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Planification écologique




Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Trois approches : (I), (II) et (III) / La planification écologique, enquête sur une idée rétro futuriste / Réponse à "12 questions pour 2012" sur les thématiques environnementales /

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La planification écologique est un outil d’organisation du débat sur la place de l’homme dans un écosociosystème donné et sur l’avenir de l’homme et de sa planète, puisque l’ensemble des écosociosystèmes sur Terre sont intimement interconnectés et tendent de plus en plus à se ressembler, sinon dans la nature des écosystèmes, mais dans les approches économiques, sociales, culturelles et politiques, ce qui correspond, au moins partiellement, à la notion de mondialisation.


Planifier, c’est imaginer l’avenir. Imaginer, c’est être capable de trouver des réponses autres que celles que nous avons automatisées quand cela était nécessaire afin de contrôler efficacement les sollicitations environnementales qui ne manquent jamais de se produire. Imaginer, c’est obligatoirement cesser de se tourner vers des solutions anciennes qui, si elles ont pu être efficaces, finissent aussi par ne plus l’être et pire, devenir extrêmement préjudiciables pour notre environnement, pour notre cohésion sociale, notre économie, notre qualité de vie, etc. et en fin de compte pour la Planète. Imaginer, c’est se mettre en déviance, c’est sortir de la norme, c’est oser affronter des conservatismes. Imaginer, c’est lancer des alertes, c’est bousculer des habitudes, passer pour un malade, un fou, un artiste ou un dangereux terroriste, c’est aussi risquer de se tromper. C’est la raison pour laquelle planifier, ça n’est pas que se représenter l’avenir, c’est aussi mettre en place des systèmes de régulation qui permettront, à chaque étape d’avancement d’une action programmée, d’en vérifier l’exécution, mais aussi de mesurer les effets produits et les rétroactions nécessaires que ces effets ne manquent jamais de produire sur les causes qui les initient.

Tout cela n’est qu’une bien pâle imitation du fonctionnement de notre cerveau, ce qui est parfaitement prévisible, puisque nous ne savons rien faire sans imiter son fonctionnement intime. Notre imaginaire n’est jamais totalement original. Il s’appuie sur les connaissances et les expériences du passé, bonnes ou mauvaises, socialement ou culturellement acceptables par notre cerveau limbique et tendant à satisfaire au mieux nos besoins fondamentaux d’origine hypothalamique.

Imaginer ne peut que s’appuyer sur le plus large éventail de connaissances possible, puisque c’est le seul moyen de mettre en relation des informations qui ne pourraient pas l’être sinon. C’est une des raisons pour laquelle le savoir partagé est un véritable pouvoir, violemment attaqué d’ailleurs par les tenants des conservatismes les plus ignobles.

La planification écologique, c’est aussi la mise en œuvre de nouveaux apprentissages. Comme tels, il faut un projet, des motivations, s’appuyer sur des mémoires collectives et individuelles pour éviter les écueils du passé, reproduire ou améliorer les aspects bénéfiques connus et appréciés, tenter des expériences, mesurer les bénéfices ou les désagréments de chacune, construire de nouveaux automatismes de réponses environnementales et sociétales, vérifier et mesurer la durabilité de ces nouveaux comportements, interroger les acteurs et faire circuler l’information entre tous les pôles de gouvernance, c’est-à-dire entre les citoyens, les entreprises et l’État, et imaginer enfin que tout reste à faire et à imaginer pour améliorer le système.

Cela demande généralement beaucoup de temps et de vigilance (rester éveillé). C’est la raison pour laquelle la planification écologique ne peut pas se programmer autrement que dans le temps long, voire très long. La planification écologique s’oppose radicalement à la recherche des profits immédiats et je comprends bien que cela terrorise Parisot, ses amis du Cacarente et ses amis banksters.





Une autre manière d'aborder la notion de la planification écologique :

La planification écologique est probablement l’hérésie la plus intéressante jamais formulée visant à remettre l’homme à la place qu’il n’aurait jamais dû quitter dans son écosystème. La planification écologique s’oppose en effet de façon absolue à cette injonction : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la ; ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des cieux, sur tout ce qui est vivant et qui remue sur la terre (Genèse 1,28) ».

Devant les dégâts invraisemblables et irrémédiables commis sur l’environnement par les hommes* et plus particulièrement à partir du 19e siècle et les révolutions industrielles, des philosophes, des sociologues, des naturalistes ont proposé de réfléchir à de nouvelles démarches qui permettraient peut-être de sauver ce qui pouvait encore l’être. Ce sont essentiellement la planification écologique et la planification environnementale qui furent avancées afin de refonder quelque espoir pour un avenir pour la Planète.

[* Note : Ce sont principalement les Occidentaux, c’est-à-dire les chrétiens, c’est-à-dire ceux dont la civilisation est hiérarchiquement supérieure qui furent les principaux artisans des destructions dont nous sommes les témoins… rien de très étonnant puisqu’ils se croyaient encouragés à le faire en toute barbarie !]

Le fonctionnement des écosystèmes, rappel de quelques fondamentaux :

Dans écosystèmes, il y a systèmes et ceux-là sont ouverts, c’est-à-dire qu’ils échangent en permanence de la matière et de l’énergie. Il n’y a guère qu’à l’échelle de la Planète entière que le système est fermé pour le cycle de la matière et ouvert pour l’énergie puisque toute l’énergie calorifique produite sur Terre est définitivement perdue dans l’espace.

Les systèmes ouverts sont soumis aux lois de la thermodynamique. Pour simplifier, on admettra que les systèmes ouverts demeurent pérennes à la seule condition qu’ils croissent, c’est-à-dire qu’ils fassent en sorte que les intrants en matière et en énergie, soient toujours plus importants que les extrants en matière et en énergie. Autrement dit, un système en bonne santé conserve par devers lui une certaine quantité de matière et d’énergie dont ne pourront pas bénéficier les autres systèmes voisins. Certains d’entre eux se retrouveront donc dans la situation où ils ne trouveront plas assez d’intrants pour compenser leurs pertes. Ils cesseront d’être pérennes et mourront.

La mort est donc inéluctable. On ne peut pas l’éviter, mais on peut retarder son échéance. Le seul moyen efficace est de s’arranger pour que le différentiel entre les intrants et les extrants soient le plus petit possible. Dans ces conditions, la croissance reste positive avec des besoins réduits, autrement dit avec des ressources peu abondantes, mais à la condition qu’elles soient bien gérées.

La troisième dimension qui circule dans un système est l’information qui n’est, rappelons-le, ni énergie, ni matière. C’est elle qui va servir de support à la transmission des techniques qui vont permettre au système d’être le plus économe possible de ses ressources. Naturellement, dans un système donné, plus il y a d’acteurs qui échangent des informations sur la manière d’économiser, plus le risque de dysfonctionner sur le plan thermodynamique est faible et moins l’échéance mortelle est proche.

Pour un individu, l’échéance est inéluctable et constitue son espérance de vie. L’individu n’est rien dans le système. La seule chose qu’on attend de lui est qu’il fasse en sorte qu’il participe à la circulation la plus économique possible de la matière et de l’énergie, c’est-à-dire au métabolisme du système pour que celui-ci perdure. La reproduction des individus assure cette pérennité. Tant mieux, si d’avoir une progéniture procure aussi un sens à la vie et confère une instant d’immortalité.

Dans un système régulé, quand on l’observe, on ne voit pratiquement rien se produire pour la raison que les régulations créent ce que l’on appelle un état stationnaire dynamique, c’est-à-dire un état qui n’arrête pas de varier dans une fourchette stable et prévisible. Lorsque l’on introduit des dérégulations, le système suit une tendance. Au début, on ne s’aperçoit de rien des changements ou des dégâts. Ce n’est que quand ils deviennent évidents qu’on commence à s’en inquiéter, trop tard souvent pour faire machine arrière.

Alors qu’un système régulé se pérennise sur des longs temps. Certains systèmes ont aujourd’hui plusieurs centaines de millions d’années. Les systèmes en tendance montrent leurs dysfonctionnements en quelques dizaines d’années, voire beaucoup moins parfois.

Le temps est une autre composante essentielle de la planification écologique.

La dimension écosociosystémique de la planification écologique :

Aux dimensions thermodynamiques de l’écosystème, il convient également d’ajouter les dimensions sociales, culturelles, économiques et politiques qui sont propres au fonctionnement des sociétés ou des groupes humains.

Je voudrais aborder cet aspect par le biais du travail humain. Dans un système ouvert de type « entreprise », un individu loue les potentiels énergétiques d’autres individus pour qu’ils oeuvrent à réaliser ce pour quoi il les a embauchés et leur rend une partie de leur énergie sous forme de salaires. C’est avec cette énergie monnaie qu’ils vont se nourrir, de chauffer, se déplacer, avoir des loisirs, élever leur progéniture, etc. Si la restitution salariale s’avère insuffisante, les individus sous rémunérés vont souffrir comme souffrent les systèmes thermodynamiques en décroissance. À terme, c’est tout le système de type « entreprise » qui va péricliter entraînant avec lui les systèmes liés directement (sous traitants, par exemple) et indirectement (commerces et services de proximité où s’approvisionnent les employés ou qu’ils utilisent, par exemple).

La question de la planification écologique est très remarquablement une question qui peut s’analyser d’un point de vue thermodynamique, c’est-à-dire en réfléchissant sur ce que sont les flux de matières et d’énergie, en réfléchissant sur ce qu’ils devraient être pour être performants, c’est-à-dire les plus économes possible, en regardant quelles sont les informations véhiculées en ce sens, etc.

Cette réflexion doit intégrer les dimensions écologiques sensu stricto, mais aussi les dimensions économiques, politiques, sociales et culturelles aussi bien à l’échelle locale que nationale où se décide l’orientation politique.

Dans le cas d’une politique énergétique durable, par exemple, le développement de l’éolien, il faut bien entendu réfléchir à un projet installé dans une région où les jours venteux sont nombreux, mais aussi dans une région où il y a une demande de consommation électrique, ou encore de faire en sorte d’intéresser les populations pour éviter trop de vives contestations, etc. et pour terminer, il faudra aussi se poser la question de la pérennité de nos relations commerciales avec la Chine afin que celle-ci veuille bien nous fournir assez de terres rares pour que cette technologie fonctionne.






Planification écologique : l’humain d’abord dans un écosystème pérenne.



- La planification écologique n’est pas à proprement parler un concept nouveau puisque celui-ci est énoncé dès la fin des années 1930. Il connaît un fort renouveau vers les années 1969 - 1985 avec de nombreux auteurs dont Ian MacHarg (Étude des paysages) sans oublier diverses autres études (Méthode d’analyse du milieu, Planification dans l’utilisation des sols, Planification environnementale, Écologie du paysage, Éco-développement, etc.) qui ont toutes en commun d’utiliser les concepts de la planification écologique. Une application déjà ancienne de cette planification écologique existe en France depuis la loi de 1976 sur l’environnement et a pour objet les « études d’impacts des installations classées pour l’environnement (ICPE) ».

- La méthode préconisée pour réaliser une étude d’impact est d’ailleurs une des pistes intéressantes à prendre en compte pour aborder la partie technique de mise en œuvre d’une planification écologique :

1. « Description du projet » ;

2. « Analyse de l'état initial de la zone susceptible d’être affectée et de son environnement » ;

3. « ’Étude des effets du projet sur l’environnement ou la santé humaine, mais également sur les caractéristiques socio-économiques, socio-politiques et socio-culturelles dans la zone affectée, y compris les effets cumulés avec d’autres projets connus » ;

4. « Mesures proportionnées envisagées pour éviter (mesures conservatoires), réduire et, lorsque c’est possible, compenser (mesures compensatoires) les effets négatifs notables du projet sur l’environnement ou la santé humaine, mais également sur les caractéristiques socio-économiques, socio-politiques et socio-culturelles dans la zone affectée, ainsi qu'une présentation des principales modalités de suivi de ces mesures et du suivi de leurs effets sur l’environnement ou la santé humaine et sur les caractéristiques socio-économiques, socio-politiques et socio-culturelles dans la zone affectée » ;

5. « Recherche de solutions de substitution ; Motivation des choix retenus ;

6. « En matière de transport et d’infrastructures associées, analyser les coûts collectifs et particuliers des pollutions et nuisances induits par le projet ; Évaluer le coût des consommations énergétiques à satisfaire résultant de l’exploitation ou de l’utilisation du projet ; Réfléchir à la pérennité d’un projet en fonction, par exemple, de la difficulté probable d’approvisionnement en carburants s’ils deviennent ou trop chers ou trop rares ; Repenser le tout routier en fonction de ces nouvelles données géostratégiques.



Pour résumer : Aborder la planification écologique, c’est faire une étude d’impact dans le champ de l’écosociosystémique, c’est-à-dire en prenant en compte les cinq dimensions : Écologique, sociale, culturelle, économique et politique, qui le composent.

Dès lors, il apparaît que la seule dimension temporelle qui prévaut est celle du temps long, de l’anticipation, de la prudence, de la réflexion, de la modération dans l’intérêt général le plus abouti. Il ne peut guère en être autrement pour la raison que nous vivons dans un monde fini, qui nous offre des ressources finies, particulièrement pour celles dont les cycles sont ouverts ou pour celles dont les cycles se referment à l’échelle des temps géologiques.

La planification écologique est antinomique au capitalisme qui se complaît, dans l’immédiateté, à tenter par tous les moyens, légaux ou non, voire criminels, de s’approprier ou de détourner pour son seul profit l’énergie des êtres humains qu’il domine ; et de prédater les ressources planétaires (ressources naturelles, énergétiques, alimentaires, éducationnelles, ressources culturelles et savoirs, etc.).

De la trilogie : Usus, fructus, abusus, il est grand temps d’éliminer le mot abusus. Il en va de la survie de la Planète qui ne peut pas s’accorder avec une gestion libérale prônant une croissance sans frein dans un système globalement fermé (Gaïa). C’est une bête question de thermodynamique. Les dérégulations thermodynamiques introduites par les politiques libérales (y compris pour l’argent qui est matière et énergie) ont amené de tels dysfonctionnements dans leurs régulations que certains écosociosystèmes périclitent extrêmement rapidement et meurent. C’est très exactement ce que l’on peut observer avec la Grèce.

Pour ce qui est de l’usus, il est grand temps de se positionner sur la notion de propriété privée quand elle se place dans le champ des ressources naturelles indispensables à tous les hommes : l’air, l’eau, la nourriture, l’éducation, la santé, la libre circulation, un toit, une activité rétribuée ou un salaire citoyen, des loisirs, des activités récréatives, etc. ou encore quand elle se place dans le champ des savoirs. La propriété intellectuelle est une escroquerie sans nom. Je défie qui que ce soit de me citer une création qui ne doive rien qu’à son créateur. Il va de soi que le brevetage du vivant, des savoir-faire traditionnels ou ethniques ne peut prétendre à aucune justification absolue et durable.

Pour ce qui est du fructus, c’est d’être partageux, comme le propose le programme du front de gauche, qui prévaut… pas de se goinfrer. Ça n’est pas d’être en concurrence libre et non faussée avec tout le monde… laquelle aboutit d’ailleurs à ce que nous soyons de moins en moins libres et comme la mort, de plus en plus faux ! Cela veut dire aussi de s’interroger sérieusement, par exemple en pleine crise probable d’approvisionnement en terres rares, sur le besoin que nous aurions d’avoir le choix entre 20 ou 30 modèles différents de téléphones portables et d’en changer plus souvent que cela se justifie raisonnablement. Il en va de même avec la bagnole dont on peut se demander s’il y a intérêt à la suréquiper quand on n’aura bientôt plus les moyens de faire le plein autrement qu’en siphonnant les réservoirs des plus aisés ou des camionneurs, faute au carburant trop cher ? Autrement dit cela pose finalement le problème des salaires. La fourchette de 1 à 20, n’est-ce pas déjà déraisonnable ? [Écoutez Bernard Friot : L'enjeu des salaires] Si un chirurgien gagne 40 000€ par mois c’est bien parce qu’il a eu une institutrice payée 2000€ (hors classe) qui lui a appris à faire des opérations. Il faudra sans doute aussi se poser la question de savoir si cet éventail a quelque justification dans la mesure où nous avons tous les mêmes besoins élémentaires, la même physiologie, une seule bouche pour nous nourrir, un seul anus, la même température corporelle, les mêmes exigences pour thermoréguler, les mêmes besoins de sommeil, etc. Nous avons aussi tous des aspirations intellectuelles, récréatives, créatives. Nous nous sentons tous le besoin de faire de la musique, d’aller visiter des musées, d’aller au concert ou à la pêche, courir, peindre des tableaux, prendre des photos, etc. Mais ces activités sont réservées à ceux qui gagnent assez, comme le bien manger, le bien boire, le bien vivre, évidemment sans excès puisque ceux-là rendent malade !

Vivre en adéquation avec la Planète, c’est évidemment possible, au moins encore pendant 4 milliards d’années. Pour cela,il faut cesser de la mettre en danger et nous avec. J’ignore si le climat de la Planète se réchauffe durablement. Je constate pour l’instant que je découvre des papillons qui découvrent la Bretagne. Ça les change du Maroc. Je découvre aussi que les hérons garde-boeufs qui n’étaient jamais allés beaucoup plus loin que Séville ou la Camargue, passent leurs hivers sur nos prés, pas très loin d’Hennebont. Aussi, et parce qu’il est très probable que les gaz à effet de serre ont, ou auront des conséquences sur les écosystèmes planétaires ou plus prosaïquement et plus rapidement, parce que le pétrole, quoiqu’en dise Sarkozy à M. Total, c’est presque fini… il vaudrait mieux, dans l’intérêt général de penser à renouveler nos moyens de produire de l’énergie, avant que Fessenheim vole en éclat et nous avec ou que nous nous mettions à la photosynthèse pour utiliser le CO2 en excès.






[ Corrélats : L / ...]



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