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Planning familial
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Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Planning familial chez les nécrophores et la chouette effraie / Sur la nécessité de promouvoir le planning familial... Les oppositions de Bush / Sida et désengagement des USA / L'autisme de Bush par Nicolas Hulot / Corrélats /






Un article de Thomas Hofnung (décembre 2002)

Malgré les pressions américaines, les Nations unies persistent et signent sur la nécessité de promouvoir le contrôle des naissances afin de réduire la pauvreté à l'échelle de la planète.

Dans son rapport annuel sur l'état de la population mondiale, rendu public aujourd'hui, le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) demande à la communauté internationale de tout faire pour "permettre aux parents de n'avoir que le nombre d'enfants qu'ils désirent". Les auteurs du rapport évoquent un "effet population" sur la croissance économique : depuis 1970, "les pays en développement dont la fécondité a baissé et dont la croissance démographique s'est ralentie ont vu augmenter la productivité, l'épargne et l'investissement productif". Et de citer l'exemple du Brésil où la baisse de la fécondité aurait eu un effet égal à une croissance économique annuelle de 0,7 % du PIB par habitant.

Entrave. Les efforts prônés par les Nations unies pour réduire la fécondité via le contrôle des naissances sont vivement dénoncés par les États-Unis. Washington reproche au FNUAP de se rendre complice de stérilisations et d'avortements forcés en Chine, mis en œuvre par les autorités locales au nom de la politique de "l'enfant unique". Exhumant un amendement adopté par le Congrès en 1985, lequel interdit à l'administration de financer des organisations qui favoriseraient des avortements non souhaités, Washington a décidé, en juillet, de suspendre sa contribution financière. Laquelle n'est pas négligeable : 34 millions de dollars (environ autant d'euros), soit 12,5 % du budget pour l'année 2002. Le retrait américain risque d'entraver plusieurs programmes vitaux de l'agence, souligne-t-on au FNUAP.

"Nous ne prônons pas l'avortement", se défend Fama Hane-Ba, responsable de la division africaine à la FNUAP. "Au contraire, nous agissons pour éviter le recours à l'IVG, qui est toujours traumatisante pour une femme." Les programmes de planification familiale, dit-elle, consistent avant tout à informer, en accord avec les gouvernements locaux, les populations sur les méthodes contraceptives, puis à s'assurer qu'elles peuvent y avoir accès.

Pour Robert Toubon, l'un des responsables de l'ONG française Équilibres et Populations, le désengagement américain du FNUAP participe d'une politique concertée du président Bush**. " Le gouvernement fédéral a également supprimé les fonds destinés aux enseignements sur la sexualité aux États-Unis ", rappelle-t-il.

Émancipation. Plus largement, le rapport 2002 met l'accent sur les discriminations dont sont victimes les femmes. Ses auteurs soulignent ainsi que la moitié de leur temps de travail, supérieur à celui des hommes dans "presque tous les pays ", sont consacrées à des travaux non rétribués* (tâches ménagères ou autres). L'agence onusienne plaide pour une amélioration de leur niveau d'éducation, qui permet de réduire la fécondité et la malnutrition infantile. Leur émancipation est également "un moyen essentiel pour freiner l'épidémie de sida ". Une entreprise qui ne sera pas aisée : selon une étude réalisée en Zambie, seuls 11 % des femmes interviewées estiment être en droit de demander à leur mari de faire usage d'un préservatif, même lorsqu'elles craignent qu'il soit infecté par le virus du sida.

* Un rapport récent - novembre 2004 - fait le calcul que les tâches non rémunérées en France - toutes tâches confondues : travaux ménagers, soutiens scolaires, assistance aux personnes âgées, tâches bénévoles dans les associations sportives, culturelles, sociales, etc. etc. - représentent, annuellement, plus de 48 milliards d'heures, ou encore 54 % des sommes / revenus intervenant dans le calcul de la croissance si ce travail était rémunéré.

48 milliards d'heures annuelles consacrées à de tâches non rémunérées, c'est pratiquement deux heures trente par jour, tous les jours de l'année pour 60 millions de français !

Qu'en pensent Ernest-Antoine, Sarkosy, l'autre, le frère et tous les branquignols du Médef ?

** Que dire encore de Re-Bush qui n'a pas été dit… par exemple, que son refus de signer le protocole de Kyoto, la guerre qu'il mène contre l'Iraq ou l'empêchement de facto qu'il impose aux pays pauvres de se développer en entravant toute possibilité de mettre en place une politique démographique cohérente, au moins avec la disposition des ressources ou de l'espace, devraient lui valoir d'être préventivement frappé, puis traduit devant un tribunal pour crime contre l'humanité avant d'être détruit puisqu'il se révèle finalement être une arme de destruction massive à lui tout seul. On aurait peut-être pu s'apercevoir avant, quand il était gouverneur du Texas, juste en comptant le nombre de noirs qu'il a klukluxanés par injection mortelle !





Une campagne récente de Médecins sans frontières rappelait que certaines armes de destruction massive, comme les anophèles moustiques vecteurs du paludisme (plusieurs millions de morts chaque année) laissaient Georges Bush et la très grande majorité de ses collègues chefs d'État parfaitement indifférents... Il n'y a probablement pas beaucoup entre une association de malfaisants à une association de malfaiteurs.





Sida. Le désengagement financier des États-Unis va bloquer nombre de programmes. / L'élan brisé du Fonds mondial /

Par Christian LOSSON / jeudi 18 novembre 2004 (Libération - 06:00) /

La traditionnelle bagarre financière fait rage autour du Fonds mondial contre les pandémies (sida, tuberculose, paludisme). Et risque bien de se solder par une cinglante désillusion pour les malades. Les 23 membres du conseil d'administration du fonds, qui se réunissent jusqu'à demain pour la première fois en neuf réunions en Afrique (à Arusha, Tanzanie), pourraient différer le lancement d'un 5e cycle d'appels à projets pour 2005. Le lobbying de l'administration Bush a été, selon plusieurs sources, d'une rare intensité. "Mettons de l'ordre dans la maison avant de prendre de nouvelles obligations", justifie-t-on à Washington. En fait, les États-Unis souhaitent surtout pousser son propre plan antisida, le Pepfar. Un outil bilatéral très idéologique (qui finance notamment des programmes sur l'abstinence sexuelle) et décrié par les ONG.

"Bien qu'il ait fait du sida l'une de ses six priorités pour son second mandat, Bush s'apprête à miner le fonds mondial, assure David Bryden, de la Global Aids Alliance. Pendant qu'à Arusha le président américain du fonds va dire qu'on manque d'argent pour lancer un 5e cycle, sa propre administration s'apprête à amputer de 150 millions de dollars ses engagements, pour ne lâcher, au final, que 350 millions de dollars." On est loin du pacte non écrit qui veut qu'États-Unis, Europe et reste du monde paient chacun un milliard de dollars par an. Du coup, la France, deuxième contributeur (150 millions de dollars) après les États-Unis, souhaite aussi "une pause". "Il n'y a pas assez d'argent pour lancer de nouveaux projets, confie Mireille Guigaz, ambassadrice sida de la France. Il faut faire preuve de prudence, sinon on court le risque de ne pas pouvoir financer des programmes et décevoir les attentes." Dans l'entourage de Chirac, on assure que la France "fait déjà beaucoup", qu'il n'est "pas question de se lancer dans la cavalerie budgétaire". Paris plaide donc pour un 5e cycle, mais après avoir dressé un bilan, lors d'une conférence de "reconstitution des fonds du fonds "... Plus de 3 milliards de dollars ont été investis dans 120 pays depuis sa création, en 2002.

La réunion d'Arusha inversera-t-elle la donne ? En sapant les financements, "l'administration Bush condamnerait à mort des milliers de personnes en Afrique, en Asie, aux Caraïbes ou en Amérique latine", souffle Zachie Achmat, de TAC, association de malades sud-africaine. "C'est de la folie de couper le robinet aujourd'hui, au moment où une dynamique se crée, où on investit dans les ressources humaines, où on met des gens sous traitement", se désespère Gaëlle Krikorian, d'Act up. Paradoxe : au moment où ONG et pays donateurs se félicitent (tous ou presque) du déclic créé par le fonds, celui-ci n'a jamais été aussi menacé...







L'autisme de George Bush

Le plus grand déficit du XXe siècle aura été celui de la conscience, distancée par la science et pulvérisée par ses applications. Pour être plus exact, sans doute est-ce l'ivresse ou l'euphorie générée par cette profusion de changements et de découvertes qui a rendu inaudible l'expression de celle-ci. À décharge des uns et des autres la fulgurance des mutations rendait délicate l'appréciation de l'immédiateté et simultanément la lecture du futur.

Sur le plan écologique, la dernière décennie laissait poindre quelques indices d'espoir. La convention sur les changements climatiques de Rio, en 1992, et le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en 1997, étaient les frémissements d'une conscience revenue. Même si sa traduction en acte restait dérisoire, on pouvait espérer que le pire était derrière nous et que l'on allait enfin cesser de faire payer à la nature un tribut sans fin. Surtout on se prenait à croire que l'humanité avait enfin réalisé que son sort n'était pas distinct de celui du reste des êtres vivants. Nous allions peut-être basculer du siècle des vanités à celui de l'humilité. Naïveté, utopie ou illusion c'était sans compter sur l'arrivée au sommet de la pyramide de la suffisance de George W. Bush junior qui fait reculer la réflexion écologique au néolithique et encore, nul doute qu'à cette époque les hommes avaient avec leur environnement des liens plus étroits donc plus sensés.

Depuis peu, l'on sentait poindre la "mise en cause" et "en doute" par Bush et son entourage des conclusions du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat et sur ses causes anthropiques. Après de longues hésitations et atermoiements, la communauté scientifique nous alertait enfin sur les dangers de l'effet de serre amplifié par l'homme et sur les conséquences dramatiques d'un réchauffement climatique rapide. L'humanité réalisait enfin l'impact de ses activités et prenait la mesure des dégâts passés et à venir. Non seulement de nombreux écosystèmes avaient été détruits ou étaient menacés, mais les grands équilibres écologiques eux aussi étaient perturbés de notre fait. Le message était enfin clair et perceptible : il y a péril en la demeure, car affecter la Nature c'est compromettre l'Homme. Le monde par la simple proclamation de cette évidence, avait fait un petit pas précieux vers la sagesse.

Monsieur Bush lui, avec le même aplomb qu'une cartomancienne, nous affirmait le contraire et que, quand bien même, son arsenal technologique lui permettrait de toute façon de faire face aux effets de tout cela. Le cynisme en habit de président ; la vanité au paroxysme, auréolée d'une stupidité absolue. Dans la foulée, la non ratification annoncée du protocole de Kyoto est lamentable autant que désastreuse. Lamentable parce que son effet psychologique réduit à néant les efforts des uns et des autres sur cette prise de conscience indispensable aux pays industrialisés et anéantit les petits succès récents sur le front écologique. La Chine et l'Inde entre autres, auront beau jeu de ne pas faire d'effort en matière de réduction d'émission de gaz à effets de serre. Sans compter la résistance rampante et hypocrite de l'Union européenne à tenir ses engagements qui trouvera là un bouc émissaire commode. Cette attitude américaine risque fort de combler la brèche faite dans ce mur d'indifférence dressé au siècle passé.

Désastreuse parce qu'elle rapproche l'humanité de ces seuils d'irréversibilité que tous les esprits lucides redoutent. Voilà le futur sacrifié sur l'autel de l'économie et de la croissance à tout prix. Et même dans un raisonnement purement économique et démagogique où le dollar est la seule icône, ces choix ou ces entêtements sont d'une affligeante stupidité tant les expertises récentes montrent que l'écologie a certes un coût mais que l'ignorer en génère d'une toute autre échelle. Il n'a échappé à personne sauf au "Bush band", que les aberrations climatiques que nous subissons et leurs impacts, que les catastrophes écologiques et sanitaires qui se succèdent et qui nous sautent en permanence à la gueule, tous ces petits signes en début de siècle qui sont les prémices des effets de nos inconséquences passées, occasionnent quelques "menues" dépenses. Mais il n'y a de leçons de l'expérience que pour les visionnaires...

Ceci dit peut-on s'étonner d'une telle désinvolture d'un homme qui fait fonctionner la chaise électrique comme la planche à billets. Un homme qui fait si peu de cas de l'existence ne peut pas être fondamentalement humain. Tout cela procède de la même logique. D'un côté le partisan sans faille de la peine de mort, ôte la vie des uns sans sourciller, de l'autre il compromet celle de tous les autres sans plus d'émotion. Monsieur Bush vous serez coupable devant l'histoire de non assistance à planète en danger ! Vous volez la Terre de nos enfants !


Nicolas Hulot,

Président de la Fondation pour la Nature et l'Homme

Avril 2001 (à cette date, on ne savait pas encore qui commanditerait (vraiment) les attentats du 11 septembre lesquels justifieraient d'autres crimes contre l'humanité… à suivre et à Fallouja aussi ! En attendant les Irakiens marinent dans leur jus...)






Plusieurs centaines, voire des milliers d'articles sur : POLITIQUE DE PLANNING FAMILIAL :
http://www.cicred.ined.fr/rdr/rdr_f/sommaires/som71-74_f.html et autres problèmes liés à la démographie.

Accueil du site :

COMITE INTERNATIONAL DE COOPÉRATION DANS LES RECHERCHES NATIONALES EN DÉMOGRAPHIE
http://www.cicred.ined.fr/welcome_f.html

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Pourquoi la planification familiale est importante :
http://www.infoforhealth.org/pr/prf/fj49edsum.shtml

Santé reproductive / La participation des hommes vue sous un nouvel angle :
http://www.infoforhealth.org/pr/prf/fj46edsum.shtml




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