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Succession
Succession


Tout le monde connaît cette histoire d'un papillon qui se pose sur une branche d'un séquoia, y passe la journée et meurt désespéré en constatant qu'il ne s'est rien passé de toute sa vie.

C'est la même chose pour les écosystèmes. Sur un temps donné, les écosystèmes semblent parfaitement stables.

La question de la succession des conifères se posera
quand il s'agira de les remplacer... Surtout dans les
régions où on a mené des campagnes d'enrésinement massif.
Sur un temps plus long, les écosystèmes montrent qu'ils changent et évoluent.


On parle de succession pour désigner des enchaînements temporels, linéaires ou cycliques, dans les écosystèmes. Ces enchaînements concernent d'abord les communautés vivantes lesquelles représentent les indicateurs les plus visibles des changements. Mais ces enchaînements concernent aussi les facteurs physiques et chimiques du biotope dont les changements peuvent résulter des modifications des communautés, à moins que ce ne soient les changements des paramètres physicochimiques qui entraînent les modifications dans les biocénoses.

On parle de succession autogène lorsque la succession linéaire ou cyclique est induite spontanément par la communauté elle-même et non pas par une variation des conditions du biotope. Comme exemple de succession autogène, on peut citer celui des communautés qui voient se succéder différents stades, par exemple, depuis la pelouse jusqu'à la forêt climacique ou bien celui d'un tronc mort sur lequel des synusies animales vont se succéder.

On parle de succession allogène pour désigner des successions provoquées par des modifications graduelles ou brutales des conditions stationnelles. Par exemple, les stades qui se sont succédés après les glaciations sont des successions allogènes. La modification d'une forêt climacique en forêt cultivée est aussi une succession allogène. Les successions de tapis herbacés sous un couvert forestier à mesure que celui-ci se densifie sont encore des successions allogènes.

On parle de stade pour désigner une étape dans une succession. On parlera de stades pionniers pour désigner des stades instables et transitoires. On parlera de stades climaciques ou paraclimaciques pour désigner des stades stables (climax) ou bien des stades stabilisés par une contrainte extérieure (paraclimax).

On parle de phase pour désigner, dans une succession cyclique, une période pendant laquelle une synusie, c'est-à-dire une association temporaire d'organismes provoquée par des facteurs externes, est fortement dominante.

On parle de phénophase pour désigner des synusies qui se mettent en place en relation avec une période particulière de l'année. Par exemple, on parlera d'une phénophase composée par les plantes vernales d'un sous-bois, laquelle précède la phénophase des plantes estivales de ce même sous-bois. On parlera aussi de phénophase pour désigner les successions d'oiseaux dans un milieu ou sur une région. On distinguera les phénophases d'oiseaux visiteurs d'été, de celles des oiseaux visiteurs d'hiver et de celles des oiseaux sédentaires.

Dans une succession cyclique, on parlera de régénération pour désigner la phase pendant laquelle la succession passe du stade pionnier au stade terminal.

Dans une succession cyclique, on observe toujours une phase finale, climacique ou paraclimacique, jusqu'à ce qu'elle soit détruite par une perturbation qui fait passer l'écosystème du stade terminal au stade pionnier.

Un très bon exemple est donné par les landes mésophiles bretonnes quand, dans les stades vieillis, l'accumulation de matières sèches non dégradée soit à cause d'un échauffement dû à la fermentation, soit pour une cause extérieure (incendie volontaire ou accidentel), prend feu et est totalement détruite. La lande va régénérer soit à partir des graines des plantes pyrophiles dont la dormance est levée par le passage du feu, soit par rejet de souche.

Dans les successions, le climax et le paraclimax désignent les stades matures.

Le climax, en botanique, désigne l'état d'équilibre du développement végétal dans un milieu pédo - climatique précis.

Le paraclimax désigne une formation végétale constituée d'espèces n'appartenant pas au milieu, après modification du climax par l'homme.

Le plus souvent, le stade final paraclimacique est rendu incontournable du fait de modifications irréversibles des conditions pédologiques du milieu. L'exemple des garrigues ou des maquis au lieu et place de la forêt primaire méditerranéenne que l'on n'a plus aucune chance d'observer en est un très bon exemple.

Mais avec les modifications climatiques que l'on commence à observer, il ne sera pas étonnant que des paraclimax se mettent en place en de très nombreux endroits dans un délai qui pourrait être bien plus court qu'on le suppose.

On parle de succession primaire progressive lorsque les biocénoses se suivent jusqu'à constituer le climax. On parle de succession primaire régressive lorsque des perturbations font passer du climax vers des stades moins élaborés, éventuellement jusqu'au stade pionnier.

On parle de successions secondaires progressives ou régressives lorsque le stade ultime des successions correspondra obligatoirement un paraclimax.

On parle de succession anthropogénique pour désigner les étapes de dégradation observées dans un écosystème du fait des perturbations que l'homme apporte, surtout au terme d'un type d'exploitation qu'il exerce. La plupart du temps, les successions anthropogéniques sont de nature régressive. Généralement aussi, la régénération, si elle est rendue possible ou souhaitable, ne reconduit que très rarement au climax, mais plus souvent à un paraclimax plus ou moins fortement dégradé. Les processus de désertification en sont le pire exemple possible. Malheureusement, les processus de désertification semblent partout s'accélérer.




Le groupement d'intérêt public sur le fonctionnement des écosystèmes forestiers :
http://www.inra.fr/dpenv/lacazc16.htm

Les séries de végétation :
http://sciencesnat.ouvaton.org/modules/daML/page.php4?id=30

Les garrigues et les maquis :
http://www.lagrasse.com/fr/patrimoine/guarrigues%20et%20maquis.htm

http://www.cybergeo.presse.fr/cartogrf/texte1/bioret.htm


La flore des Alpes-Maritimes :
http://flore06.site.voila.fr/pages/flore/flore.htm

Les garrigues / successions :
http://perso.wanadoo.fr/marius.autran/glossaire/tome7/vegÉtation_sicie.html

http://crdp.ac-besancon.fr/ressourc/flore/flore.htm





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