Le développement des organophosphorés en tant qu'insecticides ou acaricides date du début des années 1970,
favorisé par l'interdiction d'utilisation des composés organochlorés comme le DDT (dichloro-diphényl-trichloroéthane,
hautement rémanent, dont le comportement lipophile en fait une substance extrêmement bioaccumulable).
Les organophosphorés s'imposent rapidement par une très grande efficacité, notamment contre les insectes,
et leur comportement dans l'environnement est considéré comme relativement inoffensif quand on les oppose
aux organochlorés. Cela écrit, ces molécules ne doivent en aucun cas être considérées comme étant
écotoxicologiquement négligeables.
Les carbamates sont apparus vers la fin des années 1940 et on dispose aujourd'hui d'une cinquantaine de molécules
actives qui font des carbamates des insecticides en constante progression.
Nul n'est censé ignorer la loi, ni le décret 64-609 du 13 juillet 1994
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Leur essor semble lié, comme pour les
organophosphorés, aux limites imposées par de nombreux pays industrialisés à l'usage des insecticides organochlorés.
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Les pesticides organophosphorés et les carbamates sont extrêmement toxiques et donnent lieu à un grand nombre
d’empoisonnements, surtout en milieu agricole. Ces empoisonnements se manifestent par des diarrhées, des
vomissements et des crampes abdominales pouvant faire penser à une gastro-entérite ou à une intoxication
alimentaire, mais la présence de myosis, d’hyper salivation, de bronchorrhée, de bradycardie et de rétention
urinaire suggère une stimulation cholinergique excessive. Sans traitement (atropine), l'empoisonnement aux
organophosphorés peut être mortel par asphyxie due à l'atonie grandissante des muscles respiratoires.
L'empoisonnement chronique conduit à des atteintes neurologiques dont le tableau clinique s'apparenterait à celui de la
maladie de Creutzfeld-Jakob chez l'homme. L'usage de certains organophosphorés pour lutter contre le varron
chez les vaches et contre les œstres chez le mouton a été dénoncé comme cause possible de la maladie de la vache folle
ou de la tremblante du mouton.
Les agents les plus fréquemment responsables de ce tableau clinique sont les insecticides organophosphorés
et les carbamates dont les plus courants sont :
Insecticides organophosphorés :
Acéphate, azinphos-méthyl, chlorpyrifos, diazinon, dichlorvos, diméthoate, disulfoton, malathion,
méthyl-parathion, parathion, phosalone
Insecticides carbamates:
Aldicarbe, bendiocarbe, carbaryl, carbofurane, formétanate, méthomyl, oxamyl, propoxur
Les organophosphorés et les carbamates se lient aux enzymes et entraînent la phosphorylation des estérases
incluant les cholinestérases érythrocytaires (acétylcholinestérases ou cholinestérases vraies) et les cholinestérases
plasmatiques (pseudocholinestérases). Cette phosphorylation augmente avec le temps et devient relativement
irréversible. En effet, l'inactivation des cholinestérases devient irréversible après 24 à 36 heures sans intervention
thérapeutique. Cette inhibition des cholinestérases entraîne une accumulation du neurotransmetteur acétylcholine,
provoquant d'abord un effet stimulant sur la neurotransmission, puis, un effet inhibiteur.
Phosalone
Dithiophosphate de O,O-diéthyle et de S-(6-chloro-2-oxo-2H-benzo(b) 1,3-oxazole-3-yl)méthyle
C
12H
15ClN
4PS
2
La fiche toxicologique de ce produit est consultable sur le site " Fiches internationationales de sécurité chimique "
La phosalone, souvent en mélange avec le parathion, est un insecticide d'utilisation très fréquente pour le
traitement des arbres fruitiers par les jardiniers amateurs.
Je doute fortement que ceux-là aient jamais lu la fiche toxicologique du produit, qu'ils sachent les risques qu'ils prenaient
pour leur santé, qu'ils puissent apprécier la teneur en résidus des fruits qu'ils consommeraient, pas davantage qu'ils ne devinent
que l'emballage du produit devrait faire l'objet d'une collecte particulière et non pas se retrouver dans leur poubelle...
Je présume qu'ils ignorent
que ce produit est particulièrement toxique pour les animaux à sang froid (grenouilles, poissons), même à très faible dose, si d'aventure
il se retrouvait dans l'eau (que font-ils des eaux de rinçage de leur pulvérisateur ?) et, plus récemment qu'on l'a découvert
toxique* pour
les abeilles, à l'instar du Gaucho® (Bayer).
*On ajoutera le mot présumé partout où on le jugera utile, au nom du principe de précaution...
Organophosphorés :
http://umvf.cochin.univ-paris5.fr/article.php3?id_article=703
Pesticides organophosphorés
http://www.inrs.fr/htm/pesticides_organophosphores.html
Organophosphorés :
http://www.liste-hygiene.org/arcphosphores.html
[Corrélats :
Pesticides /
Insecticides /
Herbicides /
Écotoxicologie /
Round up / ...]

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