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Platine
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Tir dans la mine de nickel et platine de Norilsk (Russie)
Le platine est un métal précieux, particulièrement du fait de ses propriétés physiques et chimiques : il ne s'oxyde pas à l'air, il est malléable, ductile, fond à une température raisonnable (1769° C), il résiste à l'abrasion et au ternissement, il ne se corrode pas et surtout il a de remarquables propriétés catalytiques largement utilisées dans l'industrie (piles à combustibles), l'informatique (composants électroniques), la chimie (synthèses), la médecine et la biologie (pacemakers, valves, électrodes diverses) ou l'automobile (pots catalytiques).



Mais ce métal est rare. Le platine et les platinoïdes (palladium, rhodium, ruthénium, iridium, osmium) accompagnent généralement des gisements de nickel ou de cuivre où leurs teneurs s'évaluent en quelques dizaines de grammes par tonne, dans les meilleurs cas. D'ailleurs on ne parle pas pour ces produits de tonnes de métal, mais de millions d'onces (Moz), une once pèse 27.3 grammes).

Il est aussi très cher. Au mois de juillet 2006, l'once de platine était cotée à près de 1200 dollars !

Alors forcément, parce qu'il est très précieux, très rare et très très cher, le platine fait l'objet de toutes les convoitises et on s'aperçoit vite que tout est bon pour son appropriation.

Une fois encore on constatera que ce que les industriels et leurs capitaines retiennent de usus et fructus, c'est souvent abusus !

Ci-après, on trouvera quelques extraits choisis en espérant qu'ils sauront interpeller le lecteur et l'enjoindre à en savoir davantage.





Les platinoïdes : des marchés sous haute tension

(Extrait de la lettre trimestrielle Énergies et Matières premières n°15, 1er trimestre 2001)

http://www.industrie.gouv.fr/energie/matieres/textes/se_plati.htm

Les marchés des platinoïdes (platine, palladium, rhodium, ruthénium, iridium, osmium) sont l'objet depuis le début des années 80 de nombreuses perturbations. Le plus connu d'entre eux, le platine, était réputé "métal précieux" pour l'usage que l'on en faisait en bijouterie et son prix beaucoup plus cher que l'or en faisait aussi une valeur de placement. Parce qu'onéreux, ces métaux étaient dans l'ensemble utilisés avec parcimonie par l'industrie. Mais, leurs propriétés physiques et chimiques on fait qu'ils ont été de plus en plus utilisés pour des applications de haute performance : électronique, catalyse… cette diversification des usages que l'on pourrait schématiser comme un passage du monde du "luxe" au "monde industriel", et qui n'est pas terminé, est source de perturbations profondes.

L'histoire récente des marchés du rhodium et du palladium l'illustre bien. L'avenir des métaux comme le platine, le ruthénium… est soumis à la même problématique de crise : le développement ou l'émergence d'une application industrielle, face à une offre limitée. Qu'il s'agisse d'électronique d'environnement ou d'énergie (pile à combustible), le progrès technologique passe quoi qu'il en soit par la maîtrise de matières premières rares venant souvent du bout du monde.





La fin d'un article paru dans Libération du 18 avril 2006 (le platine atteignait des records à 1089.5 $ l'once) intitulé : Gros coup de volant pour le platine / utilisé pour les pots catalytiques, le précieux métal est dopé par la demande de l'automobile.


Raréfaction. L'Afrique du Sud reste le premier producteur. Et Angloplats, le producteur local et numéro un mondial, souffre d'une simple parité monétaire entre le dollar et sa devise le rand. Explication: plutôt en bonne santé économique, l'Afrique du Sud ne cesse d'augmenter ses exportations de produits manufacturés et autres. Mais voilà, pour acheter du made in South Africa, les importateurs étrangers règlent les factures en dollars. L'entreprise sud africaine se tourne alors vers la banque centrale pour échanger les billets verts en rands. Résultat? Le rand s'apprécie contre le billet vert. L'ennui, c'est que le platine est côté à Londres en dollar dont la valeur s'amenuise face au rand ; Du coup, lorsqu'il convertit ses recettes dans la monnaie locale, le groupe sud-africain Angloplats encaisse moins de rands et hésite donc à investir dans de nouveaux projets. Raréfaction de la matière première, augmentation de la demande industrielle, ne manquait plus que l'entrée en scène des fonds de pensions et spéculatifs pour doper encore plus le cours du précieux minerai. C'est chose faite. Les observateurs sont formels. "On observe sur ce marché la même chose que sur le marché du cuivre, du pétrole et de la plupart des matières premières, observe l'un d'eux. La plupart des fonds de pension investissent désormais une partie de leurs dépôts dans des matières premieres : une diversification financière appelée à se poursuivre." Outre une forte demande de bijoux, la demande dans l'industrie automobile reste vive, en particulier pour le platine, qui était jusqu'ici le seul de la famille des platinoïdes à être utilisé pour les voitures diesel - dont la consommation est en plein boom en Europe - et pour les véhicules à piles à combustibles, en cours de développement pour limiter les émissions de gaz.

Joaillerie asiatique. Trop cher, trop rare, du coup, les industriels se tournent de plus en plus vers son cousin germain le plus proche, le palladium. Même les fabricants de voitures diesel parviennent à l'utiliser alors qu'il avait les faveurs de voitures essences. Soutenu aussi par les besoins de la joaillerie asiatique, notamment chinoise, le palladium connaît également des hausses de prix inédites. Quatre fois moins cher que le platine il y a un an, le rapport n'est plus que d'un pour trois (à 348,50 dollars l'once de palladium, contre 1075 dollars pour le platine). Cette fois, c'est de Sibérie que provient l'essentiel de la production mondiale sur des sites construits sous Staline, notamment à Norilsk, la plus grande ville minière et métallurgique au nord du grand cercle polaire. C'est là, sur cette terre de désolation sibérienne, enfouie sous la neige huit mois par an, qui fut autrefois un goulag, que se trouve le premier exploitant mondial de palladium. Constitué en 1996 sur les vestiges d'un ancien combinat d'État, Norilsk règne sur les trois quarts de la production mondiale. C'est l'État qui fixe les quotas d'exportation et qui, surtout, conserve la haute main sur des réserves cruciales pour la stabilité des finances russes d'abord. Rien d'étonnant alors que la gestion du palladium russe est si secrète. Alimentant inquiétudes et spéculation.

VITTORIO DE FILIPPIS






Extraits d'un article intitulé : Les gisements de nickel, cuivre et platinoïdes du district de Norilsk en Sibérie occidentale sur :
http://www.industrie.gouv.fr/energie/matieres/textes/ecomine_note_novembre05.htm


Norilsk Nickel, une société minière d'importance internationale

Norilsk Nickel a, dans le domaine de la mine métallique deux pôles d'activité : un pôle traditionnel, Nickel-Cuivre-Platinoides et, de création plus récente, un pôle Or devenu premier producteur de ce métal en Russie. Le premier, le plus important, comprend les activités minières et métallurgiques du district de Norilsk, ainsi que celles de la Péninsule de Kola (gisement de Pechenga, en particulier). Le port maritime de Dudinka, contrôlé par Norilsk Nickel, permet de transporter les cathodes de cuivre et de nickel et de livrer certains concentrés à l'usine métallurgique Severonickel dans la presqu'île de Kola pour raffinages complémentaires. À cela, il faut ajouter la prise de contrôle en 2004 du port d'Arkhangelsk, qui facilite les exportations des produits de la société vers l'Europe.

L'institut Gipronickel, qui compte 650 employés, est le centre de recherche de Norilsk Nickel basé à Saint Pétersbourg.

La commercialisation des métaux est assurée par plusieurs filiales basées à l'Étranger Norilsk Nickel mène une politique minière d'expansion avec, en 2003, la prise de contrôle par l'intermédiaire de Norimet du gisement américain de Stillwater, un complexe stratifiée basique-ultrabasique située dans le Montana et, en 2004, une prise de participation de 20% dans la société minière sud-africaine Goldfields par rachat des parts de la société Anglo American.




Agé de 43 ans, Vladimir Potanine a suivi la filière dite du "Komsomol business', grâce à laquelle les militants des jeunesses communistes, les komsomols, pouvaient obtenir des fonds du parti et bénéficier d'avantages fiscaux. II a été employé du ministère des Affaires étrangères avant de fonder son groupe en 1990.

C'est en effet après la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989), qu'il fonde INTERROSS, société de commerce international, et, bénéficiant de la privatisation du secteur bancaire, la banque ONEXIM sur les ruines des banques soviétiques du commerce extérieur (cette banque sera liquidée en 1998 lors de la crise du rouble).

En 1995, sous la présidence de Boris Eltsine (dont il a été brièvement vice-premier ministre en 1996), l'État, à court de liquidités, contracte des emprunts auprès des banques privées gagés sur les actions des grandes entreprises publiques. L'État ayant par la suite été incapable de rembourser les emprunts, les entreprises ont été mises en vente au cours d'enchères considérées comme truquées. C'est ainsi que Potanine a pu récupérer en 1997 Norilsk Nickel et devenir l'un des plus importants oligarques de la nouvelle Russie. II en détient la majorité des actions avec son associé Mikhâil Prokhorov, directeur de la société.

Aujourd'hui, INTERROSS, devenu un puissant holding, est l'un des tous premiers fonds d'investissement russes qui opère dans la production de métaux, de machines industrielles pour la production d'énergie, l'agro-alimentaire, la banque (Rosbankj), les médias, etc. II employait 190 000 personnes en 2003, possédait 3 milliards de dollars d'actifs et sa valeur boursière était estimée à 10 milliards de dollars.





L'Afrique du Sud et le Zimbabwe sont aussi deux gros producteurs de platine et de palladium. Y a-t-il moins à craindre des mœurs industrielles ou boursières des Africains que des Russes, pour lesquels on parle beaucoup de mafias, quand même ! Il se pourrait bien que la fusion GDF SUEZ en fasse une belle proie pour Gazprom, s'il lui en prenait ! C'est peut-être cela que cette fusion cache d'ailleurs, allez savoir avec les lobbyistes ou les politiques. Quoi qu'il en sera, l'Afrique se propose d'augmenter sa production pour lutter contre cette envolée des cours, mais ça n'a pas l'air d'être aussi simple que de le dire.

Extraits d'un article (2003) intitulé : Le platine : situation actuelle et perspectives de l'industrie minière sud-africaine.
http://www.industrie.gouv.fr/energie/matieres/textes/ecomine_note_nov03.htm


Réserves et ressources de minerai PGE sud-africain.

.../...

D'autre part, jusque vers la fin des années 90, on considérait que la profondeur de 1200 mètres constituait une limite d'exploitation pour les gisements PGE (alors que pour l'or du Rand des profondeurs de -3000 à -4000 m, voire plus, sont désormais envisageables). Depuis, la mine de Northam a atteint des profondeurs qui dépassent les 2000 m et l'exploitation devrait se poursuivre jusque vers -2400 m. La mise en place de ventilateurs et de refroidisseurs (les températures des roches atteignent 60-70 degrés à 2000 m de profondeur) rend l'exploitation plus coûteuse mais, techniquement, les réserves peuvent être exploitées sans problème jusqu'à -2000 m. Ceci a eu, bien sûr, un impact sur le calcul des réserves et des ressources minières qui, dans les données des tableaux suivants ont été calculées ou extrapolées jusqu'à -2000 m par Cawthorn. Les sondages de reconnaissance les plus profonds atteignent 1500 m sur l'aval du Platreef et 3 300 m de profondeur sur le Merensky et l'UG2. Ces sondages ont prouvé la continuité générale en tonnage/ teneur des deux formations minéralisées en profondeur et latéralement, ce qui donne un degré de confiance raisonnable aux calculs de réserves présentés ci-après.

Conclusion et perspectives du secteur

Beaucoup d'observateurs doutent de la capacité de l'industrie minière sud-africaine de faire augmenter la production nationale de platine de 40 % entre 2002 (4,5 Moz) et 2006 (6,3 Moz). Ces doutes sont liés à la forte augmentation des coûts de production des mines de platine sud-africaines, due à des facteurs géologiques et techniques d'une part, mais aussi aux incertitudes et au poids des coûts de la politique du " black empowerment " et de la nouvelle loi minière sud-africaine, ainsi qu'à des facteurs de taux de change rand/dollar.

Du côté de la demande mondiale de platine, on peut constater que celle-ci a augmenté sur près d'un demi-siècle, depuis le début des années 50 jusqu'à 2000 environ, avec un taux de croissance annuel moyen d'environ 6 %. En 2002, la demande mondiale de platine primaire (hors recyclage) a atteint 6,5 Moz, dont 2,6 Moz pour les pots catalytiques, 2,8 Moz pour la bijouterie et 1,6 pour des applications industrielles (électronique, industrie du verre, etc.). Depuis 1998, c'est surtout la demande de catalyseurs pour pots catalytiques qui a fait gonfler la demande mondiale.

Si l'on applique le taux de croissance historique passé de 6 % à la demande mondiale future de platine, en partant de la demande de métal primaire de 6,5 Moz en 2002, celle-ci atteindrait 12 Moz en 2011 et si on continuait cet exercice encore plus loin, on pourrait constater qu'avec le taux de croissance annuel de 6 %, la demande mondiale épuiserait l'ensemble des réserves et des ressources de platine sud africaines en 40 ans.

Mais évidemment que les choses ne sont pas aussi simples et on doit s'interroger sur l'évolution de la structure de la demande mondiale future de platine. À court terme (3-5 ans), l'automobile et la joaillerie devraient rester les piliers de la consommation de métal. Du côté de la catalyse automobile, c'est l'impact de nouvelles législations environnementales ou de nouvelles technologies telles que les véhicules hybrides qui pourraient mettre un frein à la croissance de la proportion de véhicules diesel (où le platine est indispensable dans les pots catalytiques). Ceci aurait un impact immédiat sur la consommation de platine. Une autre inconnue est l'évolution de la situation en Chine.

.../...

On constate que la joaillerie chinoise a consommé environ 1,5 Moz de platine en 2002, en augmentation de 250 % par rapport à 1998 et cela malgré les prix relativement élevés du métal ; d'autre part la consommation de platine pour catalyse auto reste négligeable. Jusqu'à quand ? ? Au delà de 2010 et surtout à long terme (20-25 ans), c'est l'impact de l'économie de l'hydrogène qui aura un impact sur la consommation mondiale de platine, utilisé comme catalyseur dans les piles à combustible (automobile, moteurs, micro-turbines, ordinateurs, …) ainsi que pour la fabrication d' hydrogène (catalyseur de reformage) à partir du gaz naturel.

On peut donc constater que le marché du platine présente de nombreuses incertitudes du côté de l'offre et du côté de la demande, surtout à moyen et à long terme. À court terme, la demande devrait rester soutenue et les prix fermes car il n'est pas du tout certain que les Sud-Africains arriveront à réaliser leurs ambitieux projets d'expansion d'ici 2006.





La mise en place de ventilateurs et de refroidisseurs (les températures des roches atteignent 60 - 70 degrés à 2000 m de profondeur) rend l'exploitation plus coûteuse mais, techniquement, les réserves peuvent être exploitées sans problème jusqu'à -2000 m... c'est ce que l'on peut lire dans le texte ci-dessus !

Photo empruntée au site http://www.angloplatinum.com/
Ben voyons, et les nègres, ils comptent pour combien dans le coût d'exploitation parce qu'avec des conditions de travail comme celles qu'on suppose à 60 - 70° C, ils ne doivent pas faire de vieux os ! Et puis les nègres ne sont pas un problème, ça se saurait.

Cela écrit, j'oubliais le black empowerment. D'ailleurs, en allant sur le blog de Dominique Strauss-Khan, j'ai compris pourquoi il en parlait et pour quelles raisons il s'était rendu en Afrique du Sud : "J'ai pu rencontrer trois acteurs centraux du B.E.E : Lionel October, en charge du dossier auprès du président ; Ronnie Ntuli, président du National Empowerment Fund et Bridgette Radebe, PDG de Mmakau, partenaire B.E.E de Total en Afrique du Sud.
(http://www.blogdsk.net/dsk/2006/02/black_economic_.html)






God bless black empowerment ! pour la famille Motsepe /
http://www.grioo.com/info566.html

31/07/2003

En dix ans et en partie grâce au black empowerment, Patrice Motsepe s'est constitué en Afrique du Sud une fortune colossale de plusieurs centaines de millions de dollars

Par Cyrille NONO

La vie de Patrice Motsepe avance à une allure folle ! A peine 41 ans, Patrice Motsepe est devenu en quelques mois à peine la nouvelle coqueluche du business noir en Afrique du Sud avec une fortune professionnelle valorisée à plus de $ US 400 millions (au 17 juillet 2003) incluant $300 millions uniquement pour les 14% de sa participation (via la holding ARM) dans Harmony.

Tout jeune déjà, à l'age de six ans, Patrice se levait très tôt afin d'aider son père Butana, entrepreneur et propriétaire d'un débit de boissons à Ga-Rankuwa qui, pour arrondir ses fins de mois vendait aux mineurs noirs sud-africains, les boissons alccolisés les plus prisées aux abords des principaux champs aurifères. Patrice réussit néanmoins à accomplir normalement ses études et à obtenir un bachelor of Arts à la Swaziland University, puis un diplôme d'avocat à la Wits University de Johannesburg, avant de devenir très vite associé dans un petit cabinet Bowman Gilfillian où il se spécialise dans le droit minier et des affaires.

En 1994, à 32 ans, au début de l'ère post-apartheid, Motsepe, franchit le pas et se lance dans l'industrie minière. Il créé une petite entreprise, appelée Future Mining, qui fournit des services divers à la mine d'or de Vaal Reefs, aujourd'hui une entité du géant Anglogold.

Mais le génie de Patrice était bien de se trouver au bon endroit au bon moment !

En effet, la restructuration minière en cours dans le pays était inéluctable. Les grands groupes miniers du pays tels que Anglogold justement devaient impérativement revoir leur organisation à l'époque afin de rester compétitifs et faire face à la chute brutale et prolongée des cours mondiaux de l'or. L'une des solutions pour une telle réorganisation était de vendre les champs peu rentables - c'est à dire celles qui disposaient soit d'un coût de production élevé, soit d'une cycle de vie très court- et se concentrer sur les autres champs autrement plus rentables.

Patrice Motsepe, qui était membre de l'organe consultatif de l'ANC sur les questions minières et énergétiques, a pressenti assez tôt la vague du "Black empowerment", qui consiste à promouvoir les noirs sud-Africains dans les hautes sphères de l'économie et de la finance du pays. Il a ainsi au travers de sa société Future Mining acheté à des conditions financières avantageuses, des champs que les géants miniers n'en voulaient plus (celui de Vaal Reefs, mais aussi d'autres souvent détenus aussi par le géant Anglogold, comme ceux situés dans l'état de Orange Free state).

Le défi était très clair : Rendre plus rentables ces unités de production grâce à un meilleur contrôle des coûts et une meilleure efficacité au travail !.

Sur le plan stratégique, Patrice s'est particulièrement démarqué d'autres figures historiques du "black empowerment" qui, comme Saki Macozoma, Mzi Khumalo ou même Cyril Ramaphosa, son beau-frère, ont essayé de grandir beaucoup trop vite, en construisant davantage des conglomérats financiers (avec des participations dans une multitude d'entreprises pas toujours rentables) plutôt que de construire des véritables entreprises comme Patrice Motsepe avec Future Mining et plus tard ARM Gold.

Les résultats ne se sont pas fait attendre. En partie grâce à la forte personnalité de Patrice, sa détermination, son sens de l'innovation, son sens du management - implication des employés à tous les échelons de l'entreprise, développement de l'esprit entrepreneurial des salariés, etc.-, mais aussi grâce à un environnement plus favorable depuis trois ans (les cours de l'or ont progressé énormément à la faveur de la chute des marchés financiers), la petite structure est devenue en seulement huit années, un géant mondial de l'extraction minière.

ARM Gold, la holding qui a regroupé toutes les différentes unités de production disséminées à travers le pays, comptait déjà en 2002, treize unités de production en Afrique du Sud et près de 9000 employés. En Mai de la même année, Patrice Motsepe et sa famille qui détenaient 55% de cette holding, l'ont introduite au JSE leur permettant au passage de devenir millionnaire en dollars américains puisque l'ensemble a été valorisé alors à $670 millions.

De l'autre côté, ceux qui ont opté dans le "black empowerment" pour un choix stratégique différent (les conglomérats financiers) rendent leur tablier les uns après les autres.

Mais l'aventure de Patrice continue. Il est déjà présent depuis quelques années dans les mines de platine en coopération avec Anglogold. Et il n'est pas exclu que d'ici quelques années, Patrice introduise aussi en bourse cette division de son groupe familial ARM aujourd'hui non cotée.

En 2003, ARM Gold, la division cotée de ARM, a choisi de fusionner avec Harmony Gold, un autre géant Sud-Africain de l'extraction minière. Disposant certes de perspectives solides (un bilan confortable, une dette nette équivalente négligeable et d'un cash-flow en progression), mais pénalisé aussi parallèlement par la détention de plusieurs champs de production en fin de vie et d'un rand (la monnaie sud-africaine) en forte progression ces derniers mois, le bouillant patron a choisi de s'associer avec son partenaire de longue date Harmony, afin de créer une structure plus forte HARMony Gold, pour résister aux tempêtes éventuelles futures, créer de nouvelles synergies, et améliorer la productivité.

Bridgette, la sœur de Patrice, a créé sa propre société minière et a fait la couverture du magazine sud-africain en juin 2002

© africaintelligence.fr



La nouvelle structure qui vient de recevoir l'accord de fusion définitif des autorités de la régulation de la concurrence en Afrique du Sud aura pour premier actionnaire avec 14%, ARM, la holding de Patrice Motsepe. Il en sera le président du conseil d'administration, tandis que l'actuel directeur général d'Harmony, l'excellent Afrikaner Bernard Swanepoel, 41 ans lui aussi, sera le directeur général de la nouvelle entité.

Aujourd'hui, Motsepe peut concentrer toute son énergie sur l'extraction des platines, l'autre domaine d'exploitation de sa holding familiale ARM.

Patrice Motsepe a été par ailleurs élu "meilleur entrepreneur de l'année en Afrique du Sud" en 2002 par une série de magazines y compris Business Times, le plus influent en Afrique du Sud dans le domaine des affaires, et est membre de plusieurs associations corporatives et humanitaires en Afrique du Sud.

Mais la saga Motsepe ne s'arrête pas à Patrice. Sa grand sœur Bridgette a elle aussi créé son entreprise Mmakau Mining qu'elle dirige tout en étant mariée à Jeff Radebe, le ministre des entreprises publiques…., Tsepiso, docteur de formation et autre soeur de Patrice, est l'épouse de Cyril Ramaphosa, l'ancien secrétaire général de l'ANC et négociateur en chef du processus de transition en Afrique du Sud au début des années 90. Il s'est reconverti au milieu des années 90 dans les affaires et il est aujourd'hui l'actuel (Chairman) président du conseil d'administration de Johnnic - un groupe important spécialisé dans la communication -.

On le voit donc très bien, on a bien acquis depuis belle lurette le sens des affaires* au sein de la famille Motsepe…

[* Et M. Strauss Kahn ne s'y trompe pas !]





Horreur ! Pour un peu, j'aurais oublié les pots catalytiques !

Le texte qui suit a été très largement emprunté à Wikipédia / Pot catalytique.

Le pot catalytique est un élément des véhicules motorisés. Il utilise le principe de la catalyse et vise à diminuer une partie des émissions polluantes en les transformant, à 850°C, en vapeur d'eau et CO2.

Les principaux gaz ainsi traités sont :
" CO (Monoxyde de carbone)
" HC(hydrocarbures imbrûlés)
" NOx (oxydes d'azote, ...)

Le pot catalytique fait passer les gaz chauds dans une boite en inox renfermant le catalyseur (généralement déposé sur un substrat céramique ou métallique pourvu d'un revêtement actif composé d'alumine, de cérine et d'autres oxydes ainsi que de métaux précieux combinés : par exemple platine, palladium et rhodium).

Le substrat est parfois protégé des vibrations et des chocs par une nappe céramique ou métallique résiliente.

Conditions de fonctionnement :

Pour fonctionner, le catalyseur doit atteindre une température de +400° C et, tant que la couche de catalyseurs est propre et intègre, et si la teneur de l'alimentation en oxygène est optimale, alors, au contact de ces métaux, trois des émissions nocives (des gaz) seront transformés en gaz moins nocif (CO2) et en vapeur d'eau et Azote.

Le revêtement catalytique absorbe alors le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures (HC) et les oxydes d'azote (NOx ) contenus dans les gaz d'échappement et leur permet de réagir entre eux pour former du dioxyde de carbone (CO2), de l'eau (OH2) et de l'azote (N2).

Deux grands types de catalyseurs

Les catalyseurs d'automobiles vendus dans les années 1990-2000 sont de deux types ; " oxydation " ou " trois voies ".

- Le type " oxydation " assure la conversion du monoxyde de carbone (CO) et les hydrocarbures imbrûlés (HC) en dioxyde de carbone (CO2) et en eau, tout en réduisant la masse de particules du carburant diesel. Ils n'éliminent pas les oxydes d'azote (NOx) ni ne diminuent la quantité de particules émises.

- Les pots à catalyse dite "à 3 voies", font passer les gaz d'échappement au travers d'un monolithe percé d'une multitude de petits canaux dans lesquels on a déposé une fine couche de métaux catalyseurs (Platine, Rhodium, Palladium, et Luthérium) déposés sur un support : le " washcoat " qui en surface développée, offre théoriquement une surface de contact équivalent pour certains modèles (neufs) à celle de 3 terrains de football (selon les fabricants) permettant, en théorie une épuration de 99 % des rejets de 3 gaz polluants. Une sonde lambda (ou à oxygène) régule le mélange air-carburant dans les moteurs à essence.

Le pot catalytique ne retient pas les particules, qui par ailleurs gênent son fonctionnement. Un filtre peut donc utilement lui être adjoint, qui diminue le rejet de suies et particules polluantes cancérigènes et/ou mutagènes suspectées ou avérées. Les moteurs à carburant non gazeux (type GPL) et surtout fonctionnant au diesel émettent des particules (suies, fumée noire). Pour éviter leur diffusion dans l'atmosphère, on utilise un filtre, installé dans le pot, qui va les retenir.

Certaines particules comme les suies (noir de carbone) peuvent trouver un usage commercial.

En 2006, les filtres sont encore très rares dans le monde.

Face à l'augmentation du nombre de véhicules motorisés et aux besoins de limiter la pollution de l'air, depuis la fin des années 1990, un nombre croissant de pays a rendu un élément catalyseur obligatoire pour les moteurs à essence et/ou diesel. Les voitures actuelles seraient 40 fois moins polluantes que celles des années 70 affirment certains fabricants. Cependant les véhicules sont beaucoup plus nombreux, ils parcourent des distances croissantes, et certains polluants ne sont pas traités par les catalyseurs. Enfin, il semble que certains pots catalytiques vieillissent mal et puissent perdre une partie de leur contenu dans l'environnement.

Les pots catalytiques épurent indiscutablement 3 gaz (par ailleurs biodégradables) produits par les véhicules qui en sont équipés. Mais ils semblent aussi polluer l'atmosphère en perdant une partie de leurs catalyseurs qui sont métaux lourds (par ailleurs précieux).

Selon des études citées par la revue scientifique américaine Environmental Science and Technology - paradoxalement - les métaux lourds des pots catalytiques polluent notre environnement, localement et jusque dans les neiges et les glaces polaires. (100 fois plus de retombées dans les zones polaires avec très forte augmentation en deux décennies).

Bilan à réévaluer pour les pots catalytiques ?

Les pots catalytiques épurent indiscutablement 3 gaz (par ailleurs biodégradables) produits par les véhicules qui en sont équipés. Mais ils semblent aussi polluer l'atmosphère en perdant une partie de leurs catalyseurs qui sont métaux lourds (par ailleurs précieux).

Selon des études citées par la revue scientifique américaine Environmental Science and Technology - paradoxalement - les métaux lourds des pots catalytiques polluent notre environnement, localement et jusque dans les neiges et les glaces polaires. (100 fois plus de retombées dans les zones polaires avec très forte augmentation en deux décennies).

Lacunes

Les catalyseurs n'ont hélas aucun effet sur les rejets en dioxyde de carbone (CO2) qui peuvent même très légèrement augmenter, et qui restent la première cause de l'augmentation des rejets de gaz à effet de serre. D'autre part, l'épuration des gaz n'intervient pas aussitôt après le démarrage d'un moteur froid, il est donc inutile sur les courtes distances "à froid". De plus, les pots sont soumis à un flux corrosif et encrassant, à de fortes variations de température et de pression, parfois à des chocs thermiques ainsi qu'aux vibrations qui expliquent qu'une partie des métaux lourds utilisés soient peu à peu arrachés de leur support et expulsés avec les gaz d'échappement. Pour le diesel, les catalyseurs à base de cuivre ont une bonne sélectivité mais ne fonctionnent qu'à partir de 350 °C - alors que l'optimum est à 250 °C pour un moteur diesel - et ils résistent mal aux hautes températures (500 °C et plus). Tandis que ceux à base de métaux nobles (platine...) fonctionnent sur une large plage thermique (250 à 700 °C) mais favorisent la conversion des oxydes d'azote en hémioxyde (ou protoxyde) d'azote (N2O)... un gaz qui participe à l'effet de serre !

Les pots catalytiques ne supportant pas le plomb, ils ont indéniablement poussé à la diminution de la pollution par ce métal lourd toxique, neurotoxique, non dégradable et facteur de saturnisme). Mais en 2006, le plomb est toujours présent dans divers types d'essence et carburants dans de nombreux pays pauvres, en développement ou même du riche Golfe persique (Le record de taux de plomb dans l'essence aurait été enregistré au Nigéria en 2005 (le pays le plus peuplé d'Afrique). D'autre part, les anti-détonants qui ont remplacé le plomb, notamment le benzène et certains métaux lourds (ex : Manganèse) posent d'autres problèmes écologiques et sanitaires (le benzène est cancérogène). Ils sont de plus en plus présents dans l'air et l'environnement urbain et aux abords des routes à fort trafic.

Les pots catalysés ont indéniablement contribué à diminuer les émissions de 3 polluants monoxyde de carbone (CO, toxique), oxydes d'azote (précurseurs de l'ozone) et hydrocarbures imbrûlés (polluants et parfois mutagènes et cancérogènes), et indirectement du plomb.. On s'aperçoit cependant qu'ils sont sans effet sur certains polluants (manganèse) et qu'ils génèrent eux-mêmes une pollution préoccupante par les métaux lourds (catalyseurs qu'ils contiennent et qu'ils perdent), dans les villes et aux abords des routes. Selon une étude récente, cette pollution touche au moins tout l'hémisphère Nord.

Phénomène (récent) de pollution secondaire

Les pots de voitures n'ont commencé à être catalysés que dans les années 1975 aux USA et fin des années 1980 en Europe de l'ouest. Ils émettent néanmoins des quantités sans cesse croissantes de platine, rhodium et de palladium, qu'on a par exemple trouvé dans l'herbe des prairies jouxtant des routes, mais aussi dans l'urine des habitants de Rome, ce qui laisse penser que les organismes urbains y sont très exposés. Ces métaux sont rares dans la nature, mais on en trouve maintenant dans la poussière des routes à des concentrations parfois plus élevées que dans le précieux minerai de platine des mines de platine (source : Pr. Claude Boutron).

La pollution est locale et globale :

Contrairement aux principaux gaz émis par les pots d'échappement, les métaux lourds ne sont pas biodégradables ni dégradables. Ils ne peuvent qu'être stockés éventuellement provisoirement dans les sols, sédiments ou végétaux, voire s'accumuler, et pour certains très rapidement dans les chaînes alimentaires.

Les Pr. Claude Boutron (Grenoble) et Carlo Barbante (Venise) ont analysé le platine, le rhodium et le palladium de carottes de glace et de neige prélevées au centre du Groenland dans le cadre des programmes européens GRIP et EUROCORE, à l'aide de techniques analytiques sophistiquées (ICP - MS à haute résolution). Les taux de platine, rhodium et palladium sont 100 fois plus élevés dans la neige tombée au milieu des années 1990 que dans la glace datant d'il y a 7000 à 8000 ans, avec une brutale augmentation ces dernières années.

D'autres analyses sont en cours pour voir si l'Antarctique et l'Hémisphère-Sud sont également touchés, bien que beaucoup moins industrialisés et peuplés.

Il semble ne pouvoir y avoir de doute sur l'origine de cette pollution : le rapport d'abondance du platine et du rhodium mesuré dans la neige récente du Groenland est le même que celui mesuré directement à la sortie de pots d'échappement catalytiques.

Risques pour la santé.

Sans nier les avantages des pots catalytiques, on manque de données toxicologiques et éco-toxicologie quant aux impacts des métaux qu'ils perdent dans l'environnement, et quant à leurs dérivés et métabolites. On sait qu'ils ne sont pas neutres chimiquement, car c'est justement pour leur propriété de catalyseur qu'ils sont utilisés (et parfois de médicament anticancéreux par exemple pour une forme oxydée du platine, non sans effets secondaires, puisque c'est la substance qui cause la perte des cheveux dans certaines chimiothérapie).

Conclusion provisoire et perspectives. Les études citées ci-dessus apportent une confirmation supplémentaire au fait que la pollution automobile diffuse très rapidement à l'ensemble de la planète, car les pots catalytique sont récents et ne se sont développés à ce jour que dans les pays riches.

Si des études écotoxicologiques ou de santé publique montrent que les impacts de ces émissions de métaux sont importants, on se trouvera face à un nouveau choix : "pot catalytique" amélioré + filtre, ou nouveau carburant (type hydrogène, qui est déjà une priorité en Islande, qui veut le généraliser d'ici 50 ans) et développement des transports en commun.




Note : Nous vivons une époque formidable où pour lutter contre une pollution, on en installe durablement quelques autres aussi insidieuses et probablement plus pernicieuses tout cela sur fond de capitalisme maffieux, d'appropriation douteuse, sinon criminelle, des ressources et du travail social.

Je cois que je vais rejoindre les créationnistes et leur grand dessein dont je pense, finalement, qu'il est que l'homme fasse tout ce qui est en son pouvoir (de nuisance) pour détruire la Planète et achever, une bonne fois pour toutes, ce mythe du péché originel et les Dieux qui vont avec ! Espérons cependant qu'après son éradication, il n'y ait plus jamais sur la Terre de créature plus intelligente que Monsieur Chien Ruben, la Nature aura encore quelques beaux milliards d'années devant elle.




Platine:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Platine

Le platine : situation actuelle et perspectives de l'industrie minière sud-africaine.
http://www.industrie.gouv.fr/energie/matieres/textes/ecomine_note_nov03.htm

Les gisements de nickel, cuivre et platinoïdes du district de Norilsk en Sibérie occidentale
http://www.industrie.gouv.fr/energie/matieres/textes/ecomine_note_novembre05.htm

La crise du rhodium
http://www.industrie.gouv.fr/energie/matieres/textes/se_criserod.htm

La sécurité d’approvisionnement en matières premières minérales
http://www.industrie.gouv.fr/energie/matieres/textes/se_securite.htm

Le marché du cobalt : une histoire chaotique
http://www.industrie.gouv.fr/energie/matieres/textes/se_marcheco.htm

Pot catalytique
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pot_catalytique

Palladium
http://fr.wikipedia.org/wiki/Palladium

PLATINE, SELS ET COMPLEXES
http://www.ineris.fr/index.php?module=doc&action=getFile&id=164




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