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Maquis
Maquis


"Jabalí" (de l'arabe djebel alouf) dans un maquis, Serradilla, Espagne
Le maquis correspond à un type de végétation spontanée et très caractéristique des régions siliceuses méditerranéennes.


Le maquis est constitué de petits arbres (chêne vert, chêne liège, arbousier, pin d'Alep, fustet, genévrier de Phénicie) et d'un sous-bois très dense, souvent impénétrable d'arbustes (cistes, romarin, bruyères arborescentes, genêts, lentisques, salsepareilles, etc.), souvent aromatiques et dégageant, dès qu'il fait un peu chaud, un parfum entêtant et lourd d'huiles essentielles, de tanins et de résines.

L'ensemble offre un paysage grenu, sombre, à la fois d'une beauté sauvage et peu engageant.

Il est difficile de savoir si un maquis est un climax ou bien s'il est le résultat de la dégradation par le surpâturage et le feu de la forêt méditerranéenne primaire.

Les maquis denses offrent une faible diversité, aussi bien floristique que faunistique. Il n'y a guère que les sangliers (et quelques corses) qui s'y cacheraient.




Sur les hauteurs de l'Agly (66) : Maquis ou garrigue ?
La distinction entre maquis et garrigue peut paraître simple dès lors que l’on admet que les maquis sont des formations végétales moyennes sur silice et que les garrigues sont des formations basses sur calcaire. Seulement voilà, entre les garrigues élevées et les maquis bas, ça se complique. Par-dessus le marché, il arrive fréquemment que la géologie s’en mêle, et même s’emmêle, pour nous offrir des patchworks de terrains où se mélangent des sables, des marnes, des gneiss, des schistes, des calcaires, des galets, des alluvions et des colluvions où toutes ces roches sont mélangées et où, surtout si on ne vit pas dans la région, l’appréhension du territoire est bien délicate.

C’est la raison qui me pousse à offrir à la lecture un extrait sur la géologie locale, extrait emprunté au site du Domaine de la Casenove que je remercie vivement pour la permission que je ne leur ai pas demandée...


Maquis dégradé / Région de Tautavel (66)
Extrait de : Les terroirs de la Vallée de l'Agly
http://www.7devigne.com/subcat_fr.php?recordID=38&linkedtoID=4

Si cette zone constitue le prolongement géologique de la précédente (Les terroirs des Corbières du Roussillon), elle s’y oppose d’un point de vue des terrains et des paysages. Elle est marquée par les marnes noires entaillés en gouttières et dominés par les chaînons calcaires du Crétacé inférieur et du Jurassique. Les terroirs de Tautavel et le vignoble de Maury se situent dans le synclinal marneux des Fenouillèdes et en exploitent principalement les basses terres de collines marneuses et de terrasses alluviales. Localement, des vieux sols rouges méditerranéens ont été préservés qui donnent leur originalité à quelques parcelles. Le vignoble de l'Agly proprement dit s'étend au sud, au-delà du col de Maury. A l'ouest, le village de Lesquerde possède des terroirs uniques de granite et de gneiss, récemment reconnus par l'AOC Côtes du Roussillon Villages Lesquerde. En suivant la vallée, le petit village de Saint-Arnac constitue avec son terroir d’arènes granitiques argileuses, une enclave spécifique.


Sur la zone d'AOC Côtes du Roussillon Villages Caramany, en descendant vers l'est, le vignoble est planté sur les gneiss précambriens. Les sols qui en dérivent, à la couleur rouge typique, sont extrêmement favorables à la production de vins de qualité. Un peu à l'écart de la rivière, autour de Bélesta, le vignoble s'étend sur des sols de granites et de gneiss puis, plus au sud encore, sur des affleurement de molasses blanches du pliocène, parfois très graveleuses.En rejoignant la rivière Agly, au nord, entre Rasiguère et Estagel, l'AOC Côtes du Roussillon Villages Latour-de-France doit sa spécificité à la présence de schistes fins pélitiques. Vers l’aval encore, les terroirs de Baixas et d'Espira-de-l'Agly mettent au contact les calcaires jurassiques et les formations alluviales pliocènes et ouvrent vers la "Crest" (ou Crau) de Rivesaltes jusqu'à Salses. C'est un vaste cône alluvial caillouteux qui mêle galets et argile rouge induré en profondeur.




Garrigue plutôt !


D'abord parce que cet endroit est calcaire, parce que les gens du cru parlent de garrique et que leur référence au maquis les ramènent à la seconde guerre mondiale...

I. Physionomie


Terrain militaire de Montpins

Terrain militaire de Montpins

Terrain militaire de Montpins

Terrain militaire de Montpins


II. Quelques plantes caractéristiques :


Buplèvre ligneux (Bupleurum fruticosum)

Buplèvre ligneux (Bupleurum fruticosum)

Sédum élevé (Sedum sediforme)

Salsepareille (Smilax aspera)

Clématite brûlante (Clematis flammula)

Fragon petit-houx (Ruscus aculeatus)

Stéhéline douteuse (Staechelina dubia)

Stéhéline douteuse (Staechelina dubia)

Nerprun alaterne (Rhamnus alaterna)

Cade (Juniperus oxycedrus)

Arbousier (Arbustus unedo)

Chêne kermès (Quercus coccifera)

Euphorbe characias (Euphorbia characias)

Euphorbe de Nice (Euphorbia nicaeensis)

Mylabris quadripunctata sur Senecio pyrenaicus

Helichrysum stoechas sur fond de Asparagus acutifolius

Cannes de Provence (Arundo donax)
Dans les fonds, là où s'accumulent les argiles de décarbonatation et les matériaux colluvionnaires, la présence d'une humidité résiduelle est attestée par la présence des cannes de Provence.

Filaria à feuilles étroites (Phillyrea angustifolia)
A contrario, la présence de Filaria à feuilles étroites est un bon indicateur d'un sol à réserves en eau faible à très faible et à bilan hydrique déficitaire.

Déprise agricole

Déprise agricole

Quel devenir ?
Après 4000 ans de surpâturages, d’érosions hydriques et éoliennes, d’incendies et autres calamités, voici ce qu’il reste de la forêt méditerranéenne entre Agly et Têt...

Je ne pense pas que l’on puisse fonder quelque espoir, même sur un moyen terme, pour repasser de ce que les phytosociologues appellent le « Rosmarinetea officinalis » (garrigue) au « Quercion ilicis), c’est-à-dire à la forêt primitive de chêne vert... Dans 4000 ans, personne ne peut savoir !

On peut simplement espérer que nous serons assez raisonnables pour ne pas dégrader davantage ce paysage et nous couper définitivement de la biodiversité qu’il nous offre encore.

Muscats et côtes du Roussillon
En attendant ces quatre mille prochaines années, on aura le temps de se boire un petit Muscat ambré juste pour la longueur sur les amygdales ou un Maury (d'à-côté) sur un gâteau au chocolat...





Les garrigues et les maquis :
http://www.lagrasse.com/fr/patrimoine/guarrigues%20et%20maquis.htm

http://www.cybergeo.presse.fr/cartogrf/texte1/bioret.htm


La flore des Alpes-Maritimes : http://flore06.site.voila.fr/pages/flore/flore.htm

Les garrigues / successions : http://perso.wanadoo.fr/marius.autran/glossaire/tome7/vegÉtation_sicie.html

http://crdp.ac-besancon.fr/ressourc/flore/flore.htm





[ Corrélats : Paraclimax / Dynamique des écosystèmes / Successions / Série régressive / ...]

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