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Méloïdés

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Méloé printannier (Meloe proscarabaeus)
C'est parfois très tôt dans la saison qu'on peut rencontrer des méloés. L'imago ci-contre a été photographié le 4 mars 2009 dans le jardin de Kerpotence à Hennebont entre deux averses de neige fondue et par un froid à ne pas mettre un coléoptère dehors !


Ce mâle, reconnaissable à ses antennes coudées, se promenait sous les Dimorphoteca et autres composées des futures bordures fleuries sur lesquelles viendront butiner de nombreuses abeilles domestiques ou solitaires, mais aussi des syrphes et de nombreux autres pollinisateurs.

C'est sans doute par hasard même si les relations entre les méloés et les hyménoptères sont particulièrement intéressantes à décrire. Les méloïdés sont des coléoptères qui ont en commun d'avoir des larves kleptoparasites et un cycle de métamorphoses remarquable.

Le kleptoparasitisme désigne une forme de parasitisme au cours duquel une écophase va détourner à son seul profit une ressource de l'espèce parasitée. C'est ainsi que les larves de méloés vont utiliser les réserves de miel normalement destinées aux larves des abeilles parasitées.

Pour y arriver, les méloés usent de divers stratagèmes qui ne manqueront pas de nous interpeller sur le plan de la coévolution des espèces.

D'abord, les méloés sont des machines à pondre. Ils sont affublés d'un énorme abdomen qui les empêcherait de voler s'ils avaient encore des ailes. Celui de la femelle est encore plus volumineux, ce qui lui permet de pondre plusieurs milliers d'œufs dans la terre. Trois ou quatre semaines plus tard, des milliers de petites larves affublées de pattes au bout desquelles on va compter trois petits ongles (ou griffes) vont naître et grimper aussitôt dans la végétation. C'est la possession de ces trois petits ongles qui leur a valu leur nom de triongulin.

Les larves triongulines (on les rencontre aussi chez les coccinelles) choisissent généralement de s'installer sur des fleurs où elles peuvent rencontrer les abeilles mellifères qui les intéressent. Les triongulins sont de très petites larves, très agiles et très rapides qui affectionnent les fleurs des composées dans les fleurs tubulées desquelles elles se cachent et restent immobiles jusqu'à ce qu'un insecte visite la fleur ou qu'on l'ébranle pour faire une observation…

Mais chez certaines espèces de méloés, les larves peuvent développer d'autres stratégies pour s'accrocher à l'abeille convoitée. En effet, les triongulins cachés dans la fleur vont s'accrocher aux poils de l'abeille laquelle va les emmener dans sa ruche ou son nid. C'est très probablement la raison de l'existence de ces trois ongles entourés de touffes de poils. Cela écrit, les triongulins disposent aussi de pseudo appendices à la terminaison de leur abdomen qu'ils rendraient adhésifs par des sécrétions anales ce qui leur permettrait de se fixer à leur hôte pour un transport. Il peut arriver qu'une seule abeille transporte plusieurs triongulins en même temps. Il arrive aussi que les triongulins se trompent de transporteurs et choisissent, par exemple, de grimper sur une abeille mâle, une syrphe ou un insecte pollinisateur quelconque non mellifère auquel cas, évidemment, sa tentative de parasitage est vouée à l'échec. Il semble que seuls quelques larves arrivent à se fixer sur le bon transporteur. Le déchet serait colossal et compensé par le nombre très important d'œufs pondus et de larves à naître (2 à 4000 oeufs par ponte - 3 à 5 pontes).

Arrivée au nid, la larve trionguline se détache de son transporteur et gagne une loge dans laquelle l'abeille a déjà pondu un œuf et mis la réserve de miel nécessaire au développement de sa larve. Le triongulin dévore l'œuf de l'abeille, puis consomme la réserve de miel s'il ne s'y noie pas.

Ce qui est remarquable aussi chez les méloïdés, ce sont les différents stades de la métamorphose qui est qualifiée d'hypermétamorphose. Le triongulin est pendant les deux premières phases une larve caraboïde, migrante et agressive pour trouver un hôte transporteur, puis sédentaire et mellivore aussitôt qu'elle a trouvé un alvéole. Au stade 3, la larve est de type melolonthoïde, d'abord sédentaire et mellivore, puis migrante et carnivore au stade 4. Au stade 5, la larve va s'enfouir et se contracter (hypnothèque), puis se transformer en une prénymphe immobile et qui ne se nourrit pas. Le stade 6 est le stade nymphal proprement dit au cours duquel la nymphe, toujours souterraine, est mobile. Elle donne naissance à l'imago qui va errer sur la terre plus ou moins longtemps selon qu'il va se reproduire rapidement ou pas. À la fin de l'été, les méloés adultes ne se rencontrent plus guère.

Ce qui est intéressant dans ce cas d'hypermétamophose, c'est le stade " larve contractée ou hypnothèque ". L'hypothèse la plus couramment admise pour expliquer cette écophase est qu'elle correspond à une phase d'hivernage nécessaire à la synchronisation des cycles du méloé et de son hôte hyménoptère. En effet, la larve dans l'hypnothèque ne va pas subir de métamorphose proprement dite (ni hystolyse, ni hystogenèse). Il est évidemment indispensable que les larves triongulines naissent au moment où les abeilles auront déjà pondu et rempli les alvéoles d'un œuf.

Une précision concernant le statut de cet insecte :

Je ne l'avais pas précisé, mais il y avait pas mal de temps que je ne voyais plus de méloés alors qu'au temps de mon enfance, nous le trouvions en grand nombre au pied des bâtiments de la ferme de la Vaucelles où j'allais passer mes jeudis et où mes petits camarades de l'époque les appelaient semi-remorques. Au pied de ces bâtiments, il y avait plein de colonies d'abeilles solitaires. Cet insecte a fait partie de ceux qui m'ont donné cette passion naturaliste. J'ai eu envie de raconter cette histoire dans http://www.ecritsdesbetes.fr/meloe.htmlLes méloés ont beaucoup diminué, partout semble-t-il, au point que cet insecte est maintenant protégé dans de nombreuses régions de France.






Mylabris polymorpha
Pour les méloïdés du genre Mylabris, les cycles sont assez semblables à cela près que les imagos de Mylabris sont floricoles et qu'ils vont pondre directement à proximité des oothèques des criquets dont les larves seront dévorées.

Les larves triongulines des Mylabris sont donc carnivores au lieu d'être mellivores. Cela ne change rien au fait que va s'en suivre toutes les phases de l'hypermétamorphose dans le même souci de synchroniser les cycles du parasite et de son hôte.

Mylabris quadripunctata
Mylabris variabilis
Mylabris variabilis (polymorpha ?)
Mordelle fasciée (Variimorda (Morella) villosa)
Kerpotence 18 juillet 2011
Les mordelles (anciennement Mordella, aujourd'hui Variimorda) sont des coléoptères hétéromères, c'est-à-dire des insectes coléoptères dont les tarses n'ont pas le même nombre d’articles à toutes les pattes.

Ces insectes proches des méloés sont capables de sauter et de voler !

La mordelle fasciée ne semble pas être très fréquemment observée...





LES BESTIOLES QUI SE FONT PORTER !
http://www.inra.fr/opie-insectes/be1905-2.htm

C-Développement post-embryonnaire : mues et métamorphoses (5 pages):
http://aramel.free.fr/INSECTES5.shtml

Meloe proscarabaeus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Meloe_proscarabaeus




[ Corrélats : Coléoptères / ...]



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