Dès le début de février et à plus de 2000 kilomètres de leur site de nidification, les harles huppés (Mergus serrator) commencent leurs parades. | Si pour survivre les êtres vivants ont besoin d'échanger de la matière et de l'énergie, ils ont aussi besoin d'échanger des informations, plus particulièrement pour être les plus efficaces possibles quant à l'utilisation de la matière et de l'énergie, le plus durablement, le plus longtemps possible et le plus économiquement... .
L'information, dans la nature existe sous deux formes : une information séquencée, je dirais " polymérisée ", facile à décrypter dès lors que l'on possède le code de lecture et une information " globale ", surtout génératrice d'émotions. |
I - L'information séquencée (circulante).
L'information séquencée est surtout caractérisée par son déroulement dans le temps. Elle a un début et une fin et elle est construite à partir d'un nombre réduit de codes.
Par exemple, le langage articulé chez l'homme est formé de sons ou morphèmes, qui séquencés et ordonnés forment des mots. Les mots ordonnés forment des phrases. Si on connaît la langue du locuteur, on pourra, si celui-ci respecte quelques règles élémentaires de syntaxe et de rhétorique, comprendre les arrangements syntagmatiques, percevoir les idées émises et partager ou non le discours. Le langage articulé peut être regardé comme un assemblage ou polymère de monomères de mots, de phrases, de paragraphes, etc.
De la même façon, l'écriture est un polymère de lettres qui forment des phonèmes, puis des mots, des phrases, des paragraphes, des chapitres, des livres, des rayons, des bibliothèques, etc.
Mais d'autres informations séquencées composent les acides nucléiques qui sont des polymères de bases puriques ou pyrimidiques. Quatre bases codent un acide aminé et un assemblage de plusieurs fois quatre bases ou gêne codent une chaîne d'acides aminés. Un mot ou une phrase d'acides aminés composent une protéine ou une enzyme.
L'amidon et la cellulose sont deux phrases composées seulement avec le mot glucose, etc.
L'information n'est pas nécessairement construite avec seulement des séquences simples. Une séquence de comportements enchaînés a aussi une valeur sémantique. Par exemple, dans un comportement de séduction, les préliminaires sont une série de modules comportementaux propres à une espèce dont la séquence complète a pour effet d'inciter les partenaires à accepter de copuler ensemble. Chez certaines espèces, ces séquences sont immuables. Chez d'autres, elles sont modulables, par exemple, chez les canards dont les composantes des séquences avaient été décrites et analysées par Lorenz.
Dans l'espèce humaine, ces séquences dépendent largement de la culture et de l'éducation propre à une population. Pierre Desproges suggérait de mettre successivement son doigt, là et là, voir schéma, ce que je fais depuis d'ailleurs et scrupuleusement !
L'information séquencée, par conséquent séquençable est aussi celle que l'on peut transmettre par oral ou écrit. C'est donc de l'information circulante.
II - L'information globaleL'information globale ne possède pas de codes séquencés ou si elle en possède, même leur ignorance n'empêche pas l'auditeur ou le spectateur de profiter pleinement de la charge émotionnelle que l'information globale colporte.
C'est le cas, par exemple, de la musique dont on peut ignorer les notes et apprécier pleinement, et la charge émotionnelle, et l'analyse comme elle est proposée dans l'émission de M. Lodéon, tous les dimanches vers 15 heures sur France Musique. Cela procède de la même démarche pour le ressenti que l'on éprouvera devant un paysage, un tableau ou une photographie.
C'est aussi d'une façon globale que les enfants commencent leur apprentissage de la lecture, quand ils n'apprécieront que beaucoup plus tard une proposition du genre :
"
Il ne faut pas confondre l'origine des espèces et les débuts de la carte bleue." Darwin
Cela écrit, je ne voudrais pas que s'installe une confusion trop souvent pratiquée entre méthode globale et perception globale. Je ne sais rien ou presque de la méthode globale d'apprentissage de la lecture, si ce n'est qu'elle n'est guère pratiquée, sinon pas du tout. Monsieur de Robien, Ministre de l'éducation, nous montre bien quelles sont ses limites, sinon ses incompétences, quand il veut interdire cette pratique qui n'est pratiquement pas pratiquée.
Quand je parle de perception globale comme étant le mode originel d'apprentissage de la lecture, je veux simplement faire remarquer que les enfants, dès la maternelle (là où s'ébauchent les premiers pas les plus importants vers la lecture) que les enfants ont besoin d'un capital de mots à partir duquel ils décortiqueront les Beu a Ba et les Pé i Pi quand en CP ils seront bien évidemment confrontés à la méthode syllabique... laquelle n'est pas non plus une méthode, soit dit en passant; C'est une démarche analytique de syllabisation. C'est même dit comme cela dans le B.O.E.N. (Bulletin Officiel de l'Éducation Nationale) !
Le capital mot, c'est souvent d'abord leur prénom et le prénom de leurs camarades qu'ils vont photographier mentalement avant de nous resservir à trois ans : le H de meredith, le B de Gabrielle ou le Y de Yanis. Puis, ce sera le "Loup", le "3", le "Petits" et le "Cochons" qui s'écrit "Cochon" s'il est tout seul.
III - Le cerveau droit.Si l'on est sûr que l'information séquencée est analysée et disséquée par le cerveau cortical gauche, celui qui lit et parle, on peut penser que c'est le cerveau droit qui reçoit l'information globale.
Pour ma part, je pense que je serai probablement capable de vous décrire et vous commenter la photographie ci-dessus, mais tout à fait incapable, sans doute, de vous faire partager l'émotion ressentie au cours de ce long moment d'observation des parades de ces harles sur la ria d'Étel.
L'information globale se séquence très difficilement et toujours très imparfaitement, sinon inexactement. C'est cette information que les témoignages, par exemple, ont du mal à restituer par les mots (témoignages, évocation de visages, d'images, de paysages, de tableaux, de photographies, etc.). Cette information qui circule mal, sinon pas du tout, c'est l'information structure.
Néanmoins, même si cette information est difficilement évoquée, elle est toujours extrêmement rapidement perçue et comprise. Les métasignaux qu'elle possède ou envoie sont très vite compris par tous les témoins et souvent parfois sans que des apprentissages préalables aient été faits (signaux agressifs, émotions, alertes, etc.). L'
empathie procède sûrement de ces métasignaux.
En outre, je croirais bien que la lecture sur le Web procède davantage d'une sollicitation du cerveau droit émotionnel que celle du gauche autrement structuré. Je ne sais pas si mes étudiants étaient devenus moins cartésiens et s'il fallait davantage insister sur la méthode du discours que sur le discours de la méthode...
Courrier / Politis / Jeudi 12 janvier 2006 / La réponse d'un retraité, ancien IEN à une chronique de M. Langlois sur la méthode globale...
Chaud débat
Puisque vous appelez au " chaud débat ", permettez-moi, M. Langlois, de proposer à votre lectorat un autre point de vue. [...]
Je suis retraité de l'Éducation nationale dans les Alpes-Maritimes : instituteur, directeur d'école d'application, inspecteur-professeur, inspecteur chargé de circonscription dans le premier degré (IEN). Ce n'est pas faire de la démagogie au profit de la FSU ni travestir la réalité que d'apporter le témoignage qui suit [et qui s'appuie sur la visite de plus d'un millier de classes maternelles et élémentaires] :- Sur ce millier de classes observées, j'ai pu constater qu'aucune classe de cycle 2 ne pratiquait la méthode globale tant décriée par la plupart des ministres qui se sont succédé rue de Grenelle (en 1959, Célestin Freinet écrivait un article rappelant que la méthode globale, déjà vilipendée, n'était pas utilisée en France) ;
- Je n'ai trouvé, dans l'édition scolaire, aucune méthode globale d'apprentissage de la lecture/écriture, et je mets la rédaction de Politis au défi d'en trouver une ;
- La formation des professeurs des écoles comme celle des inspecteurs de l'Éducation nationale insiste depuis plus de vingt ans sur la nécessaire complémentarité entre les approches par voie directe et celles par voie indirecte, analytiques et synthétiques, ce qui permet aux enfants de questionner le sens d'un texte en s'appuyant sur le contexte et les régularités de la " combinatoire " ; et les enseignants de cycle 2 travaillent dans ce sens, conformément aux programmes et instructions officielles ;
- Comme autrefois, les enfants sortent du CM2 en sachant lire, écrire, compter et bien plus que cela dans leur immense majorité (cf. rapports de l'Inspection générale, de la Division de l'évaluation et de la prospective au ministère de l'Éducation nationale) ;
- Les inégalités, en matière de réussite et d'échec scolaires, sont nettement plus fortes entre les secteurs favorisés et les zones défavorisées ; or les démarches d'apprentissage sont les mêmes ; en revanche, l'inégalité socioéconomique se traduit dans l'étendue du corpus lexical que possèdent les enfants quand ils arrivent à l'école ;
- Les collèges restent effectivement les " maillons faibles du système éducatif " ; non parce que l'examen d'entrée en sixième a été " bien légèrement " supprimé, mais parce que les moyens donnés aux collèges ne facilitent pas la réussite de tous les enfants qui, avec l'examen élitiste d'il y a cinquante ans, n'auraient peut-être pas non plus tiré totalement profit d'un enseignement secondaire (les moyens dont je parle sont pédagogiques : on ne passe pas impunément de la souplesse qu'offre l'unicité de l'enseignant(e) du premier degré à la lourdeur du fonctionnement collégial d'une dizaine de professeurs monovalents par classe, sans temps significatif de concertation) ;
- Sans être totalement absente des classes primaires, la pédagogie dont vous faites de Philippe Meirieu le porte-drapeau est loin d'être à l'œuvre de manière généralisée dans les classes - ce qui est regrettable, de mon point de vue ; au demeurant, la présentation de ses idées sont pour le moins caricaturales : lire réellement ses écrits permet heureusement de comprendre à quel point il est attaché à la maîtrise des contenus d'enseignement par les enseignants autant que par celle des situations qui favorisent la construction des savoirs - la psychologie du développement de l'enfant est une science expérimentale qui se nourrit autant des sciences humaines que des neurosciences. Philippe Meirieu a peut-être le tort de ne pas céder à la tentation de la facilité et de lui préférer les exigences d'une réflexion philosophique systémique qui ne rejette aucun champ de savoir ni l'épreuve des faits. Ce qui reste encore rare, semble-t-il.
JACQUES JOURDANET, GATTIÈRES (ALPES-MARITIMES)
[ndlr : Commentaire personnel, partagé par pas mal d'enseignants : cette réponse a au moins le mérite de correspondre à ce que la réalité du terrain nous offre le plus souvent à observer !]
Charlie hebdominable !
Décidément, les journalistes ont la mémoire courte… Hier (02/11/2011) sur France Inter, l’une d’entre eux se lamentait à propos de l’incendie des locaux de Charlie Hebdo, non pour savoir s’ils étaient bien assurés*, mais au nom de la liberté de la presse et de citer Guéant pour parler d’attentat** en oubliant que ce triste personnage, il y a peu de temps, argumentait sans fin sur le bien-fondé des enquêtes sur les fadettes des journalistes !
[* C’est vrai ça… Si l’incendie est criminel, à qui le crime profite-t-il ?]
[** C’est effectivement un attentat… Remarquablement et dûment signé Islamiste sur le site du journal… Ce qui, n’en doutons pas, est à la portée du premier lanceur de cocktail Molotov venu, surtout s'ils sont deux, de type africain, encagoulés et vus d'un bus qui roule !]
On pourra (devrait) lire l'article de Denis Sieffert : Soutenir Charlie Hebdo, critiquer Charlie Hebdo…
Je n'ai aucun mérite, mais tout de même :
Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo !
Tout Porte à croire que je ne suis pas le seul...
Un cocktail Molotov dans la nuit : Des roms squattaient à Charlie Hebdo ? /
Bonnes fêtes à tous ceux qui ont une baignoire où égorger un mouton.../
Charlie, Phil & Robbie, Sister Fourest et le spectre de l’islamisation /
Pour mémoire : L’obscurantisme beauf /
Charlie Hebdo : Pétard Mouillé… /
On finira bien par tout savoir /
L’AFFAIRE CHARLIE HEBDO : Chronique de l’islamophobie ordinaire /
La victoire idéologique de Charlie Hebdo /
Même pas bon pour ça... |
Les méatitudes : Heureux les ultra doux, car ils verront dieu. |
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Je ne puis que très vivement conseiller l'excellent site canadien, dédié à Laborit, et consacré au cerveau et aux comportements :
http://www.lecerveau.mcgill.ca
PRAXÉOLOGIE DE LA DOMINANCE DANS LA SOCIÉTÉ INFORMATIONNELLE :
http://www.etatsgeneraux-psychanalyse.net/archives/2001-2003/groupes/degantespraxeologie.htm
Homéostasie :
http://cafe.rapidus.net/mleclerc/biologie/homeostasie.htm
L'écologie cognitive, une écologie communicationnelle :
http://www.comm.uqam.ca/~harweb/harlem/intro.html
L'explication quotidienne du bruit, et les ruses de la maîtrise du confort :
http://www.culture.gouv.fr/culture/mrt/bibliotheque/ArchiSud/v01n01/boubezar/boubezar.htm
Cybernétique : la science des relations dynamiques :
http://www.lecerveau.mcgill.ca/flash/capsules/outil_bleu06.htm
Technologies de l’information et de la communication : de l’outil à l’appropriation des usages
http://ecorev.org/article.php3?id_article=300
Le petit abécédaire de l'école :
http://bdemauge.fr/index.htm
Haro sur les médias :
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=12733
[ Corrélats :
Intelligences et cultures /
Comportements /
Empathie /
Apprentissages /
Habitus / Éthotypes /
Paysages / ...]

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