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Moustiques
Moustiques




Culex pipiens
Seules les femelles de quelques espèces de moustiques sont hématophages.

Il leur faut, en effet, un seul repas de sang, prélevé sur un mammifère ou plus rarement sur un oiseau, pour trouver le facteur XIII de coagulation sans lequel leurs œufs ne pourront pas atteindre leur stade de maturité.



Certains moustiques sont de redoutables vecteurs de maladies graves comme le paludisme (anophèles) ou la dengue (Aedes aegyptii), mais tous, surtout quand ils pullulent, peuvent rendre la vie à l'extérieur extrêmement pénible, voire impossible en certains endroits tant pour les hommes que pour les animaux (en particulier dans les contrées boréales ou arctiques où contrairement aux idées reçues qui veulent que les moustiques vivent plutôt dans les pays chauds, ils sont légions et souvent secondés par d'autres diptères nématocères comme des simulies et des blépharocérides) et les nuits agitées...

En France, quatre espèces se partagent nos épidermes.

Il s'agit de :

Aedes caspius et Aedes detritus dont les mœurs sont voisines. Les femelles de ces espèces pondent sur les substrats asséchés des milieux temporairement inondables (sansouires, prés salés, dépressions dunaires, prairies ou friches inondables, etc.) où l'éclosion se fait immédiatement en cas de submersion.
Les femelles nouvellement écloses sont très agressives, surtout à l'extérieur, à l'aube et au crépuscule, dans un rayon de 10 à 45 km autour des gîtes larvaires. Ces deux espèces sont particulièrement fréquentes dans le Languedoc - Roussillon, mais aussi en Bretagne.

Culex pipiens qui fréquente toutes les eaux stagnantes à l'exception des étangs, des lagunes et des plans d'eaux oligotrophes ou mésotrophes. Cette espèce recherche des eaux riches en matières organiques : collecteurs d'eau pluviale, bassins, piscines, bidons et récipients divers, souches d'arbres creux, bassins de lagunage, rejets de stations d'épuration, roselières, etc.
Cette espèce dont la dispersion autour du gîte larvaire est limitée (quelques centaines de mètres à deux ou trois kilomètres) est surtout agressive la nuit, dans les habitations. L'agressivité des femelles est d'autant plus élevée qu'elles sont nées de larves ayant vécu à l'obscurité et dans des milieux riches en matière organique et pratiquement nulle pour des femelles issues de milieux aux eaux claires et ensoleillées.

Anopheles maculipennis qui fréquente les rizières, les marais permanents dulçaquicoles à faiblement saumâtres. Les larves au début de leur existence affectionnent les herbiers aquatiques à Potamots, vers la fin du stade, elles gagnent des zones ombragées dans les roselières et les scirpaies.
Les femelles dont la dispersion est limitée (quelques kilomètres, maximum 5) sont surtout agressives à l'extérieur et au début de la nuit et à un moindre degré à l'intérieur des habitations.






Dans un article publié dans le Télégramme de Brest en septembre 2000, on peut lire :

Sus aux moustiques :

Le Morbihan a déclaré la guerre aux moustiques. Deux zones humides sont depuis trois ans le théâtre d’une opération de traitement qui est accompagnée, pour la première fois en France, d’un suivi scientifique. En « démoustiquant », il s’agit de voir quels peuvent être les « dommages collatéraux » (sic) sur les autres insectes. Depuis deux ans, le combat contre les moustiques est mené au pulvérisateur dans les anciens marais de Billiers près de l’embouchure de la Vilaine.


« Les vacances s’annonçaient bien à Ambon. On s’installait dans les campings de cette petite commune de l’embouchure de la Vilaine. Mais au bout de quelques jours, pour les plus vulnérables aux piqûres, il n’y avait pas d’autre issue que de plier bagages. Aujourd’hui, à la tombée de la nuit, on y vit des vacances plus paisibles. »

Les agents de l’Entente interdépartementale Atlantique de démoustication (EID) sont passés par là. Dans les anciens marais de Billiers, ils mènent depuis deux ans un combat contre deux ennemis nommés Aedes caspius et Aedes detritus .

1.000 hectares par an :

L’EID aurait pu faire passer les avions et bombarder d’insecticides comme en Méditerranée. Elle a choisi la « frappe chirurgicale» (sic). À terre. Au pulvérisateur. Quelques personnes perdues dans des étendues spongieuses : la partie semble bien inégale. Et pourtant, c’est comme cela qu’on se bat contre les moustiques dans le Morbihan où le conseil général a donné mission à l’EID de traiter deux secteurs : Locoal-Mendon en rivière d’Étel et Ambon Billiers, dans le secteur de Penerf. Depuis 1998, un millier d’hectares sont traités [*] par an. La méthode consiste à asperger les zones où se développent les larves de moustiques qui pondent dans ces milieux salins tantôt secs, tantôt submergés. Les campagnes donnent de bons résultats. Chaque année, on passe d’une proportion de 100 à 10. Mais on ne fait pas d’éradication, on essaie de maintenir un seuil « tolérable », notent les responsables de l’EID.

Les marais : un garde-manger :

Cette méthode a beau être douce et salutaire, il faut voir si elle n’a pas d’effets secondaires. Car les marais grouillent d’autres insectes qui constituent un garde-manger pour les oiseaux et les poissons et ont aussi pour rôle de recycler les matières organiques (animaux morts ou plantes). Ces marais sont une richesse pour la mer, mais ils sont fragiles dans la mesure où les espèces qui les peuplent ne sont pas nombreuses à pouvoir s’adapter à ces conditions de vie et sont donc irremplaçables.

On trie dans la vase :

« Il y a deux risques. Celui de toucher des espèces non ciblées. Et celui de développer chez les moustiques des résistances aux produits avec lesquels ils sont traités. Cela s’observe sur le littoral méditerranéen », souligne Laurent Lagadic, écotoxicologiste à l’INRA de Rennes, chargé en lien avec l’ODEM (Observatoire départemental de l’environnement du Morbihan) d’assurer le suivi scientifique de l’opération. Une démarche jamais entreprise pour l’instant. Dans chacun des deux secteurs, des zones sont soustraites à la pulvérisation. « On y récupère de la vase qu’on rapporte au laboratoire. On trie les animaux et on mesure », explique Laurent Lagadic. On a ainsi des points de comparaison pour mesurer l’impact et ajuster le traitement. L’avis définitif de cette étude sera rendu en 2001-2002. Au vu des premiers rapports, le conseil général a estimé qu’on peut poursuivre la démoustication [**]. Les vacanciers pourront trouver le sommeil du juste.


[*] Les deux produits utilisés sont le téméphos, de la famille des organophosphorés, et la toxine de la bactérie Bacillus thuringiensis israelensis (Bti), un bio-insecticide spécifique des insectes diptères et considéré comme ayant peu d’impact sur les autres espèces de la faune aquatique.

[**] Bien que dans un rapport en date d'octobre 2001, on note déjà que les deux espèces bioindicatrices suivies (chironome et néréis) présentent une dégradation de leur état de santé, dû davantage au téméphos, sans doute, mais aussi au Bti, réputé sans danger ! Ce qui n'empêche pas que l'on prolonge l'expérience !

Tout est dit et contenu (ou presque) dans cet article ! Une fois encore, le facteur économique à très court terme (le confort nocturne (?) d'une dizaine de milliers de touristes prévaut sur la valeur (non fiduciairement mesurable) sur le très long terme d'un écosystème parmi les plus riches (à la fois au plan de la productivité primaire, mais aussi secondaire), mais aussi des plus fragiles. Il est vrai qu'en Bretagne, on semble s'orienter davantage sur le choix d'un tourisme de masse que sur celui du maintien des activités halieutiques côtières traditionnelles... tout autant qu'il est vrai que le confort olfactif des touristes ne peut guère être assuré en Bretagne intérieure dont les fragrances de lisier ou d'ensilage sont peu familières des citadins.

Un jour, alors que j'observais les comportements nuptiaux de barges rousses auprès du lac d'Inari et que j'étais assailli par des cohortes de moustiques, je rencontrai un lapon qui, amusé par mes gesticulations, me dit : " Les moustiques sont les amis des lapons... sans eux, aucuns des oiseaux que vous observez ne seraient là, l'eau des tourbières serait un cloaque et nous ne pourrions plus être nomades et conduire nos rennes dans les zones où elles sont moins agressées..."

Ce qui traduit en langue écologique voulait dire que les larves des moustiques en consommant des bactéries et des algues unicellulaires empêchent leur prolifération, qu'elles sont un maillon fort dans la chaîne alimentaire dans la taïga humide, assurant directement ou indirectement la nourriture à de nombreuses espèces de limicoles ou de canards et qu'ils avaient contraint les lapons éleveurs de rennes, à adopter une culture (c'est-à-dire une réponse adaptée aux contraintes environnementale) en tous points remarquable.

Pour enfoncer la trompe, un extrait d'un rapport de l'OMS (2000) :

... Mme Leloup illustre ensuite par un exemple les effets pervers et non escomptés que peuvent comporter certaines décisions prises sans souci de l'avenir. " À la fin du 19ème siècle, la peuplade des Dayaks (Bornéo) souffrait terriblement de la malaria. Le pouvoir en place décida donc de mettre sur pied une grande campagne de pulvérisation au DDT pour venir à bout des moustiques. Quelque temps plus tard, les cas de malaria se firent beaucoup plus rares. Mission accomplie ? À première vue seulement : la quasi-disparition des moustiques provoqua une cassure dans la chaîne alimentaire et les rats se mirent à proliférer, propageant la peste et bien d'autres maladies ! (...) Le pouvoir politique doit faire en sorte que de telles décisions du type " Après moi, le déluge " ne soient plus permises et veiller à un juste équilibre entre les besoins économiques et le respect de l'environnement. Le bien-être ne peut se mesurer uniquement en termes de productivité...




Impact de la lutte anti-moustiques sur l'environnement : une étude-pilote dans le Morbihan

Depuis 1998, le Conseil Général du Morbihan a mis en place un programme de démoustication dans deux secteurs-pilotes(1), situés de part et d'autre du Golfe du Morbihan. Cette opération est accompagnée d'un suivi, confié à l'INRA(2), des impacts potentiels de ces traitements sur les autres organismes vivants. Les chercheurs ont notamment comparé les impacts de deux types d'insecticides sur les communautés d'invertébrés. Deux espèces, très typiques des milieux étudiés, ont plus particulièrement été utilisées comme " sentinelles " dans le cadre d'un dispositif d'alerte environnemental.

La lutte contre les larves de moustiques sur le littoral atlantique fait appel à deux insecticides : le téméphos, de la famille des organophosphorés, et la toxine de la bactérie Bacillus thuringiensis israelensis (Bti), un bio-insecticide spécifique des insectes diptères et considéré comme ayant peu d'impact sur les autres espèces de la faune aquatique. Pour évaluer leurs impacts respectifs, les chercheurs effectuent un suivi des autres invertébrés. Ces organismes, qui se trouvent dans les mêmes milieux que les larves de moustiques, sont en effet susceptibles d'être touchés directement par les insecticides. De plus, cette microfaune constitue la ressource alimentaire principale de nombreux poissons et oiseaux.

Les chercheurs étudient l'impact des insecticides sur les individus de deux espèces : un insecte, le chironome et un vers, la néréis. Ces deux espèces sont dites " sentinelles " car elles sont typiques des milieux étudiés. L'état de santé des individus est mesuré grâce à des indicateurs du fonctionnement physiologique de leur organisme, appelés bio marqueurs. Par ailleurs, les chercheurs effectuent un suivi de l'état des communautés d'invertébrés au moyen d'indices écologiques, qui décrivent l'abondance et la diversité des espèces présentes. Depuis 1998, les biomarqueurs et les indices écologiques sont mesurés chaque année, pendant la campagne de démoustication qui s'étend en général de février à septembre.

Les réponses des biomarqueurs chez les chironomes et les néréis indiquent des perturbations de l'état de santé de ces organismes. La fréquence des effets observés et leur amplitude indiquent que le téméphos est à l'origine d'un impact plus marqué que celui du Bti. Les réponses des biomarqueurs chez les espèces-sentinelles constituent en quelque sorte un signal d'alarme, indiquant des effets non intentionnels de la démoustication. Il s'agit désormais de savoir si les effets restent limités aux individus de ces deux espèces ou s'ils peuvent s'étendre à l'ensemble de la faune invertébrée des deux secteurs-pilotes, en affectant par exemple l'abondance et la diversité des espèces présentes. Pour cela, les chercheurs effectuent le suivi d'une cinquantaine d'espèces d'invertébrés.

La campagne 2001 actuellement en cours devrait permettre d'affiner le diagnostic des effets de la démoustication. La surveillance biologique (bio surveillance) des effets de la démoustication dans le Morbihan s'inscrit dans le cadre d'une démarche de gestion à long terme d'un risque environnemental potentiel, dans la perspective de la mise en place d'une lutte anti-moustique compatible avec une gestion durable des zones humides littorales du département.

(1) Rivière de Pénerf - Marais de Billiers ; Rivière d'Étel

(2) Unité mixte de recherche INRA-ENSAR écobiologie et qualité des hydrosystèmes continentaux et unité de recherche INRA ichtyo physiologie, biodiversité et environnement, département hydrobiologie et faune sauvage, centre de recherches de Rennes.




La démoustication précède le bétonnage !

Septembre 2006. Voilà, c'est parti. Les politiques de la région PACA ont lancé un vaste projet de modernisation des infrastructures destinées à l'accueil des touristes verts qui viennent observer les plantes, les oiseaux, les chevaux et les taureaux camarguais. Le bétonnage de la côte, des marais et de l'arrière pays qui ne pouvait pas être entrepris compte tenu des myriades de moustiques qui envahissent régulièrement la région va pouvoir commencer. En dépit de son statut de réserve naturelle, la Camargue va être démoustiquée. Démoustiquée, certes, mais BIO !

En effet, pas question d'utiliser des organophosphorés comme le téméphos, accusé de tous les maux sauf d'être extraordinairement efficace, ce qui n'est pas très surprenant car ce produit est extrêmement toxique pour les vertébrés à sang froid comme les poissons et les batraciens, mais aussi les crustacés, les arachnides, les vers, les mollusques, etc. Il tue même parfois les hommes qui l'épandent (inhibiteur de la cholinestérase). Il n'est absolument pas spécifique des moustiques, il tue tous les insectes. Enfin, il perdure longtemps dans l'environnement, sa rémanence est de plusieurs années.

En effet, le téméphos est totalement insoluble dans l'eau et par conséquent, pratiquement non biodégradable. La molécule est probablement détruite par le rayonnement solaire. De plus, cette molécule a de fortes capacités à se fixer durablement et fortement sur les colloïdes argilo-humiques et les vases sur lesquels elle n'est plus dégradable et peut toujours être relarguée à un moment ou un autre sans avoir perdu ses propriétés toxiques.

Alors on va utiliser le BTI, un insecticide bio. Le BTI n'est pas à proprement parlé un insecticide. C'est une bactérie (Bacillus thuringiensis israelensis) dont la particularité est d'être toxique pour un insecte aussitôt qu'elle aura été ingérée et qu'elle se trouvera dans les parties du tube digestif de l'insecte dont le pH est alcalin. Pour ce que l'on sait, le BTI semble inoffensif pour les vertébrés, y compris à sang froid. Mais on soupçonne ces bactéries d'affecter différents organismes autres que les insectes, des vers en particulier.

En outre, le BTI n'est pas spécifique des moustiques ou des simulies comme on le lit dans les communiqués de presse ou comme on l'entend dans les déclarations de divers responsables. D'aucuns allant même jusqu'à prétendre que les chironomes n'ont rien à craindre du BTI. Je soupçonne ces bien-intentionnés de nous préparer déjà le coup du : on ne savait pas, on n'avait pas bien lu, les scientifiques ne nous avaient pas bien informés, nous ne sommes ni responsables, ni coupables - pour le jour où on commencera à vraiment mesurer les impacts de tels agissements sur les équilibres écosystémiques propres à cette région. Les premières atteintes seront sûrement sur les chaînes alimentaires.

Ça ne sera pas facile de s'en apercevoir. Car comme à chaque fois que l'on touche à un maillon, d'autres moins touchés le remplacent et compensent partiellement les atteintes qui transparaissent peu aux hommes, mêmes très attentifs. Ces exemples nous sont régulièrement fournis lorsque l'on regarde d'un peu près comment des modifications de la pression de prédation ou de la pression de broutage (y compris dans des communautés d'invertébrés) changent les rapports dans une chaîne alimentaire dans lesquelles certaines espèces sont avantagées et d'autres pénalisées. Dans tous les cas de figure, à plus ou moins long terme, c'est la diversité biologique qui est diminuée, parfois dramatiquement.

Une fois encore, une fois de plus, la France fout le feu à sa propre baraque et va s'installer devant sa télé pour la regarder brûler.

Le plus marrant (si tant est que cela puisse l'être), c'est que les camarguais n'y tiennent pas tant que cela qu'on les démoustique. Confusément, ils sentent que ces bestioles, pour désagréables qu'elles sont pour eux aussi, les protègaient de cet envahissement de touristes, seraient-ils verts, qu'ils appréhendent, clairement !




Le Paludisme sur le site de l'OMS
http://www.who.int/topics/malaria/publications/fr/index.html

Impact de la lutte anti-moustiques sur l'environnement : une étude-pilote dans le Morbihan :
http://www.inra.fr/Internet/Directions/DIC/PRESSE/aout01/nb3.html

____________________

LES MOUSTIQUES ANOPHÈLES VECTEURS DU PALUDISME :
http://www.pasteur.fr/actu/presse/documentation/anopheles.htm

Moustique, sa biologie :
http://www.eid-med.org/fr/Moustique/moustiquebiologie.htm

Les espèces de moustiques :
http://www.eid-med.org/FR/Moustique/moustiqueespece.htm

Liens moustiques : http://www.eid-med.org/FR/liens/Liens.htm

LA FIEVRE À VIRUS WEST NILE :
http://www.pasteur.fr/actu/presse/documentation/westnile.html

Maladies infectieuses :
http://www.pasteur.fr/actu/presse/documentation/

Le virus West Nile :
http://museum.agropolis.fr/pages/savoirs/westnile/westnile2.htm

Zoonoses Fièvre du Nil occidental :
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/zoonose/10z.htm

FLAVIVIRUS / Dengue :
http://www.pasteur.fr/recherche/banques/CRORA/virus/v010230.htm

Fièvre jaune, dengues et autres arboviroses tropicales :
http://medecinetropicale.fr/cours/arboviroses.htm




[ Corrélats : Parasitisme / Paludisme / ...]


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