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Mimétisme
Mimétisme


Turbot (Scophthalmus maximus)
Le mimétisme désigne divers phénomènes de coévolution qui conduisent certaines espèces soit à en ressembler à d'autres (homomorphie), soit à en prendre la coloration (homochromie).


L'homochromie concerne aussi les espèces qui prennent la coloration du substrat sur lequel elles se posent.

En règle générale, le mimétisme protège les espèces de leurs prédateurs.

On connaît trois grands types de mimétismes : le mimétisme batésien, le mimétisme mullérien et le mimétisme mertensien.
Merodon equestris. Cette espèce, variable,
mime plusieurs espèces de bourdons.


Le mimétisme batésien consiste pour une espèce à ressembler à une autre espèce mieux protégée contre les prédateurs. C'est le cas, par exemple, des diptères syrphidés qui adoptent la morphologie et les couleurs des guêpes ou des bourdons dont les prédateurs savent qu'ils possèdent des aiguillons venimeux. C'est aussi le cas, par exemple, de certaines rainettes des forêts amazoniennes, qui bien que n'étant absolument pas toxiques, prennent les couleurs de celles qui le sont (Dendrobates).

Le mimétisme mullérien consiste pour une espèce elle-même toxique, vénéneuse ou venimeuse à ressembler ou à prendre les couleurs, souvent vives, des espèces toxiques, vénéneuse ou venimeuses. C'est le cas de toutes nos vipères européennes qui adoptent des chevrons qui les font reconnaître comme potentiellement dangereuses au premier coup d'œil. C'est aussi le cas de bon nombre de guêpes dont les livrées sont jaunes et noires.

Le mimétisme mertensien consiste pour une espèce venimeuse à prendre les couleurs d'une espèce moins dangereuse.

La question qui se pose est celle du bénéfice d'une telle adaptation - évolution. Il faut sans doute chercher d'éventuelles explications dans des mécanismes de coévolution liés à des problèmes de pression de prédation.

Dans le cas du mimétisme batésien, le bénéfice évident (pour nous humains) serait que l'espèce la plus mal protégée serait davantage à l'abri des prédateurs. La question qui reste posée étant de savoir sur quels mécanismes s'opèrent les régulations démographiques autant pour les espèces toxiques que pour leurs imitateurs. Il peut s'agir d'une pression de prédation plus importante à d'autres stades de développement moins bien protégés ?

Dans le cas du mimétisme müllerien, la pression de prédation va se faire indifféremment sur toutes les espèces "semblables" par des prédateurs spécialisés. La pression de prédation est donc partagée.

Pour ce qui est du mimétisme mertensien, le seul avantage manifeste serait que l'animal venimeux qui prend l'apparence d'un animal inoffensif peut accéder plus facilement à ses proies qui ne se méfieraient pas ... ? Mais cette explication n'est pas bien cohérente au regard d'une hypothèse coévolutive.

Une chose est sûre, pourtant, c'est l'utilisation fréquente du mimétisme mertensien, chez des prédateurs dans l'espèce humaine qui, pour mieux approcher leurs proies, vont largement emprunter les comportements, les allures, les discours, etc. des individus auxquels on fait le plus souvent confiance parce qu'ils sont inoffensifs, généreux, altruistes, dignes de confiance, etc. Ces prédateurs se rencontrent autant chez les escrocs, que les pédophiles ou les politiques, les gourous de sectes, et tous ceux qui veulent vendre leurs salades. Parfois, ils vont même jusqu'à emprunter la défroque des gens dévoués, la blouse blanche des médecins, par exemple !





Mimétismes (Cours de M. Gillon)@@@ :
http://nico8386.free.fr/cours/BA/mimetisme.pdf

Coloration avertissante et mimétisme Müllérien : le problème de la diversification :
http://zeldia.cap.ed.ac.uk/joron/mj00txt1.htm#Intro

Homochromie :
http://aramel.free.fr/INSECTES35.shtml

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mim%C3%A9tisme





[ Corrélats : Homochromie / ...]

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