, mirobolants par rapport au temps et moyens engagés. Dans leur esprit : rien à voir avec la lourdeur de l'exploitation d'un réseau avec ses milliers d'agences, guichets, employés...

De plus, comme on l'a entrevu, ils permettent d'améliorer la présentation des bilans et de distribuer d'excellents bonus. En cas de pertes susceptibles de déséquilibrer l'établissement, l'État interviendra pour le sauvetage. Les banques joueront la "sauvegarde nationale", ou la "préférence nationale" en cas de velléité de reprise par des investisseurs étrangers ou hostiles. Et, la collectivité se chargera d'éponger les ardoises. Comme d'habitude.

ii) Discrimination du "risque"

La préoccupation du " risque" dans un établissement bancaire ou financier est au cœur de la gestion et de l'organisation. Sur ce plan, les distorsions exercées sont doubles :

☞ Le "risque" appliqué à "l'avenir" de l'établissement est oublié ou négligé. Faussant l'approche stratégique et les réflexions à long terme, du fait de l'assurance que l'État sera toujours là pour assurer sauvegarde ou protection. Dans le cas de pertes impossibles à absorber, aucun problème : elles seront basculées sur la collectivité qui en assurera le règlement, sous une forme ou une autre. Comme lors des faillites bancaires précédentes, telle celle du Crédit Lyonnais.

☞ Le "risque" est en conséquence uniquement perçu, par ces directions générales, comme une incidence sur la présentation d'un bilan. Dès lors, au nom du "risque", les investissements productifs, industriels ou commerciaux, notamment pour les PME-PMI, démultipliés entre de multiples entités via un réseau d'agences, seront sacrifiés impitoyablement. Au profit de deux entités, considérées comme moins problématiques : les grandes entreprises (les "grands comptes", dans le jargon du métier) et la spéculation à court terme des "salles des marchés".

iii) Distorsions de la "vocation" du système bancaire

Avec le temps, deux dérives se sont accentuées, sous la pression d'une dimension psychologique prégnante dans les directions générales :

+ Une survalorisation de l'activité "salles des marchés". Activité spéculative vécue comme l'avenir et le prestige de la banque. C'est la banque High Tech, avec ses instruments financiers considérés comme le comble de la sophistication, confiés à des golden boys eux-mêmes considérés, et se considérant, comme des petits génies.

Le gonflement de cette "bulle mégalomane" dans la contemplation narcissique de son propre génie était devenu sans limite. Il y avait même surenchère, avec des remises de prix par des journaux et des associations "économiques" (à Londres, en particulier...), pour valoriser l'établissement bancaire qui utilisait les moyens et techniques les plus complexes dans les opérations spéculatives. Cette complexité étant considérée comme un raffinement de l'intelligence et de l'expertise professionnelle...

+ A contrario, s'est développé le plus complet mépris, même s'il n'est pas affiché, pour l'activité "banque de détail" (retail banking), de guichets. Uniquement estimée pour sa capacité à collecter des fonds et des profits, confortant l'activité "grands comptes" ou "salles des marchés"... La vache à lait.

Était, ainsi, géré un parfait système de vases communicants : l'activité banque des "grands comptes" et "salles des marchés" était financée par l'activité "banque de détail", ou banque commerciale. Les produits de l'activité saine et tangible de l'économie réelle, au lieu de financer son propre développement, se voyaient détournés par des directions générales dans l'activité spéculative, volatile et virtuelle. Expliquant les énormes disponibilités et placements des banques françaises sur des comptes de banques américaines, en particulier.

iv) Pénalisation de "l'investissement productif" et créateur d'emploi

Du fait d'une dérive dans la gestion des risques et de la vocation des banques, l'investissement productif a cédé la priorité, dans les directions générales, à l'activité spéculative et aux "grands comptes". L'investissement productif, créateur d'emplois s'est vu de plus en plus pénalisé.

Erreur fatale pour nos économies. Car, on le sait, les "grandes comptes" sont, depuis les trente dernières années, les plus grands destructeurs d'emplois. Mettant à la charge de la collectivité des centaines de milliers de chômeurs, pour le plus grand bénéfice de leurs actionnaires.

Quant à l'activité spéculative, la création d'emplois par rapport aux sommes engagées et aux risques encourus est de zéro (recrutements des traders - professeurs Nimbus, à part...)...

Parallèlement les PME-PMI créatrice d'emplois et de valeur ajoutée pour la collectivité sont systématiquement freinées dans leur création et leur développement : au nom du "risque"...

Avec la vision et l'acharnement de l'usurier : crédits limités au maximum afin de provoquer un étranglement systématique lors des échéances, créant des dépassements d'autorisations, entraînant des taux et des pénalités usuraires, sous les harcèlements culpabilisants de ne pas "tenir ses engagements". Cercle infernal, destructeur d'initiative et de valeur ajoutée pour la collectivité, notamment dans sa dynamique de création d'emplois et de richesses.

Contrairement au martèlement de la propagande ultralibérale, ce n'est pas "la législation du travail" qui tue l'emploi, c'est le secteur bancaire dans son refus de financer l'investissement productif, créateur d'emplois, au nom du "risque". Au profit de la préoccupation essentielle de la ploutocratie : la rente et de la spéculation.

v) Racket de la collectivité

Ce système de vases communicants engendre, à son tour, des distorsions s'exerçant sur l'économie réelle, transitant par la banque de détail. L'économie réelle étant rançonnée au profit de l'économie virtuelle. Celle produite par la collectivité, particuliers, commerçants, artisans et PME-PMI. S'est installé un véritable racket à l'encontre de la collectivité par le secteur bancaire et financier :

☞ Par les taux et frais bancaires

Ce sont les plus modestes considérés individuellement, mais les plus productifs collectivement, qui proportionnellement payent les intérêts et les frais bancaires les plus élevés par rapport aux mouvements de leurs comptes. Rien à voir avec ceux qui sont prélevés sur les opérations ou capitaux spéculatifs et les "grands comptes". Pratiquant des taux usuraires qui contribuent à asphyxier la production réelle et la consommation (sauf celle relevant de la grande distribution...), générant chômage et crise économique.

☞ Par l'impôt

Éponger les pertes et faillites bancaires à répétition implique que les revenus des impôts soient détournés. Au détriment, en particulier des priorités de la collectivité que sont : santé, éducation et retraites.

Face à ces catastrophes, distorsions, dérives, le pouvoir politique assure vouloir réagir...

Mais, le pouvoir politique, représentant l'intérêt général, celui de la communauté nationale, sous l'appellation de "l'État", est-il à la hauteur de l'enjeu de la reprise en mains qu'exige la faillite monumentale du secteur bancaire et financier ?...

Secteur d'activité devenu, par un mixage d'idéologie ultralibérale et de laxisme corrupteur de la représentation politique toutes tendances confondues, un État dans l'État. Régentant la collectivité, son destin et sa survie. Sans contrôle. Dans l'impunité. Ce n'est plus une profession, un secteur d'activité, au service de la collectivité. Mais la collectivité à leur service.

Le virus IPRIS a encore de beaux jours qui l'attendent...

À suivre :

Récession (4) : L'État au service du Lobby Bancaire...

Récession (5) : Reconstruire ou Rénover...

13. Roland Courbis, dont la condamnation à 2 ans de prison ferme a été confirmée par la Cour de Cassation, le 22 octobre 2008 : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-37373918@7-40,0.html

14. Il en est de même pour les officiers supérieurs et généraux passant de la défense nationale à des postes de dirigeants ou d'administrateurs de sociétés relevant de l'industrie de l'armement. Mais, c'est un autre débat...

15. Seager, Ashley, City bonuses reach record £ 19bn - 16 % increase in payments has knock-on effect on house prices at top scale and farmland, The Guardian, 17 august 2006, http://www.guardian.co.uk/business/2006/aug/17/executivesalaries.executivepay1

16. Les derniers déboires, dans l'exercice de leurs fonctions, de Paul Wolfowitz à la Banque Mondiale (2005-2007), et de Dominique Strauss-Kahn au FMI, donnent un aperçu sur la partie immergée de l'iceberg quant à la "qualité" de ces dirigeants et de la "culture d'entreprises" qu'ils peuvent générer.

17. La reprise récente d'un certain nombre d'aciéries françaises et européennes, par le groupe Indien Mital, est une excellente illustration de cette "comédie humaine".

18. Cf. : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-37370810@7-37,0.html

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Récession 4 : L'État au service du lobby bancaire

Que donne le virus IPRIS aujourd'hui, en novembre 2008, en pleine crise financière ?...

Il est en pleine expansion. Une épidémie.

Non seulement, le virus n'est pas isolé et combattu, mais ce serait plutôt le contraire : ses conditions de prolifération et de diffusion sont renforcées, avec soin, par les autorités censées défendre l'intérêt de la collectivité. Comme si, lors du pic de l'épidémie du SIDA, on avait multiplié la distribution des poches de sang contaminé...

Inutile de s'étendre davantage sur les dégâts, tant la forêt d'évidences et de faits s'étale sous notre regard. Retenons, en France, deux exemples significatifs parmi les plus récents :

Le premier : la perte catastrophique enregistrées par la Caisse d'Épargne, lors de ses dernières manoeuvres spéculatives, poursuivies avec obstination par sa direction générale. Alors que la crise financière secouait, depuis plusieurs semaines, l'économie mondiale. Comme les mauvais joueurs de casino, ils avaient dû vouloir "se refaire", pour reprendre leur expression, éponger les pertes antérieures.

Le deuxième : la formulation du plan de sauvetage des banques qui vient d'être organisé. Les banques asphyxiées, au bord de la faillite du fait de leur incapacité à remplir leurs engagements, viennent d'être secourues officiellement, le 20 octobre 2008 par l'État.

Examinons brièvement ce dernier point, derrière le rideau de fumée d'une habile campagne de communication. Soyons attentifs aux termes employés et au dispositif mis en place pour qualifier et justifier l'opération.

Il s'agit d'un "plan de soutien", et non pas d'un "plan de sauvetage", insiste-t-on. Alors qu'il s'agit bien d'un sauvetage.

Pourquoi ?...

Tout simplement parce que les auteurs, concepteurs, organisateurs de cette opération se refusent à employer un mot porteur de conséquences importantes quant aux modalités. En effet, par cette astuce sémantique, ils dissimulent une véritable arnaque au détriment de la collectivité. Avec le support, bien évidemment, des médias de la propagande, publique et privée...

☞ Le mot "soutien", au lieu de "plan de sauvetage", permet, d'abord, d'occulter l'incompétence et la gabegie des dirigeants. Ils sauvent leur peau ou leur poste. Ils sont même valorisés. Les "valeureux poussins" vont être soutenus par la mère poule, par la collectivité, dans leur vaillant combat pour le développement, la croissance et la prospérité de la communauté nationale... Le tableau est rendu moins culpabilisant devant l'étendue du désastre et de l'arnaque.

☞ Le mot "soutien", au lieu de "plan de sauvetage", permet, ensuite, de justifier l'incroyable montage financier accepté par l'État sous la pression du lobby bancaire (19).

L'État va, dans une première opération, répartir entre les principales banques 10,5 milliards d'euros (20). Mais, sous forme d'un prêt, au lieu d'un apport en capital par des prises de participations, qui l'aurait rendu actionnaire des établissements secourus. Solution normale, adoptée aux USA ou en Grande-Bretagne, et dans d'autres pays (RFA, Belgique, etc.). Ces États, sollicités pour éponger les pertes abyssales des établissements secourus, s'en sont rendus actionnaires. C'était la moindre des choses.

En France ?... Non.

"Les banques se voient recapitalisées, sans que l'État ne devienne leur actionnaire", nous dit-on. Pour nous rassurer, on précise que les banques vont payer "cher", 8 %, et qu'une participation en capital n'aurait pas été rémunérée.

C'est prendre les citoyens pour des imbéciles.

Car, l'escroquerie à la collectivité est là : l'État devait en contrepartie du sauvetage des banques et de l'effort de la collectivité (au détriment des priorités, rappelons-le, que sont les systèmes de santé, d'éducation et de retraites), prendre une participation au capital des banques.

Pour deux raisons :

i) Le cours des actions des banques s'est effondré, c'était donc l'occasion d'échanger l'argent public apporté contre des actions au prix actuel. Pratique naturelle de tout bailleur de fonds, gérant ses actifs "en bon père de famille", dans un contexte similaire.

Une sortie du capital, aurait pu être programmée à terme. Avec, par exemple, une "convention de portage" : l'État cédant ses actions dans dix ans par exemple. Récupérant à la fois le capital et une plus-value substantielle qui contribuerait aux besoins de la collectivité.

ii) De plus, l'apport d'argent frais sous forme d'une participation au capital aurait été rémunéré, par les dividendes annuels distribués à partir des bénéfices générés par les établissements bancaires. Encaissés chaque année, comme pour tout actionnaire.

Dire que l'apport de l'argent public n'aurait pas été rémunéré en cas de prise de participation au capital des banques, est donc, en la circonstance, pur mensonge.

On comprend mieux les accents de triomphe, l'incommensurable arrogance, du président de la Fédération française des banques (FBF), Georges Pauget, actuel président du Crédit Agricole, devant la capitulation du pouvoir politique :

" ... Nous avions posé nos conditions, et parmi celles-ci, que l'État ne nous apporte pas de vrai capital. Nous ne voulions pas d'un État avec des pouvoirs dans la gestion des établissements..." (21).

Notez bien : " ... Nous avions posé nos conditions...".

Un lobby bancaire, représentant des établissements en faillite du fait de leur gestion catastrophique, sauvé par un effort énorme de la communauté nationale, se permet de "poser ses conditions" !...

Autrement dit, les banquiers, aussi incompétents qu'irresponsables imposent à la collectivité, aux contribuables, à l'intérêt général, représentés par ce qu'on appelle "l'État", de renflouer leurs caisses quand elles sont vides, mais surtout de ne pas mettre le nez dans leurs tripatouillages véreux...

Aveuglante illustration, encore une fois, du dogme du Libéralisme Économique et de sa ploutocratie : la collectivité partage nos pertes, mais pas nos bénéfices...

Une fois encore la collectivité, l'intérêt général, voient leurs intérêts bradés par un pouvoir politique aux ordres. Véritable marché de dupes, avec le culot de qualifier cet accord de "gagnant-gagnant"...

Ajoutons que dans ce plan de sauvetage de l'État, il n'y a aucune contrepartie, non plus, sous forme d'un engagement, d'une charte, par lequel le secteur bancaire et financier manifeste et démontre sa volonté de rénover le système bancaire : changement des dirigeants des établissements en faillite, révision de la vocation, du mode de fonctionnement et de la stratégie de ces établissements (abandon de la spéculation au profit de l'investissement...), etc.

Rien.

On vient d'assister, en fait, à une extraordinaire manifestation d'allégeance du pouvoir politique, dont la vocation et la légitimité, en tant qu'élus de la communauté nationale, est de représenter les intérêts de tous les citoyens.

Allégeance, dans un acte de soumission humiliant et totalement malhonnête à un groupe de pression.

La métaphore peut paraître, de prime abord, exagérée. Mais, il suffit d'un simple exercice de lucidité, aussi pénible soit-il, le constat crève les yeux :

L'État, la communauté nationale, la collectivité sont réduits en esclavage par le lobby bancaire.

À suivre :

4. Reconstruire ou ravaler

19. Cf. Article Plan français de soutien aux banques - un accord gagnant-gagnant, Le Monde, 21 octobre 2008, http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/21/plan-francais-de-soutien-aux-banques-un-accord-gagnant-gagnant_1109271_1101386.html#ens_id=110463720. L'apport en fonds de sauvetage, proportionnel à la taille du bilan des banques, se répartit ainsi : Crédit Agricole 3 milliards d'euros, BNP Paribas 2,55 milliards, Société Générale 1,7 milliard, Crédit Mutuel 1,25 milliard, Caisses d'Epargne 1,1 milliard et Banques Populaires 950 millions.21. Le Monde, OP. Cit.

Récession (5) : Même Louis XIV n’aurait Pas Osé…

4. Reconstruire ou ravaler

Brioches…

Ils ont osé…

Politiciens, de tous poils, de tous bords, encadrés par la cohorte des dinosaures du grand patronat et des fossiles de la ploutocratie (1).

En France, à l'exemple de ses partenaires occidentaux, USA, UK et autres (2).

Tous, croulant sous la catastrophe du système bancaire et financier, d'une économie délabrée sous le choc de théories économiques destructrices, supprimant plus d'emplois qu'il n'en est créé, sur fond d'accroissement exponentiel du chômage et de la pauvreté (3). Jusqu'à des morts de froid dans les rues et les parcs de leurs capitales, cet hiver. Dans l'inaction du luxe fleuri des bureaux ministériels (4).

France, un des pays les plus riches du monde…

Le quatrième ou le cinquième, suivant les classements officiels. Où les riches ne cessent de s'enrichir. Les exemples multiples s'étalant sous les yeux :

"Selon le classement de " Challenge ", la fortune des Mulliez (Grande Distribution Auchan) a grossi de 3 milliards d'euros entre 2006 et 2007 soit 21,43 %, passant de 14 à 17 milliards d'euros…" (5).

Dire, qu'en ce cataclysme économique et financier, provoqué par l'irresponsabilité et la rapacité de l'oligarchie au pouvoir, le maximum avait été atteint, aucun effort de solidarité n'étant possible. En conséquence, qu'il était illusoire d'attendre des ressources complémentaires pour alléger précarité, misère, détresse et souffrance.

Au contraire, poursuivant le démantèlement systématique des aides sociales et médicales. En écho de celui de nos industries. En écho de celui de l'éducation nationale. À commencer par l'enseignement supérieur. Dans la contemplation imperturbable des universités tombant en ruines.

Même Louis XIV n'aurait pas osé.

Lui, monarque absolu, "Roi Soleil"…

Qui, à la fin de son règne, à la suite des guerres incessantes, face à la crise économique frappant le pays au bord de la famine, à "la détresse profonde du royaume" (6), n'avait pas hésité à faire fondre les chefs-d'œuvre d'argenterie accumulés, lors des années fastes, en son château de Versailles.

Les transformant en lingots d'argent pour payer les dépenses du pays et les achats de blé à l'étranger imposés par les mauvaises récoltes dues aux intempéries. Ses successeurs, moins avisés, sciant la branche porteuse de leurs privilèges, estimèrent comme nos politiciens du jour, dans l'arrogance de leur aveuglement :

"Si le peuple n'a pas de pain, qu'il mange donc des brioches…".

Cette mentalité du 18° siècle constitue la charte politique gérant notre collectivité. Férocement soutenue par nos castes au pouvoir. Bravaches, "banane" au vent, convaincues de son extrême modernité.

En prédateurs, imposant La Loi Du Plus Fort, celle de leur écrasante propagande, de la légitimité de leur violence enrubannée de lois taillées sur mesure, implacablement exercée dans l'impunité par une police dont la conscience citoyenne est celle de milices privées, ils n'ont pas l'intention de lâcher les morceaux qu'ils tiennent entre leurs crocs.

À les écouter, gorgés du mépris marginalisant les pauvres (7), il me semble lire du Benjamin Franklin, ce milliardaire membre du club des oligarques fondateurs des USA :

"Plus on organise des secours publics pour prendre soin des pauvres, moins ils prennent soin d'eux-mêmes et, naturellement, plus ils deviennent misérables.

Au contraire, moins on fait pour eux, et mieux ils se tirent d'affaire." (8)

Face à l'effondrement d'un système économique fondé sur la spoliation d'une majorité par une minorité, ne cessant de répéter : les solutions sont là !...

Concrètement ?... Mesures proposées ?...

"Reconstruire", "remettre à plat", "refonder", "rénover" le Capitalisme, "réguler" le Libéralisme, assurent-ils. Folkloriques dirigeants du FMI ou de la Banque Mondiale, en tête. Certains, plus prudents, ou plus timides dans l'expression du cynisme, se limitant à parler de "rénover la régulation"… Même si cela n'a jamais existé.

En économie politique, le culot est un "must".

Que des "Re…" !… Ronronnement, logorrhée, bouillie, anesthésiant, étouffant, esprit critique et colère de l'opinion publique.

Dans ce sillage, la propagande médiatique, cultivant son autosatisfaction coutumière de la redécouverte du fil à couper le beurre, se met à promouvoir le "système D".

Déballant, dans la frénésie, son bric-à-brac : faire du troc, pratiquer le "low cost", se chauffer au bois, s'équiper en double vitrage, souscrire à l'obligation d'achat du DVD ou de la dernière chanson, pondus par le Charity Business. Et, autres fariboles.

Diffusant à tout vent, authentiques promotions et publicités camouflées en "sujets" et "documentaires". Multipliant, à défaut de pains, les brioches virtuelles.

… et Boucs émissaires

Les oracles se chamaillant doctement dans des discussions byzantines sur le sexe des anges : "relance par l'investissement" ou "relance par la consommation" ?... Ah !... Tragique dilemme !...

Écran de fumée, au travers duquel ils agitent une poignée de verroterie. Polie par les "experts économistes" de service, sélectionnés pour leur aptitude au charlatanisme. Miroir aux alouettes… "Investir", ânonnent-ils… Tout y passe. Même Gaston Lagaffe ne s'y reconnaîtrait pas dans ce fouillis…

Sauver l'industrie automobile ou les banques, qui ont distribué pendant des décennies dividendes et bonus à ne plus savoir où les loger. Incapables de gérer, de prévoir, d'anticiper l'évolution de leur activité. Sauvées de la faillite par les contribuables, par milliards, sans contrepartie…

D'autres trompettent le mythe fédérateur, que personne ne maîtrise, du "développement durable" : des éoliennes aux panneaux solaires. Tel serait l'avenir de nos emplois…

Les vieux routiers de l'arnaque politicienne, et du remplissage des caisses électorales, se focalisent sur du "plus consistant" : les "grands travaux" ! Ça, ils adorent. Se gardant d'expliquer ce que recouvre le terme… Habitude innée de prendre le citoyen pour un canard sauvage.

J'entendais le maire "d'une grande ville française", confit de satisfaction, se présenter en exemple. Il allait, avec sa municipalité, financer "la construction d'un pont" dans sa ville, pour "créer des emplois". Il doit "savoir". A moins d'être stupide. Mais, il fait comme si… Dans le cynisme, souriant jusqu'aux oreilles…

La construction d'un pont est le type même d'investissement à faible intensité de main-d'œuvre. Une des plus faibles par rapport au montant des capitaux investis. Capitaux bien souvent faramineux, et toujours en dépassement du budget initialement adopté. Pour le plus grand profit du groupe de TP et des redistributions occultes…

Main-d'œuvre qui, la plupart du temps et pour l'essentiel, ne provient pas de la localité où s'effectuent ces grands travaux. Activités foraines, assurées par des engins hautement spécialisés qui, une fois terminées, disparaissent dans la nature.

En fait de mesures concrètes, la nomenklatura aux commandes ne propose que ravalement de façade… G 20… Jet d'encre… Paroles creuses moulinées dans le vent… Poudre de perlimpinpin…

L'essentiel : ne pas toucher aux privilèges de l'oligarchie ! Privatiser les profits et nationaliser les pertes. Protéger spéculations, rentes et monopoles. Sans oublier les gaspillages, au bénéfice des sponsors électoraux. Dans le murmure apaisant de la cascade des distributions de dividendes, bonus, stocks-options et enveloppes ventrues déposées dans le silence des paradis fiscaux …

Bien sûr, ne pas oublier les manœuvres de diversion…

Sacrifier, pour calmer frustration de l'opinion publique tournant à la fureur, des "boucs émissaires". Exposer au pilori quelques dirigeants, pas trop toutefois, qui se sont attribué des bonus, alors que les caisses de leurs entreprises, en cessation de paiement, étaient remplies par la collectivité. Prouver qu'il y a justice et volonté, dans la sphère politique.

Les actionnaires, les membres des conseils d'administration, qui ont pompé les dividendes à tour de bras, dans l'hémorragie des délocalisations et des plans sociaux, eux, ne seront jamais inquiétés. Même pas évoqués.

Du cirque…

Je ne me fais pas de souci pour ces dirigeants et leurs bonus. L'ingénierie fiscale et financière, adossée à des paradis fiscaux, est sans limite. Ils les récupèreront sans problèmes. Via filiales à l'étranger, sociétés écrans et jeux d'écriture.

Autre bruyante esbroufe. S'attaquer à grands coups de hache à l'arbre qui cache la forêt : le bouclier fiscal !

Bouclier ?... Gigantesque passoire aux trous "extra larges", pudiquement désignés sous le nom de "niches fiscales". Des centaines. Permettant d'échapper à l'impôt sur les bénéfices et les revenus qui, de plus, ne seront jamais inclus dans l'assiette fiscale de l'impôt sur la fortune.

Tout le monde le sait, mais les médias s'étouffent : les plus grosses fortunes de France ne paient pas d'ISF. Leur patrimoine étant déclaré sous forme "d'outil professionnel" ou "de travail".

Je vous propose une recette, parmi mille et une astuces faisant le délice des fiscalistes. Recette aussi simple que la tarte aux pommes :

Si vous achetez un château, entouré de vastes terres, plantez-y quelques vignes pour produire du vin, même de la piquette dont on fera du vinaigre. Et, le tour est joué.

Devenu producteur de vin, vous serez riches sans payer d'impôt sur la fortune, s'agissant d'un "outil de travail". De plus, si le vin ne se vend pas, avec un peu de patience, vous pourrez obtenir des dédommagements d'un État débordant de sollicitude et de tendresse, depuis des lustres, pour les grands propriétaires terriens.

Boule de glace sur la tarte : faites enregistrer les bâtiments en "monument historique". Vous obtiendrez des subventions pour en refaire la toiture ou consolider les douves garnies de carpes. Cela financera votre chasse aux perdreaux ou aux faisans, procurant des joies ineffables à vos invités…

Dans sa monumentale étude, remarquablement bien documentée (9), Les hauts revenus en France au XX° siècle, Thomas Piketty démontre que tous les partis au pouvoir n'ont cessé, pendant des décennies, de camoufler, entraver, l'identification de la source, tout particulièrement des "revenus du capital", énonçant les :

"… difficultés encore aggravées par l'évolution de la législation fiscale : la multiplication des régimes d'imposition dérogatoires en faveur des revenus du capital implique qu'il est de plus en plus malaisé de prendre en compte tous les revenus annexes des personnes en question (certains de ces revenus n'ont même plus à être déclarés)."

Le problème est moins le niveau des hauts revenus, hauts salaires, bonus ou pas, malgré leur caractère choquant par leur disproportion en comparaison de la moyenne des revenus dans notre pays. Facilement "traçables", car provenant en principe du "travail", du moins ceux officiellement déclarés, leur visibilité fiscale est effective.

Plus urgent à traiter, est celui des immenses revenus du "capital". Et, dans capital, il y a aussi "spéculation" et "corruption". Soigneusement occultés, dissimulés. Expliquant que dans un pays riche, les caisses soient vides au moment de la redistribution des richesses produites par la collectivité.

Qu'il y ait des riches, rien de plus normal. Voire de plus rassurant sur la santé économique d'une collectivité. À condition que cette "richesse" récompense le créateur, l'innovateur, le créateur d'emplois et de valeur ajoutée pour la collectivité. Non pas une richesse fondée sur la spéculation, le délit d'initié, la corruption et la rente.

Qu'il y ait des pauvres dans une société riche, enfermés dans la précarité, l'humiliation et la souffrance. est inadmissible Le capitalisme ou le libéralisme économique dévoyés sont une rupture du contrat social.

Combattre les inégalités (10) ?... Tant que les castes politiques actuelles tiendront le pouvoir, rien ne changera. Ils ne remettront jamais en cause un système fiscal aussi inique qu'archaïque. Jusqu'à l'explosion.

Les plus faibles revenus seront accablés d'une fiscalité confiscatoire, s'apparentant au racket du gangstérisme. Proportionnellement à leurs revenus, ce sont les plus faibles qui payent le maximum d'impôts, via la TVA. Écrasés de taxes comme du temps de La Gabelle, sous l'Ancien Régime. Au moindre achat, systématiquement, qu'ils le veuillent ou non, ils versent 20 % aux caisses de l'État.

À cette pression constante, s'ajoute leur broyage par un système financier spoliateur, versant intérêts et agios usuraires aux banques. Qui, avec ces confortables marges, inonderont de bonus leurs dirigeants, en jouant l'argent arraché aux plus modestes dans la spéculation. Au lieu de l'investir dans la création et la consolidation d'entreprises.

Nous vivons, nous le savons, non pas une crise économique, mais une profonde crise de "contrat social", de valeurs, de redistribution de la richesse collective. Les dérives mégalomaniaques et cyniques de ce "capitalisme sauvage", auquel nous assistons, au bénéfice d'une seule minorité, à l'encontre du principe fondateur de solidarité, est inacceptable. La collectivité ne l'admettra pas.

" Le capitalisme ne triomphe que lorsqu'il s'identifie à l'État, qu'il est l'État " (11).

Objectif atteint. "Kleptocratie" assumée. Sans complexe. Il l'affirme, haut et fort : L'État, c'est moi !

Prenant soin, à la différence de Louis XIV, de conserver précieusement son argenterie…

Thierry Pelletier a raison :

" De toute façon, seuls les imbéciles et les porcs peuvent encore croire en la pérennité d'un tel monde…".

(1) Cf. : Cotta, Jacques, Riches et presque décomplexés, Fayard, 2008.

(2) Cf. : Les Dépossédés, Robert Mcliam Wilson et Donovan Wylie, Editions Christian Bourgeaois, 2005.

Traduction d'une remarquable et émouvante étude britannique (titre original : The Dispossessed) sur les ravages de la pauvreté au Royaume Uni dans les villes de Londres (Angleterre), Glasgow (Ecosse) et Belfast (Irlande du nord).

(3) Cf. : Cotta, Jacques, 7 millions de travailleurs pauvres - la face cachée des temps modernes, Fayard, 2006.

(4) Illustration fleurie britannique. Le ministre du commerce dépense, chaque semaine, £ 500 pour fleurir son bureau. Le ministre de l'éducation a phosphoré dans une ambiance florale pour une facturation, en quatre ans, de : £ 174.000. L'ensemble du gouvernement, pour la même durée a été facturé, en fleurs, pour un montant de : £ 780.000… Money Week, 25 mars 2009.

(5) In Riches et presque décomplexés, Op. Cit., p. 285.

(6) Goubert, Pierre, Louis XIV et vingt millions de français, Fayard 1966, p. 245.

(7) Wacquant, Loïc, Punir les pauvres, Agone, 2004.

Cf. : "La " réforme " de l'aide sociale comme instrument de discipline", p. 93 - 119.

Ou encore : "La prison comme aspirateur de scories sociales", p. 298.

(8) Benjamin Franklin - Prix du blé et secours aux pauvres - 1766.

(9) Piketty, Thomas, Les hauts revenus en France - Inégalités et Redistribution - 1901-1998, Grasset, 2001, 807 p.

(10) Lagrange, Hugues, L'épreuve des inégalités, ouvrage collectif, PUF, 2006.

Cf. : "Combattre les inégalités dans une société fragmentée", p. 351.

(11) Braudel, Fernand, La Dynamique du Capitalisme, p. 68.



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État de siège

Faits et commentaires / http://www.dedefensa.org/section-faits_et_commentaires.html

23 février 2009 -Les événements continuent avec leur force désormais coutumière, avec un rythme en progression constante. Les appréciations d'une crise systémique proche d'une crise de civilisation par son ampleur et sa vitesse sont désormais sur la place publique, de la part de dirigeants pourtant habitués par conformation psychologique et par conformisme politique à la mesure et à la réserve, et à une dialectique plutôt apaisante. Paul Volcker, ancien président de la Federal Reserve et actuel conseiller d'Obama, estime que la situation est peut-être pire que pendant la Grande Dépression (selon Reuters, le 20 février): "I don't remember any time, maybe even in the Great Depression, when things went down quite so fast, quite so uniformly around the world."

Une autre citation du même Volcker, à la même conférence de l'université de Columbia, extraite d'un article de The Independent du 22 février, indique des doutes fondamentaux sur la viabilité du système, sur sa capacité à survivre: "Paul Volcker […] said that, while he felt capitalism would survive, "I'm not so sure about financial capitalism""

Dans la même article, à propos de la même conférence de l'université de Columbia, sont extraites des déclarations de George Soros, comparant le processus actuel, pour le système occidental, au processus de décomposition extrêmement rapide, type "trou noir", de l'URSS en 1989-1991: "Mr Soros, whose words and actions have moved entire markets in the past, told attendees at a conference dinner at Columbia University: "We witnessed the collapse of the financial system. It was placed on life support, and it's still on life support." His words are stronger than his previous statements: at Davos a month ago, he said the financial system was merely "dysfunctional". He now compares the current situation to the demise of the Soviet Union and added: "There's no sign that we are anywhere near a bottom.""

D'une façon générale, la réunion du G20 du début avril à Londres devient l'objectif général, dans une humeur caractérisée par une tension grandissante due à la montée accélérée de la crise. La réunion apparaît comme une réunion "de la dernière chance" pour certains commentateurs; dans tous les cas comme une réunion fondamentale, où des décisions radicales devront être prises, dans le chef de certains des participants, ce qui revient à dire la même chose ("la dernière chance") en d'autres termes. C'est le cas, selon cette même analyse du quotidien britannique, pour le Français Sarkozy et pour l'Italien Berlusconi; ils sont mentionnés comme disant effectivement vouloir des décisions fondamentales, et l'on ne peut envisager dans cette logique autre chose que des décisions mettant en cause le système qui est en train de s'effondrer. Il est intéressant de constater qu'il s'agit des deux dirigeants des deux principaux pays du groupe latin de l'Europe, tout artifice et dialectique idéologique dont les chroniqueurs du temps présent font en général leur miel mis à part, que l'on retrouve ainsi placés par la même analyse dans une position de revendication; d'une façon plus générale, au-delà des particularismes personnels, cette adresse pourrait être adressée in fine aux Anglo-Saxons, avec effectivement le ton d'une accusation : "C'est vous, avec vos théories, qui nous avez mis dans ce désordre affreux de notre civilisation aux abois…"

"Momentum is now building for more than hand-wringing and fine words to come out of the London summit. President Sarkozy said yesterday: "I will not associate myself with a position that does not give an ambitious response to this deep crisis." Italy's Prime Minister, Silvio Berlusconi, has already called for the summit to make "strong and concrete" proposals to fight the financial crisis."

Il faudra voir encore dans quelle direction les conceptions radicales voudraient voir l'effort commun se diriger, si elles pourront s'exprimer d'une façon ou d'une autre, s'il y aura assez d'audace et de courage pour cela. On pourrait être conduit à penser, - en tenant complètement à part la qualité des hommes, dont on sait l'abaissement dans ce temps historique fracassé, et en considérant leurs interventions d'un point de vue symbolique, - à une résurgence du grand conflit que Guglielmo Ferrero présentait en 1917 sous la forme du "génie latin" contre le "germanisme" (le germanisme étant évidemment remplacé par l'américanisme, forme avancée et redoutablement purulente de l'anglo-saxonisme), ou de l'"idéal de perfection" contre l'"idéal de puissance". Nous savons évidemment qu'il s'agit de mots qui paraissent absolument déplacés dans cette galerie d'hommes sans la moindre élévation de pensée, aussi bas de conception que sont nos dirigeants; mais nous parlons de l'esprit qui permet dans ce cas de ne pas ridiculiser ni abaisser les mots, qui est une chose qui transcende les attaques de la médiocrité du monde. Même des médiocres ou des corrompus peuvent en être porteurs sans s'en aviser, dans des situations caractérisées par une pression formidable des événements, - à cause de leur psychologie qui est impressionnée par une dimension collective, quelle qu'en soit leur conscience de la chose. Nous croyons beaucoup à la similitude entre le début nominal du XXe siècle et le début du XXIe siècle, - mais nullement à cause de la guerre, comme si nous prévoyions une nouvelle "Grande Guerre", ce qui nous semble hors de saison pour des raisons pratiques, techniques et psychologiques considérables, mais à cause de la querelle implicite de conceptions, conduite au paroxysme à l'occasion de cette Grande Guerre il y a un siècle, et réactivée cette fois, au XXIe siècle, dans une crise gigantesque, par d'autres voies et moyens.

Brièvement considérée, voilà l'explication peut-être cachée du voyage-surprise, le 3 mars, de Gordon Brown à Washington pour rencontrer Obama. Les deux héritiers en chef du bordel anglo-saxon vont se consulter pour observer ensemble la question à 64.000 dollars (ou $64.000 milliards?), - que faire? Les idées de Gordon Brown à proposer au G20 ne sont pas exaltantes, qui présentent une variation "dramatisée" autour du même thème, c'est-à-dire la référence au credo libéral dont toute la crise montre et démontre l'échec. La question (à $128.000 milliards?) est de savoir si cette psychologie anglo-saxonne, submergée par l'exercice de la vanité pendant des décennies, est capable de développer une pensée hors du cadre rigide qu'elle impose et s'impose. Peut-être Obama, avec une psychologie qui prendrait quelque liberté avec le moule conforme, est-il une possibilité à cet égard, lui que certains journaux US désignent comme un "président français". (Bernd Debusmann, de Reuters, observait le 18 février : "Still, conservative talk show hosts dubbed the stimulus bill the European Socialist Act of 2009 - not meant as a compliment - and Newsweek magazine followed up the theme with a cover that carried the headline We Are All Socialists Now and noted inside that "Barack Obama sounds more like the president of France every day.""… Ce dernier point, qui semble résoudre l'exigence du premier président black de France, - ou en partie puisque demi-black mais c'est déjà bien, - que réclament tant de nos Lumières éclairant les salons germanopratins de toute l'ardeur de leurs vœux éclairés.)

Le Monde observe, le 21 février, à propos de la division des Occidentaux sur la "réforme du capitalisme":

""Gordon Brown se comporte malheureusement de nouveau comme l'ex-ministre des finances qu'il fut", s'inquiète-t-on à la chancellerie allemande. "La superstructure britannique, formatée pour la dérégulation, bloque tout. Nicolas Sarkozy fait le pari que tout se réglera en tête à tête avec M. Brown", analyse un ministre français. Paris mise sur le souci du premier ministre travailliste de remporter un succès politique important le 2 avril, nécessaire s'il veut remporter les élections. Les Français espèrent qu'il se laissera convaincre par un Barack Obama audacieux. "

" C'est le second souci. "Obama est du côté des Européens" continentaux, assure [Ulrich Wilhelm, porte-parole d'Angela Merkel]. Mais le calendrier est défavorable, le sommet intervenant trop tôt. M. Obama est préoccupé par le sauvetage de l'économie américaine, beaucoup plus urgent que la refondation de l'architecture financière mondiale à long terme…."

Le sommet de l'UE de ce week-end sur la crise a confirmé, sans grande originalité, l'urgence extraordinaire de la situation. Jean-Claude Trichet, le président de la BCI, a confirmé, quant à lui, quelques évidences (selon le Guardian de ce matin); il a confirmé notamment que nous vivons dans des "non-linear times", - ce qui est sans doute une expression codée pour nous exprimer que rien ne se déroule "selon le plan prévu" et que l'Histoire n'en fait qu'à sa tête: "Jean-Claude Trichet, the head of the European Central Bank, said that only emergency measures would help the world recover. "We live in non-linear times - the classic economic models and theories cannot be applied, and future development cannot be foreseen," he said."

La réunion a accouché de quelques lignes communes des Européens, et d'une affirmation dialectique de l'unité européenne. Cela n'empêche certainement pas les divisions et les dissimule à peine. Dans tous les cas, on a pu ressentir cet entraînement général de faire du G20 un objectif central de lutte contre la crise, une étape essentielle, un moment capital pour tenter d'interférer dans le flux monstrueux de la crise. La situation ne cessera plus de se tendre d'ici début avril et la réunion de Londres, autant dans la préparation du sommet que dans l'évolution de la crise, notamment au travers des commentaires qu'on en fait. Le climat est considérablement différent de celui qui précéda le sommet du 15 novembre 2008 à Washington. La situation générale de la perception est passée de celle d'une crise grave à celle de la crise fondamentale du système de notre civilisation, - "non-linear times", décidément.

Ci-dessous, nous publions le texte de l'éditorial de notre Lettre d'Analyse de defensa & eurostratégie du 25 février 2009 (Vol24, n°11). C'est une variation sur le thème exposé ci-dessus.

État d'urgence

"Il existe le sentiment que la crise a franchi, ces dernières semaines, disons depuis un mois (depuis l'inauguration de Barack Obama, qui est un repère politique à cet égard), une étape nouvelle. Le 21 février, le financier-spéculateur George Soros observait que le système financier mondial "has effectively disintegrated", avec des turbulences désormais plus sévères que lors de la Grande Dépression. À Davos, à la fin janvier, Soros ne parlait que d'un système en état de "dysfonctionnement".

"La même référence historique était avancée la veille, 20 février, par Paul Volcker, l'ancien président de la Federal Reserve devenu conseiller d'Obama. Volcker juge la situation pire effectivement que durant ces années 1930 ("I don't remember any time, maybe even in the Great Depression, when things went down quite so fast, quite so uniformly around the world"). Rassurons-nous: Volcker garde une certaine conviction que le capitalisme survivra à cette crise, - "I'm not so sure about financial capitalism".

"Nous n'avons plus affaire à des marginaux, à des analystes isolés qu'on regarde avec une ironie complaisante comme à moitié devins, à moitié exaltés. Ceux qui vous parlent aujourd'hui dans ces termes d'apocalypse historique sont des gens bien en place et bien en cour. Ils ne font que refléter le sentiment officiel. Gordon Brown se précipite à Washington le 3 mars pour rencontrer Obama. On n'a plus guère le cœur à ricaner ou à applaudir, selon les normes habituelles de cette sorte de "compétition", - qui sera le premier à rencontrer le nouveau président? (Brown est le premier chef de gouvernement hors de la zone continentale US à rencontrer le nouveau président des USA.) La rencontre ne marque pas une relation privilégiée mais un sentiment d'extrême urgence. Plus que le Premier ministre britannique, c'est l'hôte du prochain G20 qui va rencontrer le dirigeant suprême de la plus grande puissance du monde; ce sont les deux dirigeants des deux pays maîtres du système qui s'effondre qui vont se consulter.

"Nous ne sommes plus dans les jeux des puissances mais dans le jeu des urgences. L'Histoire bascule, de son cours habituel à un état nouveau, incontrôlable, d'une puissance inimaginable, et dont le terme nous est inconnu. Désormais, la réunion du G20 à Londres, début avril, est perçue comme un terme fondamental, duquel de plus en plus de dirigeants attendent des décisions également fondamentales. Ce sera une tentative, - certains disent "la tentative ultime", - pour reprendre le contrôle de la marche du monde. On serait tenté d'en faire une bataille du système des hommes contre cette Histoire déchaînée pour tenter, à coups de décisions considérables, de reprendre le contrôle de son destin."





Après la crise financière, la guerre civile ? Préparez-vous à "quitter votre région"...

LE MONDE | 26.02.09 | 13h44 o Mis à jour le 26.02.09 | 13h44

La crise économique et financière va-t-elle dégénérer en violentes explosions sociales ? En Europe, aux États-Unis ou au Japon, la guerre civile est-elle pour demain ? C'est le pronostic quelque peu affolant que dressent les experts du LEAP/Europe 2020, un groupe de réflexion européen, dans leur dernier bulletin daté de mi-février.

Dans cette édition où il est question que la crise entre, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de "dislocation géopolitique mondiale", les experts prévoient un "sauve-qui-peut généralisé" dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d'affrontements, autrement dit, par des semi guerres civiles. "Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les États-Unis sont dans ce cas), indique le LEAP, alors le meilleur moyen de faire face à la dislocation est de quitter votre région, si cela est possible."

Selon cette association, formée de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs, les zones les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.

La crise serait ainsi à même de susciter de violentes révoltes populaires dont l'intensité serait aggravée par une libre circulation des armes à feu. L'Amérique latine, mais aussi les États-Unis sont les zones les plus à risques. "Il y a 200 millions d'armes à feu en circulation aux États-Unis, et la violence sociale s'est déjà manifestée via les gangs", rappelle Franck Biancheri, à la tête de l'association. Les experts du LEAP décèlent d'ailleurs déjà des fuites de populations des États-Unis vers l'Europe, "où la dangerosité physique directe restera marginale", selon eux.

FAIRE DES RÉSERVES

Au-delà de ces conflits armés, le LEAP alerte sur les risques de pénuries possibles d'énergie, de nourriture, d'eau, dans les régions dépendantes de l'extérieur pour leur approvisionnement et conseille de faire des réserves. Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de réflexion n'avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l'enchaînement de la crise. Il y a trois ans, l'association décrivait ainsi la venue d'une "crise systémique mondiale", initiée par une infection financière globale liée au surendettement américain, suivie de l'effondrement boursier, en particulier en Asie et aux États-Unis (de - 50 % à - 20 % en un an), puis de l'éclatement de l'ensemble des bulles immobilières mondiales au Royaume-Uni, en Espagne, en France et dans les pays émergents. Tout cela provoquant une récession en Europe et une "très Grande Dépression" aux États-Unis.

Doit-on en conclure que la crise mondiale peut se transformer en guerre mondiale ? "Les pronostics de LEAP sont extrêmes, mais la violence sociale pointe", admet Laurence Boone, économiste chez Barclays.

Reste un espoir, une "dernière chance" selon le LEAP, qui résiderait dans la capacité du G20, qui se réunira le 2 avril à Londres, à arrêter un plan d'action "convaincant et audacieux". Dans ce cas, le monde ne serait toutefois pas tiré d'affaire, puisque les experts ne manquent de rappeler que se profile aussi une sévère crise climatique...

Claire Gatinois

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Crisis ? What crisis ?

par zevengeur Pro @ 2009-03-01 - 15:30:00

http://www.blog.fr/user/zevengeur/



Il est un truisme de dire que la situation catastrophique que nous vivons en ce moment avec la crise économique qui ravage le système est due à la spéculation.

Nous allons voir que la crise actuelle a les mêmes causes que celle de 1929 et qu'après la suppression des barrières érigées à l'époque pour éviter une nouvelle crise il aura fallu moins de 10 ans aux spéculateurs pour refaire les mêmes erreurs et en arriver au même point qu'en 1929 !

Attachez votre ceinture, ça commence...

1929, ÉTATS-UNIS...

Entre 1921 et 1929, la production industrielle US a augmenté de 50 % entraînant avec elle une croissance du Dow Jones de plus de 300 %, il atteint son maximum à 380 points.

Ce boom boursier attira comme on pu s'y attendre la spéculation, ce ne sont alors plus les dividendes qui attirent les investisseurs, mais la possibilité de revendre avec une importante plus-value.

Beaucoup de titres sont achetés à crédit à cette fin.

Pour bénéficier d'un fort effet de levier, les investisseurs achètent des actions avec une couverture de seulement 10 %, en clair cela signifie que sur 10 $ investis en actions, vous en apportez 1 et vous en empruntez 9 sur le marché court terme.

Dès le début de 1929, l'économie US montre alors des signes de faiblesse avec un recul de la production industrielle de 7 % entre mai et octobre, la cause en étant que les capitaux affluent vers la bourse plutôt que vers l'économie réelle.

Le krach

Le jeudi 24 octobre (jeudi noir ou Black Thursday) après quelques jours de ventes massives qui ne sont encore que des prises de bénéfice, le premier vent de panique souffle sur les marchés US, tout le monde veut vendre et le cours du Dow Jones s'effondre de 22 % à midi.

Les investisseurs institutionnels tentent de soutenir les cours en investissant du cash réussissant à limiter la baisse à 2 %.

La bourse résiste alors jusqu'au lundi suivant 28 octobre (Black Sunday) où les spéculateurs sont obligés de liquider leurs positions pour rembourser leurs emprunts entraînant une chute de l'indice de 13 %, il vaut alors 260 points.

Le mardi 29 (noir évidemment) le Dow Jones perd encore 13 % pour atteindre 198 points le 13 novembre.

Le Dow Jones a donc fait une chute de 39 % entre le 22 octobre et le 13 novembre correspondant à une perte de 30 milliards de $ équivalent à 10 fois le budget de l'état US, plus que toutes les dépenses de la 1ère guerre mondiale.

Dans les mois qui suivirent, les spéculateurs ayant emprunté pour bénéficier de l'effet de levier se retrouvent incapables de rembourser, provoquant des pertes sèches dans les banques qui restreignent le crédit y compris pour les entreprises et les particuliers.

Les banques les plus faibles font faillite et Les épargnants paniquent en se précipitant auprès de leur banque pour retirer leur argent.

Le système s'effondre et se transforme en crise économique en 1931.

le chômage passe de 1.5 Millions à 15 Millions de personnes en 1933.

À la suite de mesures protectionnistes, la crise se propage aux économies occidentales favorisant la montée du nazisme en Allemagne avec les conséquences que l'on connaît.

L'économie US ne se reprendra durablement qu'avec l'entrée en guerre des USA en 1941.

Les indices boursiers ne reprendront des valeurs comparables à celles précédant la crise de 1929 que vingt-cinq ans plus tard, le pic du 3 septembre 1929 est dépassé le 23 novembre 1954 !

Plus jamais ça !

1933 : Le Glass-Steagall Act

Le Glass-Steagall Act (ou Banking Act) est une mesure anti-libérale votée le 16 juillet 1933 sous l'administration de Franklin Roosevelt qui a pour but d'ériger des barrières de protection légales pour éviter qu'une telle crise se reproduise :

- Il instaure une incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d'investissement, c'est la mesure-phare

- Il crée le système fédéral d'assurance des dépôts bancaires

- Il introduit le plafonnement des taux d'intérêt sur les dépôts bancaires (la Regulation Q)

Séparation des métiers bancaires

Le Glass-Steagall Act distingue deux métiers bancaires :

- La banque de dépôt ou commerciales qui concernent les activités de prêts et de dépôts aux entreprises et aux particuliers

- La banque d'investissement ou d'affaires qui s'occupent des opérations sur titres et valeurs mobilières

Elles sont désormais déclarées incompatibles. Les banques existantes doivent choisir d'abandonner l'un des deux métiers.

L'objectif évident étant qu'on laisse les spéculateurs faire joujou, mais qu'en cas de krach spéculatif, les banques d'affaires boivent le bouillon mais laissent l'économie "réelle" intacte.

Autrement dit, les casseurs cassent leurs jouets mais pas ceux des autres.

À titre d'exemple, JP Morgan choisit la banque commerciale et certains de ses dirigeants fondent Morgan Stanley, banque d'investissement.

Lehman Brothers ferme en 1933 ses activités bancaires pour devenir une maison de titres jusqu'à sa faillite le 15 septembre 2008 qui a provoqué le krach boursier ayant précipité la crise économique actuelle.

À noter que le secrétaire d'état au trésor de l'époque sous l'administration Bush Henry Paulson n'a pas jugé bon de venir au secours de cet établissement avec les deniers de l'état, certaines mauvaises langues vont même jusqu'à prétendre que c'est parce qu'il était auparavant l'un des dirigeants de Goldman Sachs l'un des principaux concurrents de Lehman Brothers...

70 ans après...

Dans les années 70, les marchés financiers vont connaître un développement important suite entre autres à des mesures de la Réserve fédérale américaine (FED) pour éradiquer l'inflation mais les banques US peinent à en profiter car les banques d'investissement restent par nature sous-capitalisées.

C'est ce qui a fait exploser la City londonienne par la création de filiales spéculatives des banques commerciales US à Londres pour contourner la loi de 1933.

1999 : Suppression du Glass-Steagall Act sous l'influence des lobbies

Et comme vous vous en doutez, sous l'administration Clinton qui plus est, le lobby Fire (Finance, Insurance and Real-Estate) dépensa 200 Millions de $ pour éliminer le Glass-Steagall Act de 1933.

En particulier le secrétaire au trésor Robert Rubin pesa de tout son poids pour l'abrogation de cette loi, ce qui fut réalisé en 1999.

http://www.voltairenet.org/article158650.html

Résultat : moins de 10 années plus tard, le système financier est déjà en miettes suite à la fameuse crise des subprimes.

Les subprimes, c'est quoi au fait ?

Les subprimes sont une forme particulière de crédit hypothécaire à taux variables, "subprime mortgage" en anglais.

Pour bien comprendre le concept des subprimes par rapport aux crédits immobiliers à la française, il faut savoir qu'en France les établissements bancaires écartent du marché du crédit les personnes dont la situation professionnelle n'est pas assez stable pour assurer des revenus durables permettant de rembourser les crédits.

Dans le modèle subprime Anglo-saxon, on fait fi de la situation de l'emprunteur et on ne prend en compte que l'adossement hypothécaire du bien.

Dit autrement, en cas d'impossibilité de paiement des dettes, l'emprunteur se voit saisir son bien pour rembourser le prêteur.

Le hic, c'est qu'en cas de chute du prix de l'immobilier, le prêteur ne recouvre qu'en partie le montant du prêt et la différence se retrouve dans la colonne "pertes", et multiplié par des milliers de prêts accordés, on comprend déjà facilement les dépôts de bilan des établissement financiers ayant accordé en masse lesdits prêts.

Quand Sarkozy voulait introduire les subprimes en France

En 2006, notre déjà brillant et visionnaire futur président voulait introduire les subprimes en France.

Extrait d'un discours du 14 septembre 2006 : "...Le crédit hypothécaire permet à 70 % des Britanniques et des Américains d'être propriétaires de leurs logements (pas très longtemps - NDA !) contre 56 % en France...Je propose de changer les règles prudentielles (sic) imposées aux banques, de simplifier le recours à l'hypothèque et d'en réduire le coût"

Source : Le Canard Enchaîné du 21/01/2009.

Et il remit ça en 2007 dans le cadre de ses propositions électorales :

http://www.u-m-p.org/propositions/index.php?id=credit_hypothecaire

La crise de 2007/2008

En 2003-2004, la politique de taux bas (2 % en 2003) de la FED a incité les investisseurs à proposer massivement à des personnes à très faibles revenus des prêts immobiliers risqués à des taux variables indexés sur celui de la FED, les fameux Subprimes.

Ces dispositions ont gonflé la demande pour l'accès à la propriété attirant une clientèle à risque.

Cette hausse de la demande s'est traduite par une hausse des prix provoquant une bulle immobilière.

Ces subprimes ont été titrisées, c'est-à-dire revendus sous forme d'obligations dans le monde de la finance.

Les rehausseurs de crédit ont alors mélangé ces actifs à risques avec d'autres produits moins risqués créant alors les CDO.

C'est là que les fameuses Agences de notation financières intervinrent en indiquant des niveaux de risques faibles (note : AAA) pour ces CDO alors qu'ils étaient au contraire très risqués car adossés principalement à une hausse continue de l'immobilier.

Les agences de notation financières

Dans la propagation des actifs dits pourris au monde entier, on notera la responsabilité particulière des agences de notation qui sont en évidence coupables de n'avoir pas pris la mesure des risques associés aux CDS.

Les agences de notations ont pour vocation d'estimer le risque associé à un produit financier par l'attribution d'une note, la note maxi AAA en principe accordée avec parcimonie signifie donc que le produit présente un risque quasi nul.

Ces notes sont alors utilisées par les établissements financiers pour décider des stratégies d'investissements sur les fonds notés.

Curieusement les 3 principales agences globales (Moody's, Standard & Poor's et Fitch Ratings) ont accordé la note maxi à 5000 fonds dont une bonne partie d'entre eux ne vaut aujourd'hui plus un clou.

La responsabilité des agences dans cette crise est donc énorme car ils ont prétendu que des fonds très risqués ne l'étaient pas encourageant les investisseurs mondiaux à les acheter en masse, ce qui a fortement contribué à mondialiser la crise.

Alors de 2 choses l'une, soit ces agences sont remplies d'incompétents, soit ils avaient de bonnes raisons de mettre des notes élevées à ces produits.

Lorsque l'on sait que ce sont les sociétés notées qui financent les agences de notation, on constate immédiatement le conflit d'intérêt.

Voir l'article du "Canard Enchaîné" du 17/12/2008.

On se souviendra également que la société Enron avait reçu une bonne note jusqu'à 4 jours avant sa faillite. Lehman Brothers était encore crédité d'un A+ le matin même de sa chute !

Comme on le voit ce système vermoulu de notations est truffé de conflits d'intérêts qui lui non plus n'est pas réglementé, mais le mot réglementation est l'antonyme de libéralisme !

Revenons à notre crise,

En 2006, le taux directeur de la FED atteint 5.75 % entraînant l'incapacité d'un nombre croissant d'emprunteurs à rembourser leurs emprunts provoquant une levée massive d'hypothèques de la part des organismes prêteurs et un afflux de biens immobiliers sur le marché.

En 2007, près de trois millions de foyers américains étaient en situation de défaut de paiement.

La loi de l'offre et de la demande induit alors une chute de l'immobilier provoquant une première crise financière mondiale déclenchée lors de l'été 2007 vis-à-vis des créances titrisées, crise qui semblait alors n'être qu'une crise de liquidités.

En 2008, cette crise s'est alors transformée en une autre beaucoup plus grave : une crise de solvabilité.

Car les sommes en jeu correspondant aux actifs dits pourris sont colossales, on parle de 45 000 Milliards de $ soit plus que le PNB mondial !

Les organismes concernés (banques d'affaire ou assurances) principaux possesseurs ou assureurs de ces actifs pourris à leur bilan (Northern Rock, Freddy & Fanny,...) tombèrent virtuellement en faillite et il ne restait plus qu'à les laisser tomber comme Lehman précipitant la destruction de tout le système bancaire ou à les recapitaliser.

Les banques ont la trouille

Les banques ne se faisant alors plus confiance entre elles car ne sachant pas dans quel état exact se trouve sa voisine ont coupé le robinet du crédit interbancaire provoquant un fort ralentissement économique, voire un blocage du système.

Patatras !

L'économie réelle est donc entrée dans une spirale de crise, la consommation diminue, les entreprises produisent moins, le chômage augmente diminuant encore la consommation, etc.

En résumé

1929-2008 : les mêmes causes produisent les mêmes effets !

En 1929, les spéculateurs avaient cru que la croissance spéculative serait sans fin et au premier retournement de tendance, le système s'est effondré entraînant avec lui l'économie réelle.

Le Glass-Steagall Act a alors été mis en place pour éviter que cela ne se reproduise.

Dans les années 80, l'effondrement du système collectiviste planifiée a conforté les élites au pouvoir dans leur croyance intégriste à l'autorégulation des marchés.

Ils réussirent à faire supprimer les protections mises en place et les mêmes causes produisant les mêmes effets, le système financier s'est à nouveau écroulé entraînant dans sa chute l'économie réelle.

Les états au secours du système

Cela ne se passe pas si mal pour les salopards responsables de cette catastrophe puisque les états sont en train d'éponger sur le dos des peuples les déficits au fur et à mesure qu'ils apparaissent.

De plus aucune contrepartie n'est exigée puisque les états payeurs ne sont pas rentrés dans le capital des banques privées en cours d'effondrement.

Ça tombe bien car l'objectif des spéculateurs et des banquiers qui sont tout de même les premiers responsables de cette folie est de laisser les contribuables payer de leurs poches les pertes abyssales induites par leur incompétence afin de pouvoir le plus tôt possible recommencer de plus belle à jouer au grand casino mondial.

Il est bien connu que quand on perd gros au jeu, il faut vite rejouer pour se refaire !

Cela revient à faire des chèques en blanc (et à crédit sur notre dos) à ceux qui ont mis le système à terre.

Le système peut-il être sauvé ?

Ce qui n'est pas rassurant c'est de constater que nul ne semble capable de prévoir les dégâts à venir et encore moins une sortie de crise montrant ainsi la parfaite maîtrise du système par nos grands génies de la finance et de la politique.

Certains comme le site Leap2020 estiment même que le système ne peut pas être sauvé et que les milliards injectés dans ce dernier ont autant d'effet que de faire du bouche-à-bouche à un cadavre.

Après les particuliers et les entreprises, ce seront en 2009 les états qui risquent de tomber en faillite...

Donc pour l'instant, on continue d'injecter des milliards...

Une question se pose également, jusqu'à quel point le marché va-t-il absorber les colossales émissions obligataires destinées à financer les mesures de sauvetage et de relance ?

Ne va-t-on pas vers un krach obligataire ?

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/01/12/la-dette-des-États-une-nouvelle-bulle-financiere_1140609_3234.html

Et une bonne nouvelle de plus, les banques européennes sont menacées par les cessations de paiement de la part des pays de l'Est qui sont d'énormes débiteurs pour ces banques.

Que faire concrètement ?

Sans vouloir prétendre posséder la clé miracle pour résoudre cette crise mondiale sur laquelle beaucoup d'experts (et de profanes) s'expriment, j'ai tout de même retenu quelques propositions qui me semblent pertinentes.

Je distingue 3 axes d'intervention graduels :

- Mesures immédiates pour colmater les brèches béantes du système actuel.

- Légifération au niveau des états pour créer un contre-pouvoir à la finance libérale afin de la maîtriser.

- Laisser mourir ce système délétère et en reconstruire un cette fois au service des peuples.

Phase 1. Mesures immédiates

Les mesures immédiates conservatoires sont celles auxquelles nous assistons actuellement, elles consistent à tenter de sauver le système actuel en injectant sans réelles contreparties des capitaux publics afin d'éponger les pertes.

Lorsque la spéculation a réalisé d'énormes gains, ces derniers n'ont pas été redistribués vers la collectivité qui en avait cependant grand besoin.

Aujourd'hui, le système est parterre, alors j'aimerais qu'on explique pourquoi les citoyens doivent mettre la main à la poche sans que l'on impose des contreparties à ceux qui sont responsables de cette catastrophe.

C'est très bien résumé dans la formule que l'on trouve partout :

" Privatisation des gains et mutualisation des pertes ".

Phase 2. Maitriser l'hydre finance en légiférant

Par définition la pensée dominante libérale a laissé toute latitude à la finance depuis 20 ans de faire joujou avec l'argent des autres dans le grand casino mondial.

Maintenant que la fête est finie et que les joueurs se sont auto détruits en entraînant l'économie non financière dans sa chute, il est temps de mettre en place un contre pouvoir pour maîtriser la spéculation un peu comme les adultes doivent surveiller des enfants inconscients qui jouent dans un bac à sable.

Une première mesure forte pour installer un contre-pouvoir au libéralisme pourrait consister à restaurer le Glass-Steagall Act, mais à l'échelle mondiale puisque les frontières entre États sont abolies du fait de la fameuse mondialisation dont on nous a tant vanté les mérites.

Phase 3. Nouvel Ordre Mondial (NOM)

J'ai volontairement utilisé ce terme sulfureux pour montrer qu'un NOM pourrait aussi être construit afin d'être mis au service de l'humanité.

La Stratégie du choc très pertinemment dévoilée par Naomi Klein pourrait être pour une fois appliquée pour la bonne cause.

En effet, il faut profiter du fait que le pouvoir financier est à terre pour imposer la mise en place d'un nouveau système qui contrairement à celui qui vient d'exploser sera non pas au service de lui-même "toujours plus de gains pour un nombre de plus en plus réduit de personnes", mais au service de la collectivité.

Le principe directeur serait comme le suggère Paul Jorion d'empêcher l'argent de sortir de l'économie car c'est sa seule place.

Ensuite, comme l'a dit Maurice Allais notre seul prix Nobel Français d'économie, il n'y a pas de raison que les banques continuent de s'engraisser sur le compte des états grâce aux intérêts de la dette, les états à travers leur banque centrale devraient reprendre le pouvoir de frapper de la monnaie, pouvoir qui a été transféré au privé en " loucedé " (voir Maastricht - Article 104).

Lorsque l'on sait que la dette de l'état Français qui est de l'ordre de 1300 Milliards d'Euros, les seuls intérêts de cette dette sont de 50 Milliards environ qui tombent donc directement dans la poche de la finance (passive) à partir du fruit du travail des citoyens (actifs).

Et enfin le recours à l'emprunt pour équilibrer le budget de l'état pourrait être rendu inconstitutionnel, un emprunt sans intérêt à la banque centrale serait donc réservé aux investissements destinés à accroître le patrimoine public.

Cette mesure limiterait les risques d'une trop grande tentation de faire marcher la planche à billet, méthode génératrice d'instabilité monétaire comme l'a vu dans le passé !

Rendez-vous le 02 avril à Londres pour le sommet du G20.

Liens

http://www.leap2020.eu/GEAB-en-Francais_r26.html

http://contreinfo.info/rubrique.php3?id_rubrique=3

http://www.pauljorion.com/blog/

http://www.droite-conservatrice.com/2008/11/restaurer-le-glass-steagall-act.html

http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article1643

http://alainjoannes.blogs.letelegramme.com/archive/2008/09/24/sarkozy-et-les-responsables-de-la-crise-financiere.html

http://www.solidariteetprogres.org/article4660.html

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/messages_recus/La_crise_mondiale_d_aujourd_hui_Maurice_Allais_1998.htm#_Toc166694660




Sortie de crise : tenter d'y voir clair dans un nuage de poudre aux yeux

Par Évariste

Il y a quelque obscénité pour le gouvernement et ses relais médiatiques à parler de sortie de crise aujourd'hui alors que le chômage ne cesse d'augmenter (4,25 millions d'inscrits à Pôle emploi fin septembre toutes catégories confondues ; 2,58 millions en catégorie A, soit une augmentation de 25 % en un an et un taux de chômage repassé au dessus des 9 % de la population active), le nombre de ménages en situation de surendettement explose (17,6 % de dossiers déposés depuis le début de l'année par rapport à 2008), les impôts locaux en hausse sensible (taxe d'habitation : +8,1 %, taxe foncière : +9,1 %).

Mais en plus, tout cela n'est que de la poudre aux yeux si on se donne la peine de regarder les chiffres de près. Certes, la consommation en produits manufacturés a augmenté de 2,3 % en septembre et le PIB a augmenté de 0,3 % au 2ème trimestre 2009 après une baisse de 1,4 % aux deux trimestres précédents ; mais lors des 2 trimestres précédents, le " prix " du PIB avait augmenté et la baisse globale était due à une baisse importante en volume. Le trimestre dernier, le volume a augmenté mais le prix à baissé. Car il faut rappeler que nous sommes en déflation (le glissement annuel de l'indice des prix à la consommation est négatif depuis le mois d'avril). Dit autrement, la valeur ajoutée dégagée par cette augmentation du PIB est bien moindre que le laisse penser le chiffre brut. Tout cela laisse craindre que nous rentrions dans une spirale combinant une hausse de la consommation, et du PIB en volume à une déflation, et une baisse du PIB en valeur, d'où une baisse des profits et une hausse des fermetures d'entreprises et du chômage.

Alors que les dogmes européistes (un déficit public <3 % du PIB et une dette publique <60 %) ont été pulvérisés avec la crise, il est temps de s'interroger sur les lendemains de la relance budgétaire keynésienne qui pourraient se révéler plus que difficiles.

En gardant comme seule boussole la croissance à tout prix du PIB, le gouvernement non seulement rate une occasion unique de poser les bases d'une nouvelle économie qui combine justice sociale et protection environnementale, mais il nous prépare un avenir sombre. Car cette masse de dette accumulée, il faudra bien la solder un jour, et puisqu'elle n'aura pas été utilement employée à changer notre système économique qui repose sur une double exploitation, sociale et écologique, il faudra la solder avec les deux seules possibilités qu'il offre, à savoir la hausse des impôts et un retour de l'inflation.

Dans le champ de ruines sociales et écologiques qui succèdera à l'illusion de la relance, pas sûr que notre omniprésident ne préfère pas postuler à la présidence de l'UE plutôt que de chercher à rempiler à une place qui pourrait bien devenir très inconfortable.






Sites Internet et articles :

Faites un geste pour le capitalisme... achevez-le !
http://www.hns-info.net/spip.php?article16018

À quoi sert le code d’éthique du MEDEF ?
http://www.novethic.fr/novethic/entreprise/gouvernement_d_entreprise/codes_de_conduite/a_quoi_sert_code_ethique_medef.jsp

Multicrise, gouvernance et mondialisation : une introduction
http://www.mouvements.info/spip.php?article378

Les doigts dans la crise :
http://www.lesmotsontunsens.com/les-doigts-dans-la-crise




Articles :


Le capitalisme victorieux /
Dans Occident, il y a occis / Jean Ziegler : pour un "tribunal de Nuremberg" de la crise /
Crise financiere internationale : La dernière ruse du capitalisme /
COMTE-SPONVILLE André : Le capitalisme est-il moral ? /
Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières /
G20 : non lieu général dans l'affaire de la crise financière /
G20 : un scénario incohérent qu’il faut réécrire complètement /
Thierry Breton prend la tête d'Atos Origin (17/11/2008) /
Bercy fait main basse sur le livret A /
Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière /
Un ex-patron du Nasdaq impliqué dans une fraude gigantesque /
Bienvenue à bord du Titanic financier ! /
L’UFC dénonce les marges excessives de la grande distribution /
Quand les banquiers font de l'antisarkozysme primaire /
Automobile, aides publiques et licenciements /
Un salaire maxima pour les patrons /
Crise Systémique Globale : Rupture Système Monétaire Mondial d'ici l'été 2009 (29) /
Crise systémique globale : Quand le monde prend conscience que cette crise est pire que celle des années 1930 (30) /
Crise systémique globale : Début de la séquence d'insolvabilité globale (31) /
Après la crise financière, la guerre civile ? /
Crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale (32) /
Crise systémique globale - Fin 2008 : Déroute des fonds de pension /
1000 milliards de dollars : le discret fiasco des fonds de retraite US /
Rappel : Les fonds de pension, pour quoi faire ? /
Les incorruptibles (1) /
Les incorruptibles (2) /
Les incorruptibles (3) /
Exit, le dollar US ! /
Lettre ouverte - Sommet du G20 de Londres : la dernière chance avant la dislocation géopolitique mondiale /
Tentative de déstabilisation du système bancaire de l'UE et de l'Euro par Wall Street et la City /
Bonus et primes : le (résistible) chantage des « compétents » par Frédéric Lordon /
G 20 sous dans ma poche et aucun argent… /
Un cadeau au Medef en contrebande /
Du G20 à Durban II, le dessous des cartes /
Plan de relance : des milliards d’euros d’argent public pour Veolia et Suez /
Crise: la nécessaire nationalisation intégrale des banques /
La pompe à phynance : Surtout ne changez rien ! /
GEAB N°34 est disponible ! Eté 2009 : La rupture du système monétaire international se confirme /
Pourquoi faut-il être anticapitaliste ? /
La libéralisation du marché de l’électricité et du gaz : les socialistes français sont POUR !
☞ Voir aussi : clic /
Crise systémique globale : Juin 2009 – Quand le monde sort définitivement du cadre de référence des soixante dernières années /
Toujours plus de dividendes, toujours moins d'investissements /
☞ Rapprochements terribles : Les objectifs réels de la reconstruction agricole en Afghanistan et en Irak
☞ et le discours d'Obama en Égypte (décortiqué) /
Faudrait penser à graisser la kalachnikov 1 /
Faudrait penser à graisser la kalachnikov 2 /
ENTRETIEN AVEC EMMANUEL TODD : Protectionnisme et démocratie /
« Nous avons eu le pouvoir, maintenant il nous faut l’argent » /
Crise systémique globale : Juin 2009 - Geab 35 – Quand le monde sort définitivement du cadre de référence des soixante dernières années /
Crise systémique globale : Le choc cumulé des trois « vagues scélérates » de l'été 2009 /
GEAB N°37 est disponible! Crise systémique globale : A la poursuite de l'impossible reprise /
Si le G20 voulait... /
G20 : trois fois zéro et gesticulations en vain /
GEAB N°38 est disponible! Crise systémique globale - L'Union Européenne à la croisée des chemins en 2010 : complice ou victime de l'effondrement du Dollar /
Contrefaçon d'actions à Wall Street : l'histoire d'une escroquerie monumentale /
La Lettonie ruinée ferme ses écoles... /
GEAB N°39 est disponible! Crise systémique globale - Les États face aux trois options brutales de 2010 : Inflation, forte pression fiscale ou cessation de paiement /
La Société Générale prépare ses clients à l'effondrement économique mondial /
Silence, les fonds de pension s’écroulent /
Laurent Wauquiez est-il inefficace ? /
L’actualité de la crise : la transparence réservée à la théorie et l’opacité à la pratique /
Plus belle la crise /
Une dette providentielle... /
Prix alimentaires en France : Face aux abus tarifaires, un coefficient multiplicateur s'impose ! /
GEAB N°40 est disponible! Printemps 2010 - Nouveau point d'inflexion de la crise systémique globale : Quand le nœud coulant des déficits publics va étrangler les états et les systèmes sociaux occidentaux /
Revenu agricole 2009 – Comptes prévisionnels de l'agriculture : Les paysans au bord du gouffre /
Le savoir, comme le travail, sous l’emprise dangereuse de la finance /
Frédéric Lordon : une crise due à un excès d’endettement généralisé /
Troublante liquidation des stock-options chez les grands patrons français /
Pourquoi l’économie mondiale ne s’est pas effondrée en 2009 ? /
Dette publique : et si l’Europe plongeait ? /
Le "high frequency trading" fait trembler la planète finance /
GEAB N°41 est disponible! Crise systémique globale - Décennie 2010-2020 : Vers une victoire par KO de l'or sur le Dollar /
Grèce : Goldman, prise la main dans le Sachs /
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GEAB N°42 est disponible! Second trimestre 2010 : Aggravation brutale de la crise systémique globale - Renforcement de cinq tendances négatives fondamentales /
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Plus que jamais, les diktats du FMI /
L'homme aussi liquide que la finance ? /
Crise systémique – Les solutions (n°5 : une constitution pour l’économie) /
Solution n° 1 ; Solution n° 2 ; Solution n° 3 ; Solution n° 4 /
La crise grecque : Première « bataille » d'une « guerre » pour l'Europe /
Le libre-échangisme, machine de guerre contre les systèmes de protection sociale /
Plus que jamais, les diktats du FMI ou DSK président pendant qu'on y sera ? /
Le FMI : une institution antidémocratique qui impose des politiques antisociales /
L'Esprit de Philadelphie au secours d'un monde en crise ? /
GEAB N°44 est disponible ! USA-UK - Le couple explosif de la seconde moitié 2010 /
Ils sont venus chercher les Grecs... /
Soutien à la résistance du peuple grec contre la dictature des créanciers ! /
L'économisme selon Mélanchon /
La religion du marché /
Sauver les banques jusqu’à quand ? /
La crise globale actuelle et les perspectives /
Le chaos financier : débâcle de l’Euro(pe) /
Diktat contre l’euro /
Les cumulards du CAC 40 /
GEAB N°45 est disponible ! Crise systémique globale – Du « coup d'État de l'Eurozone » à l'isolement tragique du Royaume-Uni, la dislocation géopolitique mondiale accélère son rythme /
Les heures supplémentaires au premier trimestre 2010 /
La dette publique, ou la reconquista des possédants /
Électroménager : acheter écologique n'est pas rentable selon l'UFC /
Le scorpion et Pierre Laval. /
En route pour le G20 ! /
GEAB N°46 "Spécial Eté 2010" est disponible ! Crise systémique globale : Les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010 /
Pour RBS, "le bord de la falaise est proche pour le système bancaire mondial" /
Société Générale = Bobard Général... /
Gaspillage d'argent public /
Rétropédalage /
Crise systémique : les USA au bord du gouffre /
Valérie Pécresse : jusques à quand l’imposture ? Du Crédit d’impôt à l’autonomie servile /
Les ravages du FMI de DSK : le laboratoire de l’Europe de l’Est en 2008-2009 /
Lourde amende pour le cartel de l'acier /
L'État a perdu 100 milliards de recettes depuis 2000, dont deux tiers à travers des baisses d'impôt /
Du Nord au Sud de la planète : Des clés pour comprendre la dette publique /
La crise grecque : le maillon le plus faible de la « chaîne néolibérale » /
Ouragan d’austérité sur l’Europe /
La crise de la dette publique est un excellent révélateur de ce que la crise est loin d’être terminée /
Razzia sur les stocks mondiaux de cacao /
Attaque contre l’euro et démantèlement de l’Union Européenne /
La Russie plonge en enfer poussée par ses dirigeants corrompus et ses popes /
Privatisations, le pays vendu aux enchères ? /
Le patronat organise la concurrence et la haine entre les salariés /
Professions libérales : le cadeau secret à 500 millions d'euros /
GEAB N°47 est disponible ! Crise systémique globale - Printemps 2011 : Welcome to the United States of Austerity / Vers la très grande panne du système économique et financier mondial /
Ces dix années de cadeaux fiscaux qui ont ruiné la France /
Rassurer les marchés financiers et les spéculateurs ou les démanteler ? /
En finir avec les trous noirs de la finance pour assainir l’économie mondiale et financer le développement /
Paradis fiscaux et judiciaires : cessons le scandale ! /
Pour_en_finir_avec_les_paradis_fiscaux /
Finance responsable : Les Amis de la Terre enterrent l’ISR /
Nos impôts servent à rembourser les intérêts d’une dette publique illégitime /
Pressions sur l'activité des multinationales dans les paradis fiscaux /
Manifeste des économistes atterrés /
Les profits des groupes industriels en hausse de 60 % /
Votez DSK : Ouragan d’austérité sur l’Europe /
Votez DSK : la réforme des retraites et le gel des salaires /
Votez DSK : Le FMI s'attaque à l'Europe /
Vaste arnaque bancaire organisée et légalisée aux dépens de la population /
Votez DSK : Pas de vacances pour les politiques libérales du FMI /
Citoyens détroussés par des moyens détournés /
Comment leurrer son monde : Une faille dans la gestion des risques bancaires, l'affaire Kerviel /
Et si on commençait la démondialisation financière ? /
Votez DSK ou presque : Kerviel, entends-tu le bruit sourd des banquiers qui se goinfrent ? (rapport certain, même si pas évident, à première dérégulation...) /
Votez sarktrausskanh I /
Votez sarktrausskanh II /
La Société Générale a déjà récupéré 1,7 milliard d’euros /
Kerviel, entends-tu le bruit sourd des banquiers qui se goinfrent ? /
Niche Copé : le bouclier fiscal puissance 10 /
Votez DSK : Le FMI exhorte les États à se préparer à une faillite du type de celle de Lehman Brothers /
GEAB N°48 est disponible! Crise systémique globale - Anticipation LEAP/E2020 de 39 risques-pays 2010-2014 : Plongée collective mais contrastée dans la phase de dislocation géopolitique mondiale /
La « nouvelle colère » des dieux grecs sur la situation actuelle de la Grèce /
Ce CAC 40 qui prospère sur le dos de l’emploi /
Bataille du luxe entre Hermès et LVMH : le décryptage /
Crise européenne, deuxième service (partie 1) /
Crise européenne, deuxième service (partie 2) /
Qui sont ces "terroriches" ? /
GEAB N°49 est disponible ! Alerte Crise systémique globale – Premier Trimestre 2011 : Franchissement du seuil critique de la dislocation géopolitique mondiale /
La crise de la dette en Europe est plus violente que celle qui frappe aujourd’hui les pays émergents du Sud /
Où la ballade irlandaise nous mène-t-elle ? /
Rompuy'a rien à voir : Austère euro-relance de la crise /
Votez DSK : Le "socialiste" Strauss-Kahn vend l'Europe à Goldman Sachs /
Générosités : c'est pour ça que ça merde /
Europe : faut-il restructurer les dettes ou pendre les investisseurs ? /
Hongrois rat ce con veut ! /
L’horrible vérité commence à se faire jour sur les dirigeants européens /
La fin de l'avantage comparatif de la révolution industrielle (Janvier 1997 - Pour mémoire) /
Contre les tabous indiscutés (Décembre 2009 - Pour mémoire)/
Débattre du libre-échange /
Crise financière en Europe : en finir avec le rafistolage /
Europe : Grèce, Irlande... Mieux comprendre le système monétaire international ne reposant que sur la dette /
Ne pas détruire les banques : les saisir ! /
Rapport du CCFD-Terre Solidaire sur l’évasion fiscale /
Votez DSK : FMI et dette au Nord /
Dette publique dans les pays du Nord : Et si on demandait des comptes ? /
Crise systémique : l’heure de vérité approche ! /
GEAB N°50 est disponible ! Crise Systémique Globale : Second Semestre 2011 – Contexte européen et catalyseur US - Explosion de la bulle des dettes publiques occidentales /
La baisse tendancielle des impôts sur les sociétés  /
Le libéralisme réformiste, ou comment perpétuer l'étatisme tunisien /
☞ COMPRENDRE LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE : La grogne populaire, La crise économique et financière et La guerre contre l’Iran. /
La grande crise financière – trois années déjà et ça continue /
WikiLeaks 17/03/2008 : "Le problème actuel est l’insolvabilité" des banques... ou les pigeons se font plumer ! /
Facebook, le site qui vaut 50 milliards de dollars... ou pas un copeck, si vous faites tous comme moi : pas question de s'y inscrire ! /
GEAB N°51 est disponible! Crise systémique globale - 2011 : L'année impitoyable, à la croisée des trois chemins du chaos mondial ou pour les plus optimistes : adieu, bonne mort ! /
Peut-on acheter un pays ? /
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Face à la dette au Nord, quelques pistes alternatives /
Votez DSK et « Ouvrez les livres de compte de la dette publique ! » /
Ce n’est pas normal de rembourser les dettes qui sont illégitimes /
Taxons les profiteurs, pas les entreprises ! /
Le Royaume-Uni est le premier paradis fiscal mondial. /
Votez DSK : Microfinance, surendettement et suicides de femmes /
GEAB N°52 est disponible! Crise systémique globale / Dislocation géopolitique mondiale - Fin 2011 : Chute du 'Mur des pétro-dollars' et choc monétaro-pétrolier majeur pour les États-Unis /
Une solution simple pour les pays pauvres endettés : ne plus la payer ! /
Pour le FMI, les mêmes causes ne sont pas suivies des mêmes effets /
La dette du Tiers-Monde : tragédie en cinq actes /
Qui sont les assistés ? /
Situation financière du secteur nucléaire : qui va payer ? /
La justice économique et financière sabotée /
Réforme du Traité : une Europe plus solidaire... avec les marchés ? /
Les « charges sociales » ça n’existe pas ! /
Votez DSK : Le FMI épaulé par la Commission européenne organise le pillage de la Grèce /
Votez DSK : Oui, le FMI est, plus que jamais, une institution au service du néolibéralisme /
GEAB N°53 est disponible! Crise systémique globale : Deuxième semestre 2011 – Préparez-vous à l'implosion du marché des Bons du Trésor US /
Votez DSK : Islande : l’odieux chantage /
Pourquoi les ventes de disques baissent-elles ? /
Fausses promesses, vraies inégalités /
Votez DSK : Aprés la Grèce et l'Irlande, l'UE et le FMI s'attaquent au Portugal /
Vivre avec 800 euros par mois quand les banques enfument le monde /
GEAB N°54 est disponible! Crise systémique globale : Automne 2011 – Budget/T-Bonds/Dollar, les trois crises américaines qui vont provoquer la Très Grande Panne du système économique, financier et monétaire mondial /
Éric Laurent. Le scandale des délocalisations. /
« Spéculer, c’est espérer », clame Olivier Combastet /
Les milliardaires sont plus riches qu’avant la crise /
Du Nord au Sud de la planète : la dette dans tous ses états /
Le Foreclosure Gate : « la plus grande escroquerie économique de tous les temps » /
Partout en Europe, s’étendent les mobilisations contre l’austérité imposée au nom de la dette /
La Belgique ne maîtrise ni sa dette, ni son déficit /
Il était une fois la révolution ou les protugais ensablés ? /
Votez DSK : Inefficace, incohérent et dangereux – ce que propose l’OCDE (et le FMI) face à l’envolée de la dette publique /
Les gros cochons Partie 1 : après les « PIGS », le tour des États-Unis et du Royaume-Uni ? /
Casino, une démarche nourrie par le dialogue /
Partout en Europe, s’étendent les mobilisations contre l’austérité imposée au nom de la dette /
Contre la prise en otage de la démocratie, la jeunesse espagnole se lève /
GEAB N°55 est disponible ! Crise systémique globale – Confirmation Alerte Majeure pour le second semestre 2011 – Fusion explosive de la dislocation géopolitique et de la crise économique et financière mondiales /
La gauche française Les socialistes devraient voir le bon côté des choses... Et ne pas pleurer Strauss-Kahn (Counterpunch) /
FMI, lamentable symbole d’un système capitaliste et patriarcal /
Le FMI : une institution antidémocratique qui impose la régression sociale /
Le gouvernement impose sa « règle d’or » dans la Constitution /
60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale /
Après les grecs, à qui le tour... avant de tout péter ?/
0900 Situation mensuelle du budget français /
Un FMI « redevenu utile », mais pour qui ? /
Plus la peine d'espérer voter DSK : Le FMI écrase l’humanité /
La solidarité internationale s’exprime à Athènes pour mettre fin à l’asservissement par l’endettement /
De Bretton Woods à DSK, en passant par Kadhafi, ou cette guerre qui ne veut pas dire son nom /
Obama, la guerre financière et l’élimination de DSK /
La dette totale américaine /
La dette privée américaine /
Comprendre la dette publique américaine /
Combien coûte la campagne de Christine Lagarde pour prendre la direction du FMI ? /
La dette publique américaine /
GEAB N°56-Spécial Eté 2011 est disponible! Crise systémique globale - Dernière alerte avant le choc de l'Automne 2011 : Quand 15.000 milliards USD d'actifs financiers partiront en fumée /
G20-G8, ou la passion des faux problèmes /
Goldman Sachs prend officiellement la tête de la BCE /
L’imposture de la dette publique italienne /
Votez Libérez DSK : Un FMI « redevenu utile », mais pour qui ? /
Les États-Unis de la dérégulation financière à la crise globale /
☞ Un site : Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation (CEIM) /
Tous argentins : bienvenue au corrallito ! /
Ce n’est pas un sauvetage, c’est une escroquerie ! /
Pourquoi la crise frappe l’Union européenne davantage que les États-Unis /
L’illusion de la transparence. /
Dette américaine : "Les esprits s'échauffent" à Washington /
L’euro, la fin d'un rêve néolibéral /
Dégradations des notes des États /
La Grèce et l’Euro : Une situation de dette excessive et improductive et d’implosion financière /
Paradoxe de la zone Euro : Pourquoi ça ne vaut pas la peine de sauver l’Euro (The Guardian) [Lien***] /
Histoires de dette /
Nouveau Nouveau Plan Miracle Encore Plus Fort Que Celui De Mai 2010 Qui Va Sauver l’Euro et l’Europe, Ouais ! /
Le temps est venu : qu'on les pende ! /
Dettocratie /
La crise financière grecque (Sénat) /
Faut-il douze autres travaux d’Hercule de la Grèce pour satisfaire les banksters de la finance ? /
Tout va très bien : Yeah !!! /
La place (Tahrir) a imposé le « non » au FMI /
GEAB N°56-Spécial Eté 2011 est disponible! Crise systémique globale - Dernière alerte avant le choc de l'Automne 2011 : Quand 15.000 milliards USD d'actifs financiers partiront en fumée (pour la route) /
Peur /
Ça craint : Les trois échecs de M. Barack Obama /
Zéro de conduite pour le FMI /
Bonnet d’âne pour le FMI et DSK capote ? /
Crise financière : les dernières digues se fissurent, les Attac d'Europe se rassemblent à leur université /
La révolte nécessaire”, oui, mais la bonne… /
Le commencement de la fin /
Henri REGNAULT, LA CRISE, N°17, septembre 2011, De la ploutocratie en Amérique /
L’Austérité est un euphémisme pour la guerre que les riches font aux pauvres (Dissident Voice) /
Thomas Piketty : "La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus est totalement anecdotique" /
Ils ont choisi les marchés financiers contre les peuples /
La dette est un prétexte@@@@ /
M. Sarkozy, commencez par appliquer les règles existantes /
Dette : les grecs et la Debtocracy. (voir Dettocratie ci-dessus) /
Crise mondiale : « Nous sommes revenus quelques années avant 1914… » /
Le GEAB N°57 est disponible! Crise systémique globale - Quatrième trimestre 2011 : Fusion implosive des actifs financiers mondiaux /
Libye : Après les bombes les réformes du FMI /
☞ Dans l'œil du cyclone - Part. 1 - Part. 2 - Part. 3 - Part. 4 /
Comprendre l'origine de la dette (en quelques minutes... d'une vidéo) /
Quand Athènes vise à cacher Londres et Washington (piqûre de rappel) /
Dette objective et dette subjective, des droits sociaux à la dette /
L'incroyable diktat de Trichet à Berlusconi /
☞ Dans l'œil du cyclone - Part. 5 - Part. 6 - Part. 7 /
DSK : Debt Serial Killer ? /
En route pour l'Europe d'après la crise /
Le Dr Shapiro, conseiller du FMI, annonce une débâcle bancaire dans deux ou trois semaines /
Dexia et pourtant ! ... /
Sacré dollar : L’obscur petit secret des banques européennes /
Krach de Dexia : un effet domino en route dans l’UE ? /
Dexia : 3 ans de sursis qui finissent mal /
Lordon à France 3 (vidéo) /
La Hongrie veut faire plier les banques /
☞ Francfort - Capitale du capital (I), (II), (III), (IV), (V) /
« L’histoire du capital est celle de l’accumulation de la dette. » /
Merkel : la femme qui valait 5.000 milliards de dette publique /
Trois priorités stratégiques du G20 en 2012/2014 /
Banques belges sauvées, public floué /
Le GEAB N°58 est disponible! Crise systémique globale – Premier semestre 2012 : Décimation des banques occidentales /
Encore et toujours le même cri pathétique : « SAUVONS LES BANQUES ! » /
L’impact des crises économiques sur la santé mentale des travailleurs /
Suisse, Iles Caïman et Luxembourg en tête des pays opaques selon Tax Justice Network /
"Le référendum grec est une bonne nouvelle" /
Sarkel et Merckozy empapandréoutés ! /
Le tour de la France sans EPO /
Sortir les États de la servitude volontaire /
Référendum grec ... l'avenir de l'Euroland passe par la case démocratique! /
ILS ONT INVENTE LA CRISE PERPÉTUELLE… /
Les banques sont le maillon faible en Europe » /
Paradis fiscaux et finance illicite : le G20 est-il le lieu des décisions ? /
City of London: Le plus grand paradis fiscal au monde /
Sarkescroc : Enquête exclusive : la présence des entreprises du CAC 40 dans les paradis fiscaux /
Sarkescroc : Ces petits paradis fiscaux français qu'on laisse prospérer /
Traité de Lisbonne : fauteur de crise ou le peuple avait raison de dire NON ! /
Jacques Généreux : « Il faut reprendre le contrôle de la finance » /
Banques françaises : une notation citoyenne révèle les dessous de leurs activités /
Météo des taux – Novembre 2011 – Perte du AAA français /
Ça chauffe à Harvard ! /
Crise de la dette ou dette de la crise ? /
Faillite du courtier américain MF Global : Un nouveau problème de supervision aux USA... et de notation, n'est-il pas ? /
L’enfumage de la “décote volontaire de 50 %” de la dette grecque@@@@ /
Pourquoi la rigueur, ça ne marche pas… /
L’austérité ne marchera pas, par Joseph Stiglitz /
À Niono, les militants appellent à un front uni contre la dette /
Pourquoi faire un audit citoyen de la dette publique française ?... On connaît parfaitement les coupables ! /
Peuples, payez leur dette ! /
L’échec de la rigueur : les 8 plans d’austérité grecs /
JLM invité de la matinale de BFM-TV et RMC /
Olivier Berruyer invité de la matinale de BFM-TV /
GEAB N°59 est disponible ! Crise systémique globale : 30.000 milliards USD d'actifs fantômes vont disparaître d'ici début 2013 / La crise entre dans la phase de décote généralisée des dettes occidentales /
La dette publique américaine dépasse les 15 000 milliards de dollars /
GÉNÉREUX : Petite leçon d'économie dans la rue... /
Les droits, antidote aux appétits des marchés /
Sauver le AAA français en 10 leçons@@@
/
La dette allemande honteusement tronquée... /
Pourquoi Alain Juppé aurait-il dû rester inéligible ! /
Lire la suite : LA GUERRE DES MONNAIES (DOLLAR contre YUAN) /
Grèce: coup d’État européen face au soulèvement populaire... et les popes potes sont au premier rang pour la soupe ! /
Ne Jorion de rien, mais on ne perd pas à l'écouter /
Dette, ceux qui subissent et ceux qui profitent /
Mythes et fonctionnement des marchés : Le racket organisé de la dette publique /
Mécanisme Européen de Stabilité – (1/3) Le Dictateur d’Opérette /
Mécanisme Européen de Stabilité – (2/3) Les (VRAIS) scandales /
Mécanisme Européen de Stabilité – (3/3) Le texte en français /
Quelques clefs pour comprendre la crise de la dette souveraine /
Bien le bonjour d'Archimède /
Une autre couche : Gouvernance économique de l’UE. /
La crise, une aubaine pour le candidat Sarkozy /
L’esclavage de la dette - Comment elle a détruit Rome et comment elle nous détruira si nous la laissons faire /
Les moutons de Panurge de la finance /
Un pacte inutile et dangereux dont il faudra contourner la logique /
Le plan Merdkozy sème la zizanie /
Le piège des « règles d’or » /
Et si vous n'avez pas compris... le marteau pour enfoncer le clou ! /
L’indignation ne suffira pas ! (les Kalaschnikov non plus !) /
La Grèce ou le triomphe des idées qui ont fait faillite (I) /
La Grèce ou le triomphe des idées qui ont fait faillite (II) /
La Grèce ou le triomphe des idées qui ont fait faillite (III) /
La Grèce ou le triomphe des idées qui ont fait faillite (IV) /
La dette ou la vie ! (I) /
La dette ou la vie ! (II) /
De la création monétaire... /
Origines et perspectives de la crise bancaire en Europe /
Les banques européennes : dérégulation et paris risqués /
LA CRISE DE L’UNION EUROPÉENNE - (Dollar contre Euro) /
GEAB N°60 est disponible ! Crise systémique globale - USA 2012/2016 : Un pays insolvable et ingouvernable /
Pour sortir du piège de la dette publique /
Messieurs les Allemands, Sortez les premiers ! /
L'euro qu'on assassine /
Qu’est-ce qui peut sauver l’euro ? /
7 700 milliards de dollars d’aides aux banques américaines… /
La crise mondiale d'aujourd'hui@@@ /
Bonne année les grecs... et les autres, à la rigueur ! /
Bonne santé les grecs... et les autres, à la rigueur ! /
Et meilleurs vœux aux grecs... et aux autres, à la rigueur ! /
Pour discréditer ceux qui cherchent les vrais moyens de sortir de la crise, traitez-les d’antisémites ! /
La prochaine crise bancaire /
De la réalité des plus values /
Nucléaire : Après les fuites radioactives… la fuite en avant ? /
Le GEAB N°61 est disponible ! Crise systémique globale - 2012 : L'année du grand basculement géopolitique mondial /
Des paroles et des actes /
Boutons Lenglet... avant qu'il ne nous en donne ! /
Agences de notation et corruption /
La prolifération de la nouvelle science financière /
La dette de la France, un secret bancaire ? /
Standard & Poor’s, c’est quoi ? /
☞ Phase actuelle de la crise de la dette en Europe (I), (II), (III), (IV) /
Pour mieux affronter la crise de la dette publique en Europe /
Aujourd’hui, tout est en triple, même les buses /
Plaidoyer contre tous les Faux-Monnayeurs /
À propos de la monnaie /
Contre le discours dominant sur la dette publique /
Dossier TVA sociale /
Dossier TTF /
50 chiffres incroyables sur l’économie des États-Unis en 2011 /
Spéculation : l’Espagne a déjà remboursé trois fois sa dette ! /
La zone euro reporte sa décision sur une aide à la Grèce /
La dette de la France, un secret bancaire ? /
GEAB N°62 est disponible ! Crise systémique globale - Euroland 2012-2016 : Pérennisation d'une nouvelle puissance globale sous condition de démocratisation /
Combien de temps encore la population espagnole devra-t-elle rembourser une dette qui n’est pas la sienne ? /
“Plan d’aide” à la Grèce : tout faux… ou tout calculé d'avance ? /
La crise de la dette européenne : véritable manne financière pour les argentiers /
Le Mécanisme européen de stabilité : un remède pour saigner les États /
Triple «A» et 12 millions de pauvres: l'Allemagne, un pays modèle ? /
Quand la BCE met l'Europe et ses banques sous assistance respiratoire /
Dette publique, la conjuration des bonnes idées /
La crise économique en Espagne : une escroquerie politique /
Le MES n'est pas un mécanisme de solidarité européen /
Pascal Canfin : “Pourquoi l’Allemagne n’est-elle pas soumise à des plans contraignants de relance ?” /
Russie : après l'élection de Poutine, l'adhésion à l'OMC ou le début de la faim ! /
L’austérité à marche forcée… 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budgétaire /
Le calme financier pendant la présidentielle française préfigure-t-il un krach, un tsunami ou une action des peuples ? /
Le CADTM dénonce la campagne de désinformation sur la dette grecque et le plan de sauvetage des créanciers privés /
« Il n'y aura pas de sortie de crise sans la résolution des problèmes sociaux et environnementaux » /
Sauvetage de la Grèce ? Ou sauvetage des spéculateurs ? /
Portugal : Les conséquences dramatiques de l’austérité imposée par la Troïka /
La dette : analyse, audit, annulation /
GEAB N°63 est disponible! Crise systémique globale - Les cinq orages dévastateurs de l'été 2012 au cœur du basculement géopolitique mondial /
Portugal : Les conséquences dramatiques de l’austérité imposée par la Troïka /
Portugal : Les conséquences dramatiques de l’austérité imposée par la Troïka /
“ Aujourd’hui les Grecs n’en peuvent plus ” /
Le taux Libor : La plus grande manipulation financière de l’Histoire ? /
Les meilleures pratiques de l’effondrement social /
Nicolas Sarkozy et l'AMF préparent un attentat financier pour le 16 avril /
L'Eurex, leader des bourses de produits dérivés /
L'achat de terres agricoles étrangères, un marché en pleine expansion / Du bio suisse cultivé… en Roumanie /
“L’Europe subit la même thérapie de choc que l’Amérique latine dans les années 80-90” /
La pauvreté a-t-elle diminué dans le monde ? Les manipulations de la Banque mondiale /
GEAB N°64 est disponible! Crise systémique globale : France 2012-2014 - Le grand séisme républicain et son impact international /
Contre l’oppression « austéritaire » /
De l'imposture Sarkozyste à la détestation suprême... /
La dette ou la vie ! 14/12/2011 /
La dette ou la vie ! 15/12/2011 /
La dette ou la vie ! 10/05/2012 /
GEAB N°65 est disponible! Crise systémique globale / Second semestre 2012 – Convergence de quatre facteurs explosifs : Banques-Bourses-Retraites-Dettes /
Les étranges conseils d'UBS à ses collaborateurs /
☞ Les financiers au coin du bois I et II /
☞ De l’argent il y en a I et II /
LA DETTE PUBLIQUE par Pascal FRANCHET (conférence) /
La finance folle : High Frequency Trading. /
Suivi de : Les robots traders /
Les Paradis Fiscaux /
Il faut désobéir à l’Europe ! /
GEAB N°66 est disponible! Alerte Rouge / Crise systémique globale - Septembre-Octobre 2012 : Quand les trompettes de Jericho sonneront 7 fois pour le monde d'avant la crise /
G 2O sous dans ma poche et aucun argent /
Arrêtons de subventionner des pratiques nuisibles à l’environnement et la santé. /
Rapport d’ Herman Van Rompuy : du grand foutage de gueule /
Pacte budgétaire, TSCG, « Sixpack » et Règle d’or : La nouvelle gouvernance européenne au service des rapaces financiers /
« La Grèce pourrait ouvrir la voie en Europe à la sortie de la longue nuit néolibérale » / La loi des gredins /
Moi, chef-comptable dans une multinationale /
Le choix de l’inflation par la BCE est désastreux pour la jeunesse européenne /
Mario Draghi pour les nuls /
La SEC couvre-t-elle les délinquants de Wall Street ? /
GEAB N°67 est disponible! Crise systémique globale / Octobre 2012 - L'économie globale aspirée dans un trou noir et la géopolitique mondiale chauffée à blanc : Les 7 facteurs clés d'un double choc sans précédent /
Rigueur : l'overdose /
Les Économistes atterrés mettent en garde contre le Traité Budgétaire /
Y a-t-il une issue à la crise de la dette souveraine... /
Un monde est mort, il court encore... La preuve par le poulet /
"Obama n’est pas aussi réformateur que Roosevelt ou Kennedy", par James K. Galbraith /
Cristina Kirchner réplique au FMI qui menace de donner un « carton rouge » à Buenos Aires /
La pompe à phynances de 1929 à nos jours /
Le bal des vautours /
Crise: les solutions appliquées ne font que l'aggraver. /
Et si nous laissions les banques faire faillite ? /
La dette publique n’est pas responsable de la crise /
Les finances locales sous tension /
GEAB N°68 est disponible ! Crise systémique Globale - Automne 2012 : Bienvenue dans les semaines du grand basculement / La géopolitique, détonateur du nouveau grand choc mondial /
Derrière les pigeons, les vautours et Hollande fait semblant de n'avoir rien vu !!! /
Plus de 100.000 personnes à Londres contre la politique d’austérité /
La crise, l'impasse /
« Contre la crise financière et écologique, la planification », par James K. Galbraith /
Les chiffres de la dette: c'est gratuit (en .pdf) /
Attali Gallois des escrocs à la botte du Medef /
TVA bancaire : Les États renflouent de nouveau Dexia, fragilisée par sa restructuration /
65 questions - réponses sur la dette /
Avaaz: un écran de fumée ? /
La longue tradition des annulations de dettes en Mésopotamie et en Egypte du 3e au 1er millénaire av. J-C /
La remise des dettes au pays de Canaan au premier millénaire avant notre ère /
Endettement privé et abolition des dettes dans la Rome antique /
« 5000 ans de dettes » /
Paradis fiscaux et fuite des capitaux : les pays en développement, premières victimes /
GEAB N°69 est disponible! Katrina-Sandy : D'un ouragan à l'autre, la fin de l'Amérique telle qu'on l'a connue /
La compétitivité, ou la farce des multinationales /
Économistes à gages, Matignon fait le ménage ? /
À qui profite la dette ? /
Banquiers tricheurs, /
Politiques complices /
Banques contre Peuples : les dessous d’un match truqué ! (1ère partie) /
Excellent exemple de crétinerie généralisé (FOG = brouillard toxique) /
CEJ : Le secret qui couvre Goldman Sachs et la BCE /
Bonne nuit, Grèce – Bonjour, Colonie ! /
Banques contre Peuples : les dessous d’un match truqué ! (2ème partie) /
C'est Noël : L'euro sent le sapin /
Les banksters aiment la clandestinité /
130 personnalités appellent à une vraie séparation des banques ! /
Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires /
Flux illicites : une opacité chiffrée /
GEAB N°70 est disponible ! 2013, les premiers pas dans un « monde d'après » en plein chaos /
Banques contre Peuples : les dessous d’un match truqué ! (I, II et III) /
Le GEAB N°71 est disponible! Mars-juin 2013 - Débranchement de l'homme-malade du monde et dernière phase d'impact de la crise systémique globale /
Banques : une loi pour que rien ne change ? /
[Loi bancaire] Compte rendu des auditions des banquiers /
Loi bancaire : l’incroyable aveu de Frédéric Oudéa /
Descente dans le milieu vicieux des banques (Les dessous d'un match truqué : 4e partie) /
L'incommensurable imbécillité de la politique de l'offre ou 47 signes prouvant que la Chine... /
Audition de T. Philipponnat (Finance Watch) sur la régulation bancaire /
[Loi bancaire] Assemblée I Discussion 1 : à hurler ! /
Pourquoi la loi de séparation et de régulation des activités bancaires ne sépare (presque) rien et donc ne change (presque) rien /
Loi bancaire : les contribuables ne doivent pas payer pour la finance /
Banques – Peuples : les dessous d’un match truqué ! (4e partie) /
Banques – Peuples : les dessous d’un match truqué ! (5e partie) /
[Loi bancaire] Assemblée I Discussion 2 : Baisé pour baisé /
La régulation bancaire au pistolet à bouchon /
Chypre : les Européens vont payer pour sauver les mafias russes et les exilés fiscaux ? /
Stratégie du hold_up /
Démentiel : les banksters sont désormais “Trop gros pour aller en prison” ! /
20 mesures pour une véritable réforme bancaire /
GEAB N°72 est arrivé ! Crise systémique globale - Second semestre 2013 : La réalité ou l’anticipation de l’effondrement du Dollar oblige le monde à se réorganiser sur de nouvelles bases /
Séparation des banques : bilan après le passage en première lecture devant l'Assemblée nationale /
Les paradis fiscaux /
Les hedge funds /
Les dépôts dans les paradis fiscaux /
Les sénateurs vont-il protéger la fraude fiscale ? /
Série : Banques – Peuples : les dessous d’un match truqué ! (6e partie) Même le FMI le dit… /
Élections Italiennes ou quand les Oints du Seigneur ramassent un raclée, par Charles Gave /
GEAB N°73 est disponible ! Crise systémique globale 2013 : Le Grand Brouillard Statistique impose de passer de la navigation aux instruments à la navigation à vue – Pièges, repères et grilles de lecture /
« L’Union Européenne a laissé ses banques faire n’importe quoi », par Frédéric Lordon /
Le système bancaire français /
Les banques françaises /
"L’indépendance de la BCE n’est qu’allégeance au système bancaire" /
Salopards rime avec connards /
La garantie des dépôts en Europe et en France /
Banques – Peuples : les dessous d’un match truqué ! (7e partie) Le miroir aux alouettes de la discipline bancaire /
Une bombe vient d’être déposée à Chypre /
L’affaire de la “Baleine de Londres”... (1/2) /
L’affaire de la “Baleine de Londres”... (2/2) /
Éric Toussaint à Tunis : « Il faut désobéir aux créanciers et refuser de rembourser des dettes illégitimes ! » /
Crédit Agricole, BNP Paribas... des banques françaises à l’ombre des "palmiers" /
« Éradication des paradis fiscaux » : assez d’effets d’annonce, la France doit agir /
Cinq mesures clés pour en finir avec la complaisance. /
Les loups...ou-ou-ou, les loups sont entrés... /
Paradis fiscaux : journées d'échanges (vidéos) /
Voici 60 ans, l’annulation de la dette allemande /
La Grèce et l’Espagne ont aidé l’Allemagne d’après-guerre à se reconstruire /
La city : plus grand paradis fiscal au moooonde ! /
La déconnexion de l’économie financière /
Amnistie fiscale : une énorme arnaque bien transparente pourtant ! /
Comment les banksters se gavent sur les fonds de pension ? /
Évaporation de fonds européens : L'eau pas citée ! /
"Comment j'ai ouvert un compte numéroté au Liechtenstein en 13 minutes" /
GEAB N°74 est disponible! Crise systémique globale – La guerre est déclarée entre le monde économico-politique et la sphère financiaro-bancaire /
Le CADTM et ATTAC France soutiennent les collectivités publiques en procès contre Dexia et exigent la mise en faillite de la « bad bank » /
Austérité : le grand mensonge /
Pourquoi tout Wall Street n’est-il pas en prison ? /
Obama, marionnette des banksters /
Une bankster milliardaire sur le point de devenir la prochaine secrétaire au commerce.@@@@ /
L’histoire comme arme /
Renflouons : Dexia et l’État belge couvrent un projet de l’armée israélienne /
Le risque systémique en Europe /
Évolution du risque systémique en Europe /
Solvabilité réelle des banques systémiques mondiales /
Pourquoi la SEC n’a-t-elle pas attrapé Madoff ? Parce qu’on lui aurait donné des instructions. /
Cash Investigation – Fraude fiscale & Dans le secret du crime financier /
Engagements bruts des banques systémiques mondiales /
GEAB N°76 est disponible ! Alerte second semestre 2013 – Crise systémique globale II : seconde déflagration dévastatrice - explosion sociale à l’échelle planétaire /
Bad banques /
Les dessous d’un match truqué ! (8e partie) : Les banques bluffent en toute légalité /
Chypre : victime de ses banques ? /
L'énarchie bancaire /
Le choix de l’inflation par la BCE est désastreux pour la jeunesse européenne, par Boris Pilichowski /
☞ Contre propagande bancaire I, II, III, IV, V /
Le grand chambardement : entre histoire longue et histoire immédiate /
Favoriser la stabilité, la croissance et la prospérité en Europe (+ commentaires de Berruyer) /
Opération Jivaro : Bienvenue chez les réducteurs de dépôts /
ENFIN, création de l’UNION BANCAIRE !!! /
La dette nationale américaine – L’insolvabilité du pays – Les comptes publics réels des USA, par Onubre Einz /
Banque mondiale/FMI : la faillite du système dette /
Le projet de loi de finances prépare une hausse du prix des énergies fossiles /
Tellement mal que la désaméricanisation est même commencée... /




[ Corrélats : Économie / ...]



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