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Hypothèse de Gaïa
Hypothèse de Gaïa


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Étudier les nuages du Sud-Est du Pacifique pour améliorer les modèles climatiques / Sites Internet et articles / Corrélats /


Nébuleux... pas sûr !
Gaïa ou Gé, dans la mythologie grecque, était une déesse symbolisant la Terre nourricière.


En réalité, ce personnage existe, à peu près dans toutes les cultures, sous différents noms de dieux, de déesses, d’animaux ou de plantes.

L’hypothèse de Gaïa fut formulée, dans les années 1980, par Lovelock et Marguelis. Selon ces auteurs, la biosphère se comporterait, globalement, comme un être vivant avec ses propres régulations homéostasiques, adaptant la composition de son atmosphère à des valeurs permettant de garder un climat, des températures ou une hygrométrie compatibles avec l’existence de la vie.

Nous savons bien que les plantes et les animaux, sans oublier les bactéries, par leurs activités respiratoires, photosynthétiques ou leurs interventions dans le cycle de l’azote, jouent un rôle prépondérant dans la composition de l’atmosphère actuelle. Ce que nous savions moins et que des recherches ont mis en évidence, c’est que, avec l’apparition de la vie, la composition de l’atmosphère a été modifiée. Par exemple, le taux de dioxyde de carbone a décru à mesure que la vie conquérait la planète. La baisse de l’effet de serre qui accompagnait la baisse de la teneur atmosphérique en CO2 aurait dû entraîner une baisse de la température, mais cette faible teneur en CO2, permettant une meilleure pénétration du flux solaire, a aussi permis de garder les températures quasi équivalentes.

Si l’hypothèse de Gaïa n’a pas été totalement vérifiée, elle a quand même le mérite d’offrir un modèle de réflexion pour des systèmes complexes comme les écosystèmes, les sols, les fourmilières, etc. dès lors qu’on les regarde comme des organismes dont chaque acteur doit être perçu comme un organe (les individus, les populations dans un écosystème ; les détritiphages, les champignons, les bactéries, etc. dans un sol ; les ouvrières, les soldats, les mâles ou la reine dans une fourmilière), et d’en rechercher l’homéostasie comme on le ferait en physiologie.

L'hypothèse de Gaïa devrait être plus facilement vérifiable dans les domaines des échanges de matière et d'énergie entre les écosystèmes ou les compartiments de la Planète. De ce point de vue, la niche écologique est aussi une notion qui traduit le fonctionnement thermodynamique des systèmes ouverts et les régulations qui existent entre les protagonistes, aussi bien individuellement qu'au sein des populations, des guildes ou des populations.




Interactions et durée des cycles biogéochimiques
L'hypothèse de Gaïa est largement confortée par les mécanismes qui régissent les cycles de la matière entre les cinq compartiments de l'écosystème Terre, c'est-à-dire entre la biosphère, l'atmosphère, l'hydrosphère, la pédosphère et la lithosphère.


La complexité de ces interrelations est soulignée par les durées des cycles qui s'ils sont relativement courts dans l'atmosphère (compartiment transitionnel) et sont variables dans la biosphère en fonction principalement de la durée de vie des organismes participant au cycle (10 000 ans pour certains arbres, quelques jours pour des insectes, par exemple). Dans la pédosphère et dans l'hydrosphère, ce sont les durées des cycles physicochimiques qui sont les plus à prendre en compte (humus, sédiments, vases, etc.). Les cycles lithosphériques sont de l'ordre des temps géologiques, le plus souvent.




Plusieurs publications récentes (novembre 2005) ont fait état de travaux réalisés en Grande-Bretagne et portant sur le relargage de CO2 par les sols en Angleterre, relargage qui contribuerait significativement à augmenter la teneur en CO2 dans l'atmosphère et par conséquent à l'effet de serre.

Nous avons là un exemple remarquable de régulation en tendance : l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère provoque, par effet de serre, un réchauffement climatique sur la Planète. L'augmentation de la température favorise le métabolisme bactérien dans les sols. L'augmentation du métabolisme bactérien concourt à une plus rapide et plus importante transformation de la matière organique morte et des humus. Cette transformation libère plus vite le CO2 contenu dans ces matières organiques alors que dans des conditions de climat plus rigoureux, le CO2 aurait plutôt été stocké. Cette libération plus rapide et plus importante en masse de CO2 enrichit plus encore l'atmosphère. L'effet de serre est plus important. Le réchauffement climatique est plus rapide et l'activité bactérienne est davantage stimulée.

S'il est devenu évident que le réchauffement climatique va poser, pose déjà, des problèmes. L'appauvrissement des sols en matière organique va en poser d'autres, en matière de fertilité d'abord, mais pas seulement. C'est tout l'équilibre écosystémique de la pédosphère qui va être en danger. Je n'ose imaginer ce qu'il adviendrait si, par exemple, l'activité et la cinétique des réactions métaboliques d'une bactérie comme Azotobacter ou Nitrosomas devait en être perturbée. En quelques semaines, c'est toute la vie sur la Terre qui serait sérieusement compromise (cf. cycle de l'azote). La revanche de Gaïa sur le Dieu créateur de l'homme à son image ?

Je me demande même si la disparition brutale des dinosaures ne s'expliquerait pas mieux par une hypothèse de ce type, par exemple, un dysfonctionnement dans l'équilibre bactérien dans la pédosphère, dysfonctionnement qui ne laisserait pas de trace fossile, évidemment, plutôt que les théories aussi fumeuses que cataclysmiques impliquant des astéroïdes, des volcans ou pourquoi pas la chasse effrénée comme je prétends l'exercer grâce à ma machine à remonter le temps (Iridium).





Dans la nature, il n'existe pas un seul compartiment qui ne soit régi par des mécanismes complexes de régulations par effets rétroactifs (Voir : Homéostasie).

Nous avons à maintes reprises insisté pour démontrer que seuls ces types de régulations étaient de nature à assurer aussi bien les équilibres thermodynamiques que métaboliques ou informationnels qui s'établissaient entre les diverses communautés vivantes, animales, végétales ou microbiennes, installées dans un écosystème.

Nous avons montré comment des régulations en tendance ne méritaient pas cette appellation : " régulation ", mais devraient s'appeler déséquilibre durable et grandissant.

Nous avons montré comment ces régulations par effet rétroactif se retrouvaient dans des systèmes hiérarchisés depuis les organites cellulaires et les cellules, puis les organes et les organismes, enfin les populations et les peuplements, c'est-à-dire finalement sur toute la planète entière, au travers des écozones ou biomes.

C'est la raison pour laquelle les comportements humains, particulièrement dans les domaines de l'utilisation des ressources naturelles, de la gestion démographique des populations humaines et mais aussi des populations animales domestiques ou sauvages, de l'utilisation des énergies, de l'économie et de la répartition des richesses communes, de la santé et de l'éducation, du travail et des loisirs, du savoir et des divertissements, etc. quand ils prônent comme seul objectif la dérégulation, sont des comportements criminels et devraient être poursuivis comme tels. Les alibis du marché, de la libre concurrence, du libéralisme ne sont que des avatars qui cachent mal les mots : appropriation du travail social, spéculation, spoliation, mafias et autres exercices pervertis du pouvoir et des rapports de force.

Les dysfonctionnements introduits par de telles attitudes dans les mécanismes thermodynamiques individuels sont de nature à accélérer le désordre sur la Planète.

Ces désordres ne pourront, probablement et malheureusement, pas se résoudre autrement que dans des violences individuelles ou de groupes qui tenteront d'assurer leur survie. Par ailleurs, ces désordres auront des conséquences écosystémiques que nous n'appréhendons encore qu'imparfaitement, mais qui prendrons de plus en plus gravement des allures de catastrophes écologiques majeures.




L'HYPOTHÈSE GAIA :
http://hypo.ge-dip.État-ge.ch:8080/sismondi/C_Pedagogie/Disciplines/Biologie/Biologie/BIOexercices/fichiers/tableau_daisyworld.htm

La théorie de Gaïa : http://www.astrosurf.org/luxorion/theorie-gaia.htm

GAIA et l'éco-évolution :
http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Gaia--GAIA_et_leco-evolution

Gaïa et la Géophysiologie, une vue nouvelle sur la vie et sur la planète Terre :
http://www.mnhn.fr/mnhn/conc/site/scientifique/annales/planete/westbroek.pdf

Histoire et évolution de la terre et des êtres vivants : http://pst.chez.tiscali.fr/ts5.htm

L'appropriation du vivant : de la biologie au débat social :
http://www.inra.fr/dpenv/chevac40.htm






[Corrélats : Régulations / Notion de niche / Décroissance soutenable / Individu / Stratégies adaptatives / ... ]

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