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Proies et Prédateurs
Proies et Prédateurs


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Effet "Velcro®" chez des fourmis guyanaises / Sites Internet et articles / Corrélats /
Une araignée thomise (Misumena vatia),
à l'affût dans un arum, s'est saisi d'une abeille.
Le terme de proie s’applique à tout être vivant susceptible d’être capturé par un autre être vivant (prédateur) qui la dévorera.



Il est donc probable que tout être vivant sur terre puisse être une proie potentielle pour une quelconque autre espèce qui saura en saisir l'opportunité.

J’ai toujours été plus fasciné par l’habileté que des prédateurs déployaient pour arriver à leur fin que par les astuces que les proies mettaient en œuvre pour échapper à la mort. Paradoxalement, quand une proie s’échappait, je crois bien que j’en éprouvais quelque plaisir. MM. Freud et Lacan, au secours !

La photo ci-contre illustre la capture d'une noctuelle ou d'un sphinx par probablement un vespertilion.
Un vespertilion (?) capture une noctuelle ou un sphinx (?)


Dans le cas illustré, la chauve-souris va se saisir du papillon, bien que celui-ci se soit laissé tomber brusquement à l'approche du prédateur dont il perçoit les émissions ultrasonores.

La capture va se faire à quelques centimètres d'un panneau annonçant que les enfants du quartier de Kerpotence / Hennebont sont dangereux ! En effet, sur le panneau figure la mention : Danger - Enfants ! Moi qui pensait que les enfants étaient aussi parfois des proies potentielles...
Harle huppé capturant une anguille
Un autre phénomène m’a longtemps interpellé. Pour avoir été, depuis tout gamin, le témoin de plusieurs dizaines de morts de mammifères capturés par des prédateurs, je gardais, à chaque fois, la sensation diffuse que la proie n’avait pas semblé souffrir, pire qu’elle se résignait, quand bien même son agonie soit longue, surtout quand son prédateur semblait s’y prendre mal.



Je ne savais encore rien des corticosurrénales, ces glandes associées aux glandes de l’effort, les médullosurrénales qui sécrètent l’adrénaline qui permet de fuir. J’appris plus tard que les corticoïdes, avant d’agir comme des anti-inflammatoires, agissaient aussi comme des antalgiques et qu’elles étaient sécrétées en même temps que les hormones de l’effort. Je le constatais, en jouant (mal) au foot, surtout quand je prenais un méchant coup sur le tibia, lequel ne m’empêchait pas de continuer à jouer (plus mal) !

Mektoub : un Orthetrum cancellatum
s'est pris au piège d'une argiope.
Je ne sais pas si la nature est bien faite, mais force m’est de constater que si les proies ne semblent pas souffrir, les prédateurs ne sont pas, de facto, cruels. D’ailleurs, auraient-ils pu continuer de l’être (cruels et prédateurs) s’ils avaient perçu que leurs proies souffraient ? Peut-être, mais en étant plus humains !



Comme je le fus (humain et cruel), sans doute, des années d’enfance durant, quand j’élevais des mouches du vinaigre sur quelques fonds de vin vieilli, afin de nourrir les innombrables araignées que je tentais d’acclimater dans le jardin familial.




La boarmie rhomboïdale (c'est un papillon, plus exactement une phalène du genre Peribatodes) n'avait certainement pas vu la thomise (c'est une araignée) qui guettait dans le buddleia quand elle s'est posée pour s'enivrer des parfums sucrés de la plante.

Il est fort probable aussi que le papillon n'a rien senti quand l'araignée lui a planté ses chélicères dans la tête (frappe chirurgicale) puisque, remarquablement, il n'a rien fait pour se sauver ou se débattre. Il est mort, d'un coup. À peine si son agonie a été marquée par un frémissement des ailes.



Moins d'une minute plus tard, le papillon avait été complètement tiré par l'araignée dans la grappe de fleurs de buddleia et avait pratiquement disparu si ce n'était le bout de ses ailes qui dépassaient encore.




Chevalier aboyeur (Tringa nebularia) à la pêche
Le chevalier aboyeur est très facile à identifier, même de très loin et sans indication de ses patterns de couleurs, grâce au comportement qu'il adopte pour pêcher des petits poissons (lançons, prêtres, blennies, etc.).

En effet, ce chevalier est le seul qui poursuit ces petits poissons, la tête totalement immergée et le bec entr'ouvert, dans les courants peu profonds, au moment de la marée descendante.

Sur la photo, on voit un individu qui vient de capturer un lançon.





Un héron cendré vient de capturer une très belle anguille
Les hasards de la pêche permettent quelquefois aux hérons de capturer des proies particulièrement volumineuses, comme cette anguille. Ça n'est jamais sans mal qu'ils réussissent pourtant à l'avaler, toujours d'une pièce puisque ces oiseaux ne découpent pas leurs victimes.
Mais la proie est vraiment volumineuse...
et ce n'est pas sans efforts qu'elle finit par être avalée.
Un héron aux prises avec une sole
Il arrive pourtant que des proies beaucoup plus petites leur posent des problèmes bien plus difficiles à résoudre comme c'est le cas pour ce héron qui sera bien embêté avec ce qui semble être une sole, apparemment un peu trop large !

Ce sont deux ibis sacrés en maraude qui lui chiperont ce poisson qu'ils se disputeront et qui, tiraillé de tout bord, finira par se déchirer en deux satisfaisant ainsi les deux compères.


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La prédation est associée à deux notions complémentaires et indissociables qui sont l'opportunisme et l'efficacité thermodynamique.

Contrairement aux parasites, souvent inféodés à une espèce, les prédateurs sont opportunistes, c'est-à-dire qu'ils capturent différentes catégories de proies compatibles avec leur régime alimentaire sans pratiquement jamais se spécialiser à capturer une espèce précise et aucune autre. En ce cas, le risque serait une mauvaise régulation des effectifs des populations de la proie et de son prédateur, au grand dam des deux populations probablement.

Mais cet aptitude à saisir une bonne occasion de capture est sous tendue à l'efficacité thermodynamique que procure la proie. Si la proie est trop petite, l'énergie dépensée par le prédateur pour sa capture risque de ne pas être compensée par la trop faible taille de la proie. A contrario, si la proie est trop importante, les efforts et les risques pris par le prédateur risquent pareillement de lui être préjudiciables.

C'est ainsi qu'on ne voit guère les lionnes chasser les souris dans la savane, même en cas de disette quand elles sont alors parfois contraintes à s'attaquer à quelque grand buffle dangereux pour elles et dont la capture reste très aléatoire.

Une mouche (Scathophagide) vient de capturer une Helina duplicata
La mouche scathophage photographiée ci-contre a profité, plusieurs soirs de suite, des pièges lumineux que j'avais installés dans le jardin pour y compter les papillons de nuit de passage.

Ces pièges attirent toutes sortes d'insectes dont des petites mouches du genre Helina qui, bien que de taille presque équivalente à la mouche scathophage, lui ont servi de proies plusieurs soirs de suite.

Ces mouches scatophages ont plusieurs fois servi de proies aux frelons attirés aux-aussi par les lampes UV (voir évaluation des risques).

Une sauterelle verte vient de se saisir d'une chenille
Cette sauterelle verte qui avait élu domicile dans une jardinière de fleurs de l'écluse du moulin neuf sur le Blavet à Hennebont et que j'observais depuis un bon moment déjà, vient de se saisir d'une chenille qui passait par là.


J'ai longtemps cru que les sauterelles vertes étaient d'abord phytophages et occasionnelement insectivores. Ce serait le contraire. Il n'en reste pas moins que les sauterelles ne semblent pas avoir une très bonne connaissance du système nerveux des insectes quand je les vois attaquer la consommation d'une chenille par l'arrière !

Une ségestrie profite des pièges lumineux pour capturer une lithosie.
Une ségestrie profite des pièges lumineux pour capturer une lithosie.





Faucon pélerin (Falco peregrinus) et une proie.
Ce faucon pèlerin qui a établi ses quartiers d'hiver au port de commerce de Lorient est pratiquement assuré de ne pas manquer de proies s'il sait se contenter des mouettes et des goélands qui sont légion à cet endroit.

Cet oiseau en est à son deuxième hiver à cet endroit. En 2005, il avait été observé assez tardivement. Cette année 2006, il est arrivé fin novembre. La présence simultanée de cette espèce à Plouhinec, au port de commerce et sur les étangs côtiers entre Ploemeur et Guidel permet de supposer que deux oiseaux au moins ont investi la région lorientaise...

Cette espèce est toujours présente en 2010... au même endroit : tout porte à croire qu'il s'agit du même ou des mêmes oiseaux.





Une mouette rieuse a saisi une gobie de belle taille

qui va lui donner pas mal de difficultés avant d'être gobée !




Comparaison qualitative et quantitative de modèles proie-prédateur
http://tel.ccsd.cnrs.fr/documents/archives0/00/00/57/71/index_fr.html

Relations proies - prédateurs :
http://www.unice.fr/LEML/Francour_Internet/Fichiers_en_ligne/Cours_3_Predation.pdf

Prédation et Défense chez les Arthropodes :
http://www.biodeug.com/cours/balic55.php

Diversité écologique, aménagement des agro-écosystèmes et favorisation des ennemis naturels des ravageurs : cas des aphidiphages :
http://www.inra.fr/dpenv/chaubc18.htm#agr




[Corrélats : Pression de prédation / Variations démographiques / Biocénoses / Arachnides / Lutte biologique / Opportunisme / Mobbing / Omnivores / Abondance / Régulation / Surpopulation / Compétition / Relations intraspécifiques et relations intraspécifiques / Pelote de réjection / Nourrissage / Concurrence vitale / Apprentissage / ...]

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