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La pêche de loisir
La pêche de loisir




La pêche de loisir (pêche au lancer, à la mouche, au coup, à l'anglaise, etc.), dont la fonction essentielle est sûrement moins de prendre du poisson pour des raisons alimentaires ou gastronomiques que de prendre du plaisir à une confrontation avec une espèce vivante, est certainement un moyen passionnant de prendre (et de garder) contact avec la nature.

En effet, si le pêcheur de loisir se doit de connaître au mieux les mœurs du poisson qu'il recherche, il est bon qu'il connaisse aussi les écosystèmes aquatiques, en assure la protection ou la remise en état, soit attentif aux pollutions* et aux atteintes que lui font subir les industriels, les communautés urbaines ou les agriculteurs. C'est maintenant le cas de beaucoup d'entre eux, surtout quand ils pratiquent au sein d'une école de pêche ou d'une association de pêche et de pisciculture responsable et militante.

Brochet (Esox lucius)
En outre, maintenant, le rapport à la prise a beaucoup changé et une grande majorité de pêcheurs remet ses captures à l'eau.



* On pourra consulter le site de Eaux et Rivières, association de défense des écosystèmes lentiques et lotiques bretons, association qui est née il y a presque quarante ans pour lutter contre la disparition du saumon dans les fleuves bretons et qui, rapidement, a eu à s'intéresser aux nombreux problèmes et atteintes dont sont victimes les eaux en Bretagne. L'association publie aussi la revue "Eaux et Rivières" qui paraît chaque trimestre (http://perso.wanadoo.fr/erb/).




Hélène Watt, de la Fédération de l'Ardèche, défend une pratique écologique et responsable :

" Une pêche qui laisse faire la nature " par Alexandra SCHWARTZBROD / QUOTIDIEN / Libération : samedi 27 mai 2006

Échelle à saumon
Hélène Watt est directrice de la Fédération de pêche de l'Ardèche, qui compte 18 000 adhérents. Les pêcheurs font bien moins parler d'eux que les chasseurs. Représentent-ils un poids important ?

Ils sont 2 millions en France, mais ce chiffre chute légèrement. En Ardèche, par exemple, nous comptons 3 % de pêcheurs en moins par rapport à l'an dernier. Donc, nos recettes baissent et notre poids aussi. Mais si on perd en quantité, on gagne en qualité.


Avant, les pêcheurs pêchaient surtout par habitude. Pour la jeune génération, la pêche est un choix, un sport. Elle voit ça de façon plus technique, elle est plus soucieuse de l'environnement, plus engagée dans la protection des milieux aquatiques.

Cela se manifeste comment ?

Par des actions concrètes sur le terrain, des actions juridiques en cas de pollution, et aussi de sensibilisation et d'éducation. Dans la pratique de leur sport, les pêcheurs se fixent des règles pour encourager une gestion durable des stocks de poissons. Ainsi, quand on pêche une truite, il faut la prendre au-dessus d'une certaine maille (la taille légale de capture). En Ardèche, la maille est de 23 cm, mais ce chiffre est variable selon les départements. Si on est au-dessus, on sait que la truite s'est reproduite au moins une fois, on peut la prendre ; en dessous, non. Pour ce qui est des quotas de prise, on n'a pas le droit de pêcher plus de 10 poissons par jour. Et, de plus en plus, sur certaines parties des rivières, on privilégie une pêche no kill ("on ne tue pas"), c'est-à-dire que les pêcheurs ont l'obligation de remettre à l'eau les poissons qu'ils attrapent. C'est une pêche davantage axée sur le sport que sur le congélateur. En Ardèche, on a une dizaine de parcours "no kill". C'est très en vogue : à ces endroits, les poissons sont plus techniques à pêcher car ils en ont l'habitude. Ces parcours sont souvent très beaux, indemnes de toute pollution : ils constituent aussi des réserves actives pour le reste de la rivière. Par ailleurs, on essaie de privilégier le poisson de souche, celui qui est né dans la rivière. Une truite de souche a quand même plus de valeur qu'une truite de pisciculture ! Si on respecte les quotas et la maille, ça suffit, la génération d'après est assurée. À la fédération, on sensibilise les pêcheurs à ça. On pratique sur les secteurs "où tout va bien" une gestion patrimoniale, c'est-à-dire qu'on laisse faire la nature : on ne déverse plus des alevins (jeunes poissons de 2 à 3 cm) qui viennent de piscicultures car cela introduit une pollution génétique. En Ardèche, on a une majorité de truites sauvages, mais on procède à des analyses des truites pour savoir où on en est.

Le projet de loi sur l'eau doit être adopté le 30 mai à l'Assemblée nationale. Des amendements ont fâché les pêcheurs, tel celui sur les eaux libres et les eaux closes...

Dans une eau libre, de type rivière, la loi pêche s'applique, il faut un permis (65 euros par an). Quand l'eau est close un lac sans connexion avec un cours d'eau, par exemple , on peut pêcher sans permis. Ce qui nous a mis en colère, c'est le choix de nouveaux critères (relatifs au passage du poisson et non à celui de l'eau) qui définissent une eau close. Pas assez restrictifs, ils privilégient les propriétaires privés. Or, dans une eau close, sans permis, les gens peuvent faire ce qu'ils veulent au risque de contaminer les milieux. Et aussi faire payer plus cher les pêcheurs qui viendraient sur leur terre. C'est contraire à la philosophie des fédérations, qui est de défendre une pêche associative et populaire.

Globalement, ce projet de loi ne plaît pas trop aux pêcheurs...

Beaucoup de lobbies se sont agités et le gouvernement a fait la part belle à celui des agriculteurs. Au niveau des taxes, on devrait payer par rapport à ce qu'on pollue. Il n'y a pas eu un objectif d'intérêt collectif dans ce projet. Il est bien en dessous de la directive-cadre européenne qui prône le bon état écologique des milieux aquatiques d'ici à 2015. On a fait ce qu'on a pu pour sensibiliser les députés, mais les pêcheurs ne se mobilisent pas comme les chasseurs, on ne sort pas avec les fusils, on est plus poétiques.




Association Eaux et Rivières :
http://perso.wanadoo.fr/erb/

La pêche de loisir / Halieutique /
http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%AAche_(halieutique)

CODE DE L'ENVIRONNEMENT - PARTIE RÉGLEMENTAIRE / Titre III / Pêche en eau douce et gestion des ressources piscicoles
http://www.carnavenir.com/reglementation/code_environnement_reglementaire.htm#top

Circulaire du 31 mars 2005 relative à l’exercice des missions de police de l’eau, des milieux aquatiques et de la pêche en eau douce des services de police de l’eau et des brigades départementales du CSP
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/bo/200511/A0110005.htm

Pourquoi et quand ai-je cessé de garder le poisson pris à l'hameçon :
http://www.ecritsdesbetes.fr/truite.html

D'autres histoires de pêcheur / menteur... du temps où j'étais encore bien jeune...
http://www.ecritsdesbetes.fr/poissons.html






[ Corrélats : Découvrir la nature / Chantiers " Rivière " / ...]

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