Pour mon père, l'accenteur mouchet (
Prunella modularis), c'était la passe buissonnière. En deux mots, il
décrivait l'essentiel des comportements qu'offre cette espèce à bien des observateurs. Le troglodyte mignon (
Troglodytes troglodytes),
c'était le berruchon. Mon père m'expliquait que cet oiseau se manifestait bruyamment à chaque fois qu'un
homme, un hibou ou un autre congénère s'approchait de son territoire et que cette manifestation avait donné
une expression populaire en Mayenne : " se monter la tête comme un berruchon"... ce qui voulait dire crier très fort
et souvent pour une chose sans grande importance. Sans doute, l'expression reconnue maintenant est-elle
"se monter la tête comme un bourrichon",
lequel serait un petit récipient auquel la tête est souvent comparée... mais pour qui a déjà observé les manifestations
du troglodyte, la première hypothèse pourra passer pour crédible. Au moins autant que l'hypothèse avancée par les étymologistes
qui voit dans l'origine du mot bouvreuil, le mot latin
bos : bœuf ! Surtout si l'on sait que la grande majorité des
humains ne connaissent les bouvreuils que pendant un très court moment de l'année, quand ils les observent sur les
arbres au printemps, lorsqu'ils viennent dévorer les bourgeons (œil) des
Prunus... Pourquoi pas bouffe œil où la labiale F
donne V et à laquelle, par accommodation orale, une liaison R s'ajoute ? De bouffe œil, on peut très bien imaginer
une dérive linguistique qui donne bouv - r- œil... Non ? Que quiconque voit un bœuf dans un bouvreuil me contredise.
Celui-qui-creuse-et-qui-fuit sur le qui-vive...
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En Mayenne, "déconiller" ou "décaniller" voulait dire se sauver comme un lapin ; conil, counil ou connin étaient des noms fréquemment
donnés au lapin...
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À l'origine périméditerranéen, le lapin est un animal qui conquit l'Europe
à la faveur des défrichements. Remarquablement, le nom du lapin sur le pourtour méditerranéen
se décline sur la racine "con" ou "cun" : cuniculus en latin, conejo en espagnol, coniglio en italien,
conqhêr en arabe... racine que l'on retrouve dans le conil ou connin du patois mayennais ou dans le conikl breton.
Tout aussi remarquablement, le mot lapin n'existe pas dans les langues saxones anciennes. Tardivement, en Teutonie, on l'appela Hase, comme le lièvre !
Sans doute, quand l'homme de Cro-Magnon se promenait sur les rives de la Pangée, lui arrivait-il de mettre le pied sur un lapin
qui, en s'enfuyant, lui arrachait un " Oh putaing, il m'a fait peur ce cong ! "
Quand le lapin s'enfuit, l'image que l'on retient le plus souvent, c'est une boule de poil d'où émerge
un petit bout de queue blanche. La queue, c'est la rabo en espagnol, qui se décline en rabette (Normandie)
et en rabbit (rabbytt en vieil anglois) quand les Normands conquirent l'Angleterre* ou en rabouillère qui désigne le nid où la lapine met bas.
Quand au mot lapin, dont l'origine reste inconnue, d'aucuns parlent d'une origine sanskrite où lap et pin
désignerait la queue ? Le mot lapin est apparu au XIII
e ou au XIV
e siècle... qui donc parlait encore
le sanskrit à cette époque ?
Je note seulement que le lapin quand il s'enfouit dans son trou, se clapit ; que le mot clapier désigne à l'origine
la garenne ou plus exactement les tas de cailloux sous lesquels les lapins se cachent quand le terrain
ne se prête guère au creusement.
De clapir ou clapin à lapin, il n'y a qu'une lettre... N'étant pas linguiste, je ne sais pas si l'hypothèse
est sans c ?
Lorsque Linné désigna le lapin, il l'appela
Oryctolagus cuniculus, c'est-à-dire celui qui creuse des trous et qui
fuit en montrant sa queue, un hasard peut-être ?
[* Les anglais (dont je massacre la langue sans aucune vergogne et même pas exprès, en étant malgré tout
et apparemment compris partout, sauf en Angleterre) ont manifestement, à l’instar de notre président Chirac, un problème d’oreille (le nouveau S. en a d'autres, ailleurs, que la décence m'oblige à ne pas nommer ici). Je ne prendrai qu’un exemple, celui de « pied de grue » qui était un signe en forme de
fourche à trois doigts que l’on apposait sur les documents officialisant la parenté des animaux (chiens ou
chevaux, principalement) et qui nous est revenu sous le mot pedigree… Je ne me prononcerai pas sur ce
qui est le plus grave, à savoir un problème d’audition chez les Anglais ou un problème de mémoire chez les Français…]
Société d'onomastique française :
http://www.onomastique.asso.fr/
Patronymie / Dictionnaire des noms de famille de France (et d'ailleurs)
http://jeantosti.com/noms/a.htm
En marge de la patronymie : la zoonymie / le SANGLARD (autre nom de la couleuvre verte et jaune)
http://www.clauderioland.net/onomastique/patronymes.htm
Toponymie
http://crehangec.fr/intro.htm@@@
http://www.lexilogos.com/toponymie.htm
http://www.ign.fr/affiche_rubrique.asp?rbr_id=1652&lng_id=FR
http://fr.wikipedia.org/wiki/Toponymie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Toponymie_fran%C3%A7aise
http://fr.wikipedia.org/wiki/Toponymie_normande
Toponymie de la Bretagne orientale
http://www.maezoe.com/toponym.htm
L'aménagement linguistique dans le monde :
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/index.shtml
[ Corrélats :
Lagomorphes /
Les oiseaux en breton vannetais /
Les animaux domestiques en vannetais /
Les bêtes sauvages en vannetais /
Les insectes et arachnides en vannetais /
Les arbres en vannetais / ...]