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Messicoles
Messicoles


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Définition / La disparition des messicoles / Espèces des moissons plus ou moins indifférentes à la nature du sol / Espèces des moissons se rencontrant essentiellement sur sables ou limons acides / Espèces des moissons se rencontrant essentiellement sur sol calcaire / Modifications de l'arrêté du 20 janvier 1982 relatif à la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire / Les messicoles - fiches ressources / Les messicoles : un plan national d’actions /
* Télécharger le Plan national d’actions en faveur des plantes messicoles 2012 - 2017 (PDF - 7.8 Mo) sur le site du Ministère de l’Écologie
* Télécharger les annexes du PNA (PDF - 3.1 Mo) sur le site du Ministère de l’Écologie
* Consulter les plans nationaux d’actions en faveur de la flore sur le site du Ministère de l’Écologie.
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La nielle des blés (Agrostemma githago)
Les plantes messicoles regroupent les plantes associées aux cultures céréalières.


En réalité, on ne devrait utiliser le terme de messicole que pour des plantes adventices dont le rythme de vie se calque sur celui des moissons, c'est-à-dire des plantes dicotylédones annuelles. Cela écrit, quelques plantes vivaces géophytes peuvent être qualifiées de messicoles (Bunium, Gladiolus, Lathyrus, etc.)

Les plantes messicoles les mieux connues sont les coquelicots et les bleuets. Je devrais écrire : " étaient " parce que ces plantes ont largement disparu de nos champs… certaines seront bientôt totalement disparues comme la nielle des blés.Remarquablement, les plantes messicoles illustrent bien ce qui s'est passé, dans le monde agricole, ces quarante ou cinquante dernières années.

Bleuet des champs (Centaurea cyanus)
Grande brize (Briza maxima)



Un spectacle dont on ne profite plus guère sauf à aller en montagne
ou dans des campagnes reculées (ou peut-être en avance ?)
Lorsque j'étais enfant, les champs de blés ou d'orge se paraient de toutes les couleurs de ces petites annuelles. J'avoue qu'à cette époque, la notion de diversité m'était totalement étrangère. Je n'imaginais pas non plus que trente ou quarante ans plus tard, je n'aurais plus la possibilité de montrer le spectacle de cette nature à ma petite fille qui n'aura probablement jamais l'occasion de faire un bouquet de coquelicots qui seraient arrivés fanés si elle les avaient offert à sa maman comme je le faisais pour la mienne.


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La disparition des messicoles, plus largement la diminution de la diversité particulièrement marquée dans les agrosystèmes, est une conséquence du mot qui résume la logique et la philosophie de l'agriculture productiviste : SIMPLIFICATION. Le paysan a toujours été obligé de lutter contre l'envahissement des mauvaises herbes dont on ne peut pas nier qu'elles ont des effets négatifs sur les productions alimentaires. Mais, convaincu par le technicien agricole à la solde des industries agrochimiques, il a cru que cette lutte ne pouvait qu'être totale*.

[* Lorsque d'aucuns écrivent que pour nombre de paysans encore, il y a toujours un talus de trop pour qu'y pousse un arbre de trop dont les branches accueillent le nid de l'oiseau encore de trop, ont-ils tant que cela tort ?]

Lorsque dans les années 1960, paraissaient les travaux d'un physio botaniste sur les interactions positives des rhizosphères mélangées " messicoles - céréales " et en particulier de l'intérêt de ces plantes pour la protection sanitaire des blés contre le charbon, je fus le témoin de la violence déclenchée contre ce chercheur, violence soigneusement orchestrée par les marchands de pesticides, pas encore regroupés en UIPP ou Union des Industriels Protecteurs des Plantes et grands défendeurs du Gaucho et par une partie de la communauté scientifique de l'époque, la méritante, celle qui fait carrière pour sa capacité de nuisance et son immense soumission.

Je ne suis pas sûr, qu'en l'état, on ait véritablement bien compris vers où nous conduisait cette course à la simplification des systèmes écologiques, fussent-ils des agrosystèmes, quand tout concourt à nous démontrer le contraire, quand il est tellement évident que seule la complexité est garante des régulations et partant, que cette complexité pourrait bien être la solution quand la planète aura été soigneusement contaminée et empoisonnée… Mais de quelle complexité disposerons-nous alors !

J'en viens à penser qu'il est urgent que nous connaissions une vraie catastrophe écologique, maintenant, pour que nous réagissions avant qu'il ne soit désespérément trop tard.




Les plupart des plantes messicoles sont probablement arrivées dans nos contrées à mesure que les céréales y étaient cultivées, par exemple, au gré des défrichements. S'il en était ainsi, les plantes messicoles n'auraient finalement existé qu'à peine plus d'un millier d'années en centre Bretagne !

Comme beaucoup de nos céréales importantes (blé, orge) sont d'origine moyen-orientale, il est vraisemblable que bien des messicoles l'aient été. Ce ne serait peut-être pas les cas des messicoles qui accompagnent les céréales silicicoles comme l'avoine et le seigle, puisque ces céréales pourraient avoir été indigènes.

Les tableaux ci-après (d'après les plantes messicoles des plaines françaises par Francis Olivereau / Le Courrier de l'environnement n°28, août 1996) fournissent des listes de plantes messicoles classées en fonction de leurs préférences en matière de sol.

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Espèces des moissons plus ou moins indifférentes à la nature du sol

Nom latin
Nom vernaculaire
Famille
Scandix pecten-veneris
Peigne de Vénus
Apiacées
Centaurea cyanus
Bleuet
Astéracées
Filago pyramidata
Cotonnière
Astéracées
Lithospermum arvense
Grémil des champs
Boraginacées
Legousia hybrida
Petite spéculaire
Campanulacées
Legousia speculum-veneris
Miroir de Vénus
Campanulacées
Agrostemma githago
Nielle des blés
Caryophyllacées
Lathyrus hirsutus
Gesse hirsute
Fabacées
Fumaria densiflora
Fumeterre à petites fleurs
Papavéracées
Papaver argemone
Coquelicot argémone
Papavéracées
Papaver dubium
Coquelicot douteux
Papavéracées
Papaver rhoeas
Coquelicot
Papavéracées
Alopecurus myosuroides
Vulpin des champs
Poacées
Apera spica-venti
Apère jouet du vent
Poacées
Setaria viridis
Sétaire verte
Poacées
Anagallis arvensis
Mouron rouge
Primulacées
Ranunculus arvensis
Renoncule des champs
Renonculacées
Misopates orontium
Muflier des champs
Scrofulariacées
Valerianella carinata
Mâche carénée
Valérianacées
Valerianella locusta
Mâche sauvage
Valérianacées
Viola arvensis
Pensée des champs
Violacées


__________
Espèces des moissons se rencontrant essentiellement sur sables ou limons acides

Nom latin
Nom vernaculaire
Famille
Ammi majus
Grand ammi
Apiacées
Arnoseris minima
Arnoséris naine
Astéracées
Chamaemelum mixtum
Camomille romaine
Astéracées
Chamomilla recutita
Matricaire camomille
Astéracées
Chrysanthemum segetum
Chrysanthème des moissons
Astéracées
Filago gallica
Cotonnière de France
Astéracées
Anchusa arvensis
Lycopsis des champs
Boraginacées
Myosotis discolor
Myosotis versicolore
Boraginacées
Raphanus raphanistrum
Radis sauvage
Brassicacées
Gypsophila muralis
Gypsophile des moissons
Caryophyllacées
Silene gallica
Silène de France
Caryophyllacées
Spergula arvensis
Spargoute des champs
Caryophyllacées
Trifolium arvense
Trèfle des champs
Fabacées
Vicia villosa
Vesce velue
Fabacées
Galeopsis segetum
Galeopsis des moissons
Lamiacées
Stachys arvensis
Épiaire des champs
Lamiacées
Anthoxanthum aristatum
Flouve aristée
Poacées
Briza minor
Petite Brize
Poacées
Setaria pumila
Sétaire glauque
Poacées
Aphanes arvensis
Alchémille des champs
Rosacées
Linaria arvensis
Linaire des champs
Scrofulariacées
Veronica arvensis
Véronique des champs
Scrofulariacées
Veronica triphyllos
Véronique trifoliée
Scrofulariacées
Valerianella rimosa
Mâche à oreillettes
Valérianacées


__________
Espèces des moissons se rencontrant essentiellement sur sol calcaire

Nom latin
Nom vernaculaire
Famille
Bifora radians
Bifora rayonnant
Apiacées
Bifora testiculata
Bifora à testicules
Apiacées
Bunium bulbocastanum
Noix-de-terre
Apiacées
Bupleurum rotundifolium
Buplèvre à feuilles rondes
Apiacées
Caucalis platycarpos
Caucalis fausse carotte
Apiacées
Turgenia latifolia
Caucalis à larges feuilles
Apiacées
Calepina irregularis
Calépine
Brassicacées
Conringia orientalis
Vélar d'Orient
Brassicacées
Neslia paniculata
Neslie en panicule
Brassicacées
Sinapis arvensis
Moutarde des champs
Brassicacées
Holosteum umbellatum
Holostée en ombelle
Caryophyllacées
Euphorbia falcata
Euphorbe en faux
Euphorbiacées
Lathyrus tuberosus
Gesse tubéreuse
Fabacées
Vicia pannonica
Vesce de Hongrie
Fabacées
Gladiolus segetum
Glaïeul des moissons
Iridacées
Ajuga chamaepitys
Bugle petit pin
Lamiacées
Galeopsis angustifolia
Galeopsis à feuilles étroites
Lamiacées
Stachys annua
Épiaire annuelle
Lamiacées
Papaver hybridum
Coquelicot hybride
Papavéracées
Avena fatua
Folle avoine
Poacées
Avena sterilis
Avoine sauvage
Poacées
Avena strigosa
Avoine rude
Poacées
Bromus secalinus
Brome faux-seigle
Poacées
Lolium temulentum
Ivraie enivrante
Poacées
Anagallis foemina
Mouron bleu
Primulacées
Adonis aestivalis
Adonis d'été
Renonculacées
Adonis autumnalis
Adonis d'automne
Renonculacées
Adonis flammea
Adonis couleur de flamme
Renonculacées
Consolida regalis
Pied d'alouette
Renonculacées
Nigella arvensis
Nigelle des champs
Renonculacées
Galium tricornutum
Gaillet à trois cornes
Rubiacées
Valerianella coronata
Mâche couronnée
Valérianacées
Valerianella eriocarpa
Mâche à fruits velus
Valérianacées





La plupart des plantes messicoles ont beaucoup régressé. Certaines espèces sont menacées. D'aucunes sont même inscrites sur la liste des plantes protégées.

Il convient cependant de rappeler que, sur le plan réglementaire*, les mesures de protection ne s'appliquent pas pour les plantes protégées régionalement ou au plan national quand elles poussent sur des parcelles habituellement cultivées !

__________
[* J.O n° 242 du 17 octobre 1995 page 15099 / TEXTES GÉNÉRAUX / MINISTÈRE DE L'ENVIRONNEMENT

Arrêté du 31 août 1995 portant modifications de l'arrêté du 20 janvier 1982 relatif à la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire

Le ministre de la santé publique et de l'assurance maladie, le ministre de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation et le ministre de l'environnement,

Vu la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages;

Vu le livre II du code rural relatif à la protection de la nature, notamment ses articles L. 211-1, L. 211-2 et L. 212-1;

Vu la loi no 89-1004 du 31 décembre 1989 autorisant l'approbation d'une convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe;

Vu le décret no 90-756 du 22 août 1990 portant publication de la convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe (ensemble quatre annexes), ouverte à la signature à Berne le 19 septembre 1979;

Vu le décret no 93-166 du 2 février 1993 portant publication des amendements à l'annexe I de la convention du 19 septembre 1979 relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe, adoptés en décembre 1990 et en décembre 1991;

Vu l'arrêté du 20 janvier 1982 modifié relatif à la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire;

Vu l'avis du Conseil national de la protection de la nature,

Arrêtent: ... / ....

Art. 2. - L'article 1er de l'arrêté du 20 janvier 1982 susvisé est remplacé par les dispositions suivantes:

» Art. 1er. - Afin de prévenir la disparition d'espèces végétales menacées et de permettre la conservation des biotopes correspondants, sont interdits, en tout temps et sur tout le territoire métropolitain, la destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat de tout ou partie des spécimens sauvages des espèces citées à l'annexe I du présent arrêté.

» Toutefois, les interdictions de destruction, de coupe, de mutilation et d'arrachage, ne sont pas applicables aux opérations d'exploitation courante des fonds ruraux sur les parcelles habituellement cultivées. ]




Les plantes messicoles :
http://www.tela-botanica.org/papyrus.php?menu=304

Forum tela botanica messicoles :
http://fr.groups.yahoo.com/group/tb-messicoles/

Les plantes messicoles des plaines françaises :
http://www.inra.fr/Internet/Produits/dpenv/olivec28.htm

Jachères et friches :
http://www.pnr-lorraine.com/environnement/fiches/milieux/02jachere.php

Mauvaises herbes et apiculture :
http://www.beekeeping.com/abeille-de-france/articles/mauvaises_herbes.htm

À Méron, l'Outarde volera-t-elle au secours des messicoles ?
http://www.lpo-anjou.org/publi/crex2/botacrex2.htm
http://www.lpo-anjou.org/publi/crex3/botacrex3.htm

Vous avez dit écologie, protection de la nature ou simplement " SUBVENTIONS " ?
http://www.ecop.ucl.ac.be/prairies/MAE/methode9.htm

Victimes de la " modernité ", les fleurs des champs sont en déclin. :
http://ja.web-agri.fr/moteur/585/52.asp

.../..." messicoles " (bleuets, coquelicots...). sont pour la plupart en forte régression :
http://www.frapna.org/site/rhone/livret-vert/chapitre3.htm

.../... Accompagnatrice des cultures de céréales d'hiver, la flore messicole :
http://cevennes.atlas.parcsnationaux.org/Page.asp?page=44&ancre=

Conservation et restauration d'habitats méditerranéens d'intérêt patrimonial :
http://www.imep-cnrs.com/pages/paysmenu.htm






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