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Mammifères
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Je m'efface plus volontiers que je ne m'épile…


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Généralités / La classification des mammifères / Les Protothériens ou monotrèmes / Les marsupiaux ou Métathériens / Les Euthériens ou placentaires / Le superordre des Carnivores / Les Fissipèdes / Les Pinnipèdes / Les Cétacés / Les Odontocètes / Les Mysticètes / Les Artiodactyles / Les Suiformes / Les Ruminants ou Solénodontes / Les Tubulidentés / Les Proboscidiens ou éléphants / Les Hyracoïdes ou damans / Les Siréniens / Les Périssodactyles / Les Xénarthres ou Édentés / Les Pholidotes ou Pangolins / Les Duplicidentés ou Lagomorphes / Les Simplicidentés ou Rongeurs / Les Insectivores / Les Menotyphia / Les Dermoptères / Les Chiroptères ou Chauves-souris / Les Primates / Les Lémuriens / Les Tarsiens / Les Simiens / Les Platyrrhiniens / Les Catarhiniens / Les Cynomorphes ou Cercopithécidés / Les Anthropomorphes ou grands singes / Les Hominiens / L’Hominisation. /

Publications, articles, brochures, notes... /
Origine et histoire des hominidés. Nouveaux paradigmes /
Le genre Homo part à la conquête du reste du monde /
Atlas des mammifères terrestres 2007-2009 sur le territoire du projet de parc naturel régional du golfe du Morbihan /
Les mammifères en Bretagne /
Voir aussi : l'atlas /
Les hommes, nom de famille HOMO /
Qui était Néanderthal ? /
Les mammifères des jardins bretons" (2012) /
Les mammifères de la campagne bretonne" (2011) /
Nous, les mammifères /


Corrélats /


La classe des mammifères regroupe des animaux, vertébrés amniotes, homéothermes, recouverts de poils et alimentant leurs petits avec du lait sécrété par des mamelles en nombre pair. Les jeunes sont obligatoirement et pendant un temps plus ou moins long, dépendants des bons soins que leur apporteront leurs parents.

La tétée...
Le cœur des mammifères comprend quatre compartiments. La circulation pulmonaire et la circulation systémique sont toujours parfaitement séparées.


Les mammifères possèdent un cerveau plus développé que celui des reptiles avec lesquels et bien qu’ils en descendent, ils s’en distinguent radicalement (davantage que bien des oiseaux).

Une particularité des mammifères est leur hétérodontie. Cela signifie que leurs dents ne sont pas toutes identiques. Le plus souvent, on distingue des incisives, des canines et des molaires. Les formules dentaires observées sont très caractéristiques de leurs régimes alimentaires. Certains mammifères, pourtant, ont des dents toutes identiques : cétacés odontocètes (Dauphins), par exemple ; dans une moindre mesure chez les carnivores pinnipèdes (Phoques). La raison en est une extrême spécialisation comme piscivores. Tous les mammifères ont d’abord une dentition lactéale avant de posséder leur dentition définitive.

La classification des mammifères :


La classe des mammifères comprend 4 sous-classes :

Les Éothériens (tous fossiles) ;les Protothériens ;les Allothériens (tous fossiles) ; et les Thériens (thérien vient du grec « ther » qui veut dire animal sauvage).

Les Protothériens ou monotrèmes sont des mammifères très primitifs, pondant des œufs, homéothermes relatifs, dont les mâchoires sont recouvertes d’un étui corné qui leur fait comme un bec.
Les monotrèmes sont représentés par l’ornithorynque (Ornithorynchus anatinus) et les échidnés de Nouvelle-Guinée, Australie et Tasmanie (Tachyglossus, Zaglossus).

Les Thériens comprennent trois superordres :les Panothériens (tous fossiles) ;les Métathériens ou marsupiaux ; etles Euthériens ou placentaires.

Les marsupiaux ou Métathériens sont représentés par de nombreux mammifères d’habitus très divers, remarquablement convergents avec les habitus des mammifères euthériens qui occupent les mêmes habitats ou les mêmes niches écologiques. Hormis quelques marsupiaux américains, la plupart sont australiens, tasmaniens, de Nouvelle-Guinée jusqu’aux Célèbes.


Ce qui caractérise le mieux ces animaux, c’est la possession d’une poche ventrale marsupiale, quelquefois très largement pourvue de mamelles (jusqu’à 27 chez les Monodelphis) ou au contraire, en nombre plus réduit (4 chez les kangourous) dans laquelle les jeunes, nés « très avant terme » viennent terminer leur développement embryonnaire.

Les marsupiaux ont longtemps été classés par rapport à leur dentition et au nombre de leurs incisives. Cette classification a été abandonnée. Maintenant les marsupiaux comprennent 5 superfamilles :

Superfamilles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Didelphoïdes
(polyprodontes américains)
Comprennent des espèces américaines omnivores /
queue longue et préhensile /
gros orteil sans ongle opposé aux autres doigts /
50 dents / régime insectivore ou omnivore /
les sarigues sont arboricoles, de mœurs nocturnes
et ne possèdent pas de marsupie
Didelphis Opossum
Philander Opossum
Marmosa Sarigue
Dasyuroïdes
(polyprodontes australiens)
Régimes alimentaires de type insectivore ou carnivore /
espèces nocturnes
Mymecobius Numbat
Phascogale Souris marsupiale
Thylacinus Loup de Tasmanie
Sarcophilus Diable de Tasmanie
Notoryctes Taupe marsupiale
Péraméloïdes Habitus d’une très grosse musaraigne (40 cm) /
insectivore et gros consommateur de vers de terre.
Perameles gunni Bandicoot
Cœnolestroïdes Habitus du rat dont ils ont aussi les comportements /
versant Pacifique des Andes / carnivores
Coenolestes
Phalangéroïdes Pouce opposable /
Volontiers arboricoles et végétariens /
marsupie bien développées /
Phalanger Couscous
Acrobates souris volante marsupiale
Tetaurus écureuil volant marsupial
DendrolagusWombat, Kangourous arboricoles
Macropus Kangourous terrestres
Koalas


Les Euthériens ou placentaires sont des mammifères dont la nutrition et la respiration embryonnaire se fait par l’intermédiaire d’un placenta allanto-chorial.


La classification des Euthériens se base pour beaucoup sur leurs formules dentaires et quelques particularités crâniennes.

Le superordre des Carnivores dont la formule dentaire est : I 3/3, C 1/1, pM 4/4, M 3/3, comprend
trois ordres : les Créodontes tous fossiles, les Fissipèdes et les Pinnipèdes.

Les Fissipèdes sont des animaux le plus souvent carnivores, bien que certaines espèces soient
volontiers omnivores, voire frugivores, à doigts libres, aux téguments largement dépourvus de glandes sudoripares, mais avec des glandes sébacées abondantes. En outre, les fissipèdes possèdent dans la région uro-génitale un « complexe nidorien » de glandes dont les sécrétions leur confèrent une empreinte odorante individuelle. Parmi ces glandes, les glandes anales sécrètent des substances musquées ou nauséabondes (viverréum) très caractéristiques des putois, blaireaux, genettes ou moufettes. Les jeunes sont nidicoles.

Les canidés et les félidés sont digitigrades. Les viverridés sont semi-digitigrades. Les mustélidés sont semi-plantigrades et les ursidés sont plantigrades.

Famille
Caractéristiques
Genre / Espèces
Canidés Digitigrades / griffes non rétractiles /
os pénien / molaires de type carnassières
Canis lupus Loup
Canis familiaris Chiens
Canis latrans Coyote
Canis aureus, C. adustus, C. mesomelas Chacals
Canis dingo Dingo
Vulpes vulpes Renard roux
Alopex lagopus Renard polaire
Chrysocyon Loup à crinière (Amérique du Sud)
Lycaon Chiens sauvages d’Afrique
Cuon Chiens sauvages d’Asie
Ursidés Corps massif / membres robustes / plantigrades /
canines puissantes / griffes fortes, non rétractiles
Ursus arctos Ours brun
Ursus horribilis Ours grizzly
Thalarctos maritimus Ours blanc
Procyonidés Semi-plantigrades / petites dents carnassières Procyon lotor Raton laveur
Nyctereutes procyonides Chien viverrin
Ailurus fulgens Petit panda
Ailuropoda melanoleuca Grand panda
Mustélidés Digitigrades ou semi-plantigrades /
complexe nidorien très développé (bêtes puantes)
os pénien /
Nombreux genres sauf en Australie et à Madagascar
Mustela herminea Hermine
Mustela nivalis Belette
Mustela lutreola Vison
Mustela putorius Putois
Mustela furo Furet
Martes foina Fouine
Martes martes Marte
Martes zibellina Zibeline
Zorilla Zorilles
Gulo gulo Glouton
Meles meles Blaireau
Mellivora Ratels
Mephitis Moufettes
Lutra lutra Loutre d’Europe
Enhydra lutris Loutre marine
Viverridés Os pénien / complexe nidorien développé /
digitigrades à semi-plantigrades /
carnassières moins marquées que chez les félidés /
griffes rétractiles ou non /
Civetta Civettes d’Asie
Genetta Genette d’Europe
Ichneumia, Mungos Mangouste d’Afrique, d’Asie
Herpestes Mangouste d’Europe
Cryptoprocta ferox Cryptoprocte
(le seul carnassier de Madagascar)
Hyénidés Corps massif / arrière-train rabaissé /
denture très forte, apte à broyer des os /
I 3/3 C 1/1 pM 3-4/3 M 1/1
Crocuta Hyènes tachetées
Hyaena Hyènes rayées
Proteles cristatus Protèle
Félidés Puissants muscles masticateurs /
articulation mandibulaire ne permettant que
des mouvements verticaux / digitigrades
/ griffes rétractiles / pupille verticale /
I 3/3 C 1/1 pm 3/3 M 1/1
Felis sylvestris Chat sauvage d’Europe
Felis catus Chat domestique (de gouttière)
Lynx lynx Lynx boréal
Lynx pardina Lynx pardelle
Panthera leo Lion
Panthera pardus Léopard
Panthera tigris Tigre
Panthera puma Puma
Panthera onca Jaguar
Panthera uncia Panthère des neiges
Acinonys jubatus Guépard


Les Pinnipèdes sont des carnivores amphibies, presque tous marins, le plus souvent piscivores, malacophages. Certaines espèces chassent aussi d’autres mammifères. Le plus souvent, ces animaux sont des habitués des mers froides. Leurs téguments sont riches en glandes sébacées qui sécrètent un sébum huileux qui enduit largement les poils courts dont ils sont recouverts et favorise la pénétration de l’animal dans l’eau. Bien adaptés à la nage et à la plongée, outre qu’ils possèdent des formes hydrodynamiques et des pattes transformées en nageoires, les pinnipèdes présentent de remarquables adaptations à la plongée. Ces adaptations portent autant sur un système circulatoire particulier (veine cave postérieure transformée en sinus, réseau admirable) que sur leur capacité, en plongée de n’irriguer que leur cerveau et les parties indispensables de leur corps pour le faire. C’est ainsi que les pinnipèdes peuvent rester jusqu’à 20 minutes sous l’eau sans souffrir d’asphyxie.

Famille
Caractéristiques
Genre / Espèce
Otariidés Oreilles externes / crâne avec crête sagittale /
animaux très sociaux / carnivores /
I 3/3 C1/1 pM 4/4 M 2/1 /
harem
Otaria, Neophoca, Zalophus Otaries à crinières ou lions de mer
Callorhinus, Arctocephalus Otaries sans crinières ou ours de mer
Odobentidés Canines supérieures transformées en défenses /
malacophages / harem
Odobenus rosmarinus Morse
Phocidés Membres inférieurs ne se repliant pas
sous le ventre /
rampent ou ondulent sur le sol /
monogames sauf éléphants de mer
Phoca vitulina Phoque veau-marin
Monachus monachus Phoque moine
Halichoerus grypus Phoque gris
Lobodon Phoque crabier
Hydurga leptonyx Léopard des mers
Mirounga leonina Éléphant de mer


Les Cétacés sont des animaux constamment aquatiques. Cette vie aquatique les a profondément modifiés tant sur le plan morphologique (animaux pisciformes) que sur le plan physiologique (adaptations diverses à la plongée). Phylogénétiquement, les cétacés seraient proches des suidés (hippopotames). La propulsion de ces animaux est assurée par une nageoire caudale assujettie à la queue et non avec les membres postérieurs. Les baleines et les cachalots sont capables de rester entre une et deux heures en plongée.

La plupart des cétacés sont des animaux sociaux et psychiquement doués, ce qui rend leur chasse pour des raisons scientifiques dit-on encore plus intolérable, tout autant d’ailleurs que leur utilisation à des fins militaires. Alors qu’on ne sait pratiquement rien de la composition de leurs troupeaux et encore moins des hiérarchies qui en assurent la cohésion, non plus grand-chose sur leurs émissions sonores (communication aux basses fréquences, représentation de l’espace aux fréquences ultrasoniques), on continue de les décimer alors que nous savons parfaitement qu’au-dessous d’un certain nombre d’individus dans un troupeau, ceux-ci ne se reproduisent plus (effet de groupe).

La classification des cétacés s’appuie sur la possession de dents (Odontocètes) ou sur celle de fanons (Mysticètes).

Les Odontocètes sont les cétacés à dents :

Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Platanistidés Nageoires courtes / museau long et étroit /
taille moyenne (1.5 à 3 m)
Platanista gangetica Plataniste du Gange
Inia geoffroyensis Boutou
Delphinidés Dents très nombreuses / grégaires / ichtyophages Delphinus Dauphins
Tursiops Souffleurs
Orcinus orca Orque
Phocaenidés Museau court / nageoire dorsal courte ou absente Phocaena phocaena Marsouin commun
Delphinaptéridés Couleur blanche / émissions sonores quasi permanentes /
dent en forme de défense chez le narval
Delphinapterus leucas Bélouga
Monodon monoceros Narval
Physétéridés Très grande taille /
Tête énorme plus ou moins remplie de spermacéti
(blanc de baleine). C’est une masse adipeuse (melon)
qui existe chez beaucoup de cétacés, mais en quantité
moins importante que chez les cachalots.
Le melon aurait une fonction sensorielle, encore inconnue
aujourd’hui. /
L’ambre gris que l’on trouve parfois dans l’intestin des cachalots
sert en parfumerie. Cet ambre serait un produit
de la digestion des calmars dont les cachalots font une
importante consommation.
Physeter catodon Cachalot
Zyphiidés Dents peu nombreuses /
bosse frontale au-dessus d’un museau court /
très bons plongeurs peut-être au-delà de 5000 mètres
Hyperoodon Baleine à bec


Les Mysticètes sont les cétacés à fanons :

Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Balénidés Baleines vraies / museau étroit et convexe sans sillons sous la gorge Balanea Baleine franche
Eubalanea glacialis Baleine des Basques
Balénoptéridés Rorquals / tête aplatie et large / sillons sous la gorge Sibbaldus musculus Rorqual bleu
Balaenoptera physalus Rorqual commun
Megaptera novaeangliae Mégaptère


Les Artiodactyles sont des mammifères dont les doigts se terminent par des sabots en nombre pair. On distingue deux sous-ordres d’artiodactyles : les Suiformes et les Ruminants.

Les Suiformes sont des artiodactyles non ruminants, dont l’estomac peut être compartimenté ou non. Les incisives sont toujours présentes et les canines, à croissance continue forment des défenses.


Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Hippopotamidés Animaux lourds sur de courtes pattes /
4 doigts posés par terre /
glandes sudoripares sécrétant un liquide rougeâtre /
mamelles inguinales /
vie amphibie / sociables ou solitaire (Hippopotame nain)
Hippopotamus amphibius Hippopotame
Choeropsis liberiensis Hippopotame nain
Suidés ou porcins Museau tronqué percé de deux narines ou groin /
deux doigts centraux portant sur le sol /
Doigts latéraux portant imparfaitement sur le sol /
canines très développées chez les mâles / estomac indivis /
mamelles nombreuses / portées importantes (jusqu’à 14 petits) /
très sociables (compagnies)
Formule dentaire : I 3/3 C 1/1 pM 4/4 M 3/3
Sus scrofa Porcs et Sanglier
Phacochoerus aethiopicus Phacochère
Tayassuidés Estomac nettement compartimenté /
glandes odorantes sur le dos / sociables (bandes)
Tayassu pecari Pécari


Les Ruminants ou Solénodontes sont des artiodactyles dont les dents jugales sont de type solénodonte.Ils possèdent un estomac divisé en compartiments successifs. Le premier compartiment (panse) sert à la digestion anaérobie de la cellulose ingérée grâce à des bactéries symbiotiques (Clostridium, Ruminococcus) et des protozoaires holotriches dont on ne sait pas quel rôle exact ils jouent. Les bactéries transforment la cellulose en différents acides gras à courte chaîne (acide acétique, lactique, butyrique) qui en se combinant avec des bases forment des savons qui traversent la paroi épithéliale pour pénétrer dans le réseau sanguin irriguant la panse. Ces sels jouent probablement un rôle important dans la lactation. Les boulettes prédigérées sont régurgitées, puis longuement remâchées et enduites de salive (rumination) avant de passer dans les autres compartiments de l’estomac (bonnet, feuillet).

Les ruminants possèdent un grand nombre de glandes tégumentaires (glandes pré-orbitales ou larmiers, glandes maxillaires, glandes péniennes à musc, glandes urogénitales, glandes pédieuses) dont les sécrétions jouent un rôle important dans la vie sociale (établissement des hiérarchies, reconnaissance des sexes) ou le marquage du territoire.

Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Tylopoïdés
ou Camélidés
I 1/3 C 1/1 pM 2-3/2 M 3/3
Doigts reposant sur le sol sur une sole pédieuse /
lèvre supérieure fendue et préhensible /
Callosités sur le poignet, le coude et le genou.
Ces callosités servent d’appui lorsque les animaux
se couchent par terre. Chez le chameau, ces callosités
existent déjà au stade fœtal /
hématies très nombreuses. Chez les lamas, cela pourrait se comprendre
du fait de leur vie à très haute altitude. Plus difficile à expliquer pour les chameaux. /
une paire de mamelles
Camelus bactrianus Chameau
Camelus dromedarius Dromadaire
Lama huanacus Guanaco
Lama vicugna Vigogne
L’alpaca pourrait être un hybride de ces deux espèces.
Élaphoïdés I 0/3 C 1/0-1 pM 3/3 M 3/3
Deux paires de mamelles /
doigts latéraux réduits (onglons) ne portant pas sur le sol /
Les mâles de Cervidés portent des bois caduques /
Les rennes mâles et femelles portent des bois, leurs doigts
latéraux portent sur le sol
Moschus moschiferus Chevrotain porte musc
Cervus Cerfs
Capreolus Chevreuil
Alces Élan
Rangifer Renne
Tauroïdés I 0/3 C 0/1 pM 3/3 M 3/3
Cornes non caduques sur une cheville osseuse
Bovidés : genres Bos (bœuf),
Poephagus (Yack),
Bison (Bison),
Ovibos (Bœuf musqué),
Bubalus (buffle) ;
Antilopes et gazelles : genres Gazella,
Saiga (saïga),
Connochaetes (gnous),
Oryx, Addax,
Hippotragus (antilope cheval),
Kobus (kobs) ;
Ovins : Ovis aries (mouton),
Ovis musimon (mouflon)
Caprins : Capra (chèvres),
Ibex (bouquetins),
Rupicapra (chamois).
Giraffidés : genres Giraffa (girafes)
Okapia (okapi).


Les Tubulidentés sont des euthériens digitigrades dont le régime alimentaire est strictement composé determites qu’ils capturent à l’aide d’une longue langue protractile et enduite d’une abondante salive visqueuse. Une seule espèce, l’oryctérope (Orycterus afer), essentiellement nocturne, vit en Afrique. Comme tous les animaux dont le régime alimentaire est très spécialisé, la dentition soit se réduit, soit perd de sa diversité.Chez les oryctéropes, les dents sont cylindriques, sans émail, ni racine distincte.

Les Proboscidiens ou éléphants sont des animaux massifs, lourds, aux membres en pilier et porteurs
d’une trompe nasale qui leur sert pour respirer, sentir, mais aussi saisir des objets ou aspirer de l’eau. Trois espèces d’éléphants vivent sur terre : l’éléphant des savanes (Loxodonta africana) et l’éléphant des forêts (Loxodonta cyclotis) qui vivent en Afrique et l’éléphant d’Asie (Elephas indicus).

Les Hyracoïdes ou damans sont de petits animaux plantigrades. Leur formule dentaire est
de type diphyodonte : I 1/2 C 0/0 pM 4/4 M 3/3. Les incisives supérieures s’accroissent indéfiniment. Elles s’usent en partie par frottement sur les incisives inférieures et durant la consommation des végétaux. On connaît trois genres de damans : Daman des rochers (Procavia) ; Daman des steppes (Heterohyrax) et Daman des arbres (Dendrohyrax).

Les Siréniens sont des euthériens strictement aquatiques. Les lamantins vivent dans les
eaux douces, les dugongs sont marins. Ces animaux possèdent deux mamelles pectorales qui leur auront probablement valu leur nom de sirénien et ce sont probablement ces animaux qui firent croire aux marins qui en rencontraient, qu’ils avaient vu des sirènes. Ces animaux herbivores ont une denture pratiquement monophyodonte : I 0/0 C 0/0 pM 4/4 M 2/2. Bien que disposant de nombreuses adaptations à la plongée (réseaux admirables), il semble que les siréniens soient nettement moins doués pour cet exercice que les cétacés. En réalité, il semble que ces animaux soient quelques peu décadents au plan évolutif. On ne connaît plus que deux familles de siréniens : les Trichéchidés ou lamantins et les Dugongidés ou dugongs. Il en existait une troisième : les Rhytinidés, mais la dernière Rhytine de Steller fut tuée en 1763 dans le détroit de Behring qui était son habitat.

Les Périssodactyles sont des euthériens dont les doigts impairs portent un sabot. Ces animaux herbivores ont un estomac simple et un cæcum volumineux où s’effectue une part importante de la dégradation de la cellulose ingérée.


On distingue deux sous-ordres : celui des Hippomorphes (Équidés) et celui des Cératomorphes (Tapiridés et Rhinocérotidés).

Les Équidés (un seul doigt) comprennent les chevaux (Equus), les ânes (Asinus), les hémiones (Hemionus) et les zèbres (Hippotigris, Dolichohippus).

Les Tapiridés (3 doigts) sont représentés par les tapirs (Tapirus). Les rhinocérotidés (trois doigts) par les rhinocéros (Rhinoceros en Asie et Diceros et Ceratorhinus en Afrique).

Les Xénarthres ou Édentés sont des euthériens tous localisés en Amérique du Sud. Ce sont des animaux dont les habitus, très dissemblables, n'inciteraient pas à les regrouper dans un même ordre. Pourtant ces animaux ont en commun divers caractères qui les rapprochent : cerveau sans circonvolutions, denture homodonte, dents sans émail, estomac simple, régime alimentaire de type végétarien ou insectivore, apophyses vertébrales surnuméraires, troisième doigt de la main prédominant, etc.

Les xénarthres comprennent actuellement quatre familles : les Bradypodidés ou Paresseux, les Myrmécophagidés ou Fourmiliers, les Dasypodidés ou Tatous vrais et les Chlamydophorinés ou Tatous-rats.

Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Bradypodidés Arboricoles / lenteur remarquable des mouvements et des déplacements /
maladroits à terre / bons nageurs / fourrure envahie d'algues vertes
et de cyanophycées / animaux solitaires, mais communiquant entre eux
au moyen de cris très aigus et des ultrasons / vivent longtemps suspendus
à l'envers aux branches / leur lenteur est probablement à mettre en relation
avec leur physiologie : homéothermes imparfaits, échanges respiratoires réduits,
miction et défécation très abondante, mais selon un rythme important
(tous les 8 à 12 jours) / main à deux griffes (Aï aï) ou trois (Unau)
Brachypus Aï aï
Choloepus Unau
Myrmécophagidés Museau allongé et tubulaire d'où sort une longue langue enduite de
salive gluante avec laquelle l'animal capture des fourmis et des termites /
vraiment édenté / griffes très fortes permettant de creuser dans les termitières
et les fourmilières / terrestres ou arboricoles / queue préhensile si arboricoles
Myrmecophaga Grand tamanoir
Tamandua Petit tamanoir
Cyclopes Petit fourmilier
Dasypodidés Face supérieure de tout le corps recouvert d'écailles épidermo-osseuses imbriquées
comme les ardoises d'un toit / 7 dents sans racines par demi-mâchoire /
nidation de l'œuf différée /
Dasypus Tatou de prairie
Tolypeutes Tatou bombé
Priodontes Grand Tatou
Chlamydophorinés Mêmes caractéristiques que précédent, mais la carapace n'adhère pas au corps
par toute sa surface / mœurs nocturnes et fouisseuses
Chlamydophorus Tatou-rat


Les Pholidotes ou Pangolins sont des euthériens également recouverts de plaques épidermo-osseuses, comme les Tatous, de la tête jusqu'à la queue qui est très longue, préhensile, continuant insensiblement le corps et donnant à ces animaux des aspects reptiliens. Ces animaux se nourrissent de termites et de fourmis. Pour cela, ils disposent, comme les fourmiliers d'une langue très longue, protractile, visqueuse et de fortes griffes pour attaquer les fourmilières ou les termitières ; ces animaux ne possèdent pas, non plus, de dents ; les glandes salivaires sont aussi surdimensionnées ; leur estomac, au moins dans sa première partie, séparée de la seconde par un étranglement est également revêtu d'un épithélium corné. On pense que cette première partie de l'estomac sert à achever de tuer les insectes ingérés et à les triturer afin de les réduire en parties minuscules susceptibles d'être plus faciles à digérer. Le cerveau de ces animaux est très primitif, à peine plus évolué que celui d'un grand nombre de reptiles sauriens ou ophidiens. Les pangolins, comme les tatous ont la faculté de s'enrouler sur eux-mêmes. Les pangolins se rencontrent en Afrique et en Asie.

Le genre Manis comprend le pangolin géant (Manis gigantea), exclusivement terrestre, se nourrissant principalement de termites champignonnistes et qui peut peser une trentaine de kilogrammes ; le pangolin à longue queue (Manis longicauda), exclusivement myrmécophage et le pangolin à trois pointes (Manis tricuspis), arboricole.

Les Duplicidentés ou Lagomorphes, souvent confondus avec les rongeurs, s'en distingue au fait qu'ils possèdent deux paires d'incisives à la mâchoire supérieure, alors que les rongeurs n'en possèdent qu'une paire. Leur formule dentaire est de type I 2/1 C 0/0 Pm 3/2 M 2-3/3. La mandibule se déplace surtout transversalement, ce qui confère cette manière très particulière que les animaux ont de mâcher leurs aliments. Ces animaux possèdent des pattes postérieures très longues et très puissantes, qui leur donnent de remarquables aptitudes à la course et au saut. Ces animaux, strictement herbivores, disposent pour digérer la cellulose d'un très long cæcum. Certaines espèces (toutes ?) pratiquent ce que l'on appelle la caecotrophie. Cela consiste, pour l'animal, à récupérer, au sortir de l'anus une ou plusieurs petites crottes, émises la nuit, non constituées de matières fécales, mais d'une mésoglée très riche en bactéries du cæcum et de les ingérer, sans les mâcher, probablement pour enrichir tout le tube digestif en ces bactéries.

Chez les léporidés (lapins et lièvres) le coït déclenche l'ovulation. Chez le lièvre, on note une nidification différée des œufs fécondés (superfétation).

Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Léporidés Jeunes nidifuges Lepus Lièvres
Léporidés Jeunes nidicoles Oryctolagus Lapins européens et africains
Sylvaticus Lapins américains
Ochotonidés Oreilles courtes et larges / taille d'un rat Ochotona (Europe orientale, Asie)


Les Simplicidentés ou Rongeurs ne possèdent qu'une seule paire d'incisives à la mâchoire supérieure. Le mouvement de la mandibule n'est autorisé que d'avant en arrière et non transversalement comme chez les lagomorphes.

Beaucoup de rongeurs, surtout les petites espèces ou celles vivant en milieu difficile adoptent des stratégies démographiques de type r. Mais il arrive, pour différentes raisons, pas toujours bien élucidées (pression de prédation diminuée, fécondité accrue, raisons physiologiques ou hormonales, toutes ces raisons en même temps ?), que les régulations de leurs populations ne remplissent plus, provisoirement ou plus ou moins durablement, ses fonctions. On assiste alors à des pullulations qui s'accompagnent rapidement de troubles sociaux. Ces troubles sont dus pour une part essentielle à une augmentation importante et ingérable du nombre de signes et de messages sociaux auxquels les animaux deviennent incapables de répondre de façon adaptée, c'est-à-dire en éteignant la source d'information sollicitante. Il s'ensuit des stress qui mettent en jeu une régulation en tendance conduisant à l'hypersécrétion d'ACTH hypophysaire et d'hormones surrénaliennes, non consommées. Puis d'un coup, une grande part de la population meurt. Les effets du stress sont souvent très reconnaissables sur les animaux autopsiés, mais aussi et remarquablement, ces animaux semblent aussi mourir d'hypoglycémie sévère.

La classification traditionnelle des rongeurs est encore assez confuse. Il est certain que, pour cet ordre, une classification phylogénétique apporterait quelques éclairages pour des genres ou des espèces dont la position systématique n'est pas sûre.

Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Sciuroïdés Vie arboricole
Écureuils terrestres
Léthargie hivernale
Animaux des steppes
Patagium permettant le vol plané
Sciurus Écureuils
Xérus Rats palmistes
Marmotta Marmotte des Alpes
Citellus Spermophiles et Sousliks
Pteromys Polatouche
Aplondontoïdés Habitus de castor mais queue courte Aplodontia Castor de montagne
Éomyoïdés Patagium / queue écailleuse / Anomalurus Écureuils volants africains
Gliroïdés Sommeil hivernal / allure de souris mais queue touffue /
pas de cæcum
Glis Loir
Muscardinus Muscardin
Eliomys Lérot
Dryomys Lérotin
Géomyoïdés Pelage homochrome au sol
Membres postérieurs très développés
Abajoues surdimensionnées
Perognathus Pocket mices
Dipodomys rats kangourous
Geomys Gauphres à poche
Thomomys
Dipodoïdés Habitus de rats ou de gerboises / habitent les régions subdésertiques
(sauf la Siciste des bouleaux, forestière en Scandinavie)
Sicista Sicistes
Allactaga Gerboises (Russie)
Jaculus Gerboises (Sahara)
Dipus Gerboises (Sibérie)
Pygeretmus (SO Sibérie)
Muroïdés Groupe très riche en espèces, en habitus, en niches, etc.
Seuls les principaux genres européens sont cités.
Famille des Cricétidés :
Cricetus Grand Hamster
Mesocricetus Hamster doré
Famille des Microtidés :
Clethrionomys Campagnols roussâtre, boréal,
Arvicola amphibius Campagnol aquatique
Ondatra zibethica Rat musqué
Microtus Campagnols
Lemmus Lemmings des toundras
Myopus Lemming des forêts
Famille des Gerbilllidés :
Gerbillus Gerbilles
Meriones Mérions
Famille des Muridés :
Rattus Rats
Mus Souris
Micromys Rat des moissons
Apodemus Mulot rayé
Sylvaemus Mulot sylvestre
Acomys Rat épineux
Pédétoïdés Rongeurs adaptés à la course bipède / espèces Est africaines /
dents jugales à croissance continue
Pedetes Lièvre sauteur
Hystricoïdés Grande taille / corps recouvert de longs piquants projectibles /
terrestres et fouisseurs
Hystrix Porc-épic d'Europe
Atherurus Porcs-épics tropicaux
Castoroïdés Vestibule commun pour l'anus et l'orifice uro-génital / mamelles pectorales /
queue aplatie / main et pied pentadactyles et palmés / vie aquatique /
sécrètent du castoréum pour marquer leur territoire
Castor fiber Castor européen
Castor canadensis Castor canadien
Erithizontoïdés Porcs-épics américains / souvent arboricoles / queue préhensile /
piquants quelquefois barbelés vers l'arrière, cassant facilement et
continuant donc à s'enfoncer dans la chair de ceux de leurs
assaillants qui s'y frottent.
Erithizon Porcs-épics nord-américains
Coendou Porcs-épics sud-américains
Cavioïdés Dents jugales à croissance continue / queue très courte Cavia Cobaye
Dolichotis Mara
Hydrochoerus Cabiaï ou Capybara
Dinomyoïdés Crâne très haut / arcade zygomatique hypertrophiée Cuniculus Paca
Chinchilla
Lagostomus Viscaches
Octodontoïdés Molaires sans racines à croissance continue Myocastor ragondin
Capromys Rat colibri
Thryonomyoïdés Dents jugales radiculées Thryonomys Aulacode
Spalacioïdés Adaptation à la vie souterraine / I 1/1 M 3/3 Spalax
Dasyproctoïdés Membres supérieurs plus hauts que les membres inférieurs Dasyprocta aguti Agouti


Les Insectivores sont des euthériens plantigrades ou semi-plantigrades, le plus souvent pentadactyles. La formule dentaire est de type I 3/3 C 1/1 Pm 4/4 M 3/3. Dents jugales à pointes aigues. Les insectivores sont très probablement phylogénétiquement les ancêtres des dermoptères, des chiroptères et des primates.

L'ordre des Insectivores comprend trois sous-ordres : les Chrysocloroïdés, les Euinsectivores et les Menotyphia.

Les Chrysochloroïdés comprennent des animaux à l'habitus de taupe dont la fourrure dense et soyeuse est jaune avec des reflets métalliques. Leurs mains sont tétradactyles. Plusieurs genres dont Chrysochloris et Amblysomus.

Les Euinsectivores comprennent trois familles : les Tenrécoïdés, les Érinacoïdés et les Soricoïdés.

Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Tenrécoïdés Animaux propres à des régions géographiques
bien distinctes et souvent très menacés
Solenodon (Haïti, Cuba),
allure de très grande musaraigne /
museau prolongé en trompe / devenu très rare ;
Tenrec (Madagascar) / dos, tête et cou recouvert de piquants /
Potamogale (Afrique équatoriale de l'Ouest) / mœurs aquatiques /
queue aplatie servant à la propulsion dans l'eau / ichtyophage /
cet animal est chassé pour sa fourrure (Parpassa)
Érinacoïdés Les hérissons possèdent des piquants /
régime alimentaire omnivore / léthargie hivernale /
très menacés dans les régions où les flux
de circulation automobile sont intenses /
capacité de se rouler en boule /
immuns vis-à-vis du venin des vipères ;
Les Echinosorex sont dépourvus de piquants
Erinaceus, Aethechinus Hérissons ;
Echinosorex Hérissons sud asiatiques
Soricoïdés Musaraignes et Taupes vraies Sorex, Crocidura Musaraignes
Talpa, Scalopus Taupe
Desmana (Galemys) Desman


Les Menotyphia forment un groupes d'animaux très proches phylogénétiquement des primates. Les systématiciens ne sont pas tous d'accord pour conserver le Toupaye parmi les insectivores ou le classer avec les Prosimiens. Bien que ces animaux ne possèdent pas encore un cerveau très développé, diverses esquisses de scissures propres aux primates sont observables ; leur rhinencéphale se réduit au profit de structures plus évoluées (néopallium).

Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Macroscélidés Habitus de rat / longue trompe /
pattes arrière plus développées que les pattes avant /
Africains
Elephantulus, Macroscelides Rats à trompe
Tupaiidés Le Toupaye a un habitus de lémurien /
Asie tropicale, Bornéo ;

Tupaia Toupaye
Ptilocercus


Les Dermoptères sont des euthériens dont les pattes avant sont rattachées aux pattes arrière par une membrane, le patagium, grâce à laquelle ces animaux sont doués pour le vol plané. Les Galéopithèques (Galeopithecus) ne quittent guère les arbres où ils trouvent leur nourriture (feuilles, fruits, insectes) et où ils dorment, se reproduisent et élèvent leurs petits. Ils ne descendent guère à terre, puisqu'ils sont capables, pour rejoindre d'autres arbres, de franchir des distances relativement grandes, en planant.

Les Chiroptères ou Chauves-souris sont des euthériens doués pour le vol. Le plus souvent, ces animaux ont des mœurs nocturnes ou crépusculaires. Quelques espèces frugivores sont diurnes. Le plus souvent, les chauves-souris sont des petits animaux. Les roussettes sont de taille moyenne à grande. La plus grande chauve-souris (Pteropus vampyrus) habite Java, elle fait près d'un mètre cinquante d'envergure.

Beaucoup de chauves-souris entrent en léthargie hivernale. D'une manière remarquable, les chauves-souris qui hibernent le plus longtemps sont aussi celles qui sortent le plus tard. Au contraire, les chauves-souris qui sortent tôt dans la soirée ont un sommeil hivernal bref, quelquefois interrompu et même suivi de sorties quand le temps est très doux. C'est le cas pour des pipistrelles (bretonnes) que je vois sortir brièvement pour un petit tour au-dessus du jardin avant de regagner leur abri, parfois jusqu'en mi-décembre et dès le mois de février.

Les régimes alimentaires des chauves-souris traduisent parfaitement ce qui se passe à chaque fois qu'une classe d'animaux occupent un espace qu'aucune autre classe comparable ne sait occuper. L'espace aérien n'est fréquenté par aucun mammifère autres que les chauves-souris. La seule concurrence qui pourrait exister serait celles des oiseaux, s'ils étaient nocturnes. Toutes les niches sont donc libres, sauf celle occupée par les strigiformes (chouettes et hiboux). Il est donc logique de faire l'hypothèse qu'il ne peut pas y avoir beaucoup de chauves-souris rapaces, ce qui se confirme, mais que beaucoup d'autres régimes alimentaires peuvent être adoptés et que les chauves-souris ont pu évoluer ou s'adapter à ces régimes. Ce raisonnement ne vaut pas seulement pour les chauves-souris, mais pour n'importe quel groupe systématique. C'est ainsi que les requins (poissons cartilagineux), contrairement à ce que l'on pense généralement, ne sont pas que de redoutables prédateurs, mais peuvent, selon les espèces, occuper des niches diverses : planctonivores, malacophages, ichtyophages, détritiphages, etc. sans entrer véritablement en compétition avec les poissons osseux, même s'ils occupent des niches très proches. L'évolution des espèces, c'est-à-dire la différenciation formidable qui sépare sans ambiguïté une classe systématique d'une autre, en augmentant la biodiversité, offre également un plus grand choix de niches écologiques et contribue ainsi à une plus fine régulation homéostasique de la biosphère, par exemple, en complexifiant les transferts d'énergie et de matière. Les espèces sont autant de cellules composant des organes " écosystèmes " dans l'organisme biosphère. Si l'on admet que la multiplication des neurones et des " centres nerveux " dans le cerveau le rend plus performant, on pourrait aussi admettre qu'un nombre toujours plus grand d'espèces ferait une biosphère plus performante. Alors que penser des actions de l'homme dont on constate qu'elles tendent au contraire à diminuer cette diversité ? L'homme n'est peut-être qu'une erreur évolutive puisqu'il ne comprend désespérément pas quelle place aurait dû être la sienne dans l'homéostasie de la biosphère.

Quelques exemples de régimes alimentaires chez les chauves-souris :

Régime
Genres / Répartition
Commentaires
Entomophage Rhinolophus (Paléarctique)
Vespertilio (Paléarctique)
Pipistrellus (Paléarctique)
Myotis (Cosmopolite)
Hipposideros (Afrique tropicale)
Emballonura (Asie du Sud Est, Madagascar)
La grande majorité des chauves-souris capture des insectes
soit au vol, soit quand ils sont posés sur les feuilles et
même à la surface de l'eau. Les chauves-souris européennes
sont toutes entomophages
Mixte dont Carnivore Phyllostomus (Amérique)
Lyroderma lyra (Amérique)
Vampyrum (Amérique du Sud)
En dehors du genre Lyroderma quasi exclusivement rapace
(oiseaux, mammifères, chauves-souris), les autres genres
comprennent des chauves-souris frugivores et insectivores,
accessoirement carnivores. Les Phyllostomus savent parfaitement
éplucher des bananes.
Piscivore Noctilio (Amérique du Sud et centrale)
Pizonyx
Les chauves-souris piscivores possèdent de longues pattes
et des pieds armés de longues griffes à l'aide desquels elles
cueillent les poissons qui viennent près de la surface
Frugivore Roussettus, Pteropus, Megaloglossus Roussettes ;
Phyllonycteris (Antilles)
Carollia (Amérique du Sud)
Les roussettes (Mégachiroptères) possèdent souvent une
langue longue et râpeuse adaptée à ce régime frugivore.
Nectarivore
Pollénivore
Glossophage
Choenonycteris (Mexique, Ouest USA)
Glossophaga
Cynopterus
Ces chauves-souris, à très longue langue, jouent un rôle actif
dans la pollinisation de certaines plantes (Saguaro).
Hématophage Desmodus (Amérique du Sud) Ces chauves-souris sont communément appelées vampires.
Elles sont équipées d'incisives et de canines extrêmement
tranchantes avec lesquelles elles découpent un fragment de peau,
puis lèchent le sang qui s'écoule de la blessure. Leur salive contient
un anticoagulant. Ces chauves-souris peuvent être des vecteurs de la rage.


La classification des Chiroptères :

La classification des Chiroptères reste encore très artificielle. Elle fait mention de deux sous-ordres : les microchiroptères (petites chauves-souris) et les mégachiroptères (grosses chauves-souris). Or certaines chauves-souris classées parmi les petites peuvent être beaucoup plus grandes que certaines classées parmi les grosses.

Quelques chauves-souris du paléarctique occidental :

Familles
Caractéristiques
Genre / Espèces
Nyctéridés Longue queue / grandes oreilles /
face creusée d'un sillon avec excroissances foliacées
Nycteris thebaica
(Afrique du Nord, Palestine)
Rhinolophidés Museau portant des appendices foliacés (feuille nasale). On y reconnaît trois parties distinctes : en avant le fer à cheval, au milieu, verticalement dans le plan sagittal, la selle et en arrière une lame dressée, la lancette / oreilles sans tragus / queue courte incluse dans la membrane interfémorale Rhinolophus ferrumequinum Grand rhinolophe fer à cheval
Rhinolophus hipposideros Petit rhinolophe
Ces deux espèces se rencontrent en Europe de l'Ouest et méditerranéenne au-dessous d'une ligne qui irait de la Belgique à la Crimée.Trois autres espèces (Rhinolophe de Euryale, de Blasius et de Mehely) sont propres aux régions méditerranéennes ou aux Balkans.
Vespertilionidés Museau sans feuille nasale / oreille avec tragus souvent pointu ou quelquefois arrondi / la queue ne dépasse pas la membrane alaire / (Seules quelques espèces communes dans le grand Ouest de la France sont citées) Myotis daubentonii Vespertilion de Daubenton (souvent en nombre près de l'eau)
Myotis mystacinus Vespertilion à moustaches (très répandue / sort tôt et vole plutôt près et dans les feuillages)
Myotis myotis Grand murin(commun, souvent dans les greniers / sort tard / vole haut)
Myotis nattereri Vespertilion de Naterrer (cri fréquent à ininterrompu pendant le vol)
Myotis bechsteinii Vespertilion de Bechstein (vol plutôt lent, voire lourd)
Plecotus auritus et Plecotus austriacus Oreillards commun et gris (surplace fréquent) / chauves-souris peu farouches / chassent autour des branches
Barbastella barbastella Barbastelle (vol bas, rapide et papillonnant / peu commune)
Pipistrella pipistrellus Pipistrelle (vol rapide et capricieux souvent près des maisons, les cours ou les jardins)
Eptesicus serotinus Sérotine (souvent proche des habitations / vole moyennement haut / piqués fréquents / battements d'ailes perceptibles pendant le vol)
Nyctalus noctula Noctule (sort tôt, même en plein jour / vole haut, voire très haut, vite et en ligne droite / ailes longues et étroites / lisières forestières)
Molossidés Très grande chauve-souris / ailes longues et étroites / très grandes oreilles se touchant vers l'avant / queue dépassant la membrane interfémorale, du tiers et plus de sa longueur / vol élevé et rapide / souvent dans les villes Tadarida teniotis Molosse de Cestoni
Cette espèce fréquente à peu près la même aire que celle qu'occuperait l'olivier (espèces sténothermes chaudes).


Les Primates sont des euthériens en majorité arboricoles. Ces animaux sont plantigrades, pentadactyles, le pouce est toujours opposable, le gros orteil aussi (quadrumanes), excepté chez les hominidés. Dans la plupart des espèces, les femelles portent une paire de mamelles pectorales et présentent des menstrues. Les jeunes sont très souvent longtemps nidicoles. Le cerveau des primates montre une forte diminution du rhinencéphale accompagnée d'une forte augmentation du néopallium. Chez l'homme, la bipédie, en modifiant divers équilibres squelettiques crâniens, offre une grande possibilité au développement des aires cérébrales orbito-frontales. La très grande majorité des espèces de primates reste confinée aux régions chaudes du globe.

La classification des primates fait état de quatre sous-ordres : les Lémuriens, les Tarsiens, les Simiens et les Hominiens.

Les Lémuriens sont des primates archaïques, proches des Toupayes (Insectivores). Ils sont bien adaptés à l'arboricolisme.

Infra-ordres
Caractéristiques
Genre / Espèces
Lorisiformes Petite taille / nocturnes / Aucun lorisoforme n'habite Madagascar / deux aires de répartition : I Afrique II Asie I Afrique :
Galago Galagos
Arctocebus Dormeurs
Perodicticus Pottos
II Asie :
Lori Loris
Nycticebus Nycticèbes
Lémuriformes Lémuriens de MadagascarLemur
Lepilemur
Indri
Microcebus
Daubentoniformes Une seule espèce / incisives de type rongeur / troisième doigt de la main très long et considéré comme un organe tactile Daubentonia madagascariensis Aye-aye


Les Tarsiens sont des primates arboricoles, sauteurs, insectivores et strictement nocturnes. Ils possèdent d'ailleurs de très grands yeux logés dans des cavités orbitales énormes au regard de la taille du reste du crâne. Bien que nocturnes, les tarsiers sont des animaux qui ont privilégié la vision, non seulement pour trouver leurs proies, mais dans bien d'autres domaines de leur vie relationnelle et comportementale. Leur cerveau montre parallèlement un fort développement des aires corticales, surtout visuelles, mais aussi auditives. En cela, les tarsiers ressemblent beaucoup aux mégachiroptères (roussettes).Les tarsiers (Tarsius) ne se rencontrent que dans les îles Philippines, Java, Sumatra, Célèbes, Bornéo et quelques autres îles de Malaisie.

Les Simiens sont des primates arboricoles bien cérébralisés. Leurs yeux sont orientés vers l'avant. Leurs membres antérieurs très longs sont adaptés à la brachiation. Les menstruations sont de règle chez les femelles après une ponte ovulaire non suivie de fécondation. Chez les espèces de simiens qui marquent une propension à se tenir sur leurs membres postérieurs, on assiste à une diminution importante de la mandibule qui, comme le reste du masque facial passe sous la boîte crânienne. Cette modification, induite par des nécessités de rééquilibrer tout le squelette, conduit à offrir au cerveau des possibilités nouvelles de se développer et particulièrement à son cortex.

Les simiens ont soit 36 dents : I 2/2 C 1/1 Pm 3/3 M 3/3, soit 32 en perdant une prémolaire. La majorité des espèces est omnivore avec des préférences pour les fruits ou les feuilles et les insectes, mais sans dédaigner les œufs, les oiseaux au nid, les lézards, etc.

La classification des simiens :

On distingue deux sous-ordres de simiens : les Platyrrhiniens ou singes du nouveau monde et les Catarrhiniens ou singes de l'ancien monde.

Les Platyrrhiniens possèdent des narines séparées par une large cloison et orientées vers l'extérieur. Leur queue est longue (au moins 14 vertèbres). Leur pelage est épais, souvent laineux. Les menstrues quand elles existent sont insignifiantes.

Familles
Caractéristiques
Genres / Espèces
Hapalidés Très petits singes / queue touffue non préhensile / arboricoles grimpeurs / probablement proches des tarsiers Hapale Ouistitis
Leontocebus Tamarins
Cébidés Taille moyenne / queue préhensile / Cebus Capucin
Alouatta Singes hurleurs
Ateles Singes araignées


Les Catarhiniens ont des narines rapprochées, tournées vers le bas et séparées par une cloison narinaire mince. Leur queue n'est jamais préhensile. Les menstrues sont abondantes.

On divise les Catarrhiniens en Cynomorphes (singes à allure de chien) et en Anthropomorphes (singes à allure d'homme).

Les Cynomorphes ou Cercopithécidés sont des singes arboricoles (ou rupicoles) grimpeurs. Beaucoup d'espèces passent beaucoup de temps sur le sol où ils marchent en prenant des appuis plantigrades aussi bien sur la paume de la main que sur la plante du pied. Beaucoup de ces singes possèdent une queue qui peut être plus ou moins développée, mais elle peut être absente chez certaines espèces. Présence d'un os pénien.

Familles
Caractéristiques
Genres / Espèces
Cercopithécinés Membres postérieurs plus courts que les antérieurs / abajoues constantesCercopithecus Cercopithèques (nombreuses espèces)
Hamadryas
Macaca Macaques dont le macaque rhésus ou encore le Magot (Gibraltar)
Papio Babouins
Mandrillus Mandrills, Drills
Colobinés Membres postérieurs plus longs que les antérieurs / pas d'abajoues Colobus Colobe ou singe à fourrure
Nasalis Nasique
Semnopithecus


Les Anthropomorphes ou grands singes comprennent deux familles : les Hylobatidés et les Pongidés. Ces singes arboricoles pratiquent la brachiation, c'est-à-dire qu'ils se déplacent suspendus dans les arbres, passant de branches en branches en se balançant. Ces singes ne possèdent pas de queue. Présence d'un os pénien.

Familles
Caractéristiques
Genres / Espèces
Hylobatidés Bras très longs / pelage épais / nombreuses et fortes vocalisations / Le samiang possède des sacs laryngiens qui forment comme une caisse de résonance et amplifient considérablement les sons émis. Symphalangus Samiang
Hylobates Gibbons
Pongidés Principalement arboricoles, mais bons marcheurs aussi (Gorille des montagnes) / sacs pharyngiens / Pongo pygmaeus Orang-outan (très menacé)
Pan troglodytes Chimpanzé (plusieurs races dont le Bonobo)
Gorilla gorilla Gorille de côte
Gorilla beringei Gorille des montagnes (très menacé)


Les Hominiens sont des primates non arboricoles, ayant adopté une posture verticale et bipède. Les membres inférieurs sont nettement plus longs que les membres supérieurs. La pilosité est réduite à la chevelure et aux poils pubiens. Aucun poil tactile. Pas de callosités fessières, de queue, ni d'os pénien. Canines identiques chez les deux sexes. Gros orteil non opposable. Croissance très lente, maturité sexuelle tardive. Cerveau où les hémisphères cérébraux sont particulièrement développés et circonvolutionnés.

Les Hominiens comprennent deux familles : les Australopithécidés (Australopithecus afarensis, A. africanus, A. boisei, A. robustus, Paranthropus, Zinjanthropus) et les Hominidés (Homo erectus, H. sapiens neandertalensis, H. sapiens sapiens ou homme moderne). L'émergence d'un Homo mens exclusarius, de plus en plus dominant, ne devrait pas manquer de nous interpeller dans un très proche avenir.

Longtemps rattachés aux simiens, les hominiens forment sans conteste un phylum à part, depuis longtemps séparé de lui. La découverte d'ancêtres de l'homme moderne (Lucie) n'a pas encore permis de résoudre la question du " chaînon manquant ". Il ne faut pas désespérer. D'aucuns avanceraient même que ce chaînon manquant, ce seraient les téléspectateurs des chaînes de la télévision française.

Dossier : Les hommes, nom de famille HOMO
http://www.futura-sciences.com/fr/comprendre/dossiers/doc/t/anthropologie/d/les-hommes-nom-de-famille-homo_711/c3/221/p1/

Le plus vieil hominidé d'Europe de l'ouest a 1,2 million d'années - Mars 2008
http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/homme/d/le-plus-vieil-hominide-deurope-de-louest-a-12-million-dannees_15065/




Mammifères : http://www.ac-orleans-tours.fr/svt/publis/Mammif/mammif.htm

Fiches signalétiques des Mammifères :
http://mrw.wallonie.be/dgrne/sibw/especes/ecologie/mammiferes/home.html

Classification des mammifères :
http://www.ac-nantes.fr:8080/peda/disc/svt/classifs/terminale/htm/tab_mammifs_t.htm#

Mammifères :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mammif%C3%A8res





[Corrélats : Carnivores / Frugivores / Insectivores / Omnivores / Pullulation / Classification animale / Habitus / Loi de Rensh / Principe d'Allee / Hivernage / Hibernation / Économie / Écholocation / Viviparité / Phéromones / Reproduction animale / Gestation / Condition de la femme / Éducation / Émancipation / Absentéisme / Juvénilité / Nourrissage / Sex - ratio / Dimorphisme sexuel / Polygamie / Allométrie / ...]

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