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La pénibilité au travail

Szarközy, quand il fait référence à la pénibilité, ne parle que du port de charges lourdes…
Sans doute est-il inspiré par son ministre de l’alcoologie qui serait souvent lourdement chargé !


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Les régimes spéciaux de retraite : injustes et indignes ? / De la difficulté à définir la notion de pénibilité au travail / Les critères objectifs de la pénibilité au travail / Définition jurique de la notion de pénibilité / Mesures pour prévenir la pénibilité au travail / Bien vieillir au travail /

Sites Internet et articles / Tableau des articles archivés (.docm) / Corrélats /

Approche ergonomique et pénibilité perçue du travail avec les tout-petits /
Pénibilité : tous concernés ! /
Mieux comprendre la pénibilité pour agir en prévention /
Pénibilité, le temps de l'action /
Pour aider les entreprises à mener les négociations sur les seniors, l’égalité professionnelle et la pénibilité /
Préserver les seniors /
Transitions d'emploi chez les travailleurs âgés qui quittent un emploi à long terme /
Réduire la pénibilité pour les seniors : guide pratique /
Invisibilisation de la pénibilité au travail, mixité et rapports de genre /
Prévenir la pénibilité au travail : cas d'école dans le secteur des Déchets... /
Les décrets pénibilité / Anticiper l’ouverture du compte personnel de prévention de la pénibilité. /
Pénibilité: petits mensonges officiels et patronaux /
Exposition des salariés aux facteurs de pénibilité dans le travail /
Le compte pénibilité entre en vigueur dans la douleur /
L’exposition des salariés aux facteurs de pénibilité dans le travai /
L’enfer, dans le métro parisien, c’est les autres /
Compte pénibilité : Un site dédié /


L'homme qui incarne la pénibilité, le mieux et à jamais...
Parmi les sarkonneries dûment répétées, il y en a une qui revient régulièrement soit dans la bouche de Fillon (dernière en date : dimanche 9 septembre 2007 sur Canal +) soit dans la bouche de Sarkozy (dernière en date : ce matin, 11 septembre, à Rennes), l'un pour nous parler " d'injustice la plus criante ", l'autre pour y aller de " l'indignité ", pas moins ! et tout cela pour fustiger les régimes spéciaux des retraites.


Il y a même un " journaliste " au Figaro (pas sûr qu'il mérite ce vocable tant il est malhonnête) qui va jusqu'à affirmer que, d'après un sondage CSA publié le 7 août 2007 : 63 % des Français veulent travailler après 65 ans. Et même "Plus de six Français sur dix sont d'accord pour continuer à exercer leur activité après 65 ans." Ou encore "Un sondage qui vient conforter le gouvernement dans son projet de repousser l'âge légal de départ à la retraite" quand le sondage cité donne les résultats suivants : "63 % des personnes sondées se sont dites favorables à ce qu'un salarié puisse travailler après 65 ans s'il le souhaitait". Rien n'indique que ces personnes trépignaient à l'idée de se tuer à la tâche au-delà de 65 ans, elles pensent simplement que, pour ceux qui le voudraient, il n'y ait pas de mise à la retraite d'office.

Manifestement, ce président (en chute dans les sondages…) ne connaît pas le sens du mot indignité, sinon il l'appliquerait à son propre discours. Comment oser prétendre que cotiser 37.5 années serait indigne quand d'autres cotiseraient 42 ? Ce qui serait digne ne serait-ce pas plutôt de ne cotiser que 37 années, particulièrement pour ceux ou celles qui finissent usés et n'ont devant eux que quelques années avant de mourir et laisser ceux ou celles qui le souhaitent ou qui s'en sentent capables de travailler plus longtemps et de cotiser plus longtemps aussi ?…

Par ailleurs, Fillon "mémoire courte" aurait-il oublié la loi sur les retraites, dite loi Fillon, votée en 2003 et dans laquelle des négociations auraient dû être menées avant 2006 pour prendre mieux la mesure des départs anticipés en raison de la pénibilité des conditions de travail ?

Remarquons toutefois que sur la question de la pénibilité, nous ne manquerons pas d'avoir des avis éclairés comme ceux de cette journaliste du 13 heures sur Antenne 2 qui compare la conduite des trains à vapeur et celle du TGV, puis nous parle de la pénibilité qu'il y aurait de conduire les enfants à l'école…Sur quels critères se fonde cette charmante dame, au demeurant, pour se forger une idée de la pénibilité des postes de conduite dans différents types de train* ? Nul ne le saura. Les connaît-elle, elle-même ?

[ * Lire : Partir à 50 ans pour ne pas dérailler / Santé et Travail, n° 46, Janvier 2004, page 18
Voir aussi : La pénibilité dans le secteur des transports face aux progrès technologiques :
http://www.cfdt.fr/telechargement/cfdt_a_z/connaitre/publications/la_revue/68_04.pdf]

Qui des ministres ou des journalistes et de quelques autres experts sait ce qu'il en est de travailler de nuit ou à des horaires alternants, d'être exposé à des substances cancérigènes, de travailler sur des machines dangereuses, de subir des contraintes posturales fortes, de porter des charges lourdes, d'être soumis aux aléas du temps, du vent, de la pluie, des grandes chaleurs ou de la brûlure du soleil, d'être contraint à des cadences élevées, d'être managé par la peur ou harcelé jusqu'au suicide parfois, qui ?

Qu'en est-il de la vie de ces gens usés, perclus de rhumatismes, atteints de cancers ou d'autres maladies professionnelles gravement invalidantes ? Devra-t-on exiger encore d'eux qu'ils travaillent encore quelques années quand ils sont manifestement inaptes ? Pourront-ils supporter les contraintes de l'organisation et des conditions de travail " modernes " ?

Non, partir à la retraite avant d'être totalement inapte à en profiter n'est pas sûrement un privilège…

Voir aussi : Pénibilité du travail et sortie précoce de l'emploi :
http://www.travail.gouv.fr/IMG/pdf/d.waltisperger.pdf

Pénibilité et retraite :
http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-562.pdf






De la difficulté à définir la notion de pénibilité au travail.

Dominique Dessors, psychodynamicienne du travail, écrivait* : " La pénibilité d'un travail n'est jamais réductible à sa seule définition, mais dépend considérablement des conditions dans lesquelles il doit s'exercer. Au point que le savoir-faire réside davantage dans la compétence à faire face à ces conditions que dans la capacité d'exécuter la tâche. "

Elle traduisait ainsi les difficultés qu'il y avait à distinguer entre les critères objectifs de la pénibilité au travail et d'autres critères souvent associés à la " pénibilité vécue ".

Mais la difficulté à définir la notion de pénibilité au travail ne se limite pas à ces approches. S'il en était, il est probable que les discussions que différents partenaires sociaux ont engagé sur cette question à la suite de la loi Fillon de 2003** auraient débouché sur davantage de résultats.

Par exemple, certains partenaires sociaux craignent qu'apporter des définitions à la notion de pénibilité soit une manière de l'institutionnaliser et de permettre, de facto, à d'autres partenaires de se dispenser d'améliorer les conditions de travail.

Mais surtout, la question de la pénibilité au travail sous-entend que l'usure du travailleur, la diminution probable de son espérance de vie et l'inconfort certain de sa fin de vie résultant des dégradations de sa santé trouvent des compensations par une cessation précoce de l'emploi, soit par un départ à la retraite ou en préretraite (CATS), soit pour des raisons d'inaptitude. Et c'est sur la question des financements par la collectivité, les entreprises ou l'État que ces questions achoppent.

[* Revue : Santé et Travail, Des tensions psychiques lourdes à endosser, n° 51, avril 2005, page 23

** Loi du 21 août 2003]

Voir aussi : Départs en retraite et travaux pénibles / GÉRARD LASFARGUES / avril 2005 :
http://www.cee-recherche.fr/fr/rapports/retraite_travail_sante_lasfargues.pdf





Les critères objectifs de la pénibilité au travail :

Comment repérer dans une entreprise les travailleurs "usés" et ceux qui ne le sont pas ? Comment permettre dans un même corps de métier que certains travailleurs puissent bénéficier d'un départ anticipé à la retraite et d'autres d'un départ normal ?

Il apparaît de plus en plus évident, en matière de régimes spéciaux des retraites, que la défense des intérêts de certaines catégories socioprofessionnelles ne sera pas défendable sur des bases de discussion dans lesquelles tous les salariés d'une même entreprise ou d'une même branche soient logés à la même enseigne. En effet, toutes les entreprises d'une même branche ne font pas les mêmes efforts en matière de prévention de la pénibilité et tous les employés d'une même entreprise ne sont pas soumis à la même usure !

Avec les lois Balladur (1993) et Fillon (2003), le gouvernement actuel a la partie facile pour opposer une grande partie des futurs retraités obligés de cotiser 40 annuités et sans doute davantage aux nantis des services publics et autres assujettis aux régimes spéciaux. La partie est d'autant plus belle que bon nombre de travailleurs, et surtout de travailleuses, ne sont pas du tout assurés, avec leur retraite, de dépasser raisonnablement le seuil de pauvreté.

Différents travaux de recherche proposent des critères d'évaluation de la pénibilité au travail permettant une cessation précoce de l'emploi : rythme de travail, exposition à des substances dangereuses, conditions d'exécution des tâches, espérance de vie sans incapacité, etc.

Les six grandes catégories de pénibilités :

Une étude de la Dares (2003) retient vingt indicateurs de pénibilité au travail :

Les contraintes physiques :

1) Manutention des charges plus de 10 heures par semaine
2) Exposition à un bruit nocif plus de 20 heures par semaine
3) Travail en position fatigante plus de 20 heures par semaine
4) Posture pénible plus de 20 heures par semaine
5) Exposition des membres supérieurs à des vibrations plus de 10 heures par semaine
6) Position fixe du cou ou travail sur écran plus de 10 heures par semaine

Les facteurs d'ambiance :

7) Travail en extérieur
8) Exposition au chaud, au froid ou à l'humidité

Les contraintes d'horaire :

9) Travail en équipe (2x8, 3x8, etc.)
10) Travail de nuit pendant au moins 50 nuits par an
11) Travail pendnaut plus de 40 heures par semaine

Les contraintes de rythme :

12) Devoir se dépêcher
13) Devoir interrompre souvent son travail
14) Obligation de changer de poste en cas de nécessité
15) Être contraint à trois contraintes de rythme différentes

Le contact avec le public

16) Vivre des situations de tension avec le public
17) Être exposé à des risques d'agression physique

La rigidité organisationnelle

18) Impossibilité d'interrompre son travail
19) Impossibilité de régler seul des incidents
20) Obligation de rendre compte de son travail au moins une fois par jour


Les facteurs de risques psychosociaux* :

L'étude Sumer a aussi permis de dégager quatre profils de salariés à partir de trois critères : la demande psychologique, le manque de latitude décisionnelle et l'absence de soutien social (voir tableau).

1) Les actifs

Les actifs sont confrontés à une forte demande psychologique, mais ils bénéficient d'une forte latitude décisionnelle.

2) Les détendus

Les détendus sont soumis à une faible demande psychologique et sont dotés d'une foret latitude décisionnelle.

3) Les passifs

Les passifs sont soumis à une faible demande psychologique et disposent d'une faible capacité décisionnelle.

4) Les salariés en position de tension au travail (" job strain ")

Ces personnes subissent une forte demande psychologique et n'ont que des capacités décisionnelles restreintes.

À ces contraintes peut s'ajouter le manque de soutien moral des collègues ou des supérieurs hiérarchiques. Chez les salariés en situation de tension au travail et sans soutien, les facteurs de pénibilité sont fortement aggravés.

[* D'après Dominique Waltisperger, Santé et Travail, N° 57, janvier 2007, page 42-45]

Le croisement des 20 critères de pénibilité et les quatre familles de salariés a permis de dresser les portraits de cinq familles de salariés :

1) Les "cols blancs"

Les "cols blancs" représentent 36 % des 17.5 millions de salariés concernés par l'enquête Sumer 2003, soit 5.8 millions personnes. Ce sont des cadres, des ingénieurs et des techniciens. Les facteurs de pénibilité auxquels ils sont le plus fréquemment soumis sont le travail de longue durée, le travail sur écran et des interruptions fréquentes du travail en cours. Les cols blancs disposent le plus souvent d'une grande latitude décisionnelle associée à une demande psychologique moyenne. Les cols blancs sont des actifs et / ou des détendus.

2) Les travailleurs de force

Les travailleurs de force comportent 4.2 millions de travailleurs, soit 27 % de l'ensemble. Ce sont essentiellement des ouvriers, des hommes pour 70 % d'entre eux, soumis à des contraintes physiques importantes (intempéries, port de charges, vibrations, etc.). Ces ouvriers travaillent dans les secteurs de l'artisanat et de l'industrie. Ils ont une faible ou très faible latitude décisionnelle et font l'objet d'une faible demande psychologique. On les classe généralement parmi les salariés passifs.

3) Les travailleurs " contraints "

Les travailleurs " contraints " compte 2.7 millions de salariés, soit 17 % de l'ensemble. Cette famille regroupe des personnels de service, d'ouvriers qualifiés de l'industrie, de personnels au service des personnes, à la santé, à l'éducation, à l'action sociale. Généralement, ces salariés manquent d'autonomie et subissent de nombreuses et fortes contraintes organisationnelles. Particulièrement, ils sont souvent dans l'impossibilité d'interrompre leur travail, ils subissent un contrôle incessant de leur activité, ils travaillent souvent en équipe et / ou à des horaires atypiques. Les salariés " contraints " sont très nombreux dans les grandes entreprises. Les salariés " contraints " ont une latitude décisionnelle réduite et une demande psychologique moyenne. On considère généralement que les salariés " contraints " sont ceux qui, majoritairement, travaillent en tension (job strain).

4) Les " obligés du public " :

Cette catégorie de salariés regroupe 2.4 millions de personnes, soit 15 % de l'ensemble. Ce sont surtout des personnels de santé (infirmières), des personnes de service aux particuliers et des personnels administratifs dans les entreprises publiques ou privées. Ces salariés subissent de lourdes contraintes organisationnelles et des tensions fréquentes avec le public. Il n'est pas rare que ces personnes soient victimes d'agressions plus ou moins graves. Plus de la moitié sont des femmes. Ces salariés connaissent une demande psychologique forte à très forte, mais ont des latitudes décisionnelles importantes. Malgré cela, ces salariés sont aussi des salariés sous tension.

5) Les " Zola " :

Les " Zola " sont aussi les déshérités du travail. Ils ne représentent que 5 % du total, soit 800 000 personnes. Ces salariés sont aussi ceux qui subissent le plus les contraintes physiques au travail (bruit et vibrations, postures pénibles, port de charges lourdes, travail aux intempéries ou dans des ambiances difficiles, travail de nuit ou travail posté, rythmes décalés ou atypiques, temps partiels, pas d'autonomie, activité sous surveillance constante, etc.).
Les ouvriers sont majoritaires dans cette famille de salariés. Mais de nombreux salariés intermédiaires (contremaîtres, techniciens) sont aussi des déshérités du travail, surtout depuis l'introduction de certaines méthodes d'organisation du travail.
C'est essentiellement dans les secteurs de la production, de la maintenance et de la manutention que l'on retrouve les " Zola ". Les intérimaires et les travailleurs d'origine étrangère sont le plus souvent contraints d'accepter ce statut.
Les " zola " sont soumis à une très forte demande psychologique et n'ont pratiquement aucune latitude décisionnelle. À un moment ou un autre, les " Zola " sont ou deviennent des travailleurs sous tension. Il apparaît en outre que les " Zola " ne bénéficient d'aucun soutien social dans les entreprises, ils sont donc les plus exposés aux risques psychosociaux dans l'entreprise et à leurs conséquences sur la santé (stress, TMS, maladies cardiovasculaires, troubles mentaux, addictions, suicide, etc.). Les " Zola " sont aussi ceux dont l'espérance de vie est statistiquement la plus courte.



Questionnaire pour une évaluation des facteurs de risques psychosociaux

Sur la demande psychologique :

1) Mon travail me demande de travailler vite ;
2) Il me demande de travailler intensément ;
3) Je ne dispose pas du temps pour exécuter mon travail correctement ;
4) On me demande d'effectuer une quantité de travail excessive ;
5) Je reçois des ordres contradictoires de la part des autres personnes ;
6) Mon travail me demande de longues périodes de concentration intense ;
7) Mes tâches sont souvent interrompues avant d'être achevées, nécessitant de les reprendre plus tard ;
8) Mon travail est très bousculé ;
9) Attendre le travil des autres collègues ou d'autres département ralentit souvent mon propre travail.

Sur la latitude décisionnelle :

1) Mon travail me permet de prendre souvent des décisions moi-même ;
2) Dans ma tâche, j'ai beaucoup de libertés pour décider comment je fais mon travail ;
3) J'ai la possibilité d'influencer le déroulement de mon travail ;
4) Je n'effectue pas de tâches répétitives ;
5) Mon travail demande un haut niveau de compétence ;
6) J'ai des activités variées ;
7) Je dois apprendre des choses nouvelles ;
8) Mon travail me demande d'être créatif ;
9) J'ai l'occasion de développer mes compétences professionnelles.

Sur le soutien social :

1) Mon supérieur se sent concerné par le bien-être de ses subordonnés ;
2) Il prête attention à ce que je dis ;
3) Il m'aide souvent à mener ma tâche à bien ;4) Il réussit facilement à faire collaborer ses subordonnés ;
5) Mes collègues osnt des gens professionnellement compétents ;
6) Ils me manifestent de l'intérêt ;
7) Ils sont amicaux ;
8) Ils m'aident à mener à bien les tâches que je dois exécuter.
L’exposition aux risques et aux pénibilités du travail de 1994 à 2003 :
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/DONSOC06yr.PDF

Unité de travail : une méthode pour évaluer tous les risques professionnels / Revue Travail et Changement / Revue de la qualité de vie au travail / N° 310, septembre - octobre 2006
http://www.aract-paysdelaloire.org/telechargement/TC%20310.PDF

Départs en retraite : les deux facettes de la «pénibilité» du travail
http://www.cee-recherche.fr/fr/publicationspdf/4pages60.pdf

PÉNIBILITÉ DU TRAVAIL / ÉVALUATION STATISTIQUE :
http://www.cee-recherche.fr/fr/doctrav/penibilite_travail_evaluation_statistique_55.pdf






Définition jurique de la notion de pénibilité :

Aujourd'hui, il n'y a pas de définition juridique de la notion de pénibilité au travail. Dit autrement : la notion de pénibilité n'existe pas encore en droit du travail.

Une des acceptions pouvant être retenue pour définir la pénibilité au travail serait que le travail pénible est celui qu'il est difficile de supporter.

Dès lors, les travaux pénibles ne peuvent pas être confondu avec les travaux dangereux. De même, la notion de risque en entreprise, parce qu'elle suppose un aléa, une probabilité d'occurrence et une dangerosité ne peut pas aider à définir la notion de pénibilité laquelle aboutit, essentiellement et à terme, à une dégradation certaine de la santé du travailleur.

Certains juristes avancent qu'en droit du travail certaines dispositions pourraient constituer des axes de réflexion pour aider à définir la notion juridique de pénibilité. Par exemple, l'article L 230-2 du Code du Travail impose aux employeurs d'évaluer les risques et plus précisément " d'évaluer la nature, la durée et les conditions d'expositions des travailleurs "… ce pourrait être à des facteurs jugés pénibles.

Voir aussi : La pénibilité au banc des accusés :
http://www.cfdt-aquitaine.fr/article379.html

Sur le plan jurisprudentiel (Héas) : " La cour de Cassation fait référence à la notion de pénibilité ou à celles de travaux pénibles sans ligne directrice. […] Ainsi, c'est par le biais de plusieurs éléments de la relation professionnelle que les juges peuvent être amenés à évoquer ou à recourir à la notion de pénibilité. Globalement, le concept demeure toutefois lié à l'environnement de travail et aux conditions dans lesquelles le travailleur subordonné fournit sa prestation. "

Dans les faits, la jurisprudence ferait plutôt appel à cette notion de pénibilité lorsqu'une situation de travail débouche sur une inaptitude ou encore si la pénibilité peut être considérée comme un facteur significatif dans la survenue d'un accident.

Mais la notion de pénibilité peut aussi être évoquée pour juger de l'inconfort, des rémunérations, du trajet vers le travail, etc.

Il semblerait, aujourd'hui, que les axes retenus pour une définition juridique de la pénibilité soient empruntés, entre autres, aux travaux et réflexions de Gérard Lasfarges, Dominique Waltisperger ou encore de Yves Struillou (références citées) :

1) La pénibilité serait une situation de travail dans laquelle la santé ou l'intégrité physique ou mentale d'un travailleur pourrait être altérée à plus ou moins longue échéance.

2) La pénibilité résulterait de conditions particulières dans lesquelles une prestation de travail serait fournie, de telle sorte qu'une exposition prolongée à ce type d'environnement serait nécessairement préjudiciable à l'état de santé du travailleur.

3) La pénibilité se caractériserait par une sorte d'usure de l'individu dont l'organisme se dégraderait inévitablement. Le fait que l'usure soit due à une maladie professionnelle ou à un accident ne changerait rien au fait que la pénibilité soit caractérisée, à un moment donné de la vie professionnelle d'un individu, par le fait que les dégradations physiques et mentales résultent des conditions particulières de travail, y compris en l'absence de risque professionnel.

Franck Héas propose : " En droit du travail, la notion de pénibilité pourrait donc être définie par deux éléments :

- Le premier, objectif, où la pénibilité serait mesurée en fonction des conditions et de la nature du travail fourni, c'est-à-dire la pénibilité attachée à la nature de l'activité professionnelle*.

- Le second, subjectif** lié à la personne*** et caractérisé par les conséquences de l'environnement de travail sur la santé du salarié.


[* Il va de soi que des améliorations des conditions de travail sont à rechercher pour tenter de diminuer cette pénibilité.
** encore appelé la pénibilité vécue
*** et au parcours de vie du salarié]

Voir aussi : La définition juridique de la pénibilité au travail / Franck Héas / Travail et Emploi n° 104 / Ocrobre-décembre 2005 :
http://www.travail.gouv.fr/IMG/pdf/Heas.pdf





Sites Internet et articles :

Pénibilité et usure professionnelle / Bibliographie commentée
http://www.anact.fr/portal/page/portal/AnactWeb/NOTINPW_DOSSIERS_THEMATIQUES/W_A_4_GESTION_AGE/W_D_4_2_PENIBILITE/NOTINMENU_DT_BIBLIO

Propositions d’un corpus d’indicateurs répondant à l’objectif 3 du P.R.S.P. « Améliorer la qualité de vie »
http://www.platoss-bretagne.fr/docs/etudes%5CRapport_QDV.pdf

La pénibilité au travail (revue de presse) :
http://perso.orange.fr/christian.crouzet/smpmp/html-SMT/penibilite.html

Pénibilité du travail. Évaluation statistique
http://www.cee-recherche.fr/fr/doctrav/penibilite_travail_evaluation_statistique_55.pdf

État de santé des salariés de la filière viande du régime agricole en Bretagne / Relations avec leurs contraintes de travail physiques, organisationnelles et psychosociales / Rapport-Enquête épidémiologique
http://www.invs.sante.fr/publications/2007/salaries_filiere_viande/rapport_salaries_filiere_viande.pdf

Questionnaire de Karasek :
http://www.ergoval.com/media/questionnaire%20karasek.pdf

Pénibilité au travail, entre reconnaissance et réparation
http://www.novethic.fr/novethic/site/dossier/index.jsp?id=100532

Pénibilité : la réparation ne doit pas occulter la prévention
http://www.novethic.fr/novethic/site/dossier/index.jsp?id=100536&dos=100532

Les inégalités d’accès aux départs anticipés à la retraite
http://www.novethic.fr/novethic/site/dossier/index.jsp?id=100534&dos=100532Pénibilité / Les positions des partenaires sociaux :
http://www.a-smt.org/textes/penibilite.pdf

L’amélioration des conditions de travail : une priorité politique ? @@@
http://www.eleves.ens.fr/pollens/seminaire/seances/cond_travail/dossier.htm

Pénibilité du travail et gestion des âges (Nombreux liens et articles)
http://www.agetravail.fr/web/index.php

Pénibilité et retraite: des repères pour le débat social à partir du cas du BTP :
http://www.alpha-etudes.com/admin/upload/rp030304.pdf

Pénibilité au travail et santé des seniors en Europe !
http://www.irdes.fr/Publications/Qes/Qes120.pdf

Survey on Health Ageing and Retirement in Europe (SHARE) / La plus grande enquête en Europe sur les personnes de 50 ans et plus /
http://www.opladis.be/display/content_010/010040_00036.htm
http://www.share-project.org/new_sites/PressInformation/French.pdf

Observatoire des conditions de travail et de l'ergostressie :
http://www.ergostressie.com/

Les régimes spéciaux de retraite dans le collimateur de la droite :
http://reparti.fr/jjcrcomp.pdf

Le système de retraite français :
http://www.cnav.fr/1qui/systeme.htmL'organisation du système de ratraite en France :
http://www.info-retraite.fr/index.php?id=architecture

Le problème du financement de la retraite :
http://www.observatoire-retraites.org/observatoire/rubriques/dossiers/Dossiers_ay/financement.htm

Le système de retraite français :
http://www.cram-centre.fr/lc/lc13/lc133frame.htm

La retraite sur la Toile :
http://www.retraites.gouv.fr/archives/site_retraite/rubriquea711.html?id_rubrique=20

Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail :
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/RAPPORT_FINAL_12_mars_2008.pdf

Combattre les risques psychosociaux :
http://www.inrs.fr/focus/RisquesPsychosociaux.html






Articles archivés :


Régime spéciaux de retraites : les inégalités sont ailleurs /
La pénibilité au travail (Assemblée nationale mai 2008) /
PÉNIBILITÉ DU TRAVAIL ET SORTIE PRÉCOCE DE L’EMPLOI /
Santé et pénibilité en fin de vie active : une comparaison européenne /
Fiche Conditions de travail : Postes et télécommunications /
Fiche Conditions de travail : Éducation /
Analyse de la mortalité prématurée dans le secteur de la construction /
Emploi des seniors : la métallurgie s'engage sur la pénibilité au travail /
Les Pays-Bas en plein débat sur pénibilité et âge de la retraite /
Départ en retraite anticipé pour travaux pénibles ! /
Pénible ... /
Retraites: le casse-tête de la pénibilité du travail /
Départs en retraite et « travaux pénibles » L'usage des connaissances scientifiques sur le travail et ses risques à long terme pour la santé /
Pénibilité, incapacité : la confusion demeure /
Les conséquences du travail en horaires décalés peu prises en compte /
Retraite : la pénibilité oublie les salariés mais met la pression sur les entreprises /
Une ou deux rotules cassées ? /
La pénibilité au travail : une affaire d’hommes ? /
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La pénibilité au travail... Pénibilité à multiples facettes /
Comment réduire la pénibilité au travail ? /
Emploi et santé des seniors durablement exposés à des pénibilités physiques /
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Pénibilité, Santé, Retraite /
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[ Corrélats : Inaptitude au travail / La pauvreté / ...]

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