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Surpopulation
Surpopulation


Le plus souvent, on parle de surpopulation à chaque fois que sur un territoire donné, le nombre d'individus dans une population devient trop important par rapport aux ressources disponibles pour cette population.

Même moi tout seul, j'étais de trop !
En dehors de cas bien particuliers, le plus souvent liés à des dysfonctionnements écosystémiques induits par des activités humaines, les animaux sauvages ne souffrent guère de surpopulation.



C'est ainsi que l'éradication d'un prédateur verra la population de sa proie augmenter considérablement jusqu'à un point de rupture à partir duquel la population en excès, après qu'elle aura épuisé ses ressources, finit par régresser.

Le cas des cerfs-mulets du plateau de Kaibab est un bon exemple de ce mécanisme.

On observera aussi des phénomènes de surpopulation lorsque l'homme introduit une espèce dans un territoire où cette espèce n'a pas d'ennemi ou bien où la niche qu'elle va occuper est vacante ou occupée par une espèce fragile et facile à éliminer. Des exemples sont fournis par l'introduction du lapin en Australie ou de l'étourneau aux États-Unis.

C'est surtout chez l'homme que les problèmes de surpopulation sont les plus préoccupants.

Souvent d'ailleurs, la notion de surpopulation est assez mal perçue. Par exemple, on peut, aujourd'hui, parler de surpopulation dans les pays de l'Afrique sahélienne avec des densités inférieures à 10 individus au km2 ! En fait, ce n'est pas la densité absolue qui décide qu'il y a ou non surpopulation, mais davantage la densité écologique, c'est-à-dire le rapport qui existe entre le nombre d'individus non pas avec la surface totale d'un territoire, mais avec la surface utilisable du territoire. Ainsi la densité absolue en Égypte est de l'ordre de 3 individus au km2, alors que la densité écologique dépasse 1500 au km2. La surface utilisable, par exemple, à des fins agricoles et qui abrite la quasi-totalité des Égyptiens ne fait guère plus de 38 000 km2 et est majoritairement représentée par la vallée du Nil et son delta.

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Le plus inquiétant en matière de surpopulation est la conséquence que celle-ci produit sur la sururbanisation, laquelle est particulièrement inquiétante dans les pays en développement.

L'émergence de mégalopoles est un phénomène relativement récent. Ces concentrations formidables d'humains se font en dehors de toute possibilité d'installer des régulations. Les pouvoirs politiques, comme à l'habitude, n'ont rien vu venir ; pire, dans bien des cas, ils tirent un profit immédiat, en terme de conservation du pouvoir, d'une situation dont la tendance est de se dégrader.

Les problèmes de pollution, de santé, d'utilisation et de gaspillage des ressources sont irrémédiables. Il n'est d'ailleurs pas certain que cette tendance puisse, en l'état, être corrigée ou inversée.

On ne peut guère être optimiste quand on constate que la population humaine, dans sa totalité, nantie ou non, présente, aujourd'hui, une dynamique qui n'est pas sans rappeler celle que l'on observe dans les populations de lemmings quand leur situation démographique commence à déraper. - Et on est encore loin de la situation cataclysmique qui s'est installée quand leur surpopulation est avérée -.

La régulation en tendance n'est jamais résolue chez les lemmings autrement que par une augmentation remarquable de la mortalité. Pour cette espèce, on parle de suicide collectif, bien que cela n'ait rien à voir avec un suicide.

On voit mal comment, chez l'homme, il en serait autrement.

Les populations nanties (20 à 50 $ par jour) sont-elles prêtes à diminuer leur consommation de ressources non renouvelables pour permettre aux populations qui vivent avec moins de 1 $ par jour de sortir un peu de leur pauvreté criante, surtout quand on sait que ces populations nanties acceptent volontiers que leurs vaches disposent d'environ 3 $ par jour pour surproduire du lait qui finalement finit à la poubelle ou dumpé sur les marchés des pays émergents ?

Les populations pauvres vont-elles encore longtemps accepter qu'on les pille*, qu'on les réduise à accepter la malnutrition, la maladie (SIDA, SRAS, Paludisme), l'insécurité, l'humiliation du déni, y compris celui de pratiquer une religion ou de vivre sur un territoire ?

[C'est fou le nombre d'observateurs qui se sont rendus, en 2006, au Congo démocratique pour vérifier que celui qui serait élu président serait bien le bon, c'est-à-dire celui qui permettrait que perdure le pillage des ressources minières du pays... au prix où sont les matières premières à la Bourse, comment pourrait-il en être autrement ?]

Remarquablement, chez les lemmings, lorsque la pression de surpopulation commence à être ressentie, on observe que des zones de la colonie semblent être mieux défendues par un groupe d'individus vis-à-vis des autres individus de la colonie afin de les repousser et les maintenir à la périphérie.

La comparaison ne vaut peut-être pas, mais force est de constater qu'on peut observer des faits similaires chez l'homme.

D'une part des zones réservées à certains groupes socioéconomiques plutôt aisés, avec mur d'enceinte, gardes armés et laisser-passer comme on en observe aux États-Unis. Ces zones ne sont rien d'autre, en plus étendu, que ce que l'on connaissait avec les immeubles collectifs d'habitation à accès limité.

D'autre part, des zones d'exclusion où s'entassent plutôt des pauvres, des exclus, des malades, des chômeurs, des drogués, des hors-la-loi, des bannis, etc.

Ces zones (bidonvilles, favelas, karyan, geneçonduk, campements divers, etc.) sont devenues des zones de non-droit pour quiconque n'en fait pas partie. On pourrait pratiquement comparer ces surfaces à celles que les géographes marquaient de l'appellation Terra incognita quand ils n'avaient pas pu encore les explorer. On peut aisément constater que bien peu de cariocas pénètrent dans les favelas de Rio quand ils n'y habitent pas… et combien peu de ceux qui y habitent en sortent !

On ne peut guère être optimiste puisque, à l'évidence la régulation en tendance s'accélère en même temps que la recherche des solutions ou leur application stagne, voire régresse. Est-ce que le refus du président Bush de ratifier le protocole de Kyoto ne pourrait pas être considéré comme un crime contre l'humanité qui devrait lui valoir un frappe préventive ?

On ne peut guère être plus optimiste quand on voit à quel point il n'est nullement besoin de détenir des armes de destruction massive ou d'en faire usage pour obtenir le même résultat.

On ne peut guère être optimiste quand tous les indicateurs affirment qu'il est déjà trop tard (climat, pollution, ressources, population). Espérons seulement que la catastrophe arrive assez vite pour qu'elle n'arrive pas trop tard.




Une campagne récente de Médecins sans frontières rappelait que certaines armes de destruction massive, comme les anophèles moustiques vecteurs du paludisme (plusieurs millions de morts chaque année) laissaient Georges Bush et la très grande majorité de ses collègues chefs d'État parfaitement indifférents... Il n'y a probablement pas beaucoup de différence entre une association de malfaisants à une association de malfaiteurs.





Sida. Le désengagement financier des États-Unis va bloquer nombre de programmes. / L'élan brisé du Fonds mondial /

Par Christian LOSSON / jeudi 18 novembre 2004 (Libération - 06:00) /

La traditionnelle bagarre financière fait rage autour du Fonds mondial contre les pandémies (sida, tuberculose, paludisme). Et risque bien de se solder par une cinglante désillusion pour les malades. Les 23 membres du conseil d'administration du fonds, qui se réunissent jusqu'à demain pour la première fois en neuf réunions en Afrique (à Arusha, Tanzanie), pourraient différer le lancement d'un 5e cycle d'appels à projets pour 2005. Le lobbying de l'administration Bush a été, selon plusieurs sources, d'une rare intensité. "Mettons de l'ordre dans la maison avant de prendre de nouvelles obligations", justifie-t-on à Washington. En fait, les États-Unis souhaitent surtout pousser son propre plan antisida, le Pepfar. Un outil bilatéral très idéologique (qui finance notamment des programmes sur l'abstinence sexuelle) et décrié par les ONG.

"Bien qu'il ait fait du sida l'une de ses six priorités pour son second mandat, Bush s'apprête à miner le fonds mondial, assure David Bryden, de la Global Aids Alliance. Pendant qu'à Arusha le président américain du fonds va dire qu'on manque d'argent pour lancer un 5e cycle, sa propre administration s'apprête à amputer de 150 millions de dollars ses engagements, pour ne lâcher, au final, que 350 millions de dollars." On est loin du pacte non écrit qui veut qu'États-Unis, Europe et reste du monde paient chacun un milliard de dollars par an. Du coup, la France, deuxième contributeur (150 millions de dollars) après les États-Unis, souhaite aussi "une pause". "Il n'y a pas assez d'argent pour lancer de nouveaux projets, confie Mireille Guigaz, ambassadrice sida de la France. Il faut faire preuve de prudence, sinon on court le risque de ne pas pouvoir financer des programmes et décevoir les attentes." Dans l'entourage de Chirac, on assure que la France "fait déjà beaucoup", qu'il n'est "pas question de se lancer dans la cavalerie budgétaire". Paris plaide donc pour un 5e cycle, mais après avoir dressé un bilan, lors d'une conférence de "reconstitution" des fonds du fonds... Plus de 3 milliards de dollars ont été investis dans 120 pays depuis sa création, en 2002.

La réunion d'Arusha inversera-t-elle la donne ? En sapant les financements, "l'administration Bush condamnerait à mort des milliers de personnes en Afrique, en Asie, aux Caraïbes ou en Amérique latine", souffle Zachie Achmat, de TAC, association de malades sud-africaine. "C'est de la folie de couper le robinet aujourd'hui, au moment où une dynamique se crée, où on investit dans les ressources humaines, où on met des gens sous traitement", se désespère Gaëlle Krikorian, d'Act up. Paradoxe : au moment où ONG et pays donateurs se félicitent (tous ou presque) du déclic créé par le fonds, celui-ci n'a jamais été aussi menacé...







L'autisme de George Bush

Le plus grand déficit du XXe siècle aura été celui de la conscience, distancée par la science et pulvérisée par ses applications. Pour être plus exact, sans doute est-ce l'ivresse ou l'euphorie générée par cette profusion de changements et de découvertes qui a rendu inaudible l'expression de celle-ci. À décharge des uns et des autres la fulgurance des mutations rendait délicate l'appréciation de l'immédiateté et simultanément la lecture du futur.

Sur le plan écologique, la dernière décennie laissait poindre quelques indices d'espoir. La convention sur les changements climatiques de Rio, en 1992, et le protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en 1997, étaient les frémissements d'une conscience revenue. Même si sa traduction en acte restait dérisoire, on pouvait espérer que le pire était derrière nous et que l'on allait enfin cesser de faire payer à la nature un tribut sans fin. Surtout on se prenait à croire que l'humanité avait enfin réalisé que son sort n'était pas distinct de celui du reste des êtres vivants. Nous allions peut-être basculer du siècle des vanités à celui de l'humilité. Naïveté, utopie ou illusion c'était sans compter sur l'arrivée au sommet de la pyramide de la suffisance de George W. Bush junior qui fait reculer la réflexion écologique au néolithique et encore, nul doute qu'à cette époque les hommes avaient avec leur environnement des liens plus étroits donc plus sensés.

Depuis peu, l'on sentait poindre la "mise en cause" et "en doute" par Bush et son entourage des conclusions du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat et sur ses causes anthropiques. Après de longues hésitations et atermoiements, la communauté scientifique nous alertait enfin sur les dangers de l'effet de serre amplifié par l'homme et sur les conséquences dramatiques d'un réchauffement climatique rapide. L'humanité réalisait enfin l'impact de ses activités et prenait la mesure des dégâts passés et à venir. Non seulement de nombreux écosystèmes avaient été détruits ou étaient menacés, mais les grands équilibres écologiques eux aussi étaient perturbés de notre fait. Le message était enfin clair et perceptible : il y a péril en la demeure, car affecter la Nature c'est compromettre l'Homme. Le monde par la simple proclamation de cette évidence, avait fait un petit pas précieux vers la sagesse.

Monsieur Bush lui, avec le même aplomb qu'une cartomancienne, nous affirmait le contraire et que, quand bien même, son arsenal technologique lui permettrait de toute façon de faire face aux effets de tout cela. Le cynisme en habit de président ; la vanité au paroxysme, auréolée d'une stupidité absolue. Dans la foulée, la non ratification annoncée du protocole de Kyoto est lamentable autant que désastreuse. Lamentable parce que son effet psychologique réduit à néant les efforts des uns et des autres sur cette prise de conscience indispensable aux pays industrialisés et anéantit les petits succès récents sur le front écologique. La Chine et l'Inde entre autres, auront beau jeu de ne pas faire d'effort en matière de réduction d'émission de gaz à effets de serre. Sans compter la résistance rampante et hypocrite de l'Union européenne à tenir ses engagements qui trouvera là un bouc émissaire commode. Cette attitude américaine risque fort de combler la brèche faite dans ce mur d'indifférence dressé au siècle passé.

Désastreuse parce qu'elle rapproche l'humanité de ces seuils d'irréversibilité que tous les esprits lucides redoutent. Voilà le futur sacrifié sur l'autel de l'économie et de la croissance à tout prix. Et même dans un raisonnement purement économique et démagogique où le dollar est la seule icône, ces choix ou ces entêtements sont d'une affligeante stupidité tant les expertises récentes montrent que l'écologie a certes un coût mais que l'ignorer en génère d'une toute autre échelle. Il n'a échappé à personne sauf au "Bush band", que les aberrations climatiques que nous subissons et leurs impacts, que les catastrophes écologiques et sanitaires qui se succèdent et qui nous sautent en permanence à la gueule, tous ces petits signes en début de siècle qui sont les prémices des effets de nos inconséquences passées, occasionnent quelques "menues" dépenses. Mais il n'y a de leçons de l'expérience que pour les visionnaires...

Ceci dit peut-on s'étonner d'une telle désinvolture d'un homme qui fait fonctionner la chaise électrique comme la planche à billets. Un homme qui fait si peu de cas de l'existence ne peut pas être fondamentalement humain. Tout cela procède de la même logique. D'un côté le partisan sans faille de la peine de mort, ôte la vie des uns sans sourciller, de l'autre il compromet celle de tous les autres sans plus d'émotion. Monsieur Bush vous serez coupable devant l'histoire de non assistance à planète en danger ! Vous volez la Terre de nos enfants !


Nicolas Hulot,

Président de la Fondation pour la Nature et l'Homme

Avril 2001 (à cette date, on ne savait pas encore qui commanditerait (vraiment) les attentats du 11 septembre lesquels justifieraient d'autres crimes contre l'humanité… à suivre et à Fallouja aussi ! En attendant les Irakiens marinent dans leur jus...)






L'homme étant l'aléa naturel le plus capable d'infliger des dommages considérables à ses alter ego, surtout s'ils sont momentanément plus faibles, on ne manquera pas d'inscrire le site de Gérard Verna parmi ses favoris :

http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/

L'environnement hostile :
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/deff/plan_général_du_site.htm

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Site portail : Populations / Démographie /
http://www.populationdata.net/site

La carte des derniers lieux sauvages de la planète :
http://www.ciesin.columbia.edu/wild_areas/#

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Un article de Nicolas Hulot / L'autisme de George Bush :
http://www.fnh.org/francais/actu/edit_pm1.htm

Un article de 1994 Réda BENKIRANE / Le nouvel ordre démographique :
http://www.archipress.org/press/nordre2.htm#top

La population et l'environnement : Le défi mondial :
http://www.infoforhealth.org/pr/prf/fm15edsum.shtml

Relations proies - prédateurs :
http://www.unice.fr/LEML/Francour_Internet/Fichiers_en_ligne/Cours_3_Predation.pdf



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Surpopulation carcérale :

RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D'ENQUÊTE (1) sur la SITUATION dans les PRISONS FRANÇAISES Surpopulation /
http://www.huyette.com/rapprison0600.htm






[ Corrélats : Lemmings / Stratégies adaptatives / Tsunamis / Prévision / ...]

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