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La question du nourrissage.






Faut-il nourrir les oiseaux sauvages ? Faut-il les nourrir seulement en hiver ou bien toute l'année ? Faut-il leur donner du pain ? Comment faire pour éviter que les chats capturent les oiseaux qui viennent aux mangeoires ? Comment éloigner des oiseaux " indésirables " des mangeoires ? Ce sont là quelques-unes des questions qui sont régulièrement posées par les personnes désireuses d'installer des mangeoires dans leur jardin ou à leur fenêtre ou bien qui l'ont déjà fait.
Sitta europaea : Sittelle torchepot


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L'homme a toujours nourri beaucoup d'espèces d'oiseaux sauvages. Il a pu le faire volontairement, par exemple, pour les apprivoiser ou tenter de les capturer, parfois pour le seul plaisir de les observer. Il l'a fait le plus souvent de façon totalement involontaire, sinon contre son gré, au moins pour les espèces anthropophiles qui ont toujours su profiter de ses restes de nourriture, de ses réserves alimentaires, de ses déchets, de ses animaux d'élevage pour en faire des proies ou encore des invertébrés découverts à la faveur du jardinage ou des pratiques agricoles, etc.

Jusqu'à une époque récente, en dehors des seuls centres urbains densément peuplés, les oiseaux trouvaient assez facilement leur provende dans les jardins ou autour des petits élevages de poules qui existaient partout dans toutes les bourgades. On n'oubliera pas non plus que le crottin de cheval était abondant et que les restes alimentaires qu'il contient, devaient être conséquents.

Non seulement, depuis une cinquantaine d'années, les chevaux ont disparu, mais les jardins potagers ont été remplacés par des jardins d'agrément où la pelouse est reine. La campagne n'est plus non plus tout à fait ce qu'elle était.

Dans ces conditions, les oiseaux des villes ont beaucoup plus de difficultés pour trouver à manger. C'est bien sûr vrai en hiver, mais c'est parfois aussi le cas pendant la belle saison.

I. Les raisons de nourrir en hiver :

Deux raisons essentielles justifient que l'on apporte un supplément nutritionnel aux oiseaux des villes en hiver. La première est que la quantité de nourriture disponible est très réduite et que les oiseaux ont besoin d'une plus grande quantité de calories pour lutter contre le froid ou les mauvaises conditions météorologiques. La seconde est que, du fait des jours courts, les oiseaux disposent de peu de temps pour trouver les calories dont ils auraient besoin.

II. Des raisons pour nourrir toute l'année :

Des observations ont été menées sur des mangeoires approvisionnées toute l'année dans différents quartiers d'une même cité.

Les mangeoires situées dans des quartiers de type " bocage pavillonnaire " avec des jardins d'agréments où prédominait le gazon, des fleurs annuelles et des haies " pour le marquage territorial ", étaient visitées toute l'année.

Les mangeoires situées plus en périphérie de la cité, évidemment plus en relation avec la campagne, mais aussi avec des jardins de rapport, n'étaient pratiquement pas visitées pendant la belle saison, c'est-à-dire quand les graines, les insectes ou les baies abondent partout. L'idée serait donc de ne nourrir toute l'année que là où l'environnement urbain est peu biodiversifié et par conséquent où la production primaire ou secondaire de nourriture a de fortes chances de ne pas satisfaire aux besoins des oiseaux.

C'est ce que font les Anglais qui nourrissent les oiseaux toute l'année depuis fort longtemps déjà puisqu'ils savent pertinemment que, dans bien des cas, leurs jardins d'agrément ne sont guère productifs.

III. Faut-il donner du pain ?

D'une manière générale, on peut partir sur une base simple : les oiseaux ne sont pas idiots et ils savent le plus souvent mieux que nous ce qui leur convient. Le pain trempé dans du lait plaît beaucoup aux moineaux et à quelques autres espèces. Il faut surtout veiller à ce que le pain ne soit pas moisi. Certaines moisissures, en effet, peuvent être très toxiques.

Ce qui vaut pour le pain vaut aussi pour les graines ou les graisses animales ou végétales que l'on met à disposition. Il faut s'assurer qu'elles sont toujours consommables. Les graisses rancies et les graines moisies doivent être jetées.

On admet cependant qu'il vaut mieux éviter les aliments trop salés (beurre, margarine, cacahouètes, etc.).

IV. Comment empêcher l'approche d'espèces " indésirables " ?

D'abord y a-t-il lieu de considérer certaines espèces comme indésirables ?

Evidemment, quand un épervier apprend à venir à la mangeoire, pas vraiment pour les graines, mais davantage pour les mésanges, cela pose question.

Le plus souvent, on remarque que certains oiseaux semblent squatter la mangeoire à leur seul profit et empêchent à quiconque de s'approcher. Les verdiers sont coutumiers du fait ; Le rougegorge aussi. Mais cela ne dure qu'un temps. Sur un espace de temps suffisamment long, on constatera que toutes les espèces, même les plus timides, trouveront leur compte, ne serait-ce qu'en mangeant ce que les espèces dominantes font tomber par terre.

Il arrive parfois que des oiseaux ne quittent plus la mangeoire. Ce serait le cas, en certains lieux, des étourneaux. Si tel était le cas, le déplacement de la mangeoire et un choix de graines inadaptées à cette espèce devraient suffire pour les voir disparaître.

V. Comment empêcher les chats de capturer les oiseaux ?

Le plus simple, pour son propre chat, c'est le collier avec des grelots. Pour les chats des voisins, diverses techniques sont efficaces. D'abord, faire en sorte que la mangeoire soit placée suffisamment en hauteur pour que le chat ne puisse pas sauter dessus. Quand ce n'est pas possible, on peut disposer autour de la mangeoire, soit d'un grillage à larges mailles au travers desquelles les oiseaux sauront passer, mais pas le chat, soit d'un dispositif empêchant l'approche du chat. Dans le Morbihan, sans doute parce que nous n'en manquons pas, on dispose des ajoncs coupés tout autour de la mangeoire et les chats n'approchent plus. D'autres plantes épineuses conviennent très bien.