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Prairies



Prairie dans le Jura (Lac de l'Embouteilleux - Embossieux)
I. Définitions et généralités :

La prairie se caractérise comme une formation végétale réduite à une strate essentielle : la strate herbacée et une strate constante, plus ou moins dense et discrète, la strate muscinale. Normalement, la prairie ne comporte ni arbres, ni arbustes autrement que très dispersés et / ou très localisés.

L’existence de la seule strate herbacée peut être due à une pluviométrie insuffisante pour permettre aux buissons et aux arbres de pousser. C’est principalement le cas sur les écozones telles que la prairie nord américaine, la pampa argentine ou les steppes continentales de l’Est de l’Europe et de l’Asie centrale. D’autres facteurs climatiques et pédologiques caractérisent évidemment ces biomes (climat très continentalisé, accumulation considérable d’humus, etc.).


Le plus souvent, les prairies sont le résultat des actions de défrichage de zones boisées et de maintenance de l’agrosystème obtenu par les hommes. Où qu’elles soient installées, ces prairies « artificielles » sont plus ou moins durables grâce à la fauche ou au pâturage. Mais leurs faciès évoluent avec le vieillissement et tôt ou tard, ces formations évolueront vers les climax ou les paraclimax initiaux : saulaies, boulaies, forêts caducifoliées, xérophylles ou sempervirentes, steppes et savanes arborées, etc. Le retour à ces formations climaciques est largement conditionné par la manière dont on aura procédé au défrichage. La coupe des bois et le dessouchage (essartage) permettent un retour sans trop de problèmes au climax. Les brûlis et autres écobuages ne permettent généralement pas ces retours aux conditions initiales (modifications des microflores du sol, avantages donnés aux plantes pyrophiles, modification de la diversité (survivance des graines, dynamique phytosociologique, etc.).

Je traiterai successivement des deux acceptions : les écozones prairiales et les prairies anthropiques.

II. Les prairies, les pampas, les steppes et autres velds

Ces écozones naturelles, encore appelées biomes, caractérisent d’immenses régions couvertes uniquement d’herbes plus ou moins hautes et pratiquement dépourvues d’arbres hormis dans quelques dépressions humides et le long des cours d’eau.

Le plus souvent ces formations s’installent sur des plaines à basse ou moyenne altitude, parfois aussi sur quelques plateaux à des altitudes plus élevées. La majeure partie de ces biomes se situent à des latitudes moyennes où le climat est plutôt tempéré. Mais parfois, ces prairies se retrouvent à des latitudes nettement boréales.

Caractéristiquement, ces formations existent à la condition que le climat soit nettement continental, c’est-à-dire avec une pluviométrie faible (< 400mm d’eau par an), peu importe que les hivers soient rigoureux (4 mois avec des températures < 0°C) et les étés très chauds (θ > 20°C).

Il arrive que ces formations fassent suite à des formations qualifiées de savanes. Cela se produit lorsque ces savanes s’élèvent sur des hauts plateaux montagneux.

Sur le plan pédologique, ces écosystèmes se caractérisent par des sols très profonds (Tchernozem), aérés, peu lessivés, peu affectés par l’évapotranspiration (ni nodules, ni concrétions), de couleur noire, riches en humus très stable, en azote et en bases. Ces sols sont dits calcimorphes car ils contiennent une forte proportion de calcaire actif. Leur pH se situe entre 7 et 8, ce qui favorise une intense vie microbienne, mais assez peu celles des champignons. Cela explique les accumulations considérables de matière organique non décomposée (lignine). Les couches supérieures et moyennes de ces sols abritent une quantité impressionnante de vers de terre et de rongeurs qui en assurent l’aération.

À la belle saison, la végétation est principalement composée de graminées vivaces et annuelles. Les graminées annuelles sont dites vernales, c’est-à-dire que leurs graines germent aussitôt la fonte des neiges et vont donner naissance à un gazon temporaire où vont aussi fleurir diverses plantes accompagnatrices telles que diverses liliacées, diverses renonculacées et autres plantes à bulbe, à tubercule ou à rhizome. Assez rapidement, tous ces végétaux vont disparaître au profit des graminées vivaces et des légumineuses, armoises, euphorbes, chénopodes, amarantes, etc. plus tardives, mais qui, beaucoup plus hautes et denses, vont littéralement étouffer toutes les autres pour ne former qu’un tapis assez peu biodiversifié. Par exemple, on ne compte guère plus d’une douzaine de poacées différentes sur ces écozones, parmi lesquelles les chiendents (Agropyrum), les pâturins (Poa), les barbons (Andropogon), etc.

Toutefois la période végétative est relativement courte. L’évapotranspiration intense associée à de faibles précipitations entraîne un dessèchement rapide de la végétation. À la fin de l’été, les prairies sont jaunies. Avec l’automne, ces formations se parent de remarquables couleurs rouges, brunes, orangées, etc. Les premières gelées détruisent les organes aériens qui deviennent gris, puis disparaissent. En hiver, les températures très basses (-2 à -20° C) laissent les sols à nus ou plus ou moins recouverts de neige. Les sols gèlent profondément, mais les organes de survie des plantes vivaces, généralement profondément enfoncés résistent bien. Les graines sont plutôt insensibles au froid ou bien sont vernalisées, condition pour qu’elles germent.

Bien que ces formations soient très ressemblantes, on réserve le nom de prairie (formation dense et continue) à celles sises sur le continent nord américain (grasslands aux États-Unis et au Canada), le nom de pampa à celles sises sur le continent sud américain (Argentine et Chili). Le nom de steppe (formation clairsemée et discontinue) vaut pour les formations européennes (Hongrie, Ukraine, Roumanie, Russie, Écosse, Féroé Turquie, Arménie, etc.) et les formations asiatiques (Mandchourie, Chine, Mongolie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Irak, Syrie, etc.). Le Veld désigne les formations du sud du continent africain (Afrique du Sud, Malawi, etc.). On trouve aussi de telles formations en Australie et en Nouvelle Zélande (Shrublands) et sur des îles australes.

Aujourd’hui, et à cause des actions destructives des hommes, certaines régions (Sahel, Brésil, Asie centrale, etc.) sont en passe de voir certains de leurs écosystèmes initiaux détruits laissant la place à des formations dégradées proches des prairies ou de steppes.

III. La grande prairie nord américaine :

La grande prairie étasunienne s’étendait des Appalaches aux Rocheuses. Aujourd’hui plus de 95 % de cet écosystème a disparu au profit de terres cultivées, mais aussi de badlands conséquence de l’utilisation de procédés agricoles inadaptés entraînant une très forte érosion éolienne des couches superficielles des sols mis à nu (dust bowl).

Mais pour en arriver là, il a d’abord fallu éradiquer les bisons et génocider les indiens.

Cette prairie s’était installée sur des lœss très épais et plutôt bien arrosés dans la partie orientale où la végétation de graminées (Andropogon, Sorghastrum ou herbe aux indiens, Panicum, etc.) pouvait atteindre 2 à 3 mètres de hauteur. Dans la partie occidentale, plus sèche, l’herbe était davantage rase.

La prairie, à l’instar de beaucoup de formations herbacées ou de fruticées, se rajeunit par le biais d’incendies naturels ou provoqués. Les indiens des plaines pratiquaient régulièrement des écobuages pour la chasse ou pour se déplacer plus facilement.

Aujourd’hui, en dehors de quelques minuscules réserves (Cheyenne national grassland) sur lesquelles survivent les derniers bisons rescapés, la grande prairie est entièrement vouée à la culture céréalière et aux pesticides.

Certains États, parce qu’ils étaient moins bien performants pour les céréales, ont privilégié l’élevage et ont tenté de conserver des « prairies » plus ou moins dégradées.

Au Canada (Manitoba) la prairie n’existe pratiquement plus non plus. Elle est devenue le domaine des grandes cultures.

Autre source : http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/728948

IV. La pampa :

La pampa est une très vaste zone de plus de 700 000 km2 s’étendant en Argentine, Uruguay et Brésil.

Pampa est un mot quechua qui pourrait vouloir dire plaine, mais qui pourrait aussi désigner les indiens qui y vivaient avant l’arrivée des blancs.

La pampa est une écorégion de type plaine. Originellement, elle était recouverte de graminées. Tout le monde connaît l’herbe de la Pampa (Cortaderia selloana) à la fois parce qu’elle fleurit dans bien des jardins, mais aussi parce qu’elle est devenue une plante invasive dont il faudra bien se débarrasser particulièrement quand elle envahit nos zones humides littorales.

La pampa jouit d’un climat subtropical à tempéré. Les précipitations y sont plus importantes (6 à 1200 mm/an) que sur les plaines ou les steppes. Le nord est plus arrosé que le sud (pampa patagonne). Pour autant, les arbres y sont rares sauf le long des cours d’eau. Une exception cependant : l’ombù ou résinier dioïque (Phytolacca dioica), encore appelé belombra, bellasombra, bel-ombre, etc. qui est un arbre poussant très vite, vivant très vieux et dont toutes les parties sont très toxiques !

Les précipitations se produisant principalement pendant l’été, ceux-ci restent agréables, rarement caniculaires. Les hivers sont plutôt secs, relativement doux si ce n’est quelques gelées nocturnes et pratiquement sans chutes de neige. Dans ces conditions, la couverture graminéenne reste vivace toute l’année.

Aujourd’hui la pampa est toujours largement consacrée à l’élevage extensif avec ses traditionnels gauchos, mais elle est aussi de plus en plus largement dédiée à l’agriculture intensive et à la foresterie industrielle, surtout dans les parties les plus arrosées. C’est ainsi que le soja transgénique et l’eucalyptus sont en passe de devenir de véritables fléaux pour ce pays qui sort à peine d’une grave crise financière.

L’écozone pampa est très dégradée. Les dégradations ont affecté les plantes, mais plus encore les grandes espèces animales sauvages comme le guanaco, le nandou, le cerf des pampas ou le puma qui ont beaucoup régressé, voire ont disparu de régions entières. Les petites espèces (opossum, cochon d’Inde, renard des plaines, etc.) se seraient mieux adaptées aux changements.

Il semble aussi que les modifications phytosociologiques introduites par l’homme depuis moins d’une centaine d’années commencent aussi à affecter le climat local. Il ne s’agirait pas seulement d’un éventuel avatar du réchauffement climatique, mais bien d’un effet de la couverture végétale des sols sur la pluviométrie, laquelle est de plus en plus forte au point d’entraîner des inondations plus importantes et plus fréquentes.

Autre source : http://es.wikipedia.org/wiki/Regi%C3%B3n_Pampeana

V. Les steppes : voir clic

VI. Le veld

Le veld désigne les formations prairiales et arbustives que l’on rencontre au sud du continent africain. Normalement, ces formations sont caractéristiques des hauts plateaux à des altitudes égales ou supérieures à 1300 mètres. On parle de « hightveld ». Mais ces formations végétales se trouvent encore à des altitudes comprises entre 1300 m et 900 m (« midveld ») et, très localement, entre 900 et 600 m (« lowveld »).

Le hightveld est caractérisé par un climat semi-aride, sec en hiver, avec des températures diurnes dépassant 20° C et des températures nocturnes plutôt basses (< 5° C). La saison des pluies dure d’octobre à avril : les journées sont torrides et les orages impressionnants. Le hightveld est considéré comme une région relativement agréable. Le gibier y est abondant, l’élevage bovin n’est pas trop difficile et le risque de contracter la maladie du sommeil est faible (trypanosomiase). Les autres régions du veld à des altitudes inférieures sont sanitairement très difficiles, mais aussi bien plus riches encore en gibier.

C’est d’ailleurs cette richesse en gibier qui justifie aujourd’hui une plus important utilisation de cette ressource, soit pour organiser l’approvisionnement en viande par la chasse, soit pour mettre en place des fermes d’élevage (impala Aepyceros melampus). De telles expériences ont cours au Zimbabwe, pays où la population locale se voit interdire la chasse par son président contestable et contesté !

Le veld est caractéristiquement associé aux paysages de l’Afrique du Sud, du Zimbabwe et du Malawi.

VII. Les prairies "anthropiques".

a) Introduction

À part sur les zones parabiosphériques (déserts glacés des latitudes élevées ou des hautes montagnes, déserts secs, dépôts de sels), dès lors que l’on peut observer un embryon de sol, celui-ci se couvre de végétation. Ainsi, tout sol mis à nu va très rapidement se recouvrir « spontanément » de plantes pionnières, essentiellement des graminées et des légumineuses. Cette prairie naturelle va perdurer plus ou moins longtemps en fonction de l’évolution climacique possible à l’endroit de son installation. Dans les pays tempérés soumis à une influence océanique suffisante, la prairie sera tôt ou tard remplacée par la forêt caducifoliée.

Pratiquement partout, les prairies naturelles seront considérées comme des agrosystèmes permettant soit l’élevage d’animaux domestiques de rente, soit la production de fourrage, soit encore des étapes transitoires d’assolement entre différentes cultures céréalières ou autres (pomme de terre, betterave, oléo protéagineux, etc.). Ces dernières sont désignées comme des prairies temporaires en opposition aux prairies permanentes toujours en herbe.

Le plus souvent, avec le temps, les équilibres phytosociologiques qui s’installent sur les prairies permanentes associés à une exploitation rationnelle, rendent illusoire quelque gain de productivité que feraient miroiter une nouvelle installation herbeuse. Parfois même, ces installations se révèlent nuisibles, par exemple, là où s’installent des prairies dites humides où le renouvellement est pratiquement impossible à installer sans dégâts.

Il arrive cependant que le vieillissement d’une prairie permanente associé à de mauvaises pratiques d’exploitation impose un renouvellement. C’est le cas à cause du surpâturage, des matières excrémentielles en excès (disparition des insectes coprophages), des buttes de terre rejetée par les taupes, et plus normalement, du fait des modifications des faciès prairiaux (faciès à renoncules ou à oseilles, refus, présence d’espèces toxiques [colchique, euphorbes, jonquilles, etc.], parasites [cuscute, orobanches, etc.] ou gênantes [oseilles, renoncules, chardons, ombellifères, orties, joncs, fougères, etc.], etc.).

Il arrive enfin que la productivité de la prairie devienne insignifiante et qu’il faille se résoudre à une culture de l’herbe, soit pour réinstaller une prairie dans la durée, soit pour faire rentrer la prairie dans un système de rotation culturale. La prairie « artificielle » peut d’ailleurs ne plus comporter de graminées, mais seulement des légumineuses (trèfle, luzerne, sainfoin) ou une seule espèce de graminée (ray-grass d’Italie, par exemple).

b) Les principales graminées prairiales :

La richesse botanique des prairies permanentes est souvent remarquable. Mais cette biodiversité ne s’accorde pas nécessairement avec l’utilisation que le paysan en attend. Une pâture ne convient pas nécessairement à tous les animaux : les moutons et les vaches ne paissent pas dans les mêmes prés, à la fois pour des raisons de comportements alimentaires, mais aussi de comportements interspécifiques. Une prairie, ce n’est pas la savane où se mélangent les gnous, les buffles, les zèbres et les antilopes !

C’est une des raisons qui font que les paysans recherchent moins la diversité floristique que la présence des graminées les mieux à même de bien nourrir telle ou telle espèce, autrement dit celles dont la productivité sera la meilleure.

C’est aussi la raison principale qui détermine le renouvellement éventuel d’une prairie lorsque celle-ci n’abrite plus que des espèces à faible rendement.

Parmi les espèces de graminées à bonne productivité, on peut citer le ray-grass d’Italie (Lolium italicum et Lolium multiflorum), le ray-gras anglais (Lolium perenne), la fétuque des prés (Festuca pratensis), la fétuque élevée (Festuca arundinacea), le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), la fléole des prés (Phleum pratense) .

Toutes ces plantes citées sont loin d’avoir les mêmes usages soit en prairie permanente, soit en prairie temporaire.

1- Le ray-grass d’Italie (annuel ou bisannuel) convient parfaitement pour une production rapide de fourrage d’appoint. Cette graminée s’accommode mal des autres graminées vivaces qu’elle a tendance à étouffer. Associé au trèfle violet, à la luzerne ou au trèfle incarnat, le ray-grass d’Italie fait un très bon engrais vert. Le ray-grass anglais est vivace. Cette graminée s’accommode bien des climats océaniques. Elle fait un bon pâturage dès la fin de l’hiver et un pâturage médiocre à partir de la fin d’été. Il existe un ray-grass hybride particulièrement prisé pour l’ensilage.

2- Les fétuques sont des graminées très rustiques, résistant bien à la sécheresse comme à la submersion ou au froid. Elle s’adapte bien aux sols lourds, mais assez mal aux terrains superficiels et secs. Les fétuques sont des graminées précoces favorables aux reprises de pâture en plein air dès la fin de l’hiver. Les fétuques sont assez exigeantes en azote.

3- Le dactyle est une très bonne graminée qui résiste assez bien à toutes les conditions difficiles comme de fortes sécheresses, mais sauf à une immersion prolongée. Le dactyle est la graminée la mieux adaptée aux pâturages d’été.

4- La fléole des prés, originaire des pays nordiques, résiste surtout bien aux froids. Elle tolère les sols acides, les sols lourds et même une courte submersion. Elle craint la sécheresse et les sols sablonneux ou ressuyant trop. C’est une graminée qui convient aux pâturages tardifs d’automne et de début d’hiver.


Parmi les espèces à productivité moyenne, on peut citer le pâturin des prés (Poa pratensis), le brome inerme (Bromus inermis), le fromental (Arrhenatherum elatius) ou bien encore le vulpin des prés (Alopecurus pratensis) .

Parmi les espèces à faible productivité, on peut citer le brome mou (Bromus mollis), l’agrostide blanche (Agrostis alba), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), la crételle de prés (Cynosurus cristatus) ou la houlque laineuse (Holcus lanatus)

c) Les légumineuses prairiales :

L’intérêt des légumineuses réside essentiellement d’une part en la qualité nutritive des plantes de cette famille (teneur en matières azotées, en calcium et phosphore) et d’autre part à l’activité de leurs nodosités sur les sols.

Les principales légumineuses prairiales sont le trèfle violet (Trifolium pratense) et le trèfle blanc (Trifolium repens), le lotier corniculé (Lotus corniculatus) et le lotier des marais (Lotus uliginosus), le sainfoin (Onobrychis sativa), et la Luzerne cultivée (Medicago sativa) et la luzerne sauvage (Medicago falcata)
1- Le trèfle violet s’adapte généralement très bien à tout type de sols argileux comme sableux, acides ou calcaires, et résiste plutôt bien aux excès d’eau en hiver. Cette espèce supporte mal la sécheresse. Associé au ray-grass, le trèfle violet fournit rapidement un excellent foin d’appoint.

2- Le trèfle blanc est une plante spontanée sur pratiquement tous les types de sols, hormis ceux qui sont vraiment trop secs. Cette plante résiste au froid, mais pas à la neige quand elle dure. La présence de trèfle blanc sur une pâture est un gage de bonne qualité… que les animaux savent reconnaître. Le trèfle blanc, de par son port rampant résiste bien au piétinement et à l’arrachage.

3- Les lotiers sont des légumineuses qui résistent bien à des conditions difficiles auxquelles les autres légumineuses ne résistent pas ou mal. Le lotier des marais est un très bon indicateur du pH des sols et de leur degré d’hygrophilie. Le lotier cornicule s’adapte bien aux terrains superficiels et secs. On l’associe alors au dactyle. Les lotiers, contrairement aux trèfles, ne provoquent pas de météorisation.

4- Le sainfoin est particulièrement adapté aux terrains calcaires et secs. Selon les variétés, le sainfoin peut donner une ou deux coupes par année. Le sainfoin ne provoque pas de météorisation non plus.

5- La luzerne est une légumineuse vivace qui s’enracine très profondément ce qui lui permet de résister aux sécheresses même sévères. C’est une plante qui exige des périodes chaudes, pas mal de calcium et un pH neutre à alcalin. La productivité de la luzerne est importante, ce qui en fait une production de premier plan pour l’élevage. En outre, cette plante se conserve bien après séchage. De nombreuses installations de séchage de la luzerne ont été mises en place, principalement lorsque des installations (incinération, station d’épuration, centres techniques d’enfouissement de déchets) pouvaient produire de la chaleur à fonds perdus.


d) Les autres dicotylédones :

Dans les prairies permanentes, les plantes accompagnatrices des graminées (65 à 75 %) et des légumineuses (20 à 25 %) occupent environ 5 à 10 % du terrain. Certaines de ces plantes ont une bonne valeur fourragère, d’autres moins ou pas du tout.

Le pissenlit (Taraxacum officinale), le plantain lancéolé (Plantago lanceolata), le plantain majeur (Plantago major) et l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) ont un très bon indice alimentaire.

La cardamine des prés (Cardamine pratensis), la carotte sauvage (Daucus carota) et l’oseille (Rumex acetosa) ont un bon indice.

Le mouron des oiseaux (Stellaria media), la berce des prés (Heracleum sphondylium) et la Capselle bourse à Pasteur (Capsella bursa-pastoris) ont un indice moyen.

La pâquerette (Bellis perennis), la renoncule rampante (Ranunculus repens), le rumex à feuilles obtuses (Rumex obtusifolius) et la véronique officinale (Veronica officinalis) ont un indice alimentaire médiocre.

Enfin, les chardons (Cirsium), les orties (Urtica) et la renoncule âcre (Ranunculus acris) ont un indice nul.

Autre source : http://www.prairiales-normandie.com/bibliothequeDocuments000102f4.html#I000034e1

e) Évolution des flores prairiales :

Parce qu’en dehors des grands biomes prairiaux (écozones) comme la grande prairie, la pampa, le veld ou les steppes eurasiatiques, les prairies permanentes et a fortiori les prairies temporaires ne sont pas des climax. C’est le travail de l’homme qui maintient ces agrosystèmes en l’état, c’est-à-dire essentiellement en empêchant l’invasion des arbustes et des arbres qui ne manque pas de se produire aussitôt que ces formations sont laissées à l’abandon, ne sont plus ni fauchées, ni pâturées.

Mais quels que soient les efforts consentis, l’agriculteur ou l’éleveur ne peut pas complètement lutter contre le vieillissement qui affecte les groupements végétaux. La notion de faciès prairiaux est une bonne indication sur le fait que progressivement les espèces recherchées sont peu à peu étouffées par des espèces indésirables, envahissantes, voire toxiques pour le bétail.

En outre, les techniques d’exploitation influent aussi sur l’évolution de la flore. Le surpâturage, l’excès de matières excrémentielles, le piétinement, l’engorgement hydrique résultant du tassement, les matières organiques, les matières minérales, la fumure, la fauche, etc. sont responsables de l’évolution de la flore et davantage encore des sols qui la supportent. C’est ainsi que les sols peuvent s’acidifier, se retrouver carencés ou déséquilibrés en éléments nutritifs.

De façon simplifiée, on peut dire que la fumure azotée favorise les graminées au dépens des légumineuses ; le pâturage exclusif favorise les espèces rampantes et en rosette et les espèces dédaignées (refus, chardons) ; la fauche exclusive, et nécessairement tardive, favorise les graminées qui supportent mal le broutage (fromental), les graminées précoces qui ont le temps de monter en épi et de grainer, les composées aux dépens des graminées vivaces tardives à reproduction végétative dominante, entre autres. Ce sont quelques-unes des raisons qui incitent à préférer une mode d’exploitation qui alterne pâturage et fauche (voir).

Pour apprécier l’état ou l’évolution d’une prairie permanente, on peut s’appuyer sur quelques observations faciles des principales plantes indicatrices des facteurs du milieu :

Facteurs du milieu
Espèces caractéristiques
Plantes des milieux très humides à humides
Lotier des marais (Lotus uliginosus)
Renoncule rampante (Ranunculus repens)
Menthe aquatique (Mentha aquatica)
Jonc épars (Juncus effusus)
Canche cespiteuse (Deschampsia cespitosa)
Rumex obtus (Rumex obtusifolius)
Renoncule âcre (Ranunculus acris)
Fétuque des prés (Festuca pratensis)
Fléole des prés (Phleum pratense)
Plantes des milieux frais à mésophiles
Grande oseille (Rumex acetosa)
Houlque laineuse (Holcus lanatus)
Ray-grass anglais (Lolium perenne)
Pâturin des prés (Poa pratensis)
Plantes des milieux ressuyant bien à secs
Achillée millefeuille (Achillea millefolium)
Fétuque rouge (Festuca rubra)
Renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus)
Petite oseille (Rumex acetosella)
Dactyle aggloméré (Dactylis glomerata)
Lotier corniculé (Lotus corniculatus)
Brome mou (Bromus mollis)
Porcelle enracinée (Hypochaeris radicata)
Plantes des milieux très acides à acides
Nard strict (Nardus stricta)
Trèfle fraise (Trifolium fragiferum)
Fougère aigle (Pteridium aquilinum)
Joncs sp. (Juncus sp.)
Luzule champêtre (Luzula campestris)
Petite oseille (Rumex acetosella)
Agrostide vulgaire (Agrostis capillaris)
Plantes des milieux à pH neutre
Grande oseille (Rumex acetosa)
Renoncules sp. (Ranunculus sp.)
Pâturin des prés (Poa pratensis)
Trèfle blanc (Trifolium repens)
Ray-grass anglais (Lolium perenne)
Plantes des milieux alcalins
Prêles sp. (Equisetum sp.)
Vulpin des prés (Alopecurus pratensis)
Dactyle aggloméré (Dactylis glomerata)
Plantes des sols riches
Cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris)
Chiendent rampant (Agropyrum repens)
Grande berce (Hercleum sphondylium)
Ortie dioïque (Urtica dioica)
Mouron des oiseaux (Stellaria media)
Ray-grass anglais (Lolium perenne)
Rumex obtus (Rumex obtusifolius)
Vulpin des prés (Alopecurus pratensis)
Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare)
Renoncule rampante (Ranunculus repens)
Renoncule âcre (Ranunculus acris)
Plantain majeur (Plantago major)
Pissenlit (Taraxacum sp.)
Pâturin annuel (Poa annua)
Fléole des prés (Phleum pratense)
Plantes des sols pauvres
Achillée millefeuille (Achillea millefolium)
Fétuque rouge (Festuca rubra)
Flouve odorante (Anthoxanthum odoratum)
Fougère aigle (Pteridium aquilinum)
Luzule champêtre (Luzula campestris)
Pâquerette (Bellis perennis)
Petite oseille (Rumex acetosella)
Plantain lancéolé (Plantago lanceolata)
Porcelle enracinée (Hypochaeris radicata)
Renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus)
Plantes des milieux en excédent azoté
Cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris)
Chiendent rampant (Agropyrum repens)
Grande berce (Hercleum sphondylium)
Ortie dioïque (Urtica dioica)
Mouron des oiseaux (Stellaria media)
Pissenlit (Taraxacum sp.)
Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare)
Rumex obtus (Rumex obtusifolius)
Vulpin des prés (Alopecurus pratensis)
Plantes indicatrices de surpâturage
Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare)
Porcelle enracinée (Hypochaeris radicata)
Capselle bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris)
Mouron des oiseaux (Stellaria media)
Pâquerette (Bellis perennis)
Pâturin annuel (Poa annua)
Plantain majeur (Plantago major)
Plantes indicatrices de sous-pâturage
Chiendent rampant (Agropyrum repens)
Fétuque des prés (Festuca pratensis)
Fougère aigle (Pteridium aquilinum)
Plantain lancéolé (Plantago lanceolata)
Renoncule âcre (Ranunculus acris)
Vulpin des prés (Alopecurus pratensis)
Plantes indicatrices de sols compactés
Capselle bourse à pasteur (Capsella bursa-pastoris)
Jonc épars (Juncus effusus)
Mouron des oiseaux (Stellaria media)
Pâquerette (Bellis perennis)
Pâturin annuel (Poa annua)
Plantain majeur (Plantago major)
Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare)
Plantes caractéristiques des près de fauche
Renoncule âcre (Ranunculus acris)
Vulpin des prés (Alopecurus pratensis)
Brome mou (Bromus mollis)
Cerfeuil sauvage (Anthriscus sylvestris)
Chiendent rampant (Agropyrum repens)
Fléole des prés (Phleum pratense)
Flouve odorante (Anthoxanthum odoratum)
Grande berce (Hercleum sphondylium)
Menthe aquatique (Mentha aquatica)
Plantain lancéolé (Plantago lanceolata)






Sites Internet et articles :

Le diagnostic des prairies : http://www.prairies-gnis.org/pages/etapes.htm

Le site du Pôle de valorisation de la prairie normande : http://www.prairiales-normandie.com/index.html

Quelles espèces fourragères semer ? : http://www.prairies-gnis.org/pages/choix.php /

Privilégier les prairies à flore variée (ferme biologique) :
http://www.maine-et-loire.chambagri.fr/iso_album/privilegier_les_prairies_a_flore_variee.pdf /

Guide pour un diagnostic prairial :
http://wwwagir.toulouse.inra.fr/agir/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=64&Itemid=142 /

DIAGNOSTIC PRAIRIAL et réussite des implantations :
http://www.prairiales-normandie.com/iso_album/tc_pin04_1.pdf /

Quel est l'intérêt des prairies naturelles par rapport aux autres :
http://www.farre.org/fileadmin/medias/pdf/fiche_techique_09.pdf /

De la graminée pure à la pairie multi-espèces : http://www.mayenne.chambagri.fr/publications-agronomie.asp# /

Comprendre la pousse de l’herbe : http://www.mayenne.chambagri.fr/iso_album/echo_patures_mars2005.pdf /






[ Corrélats : Steppes / ...]



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