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Taïga
Taïga


L’immense forêt boréale de conifères (entre 10 et 12 millions de km2) qui recouvre les zones de l’hémisphère nord comprises, en moyenne, entre le 45e et le 60e degré de latitude nord (jusqu’au 70e N en Scandinavie) constitue un biome majeur appelé taïga.

Une ourse (Ursus arctos) dans la taïga suédoise
Les facteurs limitants pour l’installation de la taïga sont deux mois consécutifs sans gelée et avec des températures moyennes supérieures à 10° C.


Les arbres qui la constituent (épicéas, mélèzes, pin sylvestres), survivent bien malgré la faiblesse des précipitations (entre 250 et 700 mm) qu’ils compensent par une évapotranspiration limitée. Le froid et la neige sont deux autres facteurs écologiques importants.

Les conifères résistent au froid en restant en diapause tant que les températures sont trop basses.

Dans certaines régions de Scandinavie où l’influence du Gulf Stream se fait peu sentir du fait de la continentalisation (nord-est de la Suède, nord de la Finlande), les épicéas ne disposent guère plus de quatre mois de période végétative et de ce fait, se développent peu (des sujets de plus de 200 ans ne dépassent pas 5 mètres de hauteur).

Pour lutter contre le poids de la neige qui s’accumule sur leurs branches et risquerait de les briser, les conifères adoptent souvent un port columnaire.

Les sols les plus fréquents sous la taïga sont superficiels et très lessivés. Ce sont des podzols.
Port columnaire des épicéas


Ces sols, d’origine glaciaire (moraines), sont recouverts en surface d’une multitude de blocs rocheux épars, généralement enfouis dans un tapis luxuriant de plantes herbacées et d’arbustes.

Partout où cela est possible, les arbres sont exploités par l’homme, d’abord pour ses besoins locaux : bois d’œuvre, en Scandinavie, on ne rencontre guère de maisons en pierre ou en brique, en dehors des villes d’importance, chauffage, etc., puis, pour des usages industriels : industrie papetière, principalement, bastaings, chevrons, parquets ou lambris pour l’exportation.

Alors qu’au Canada ou en Sibérie, l’exploitation des forêts est pour le moins brutale (coupes à blanc sur des centaines d’hectares), les scandinaves procèdent, le plus souvent, à des coupes raisonnées qui laissent une structure plurienne aux surfaces exploitées : par exemple, en sauvegardant quelques arbres adultes par hectare, également plusieurs dizaines d’arbres d’âge moyen et naturellement tous les jeunes sujets.

Par ailleurs, les arbres morts sur pied ou les chablis ne présentant pas de dangers sont conservés, essentiellement pour fixer les insectes xylophages et maintenir la population d’oiseaux insectivores à un bon niveau (surtout des pics, grimpereaux, etc.).

La richesse floristique des strates basses offre une production primaire relativement accessible à un grand nombre d’animaux herbivores (élan, renne, lièvre, campagnols et lemmings), frugivores ou granivores (tétras, lagopèdes, gélinottes, becs-croisés, bouvreuil, durbec, sizerins, tarins, écureuil et polatouche) lesquels peuvent être les proies d’un grand nombre de prédateurs (ours, loup, renard, mustélidés divers, aigles, faucons, autours, chouettes et hiboux, etc.).

Thé du Labrador (Ledum palustre), les feuilles
de cet arbrisseau, infusées, font un assez bon ersatz de thé,
surtout si on a rien d'autre à boire !
La probabilité de rencontre d’animaux dans la taïga est de loin supérieure à celle dans les forêts tempérées.


Cela tient davantage au fait que la pénétration humaine dans ces forêts y est, en bien des endroits, de très loin moins importante et que la taïga se présente souvent comme une mosaïque d’écosystèmes très variés. Cela ne doit pas faire illusion au fait que la densité faunistique reste très faible. La diversité, quant à elle, serait comparable à celle des forêts tempérées.

Notons que les forêts sempervirentes des étages montagnard et subalpin des montagnes euro asiatiques et nord américaines peuvent être assimilées à la taïga avec laquelle elles présentent de très fortes similitudes, floristiques surtout, mais aussi faunistiques (une pessière dans le Jura ou les Alpes est tout à fait identique à celle que l’on traverserait au-dessous du cercle polaire en Scandinavie, à ceci près qu'en forêt de Joux, on ne se prend pas pour Derzou Ousala, même quand on y croise la trace du lynx !).




LA FORÊT BORÉALE :
http://www.univ-st-etienne.fr/crenam/donnee/cours/etli/foeboretli.html

Les forêts du Canada :
http://www.pfc.forestry.ca/canforest/canf/preface_f.html

La forêt boréale du Canada :
http://atlas.gc.ca/site/francais/learningresources/theme_modules/borealforest/index.html

La neige : son importance dans le monde tempéré et polaire :
http://www.univ-st-etienne.fr/crenam/donnee/cours/etli/neigeetli.html

Le gel du sol et les milieux périglaciaires :
http://www.univ-st-etienne.fr/crenam/donnee/cours/etli/etligelsol.htm

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LE PROCESSUS DE MONTRÉAL : critères et indicateurs relatifs à la conservation et à l'aménagement durable des forêts tempérées et des forêts boréales
:.http://www.mpci.org/tac/mexico/tn1-6_f.html

Taïga :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ta%C3%AFga




[ Corrélats : Biomes / ...]

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