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Parades ou Pariades
Parades ou Pariades


Psyché et Cupidon
Les termes parades ou pariades s’appliquent indifféremment pour désigner l’ensemble des comportements qui précèdent l’accouplement chez les animaux.


Vol nuptial chez les adèles (Adella reaumurella)
Le terme de pariade est pourtant davantage réservé aux comportements de cour observés chez les oiseaux.

On observe des parades nuptiales, de façon quasi systématique, chez tous les animaux qui, pour se reproduire, pratiquent le coït.

Chez les animaux où la fécondation est externe, les parades sexuelles sont souvent absentes ou réduites.


Le coït, puisqu’il exige le rapprochement des sexes, ne peut se produire que si les deux partenaires acceptent que leurs territoires intimes soient abolis, au moins pendant l’acte. Or chez les animaux et surtout chez les vertébrés dotés d’un cerveau, leur territoire intime, c’est-à-dire « l’idée qu’ils se font de leur enveloppe corporelle et des moyens d’en défendre l’intégrité » est sous la dépendance d’une partie de leur cerveau, l’hypothalamus. C’est cette partie du cerveau qui contrôle les distances interindividuelles minimales au dessous desquelles le risque d’un coup de bec, d’un coup de griffe ou d’un coup de poing serait trop important. C’est ce cerveau qui fait que les animaux, quand ils se rencontrent, se saluent, se flairent, se reconnaissent, pactisent le plus souvent, non sans confirmer leur statut hiérarchique avant de s’éloigner.
Pariade du grèbe huppé
Pariade du grèbe huppé


Au moment du rut ou quand les femelles sont en chaleur, celles-ci sont plus enclines à accepter une relation sexuelle. Toutefois, cette relation exige que les deux partenaires l’acceptent mutuellement, c’est-à-dire se préparent au fait que leurs territoires intimes vont être interpénétrés.

C’est le rôle principal des parades, pariades et autres comportements de séduction.



Dans l’espèce humaine où la sexualité n’a plus qu’un rapport incertain avec la fécondation (usage des préservatifs, des moyens de contraception, interruption de grossesse, homosexualité et nombreuses pratiques qui n’ont aucune chance d’aboutir à une procréation), sauf à violer son partenaire ou lui faire absorber, à son insu, des drogues inhibitrices, ce qui est tout autant un viol, la séduction précède un premier rapport et logiquement devrait précéder tout rapport, même « habituel ».

C’est certainement le rôle du baiser ou de tout ce que l’on nomme préliminaires.

Cela écrit, il est patent que le viol « conjugal » existe.
Le coassement fait sûrement partie des préliminaires...
si j'en juge par la manière dont le coït se déroule chez les grenouilles...
Tout anthropomorphisme romantique mis à part.
Copulation chez Anthidium manicatum
Les Anthidium sont des petites abeilles solitaires souvent dites " cotonnières " parce qu'elles construisent des loges pour élever leur progéniture avec des poils végétaux qu'elles prélèvent sur des molènes, des immortelles, des pieds-de-chat, etc.

Les femelles s'occupent de l'approvisionnement des cellules, en pollen, principalement, qu'elles récoltent grâce à une brosse ventrale.

Mâle de Anthidium manicatum survolant des orpins.
Les mâles passent leur temps à les guetter en volant de fleur en fleur, sans jamais s'y poser. Mais qu'une femelle se pose et commence sa récolte, elle est très rapidement coiffée par un mâle qui la copule sans attendre quelque consentement que ce soit.

La femelle, récemment saillie, peut vaquer à ces occupations et récolter du pollen, aucun autre mâle qui s'approcherait, ne cherchera à avoir une relation sexuelle avec elle.



Il semblerait que la notion de couple, chez ces abeilles solitaires au moins, n'est pas de mise. Les mâles de guet sur un massif de fleur copulent toutes les femelles réceptrices qui viennent butiner sur ce massif. La valeur de survie de ce type de comportement est assez claire : toutes les femelles sont assurées d'être toujours fécondées à temps et d'assurer ainsi la pérennité de l'espèce.

Prélude à la copulation chez Pieris rapae... et refus*
Même si chez les papillons de jour, la vue joue un rôle plus important pour la découverte des femelles que chez les papillons de nuit, celles-ci émettent aussi des substances attractives qui attirent les mâles et les avertissent que la femelle est réceptive… ce qui a pour effet de permettre que le coït se fasse sans trop de préliminaires.

En réalité, ces préliminaires ont eu lieu plus tôt sous la forme de courses poursuites qui ont, semble-t-il, pour objet de rendre la femelle permissive à l'acte sexuel.


[* Lorsque la femelle d'un pièride relève ainsi l'abdomen, cela semble vouloir dire qu'elle n'est pas consentante... Il est vrai que l'on n'observe pas de copulation dans ces cas.]

Parade nuptiale chez Eristalis interrupta
C'est vraiment en toute fin d'été, au-dessus des premiers chrysanthèmes, que l'on peut observer le ballet incessant des mâles de Eristalis interrupta volant en faisant du surplace, à deux ou trois centimètres seulement de la femelle qui butine tranquillement.

On peut même se demander si le mâle ne se contente pas de faire de l'air à la femelle puisque on n'observe pratiquement jamais de copulation qui conclurait ce comportement.





Une histoire de pariade (le combattant varié) :
http://www.ecritsdesbetes.fr/combattant.html

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La violence conjugale :
http://www.cidf22.org/violence-conjugale.html






[Corrélats : Reproduction animale / Relations intraspécifiques / Picidés / Passereaux / Prunellidés / Gruidés / Échassiers / Turnicidés / Plongeons / Éthologie / Arachnides / Araignées / Éphémères / Diptères / Zygoptères / Poissons / Compétition / Bécassines / Violence ou violance ? / Condition de la femme / ...]

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