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Espèces pyrophiles
Espèces pyrophiles


Sommaire de la page (Articles, Dossiers, Études...) : Incendies et sécheresses répétés, une menace pour la forêt méditerranéenne / Sites Internet et articles / Corrélats /


Spinifex : Triodia (graminée)
Photo Julien Guine *
On dit qu'une espèce végétale est pyrophile quand le feu joue un rôle bénéfique pour cette espèce.

La photo ci-contre est celle d'une espèce de Spinifex australienne du genre Triodia. Cette graminée possède des graines dont l'enveloppe ne pourra être cassée que par le passage du feu après lequel la graine pourra germer. Voir aussi sérotinie

[* Julien Guine a réalisé son stage en Australie à la réserve de Gluepot. Il fut le troisième étudiant HSE Lorient à se rendre sur cette réserve pour réaliser son stage (2007).]



Le feu agit favorablement pour une espèce à divers titres. Son passage, quand il est rapide, en détruisant des plantes plus sensibles ou moins bien protégées, peut diminuer la concurrence et favoriser l'abondance, voire la dominance de l'espèce pyrophile. C'est le cas pour le chêne liège dans les forêts méditerranéennes ou la dehesa. C'est aussi le cas pour le niaouli ou arbre de fer qui tend à occuper toujours plus d'espace dans les régions où les feux de brousse sont devenus un mode de défrichement (Nouvelle-Calédonie). Le passage du feu, soit à cause de l'augmentation de la température, soit par l'action des fumées dégagées, est nécessaire pour lever la dormance des graines des plantes pyrophiles (cistes).

Remarquablement, les plantes pyrophiles s'observent plus fréquemment dans les écosystèmes soumis au climat méditerranéen (pourtour méditerranéen, Chili, Australie, Tasmanie, Nouvelle-Zélande, Chine, Corée, Ouest des États-Unis, etc.) qu'ailleurs, sous d'autres types de climats, sauf peut-être dans les écosystèmes à physionomie herbacée ou fruticée, sous climat tropical (savanes, steppes, bush, chaparral, matorral, etc.).

On fait quelquefois l'hypothèse que les plantes pyrophiles en climat méditerranéen aient primitivement constitué un faciès primaire de l'écosystème alors qu'en climat tropical, ces plantes se seraient développées secondairement, principalement du fait de l'action des hommes.




Des insectes pyrophiles

Un insecte pyrophile : Melanophila cyanea (Buprestidae)
Les larves des coléoptères du genre Melanophila, de la famille des Buprestidés, ne peuvent se développer que dans le bois d'arbres récemment détruits par le feu. Repérer un incendie est donc pour les adultes une simple, mais primordiale, question de survie.



Dès 1937, des spécialistes avaient observé une paire d'organes située sur le thorax de l'insecte. Les expériences comportementales et physiologiques ultérieures ont alors révélé leur incroyable sensibilité aux infrarouges, très pratique pour la détection d'un feu de forêt. Plusieurs hypothèses furent ensuite émises quant à l'aptitude des Melanophila de sentir la fumée, mais aucune preuve tangible ne fut avancée.

C'est maintenant chose faite grâce aux travaux de l'équipe de Stefan Schütz et à ceux de l'équipe de Horst Bleckmann.

En reliant une antenne fraîchement excisée de Melanophila acuminata à un chromatographe en phase gazeuse équipé d'un FID (flame-ionization detector) et d'un électro-antennographe, les chercheurs allemands ont pu enregistrer les réactions de l'organe aux substances émises par la combustion du bois. Selon eux, les antennes sont particulièrement sensibles aux phénols ; les dérivés du guaiacol (2-methoxyphénol) provoquant la plus forte réponse. Les antennes des coléoptères peuvent déceler les phénols méthoxylés, rejetés par la combustion incomplète de la lignine, à de très basses concentrations (ppb : quelques parties par milliards).

Ce récepteur infaillible pourrait également servir, non seulement à trouver les incendies, mais également à savoir quel type d'arbre brûle ! "De la même façon que les vipères et les serpents sensibles aux infrarouges utilisent des chémorécepteurs situés sur leur langue pour détecter les substances libérées par leurs proies, les coléoptères Melanophila useraient de leurs chémorécepteurs pour sentir les molécules volatiles spécifiques au bois en combustion.

Les connexions entre les deux systèmes, antennes et récepteurs thoraciques, demeurent cependant très vagues.

Cela écrit, toutes les spéculations quant à la possible utilisation des qualités de ces insectes en matière de prévention des incendies de forêt sont assez fantaisistes puisque les insectes ne détectent des fumées ou des incendies que quand ceux-ci sont déjà bien avancés, voire quand les arbres ne sont plus que des troncs calcinés et fumants.




Espèces pyrophiles :
http://perso.wanadoo.fr/gonzales.manuel/textes/cistes.html

Feux de forêts :
http://www.sdis66.fr/prevention/essaiA37.htm

Feux de forêts :
http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier391-1.php

Régénération naturelle pin d'Alep :
http://prosilva.fr/francais/lettres/lettre3.pdf

Le feu, outil d'aménagement forestier: Le brûlage dirigé dans le sud des États-Unis
http://www.fao.org/documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/t9500f/t9500f07.htm

Les incendies prévention lutte sylviculture :
http://www.fao.org/documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/t9500f/t9500f07.htm




[ Corrélats : Feux de forêt / Après l'incendie / ...]

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